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Full text of "Chants populaires des Flamands de France : recueillis et publiés avec les mélodies originales, une traduction française et des notes"

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CHANTS 
POPULAIRES DES 
FLAMANDS DE 
FRANCE 

RECUEILLIS ET... 

E. de Coussemaker 



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Bayer. Staatsbibliothek 



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CHANTS POPULAIRES 



DU 

FLAMANDS DE FRANCE. 



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CHANTS POPULAIRES 



FLAMANDS DE FRANCE 



AVEC LtS MÉLODIES ORIGINALES, l'NK TRADUCTION FRANÇAISE ET DES NOTJS 



<£. Île Cousófinnhrr, 



M«»br<- crrr^rKlanl de I InM.Mil d< ProïKc, 
MtrnliK' tiun riSidtnt du Cow.ie de U Langue, de I II «loir. ,t drt Art» de U Frjnre, A«ur.e d. I Acj.lrmu 
Ho) aie Jr IM,{i,|tii.-. Fondateur et President du Comilé Fbroind 
de Fnnee, tir., etc 



G A N D , 



IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE DE F. ET E. (iYSELYNCK , 

Rli: DES l'EiCNfi. N" ôti. 

185G. 



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raVJ.TOTlil ( \| 
1 V.Vj.IA 



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INTRODUCTION 



La civilisation générale d'une nation embrasse tous les éléments soeimix qui 
se produisent et se développent dans son sein ; c'est la réunion de tous les faits 
intellectuels, moraux et matériels constituant son existence. Envisager tous ces 
éléments dans leur ensemble et dans leur enchaînement, c'est faire l'histoire de 
la civilisation. L'histoire de la civilisation est donc l'expression fidèle de la vie 
entière d'un peuple; elle est le résumé de tous les faits qui en sont la manifes- 
tation. Pour donner une idée complète du rôle qu'ils ont joué, de l'influence 
qu'ils ont exercée, il faut que tous ces faits soient étudiés ; il faut qu'aucun 
n'en soit omis ou négligé. 

Peut-on dire que l'on possède tous les éléments qui doivent composer ce 
voste ensemble? Évidemment non. Qu'on réfléchisse et l'on s'apercevra qu'il y 
manque un élément essentiel, l'élément populaire dont on ne semble pas avoir 
tenu chez nous jusqu'ici grand compte. 

« Les rois, les nobles, le clergé, comme le fait si bien remarquer M. de 
>. la Villemarquc (I), ont leur histoire : le tiers état ne tardera pas à avoir 



(I) Chants populaires de ta Bretagne, t. I 



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Il 



IXTnOUUCTK». 



. la sienne; justice aura été faite à tout le monde excepté au peuple. D'où 
- vient cet oubli? Pourquoi ne s'est-on pas mis en peine de recueillir les 
» matériaux de celte histoire? C'est qu'on ne se doutait probablement pas 
« qu'il y en cul une. Il est vrai qu'elle n'est guère enregistrée ni dans les 
>• cartulnircs, ni dans les chroniques; elle exisie pourtant; elle C9t consignée 
« dans les poésies populaires. » 

En effet, et ainsi que nous l'avons déjà dil (D, ce sont les chants populaires qui 
révèlent l'existence, pour ainsi dire, entière d'une nation, sa vie intime en- 
core plus que sa vie extérieure; ce sont ces chants qui font connaître son 
état mortl, ses joies, ses souffrances, en un mot tous les sentiments qu'a pu 
lui faire éprouver In situation sociale au milieu de laquelle il a vécu. 

A aucune époque on ne s'csl autant occupé qu'à la nôtre de recher- 
cher el de publier les cartulaircs, les chroniques, les archives politiques, 
religieuses, administratives, commerciales et artistiques, tous les documents 
enfin qui sont de nature à retracer l'histoire des grands, du clergé et 
du tiers étal. C'est à qui des principaux gouvernements européens l'empor- 
tera en ardeur dans l'exploration des bibliothèques, des archives cl de tous les 
dépols tant publics que particuliers pour en extraire les matériaux oubliés ou 
négligés. En est-il de même des documente relatifs à l'histoire du peuple? 
les a-l-on rassemblés? y a-t-on donne l'attention qu'elles méritent? occupent- 
elles dans les études historiques de la civilisation le rang qui leur appartient? 
A toutes ces questions, on peut sans hésitation répondre négativement. 

Chez plusieurs nations et notamment chez celles d'origine septentrionale on a 
été moins oublieux, moins indifférent que chez les autres à l'égard des tradi- 
tions et do toulce qui peut donner quelques éclaircissements sur l'origine et les 
mœurs primitives de leur race. Là ont été recueillis et publiés, là se rassemblent 
cl s'impriment chaque jour des documents de celte nature. Depuis les légendes 
les plus étendues jusqu'aux chansons les plus minimes, tout est mis au 
jour, rien n'est oublié. El ce n'est pas, qu'on le remarque bien, pour satisfaire à 
un sentiment de vaine curiosité qu'ont lieu ces investigations. Ceux qui s'y 
livrent ont des vues plus élevées, ils veulent étudier l'histoire de leurs ancêtres 
sous tous ses aspects. Pour en connaître tous les éléments, ils veulent assister 
non seulement à leur vie extérieure el officielle, mais encore cl surtout à leur 
vie intime. Ils veulent en quelque sorte s'asseoir au foyer domestique du peuple, 



II) Propret us du présent ouvrage, publié en t$ii.~. 



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INTKODICIIO.X. 



III 



prendre part à ses plaisirs, à ses fêles , chanter ses refrains, réciter ses légendes 
pour apprécier ses sentiments, ses joies, ses peines. 

De toutes les formes, aucune n'est plus propre à dévoiler celte face de l'exis- 
tence d'une nation que les chants populaires. Les mélodies elles-mêmes aussi 
Lien que les textes sont souvent l'expression In plus vraie des idées, des 
opinions qui ont prédominé aux époques de leur apparition. Il est évident 
que l'histoire de la civilisation d'un grand peuple ne saurait être complète qu'à 
l'aide de cet élément. Désormais il devra avoir sa place à coté des autres. 

De tous les recueils de poésies, de chants et de traditions populaires publiés 
jusqu'à ce jour, le plus important est celui qu'édite M. Firmcnich, à Berlin, 
sous les auspices du gouvernement prussien et qui a pour titre : Germanienu 
Volker$tiinmen. L'auteur de cet ouvrage ne se borne pas, comme presque tous 
ses prédécesseurs, à rassembler les poésies populaires d'une province et même 
d'un pays, il reproduit les dialectes et les traditions de toutes les races ger- 
maniques répandues sur le globe entier. Sous ce rapport, son travail est le 
plus considérable qui se soit encore produit ; aussi cst-il destiné à exercer une 
grande influence sur les éludes historiques et philologiques de la gennanic. 

La France, sentinelle toujours avancée de la civilisation, jalouse de donner 
l'impulsion à tout ce qui est grand et beau, a été devancée par les nations 
étrangères. Riche en souvenirs, en poésies, en chanls populaires, elle a sent» 
qu'elle ne pouvait rester plus longtemps en arrière du mouvement imprimé 
autour d'elle. Par décret du 1G septembre 1852, l'Empereur a voulu qu'il 
fût élevé à la gloire nationale un de ces vastes monuments littéraires, destiné à 
consacrer les souvenirs les plus chers à tout grand peuple, ceux qui se ratta- 
chent à son origine. Ce monument comprendra toutes les poésies populaires cl 
tradition neiles de la France, sans exclusion de celles qui seraient conservées 
dans les idiomes des diverses provinces. L'exécution on est confiée nu Comité 
de la langue, de l'histoire cl des arts. 

L'idée de celte publication a été accueillie avec le plus vif empressement tant 
en France qu'à l'étranger. En Allemagne surtout, les journaux en ont parlé 
comme d'un événement. Les savants, les philologues les plus célèbres, les 
Grimm, les Firmcnich, les Lachman cl beaucoup d'autres, onl manifesté toute 
leur sympathie pour celle noble entreprise. Nul doute que son exécution ne 
soit pour la France une source nouvelle de lumières nussi profitables « son 
histoire qu'à sa littérature. 

La tâche du Comité de la langue, de l'histoire cl des arts ocrait singulière- 



IN 



I.NTROOL'CTIOM. 



ment facilitée, s'il existait pour chaque province un recueil semblable à celui 
que M. de la Villeraarqué a publié pour la Bretagne. Ce serait certainement le 
meilleur moyen de composer le recueil général qui forme l'objet du décret du 
16 septembre. Mais quoique l'on fasse, qu'on se bâte, car à l'époque où nous 
vivons les traditions se perdent, le caractère national des provinces tend à 
disparaître de jour en jour. C'est le résultat de la centralisation du pouroir et 
de l'administration; c'est l'effet de l'uniformité des lois et des institutions. S'il 
est temps qu'on songe à réunir les documents concernant les mœurs et les 
traditions de chaque peuple, cela est surtout urgent pour ceux des Flamands 
de France. Les derniers vestiges de la civilisation flamande dans le nord de la 
France sont près de s'engloutir dans l'oubli. 

C'est ce qui nous a porté à faire pour les Flamands de France ce que M. de 
la Villcmarqué a fait pour la Bretagne. Seulement quand on considère la cir- 
conscription territoriale des Flamands de France, qui n'embrasse que deux 
arrondissements, dont la population comprend à peine 210,000 âmes, on ne 
peut s'attendre à trouver une collection égale ni en nombre, ni en importance 
à celle de M. de la Villemarqué ; on ne la trouvera pas en effet ici. Nous ferons 
remarquer d'ailleurs que nous ne donnons dans ce volume que les poésies 
populaires chantées, ayant un caractère tout-à-fait impersonnel. Les chants 
historiques et ceux qui ont pour auteurs les Liedzangers des foires et 
marchés, feront l'objet d'une publication spéciale. Quant aux poésies non 
chaulées, elles trouveront leur place dans les Annales du Comité flamand 
de France, qui s'est mis en devoir de les rassembler. Inutile donc de dire que 
nous n'avons pas la prétention de donner aux chants composant ce volume une 
importance qu'ils n'ont pas, ou de les élever à une hauteur qu'ils ne sauraient 
atteindre, telle n'est pas notre intention. En leur laissant néanmoins le mo- 
deste rang qui leur convient; nous croyons qu'ils ne sont pas sans intérêt 
au point de vue de l'étude des mœurs cl des traditions de noire Flandre et 
par conséquent au point de vue général de l'histoire de la France. 

En les publiant, nous avons eu en vue surtout de ne pas laisser périr 
certains vestiges que nous considérons comme de précieux souvenirs de notre 
antique et naïve Flandre. Nous avons voulu les faire connaître à ceux pour 
qui ces vieilles traditions ont encore du charme. De pareils appréciateurs ne 
manquent pas en Belgique, en Hollande et en Allemagne, si l'on en juge par les 
publications de même genre qui y ont été faites depuis quelques années. Et 
parmi les Flamands de Franco , il en est aussi plus d'un dont le cœur n'est 



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INTRODUCTION. 



v 



pas insensible à ces chants au son desquels ils ont été bercés et élevés. Les 
Flamands de Bruxelles, d'Anvers, de Gand, de Bruges, etc., retrouveront dans 
notre recueil certains textes, certains airs oubliés, que nous, leurs frères occi- 
dentaux, malgré notre contact incessant, depuis près de deux siècles, avec 
d'autres mœurs, une autre langue, et une autre tonalité musicale, avons 
conservés, sinon dans leur pureté toul-à-fait primitive, du moins dans un 
état voisin de leur intégrité originelle. Quelle puissance dans ces souvenirs en 
apparence futiles! Ici, comme partout, ils sont les meilleurs gardiens, ils 
resteront les suprêmes vestiges de la langue maternelle, cet héritage sacré 
du peuple. 

0. 

Tous les chants de ce volume ont été recueillis dans les arrondissements 
de Dunkerque et d'Hajebrouck, c'est-à-dire, dans cette partie du nord de la 
France où la langue flamande est parlée. Presque tous se chantent encore 
aujourd'hui à certaines fêles et à certaines époques de l'année dans les rues, 
dans les ouvroirs , dans les familles; ce sont des chanls populaires dans la 
véritable acception du mot. Simples et naïfs, ils procèdent du peuple; chantés 
par tous, ils sont conservés par tradition. 

Nous les avons recueillis de la bouche même du peuple; c'est là le caractère 
spécial de notre livre. Texte et mélodie, nous les donnons tels que sa mémoire 
nous les a fournis. Si quelques-uns, en très petit nombre, ont été imprimés 
sur des feuilles volantes et se vendent sur les places publiques, aux foires et 
aux marchés, on ne saurait rien en induire contre la popularité traditionnelle 
que nous leur attribuons; c'est là, au contraire, suivant nous, un indice de 
leur popularité. En effet, celle publicité ne leur est donnée par les Liedzangers, 
que parce qu'ils connaissent la vogue dont jouissent ces pièces et qu'ils 
en profitent pour vendre avec celles-ci les chansons dont ils sont les auteurs. 
Nous n'avons eu d'ailleurs que très peu recours à ces feuilles imprimées ; nous 
avons toujours préféré la dictée verbale qui nous a fourni plus d'une variante 
offrant de l'intérêt. 

Un mot en passant sur les chanteurs populaires de notre Flandre. De temps 
immémorial, on voit, les jours de foire et de marché, sur les places publiques 
de nos villes et bourgs, des chanteurs, appelés Liedzangers; ce sont souvent 
un mari cl sa femme, un père et ses enfants, ou deux compagnons, ayant pour 



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IXÎIlOIJLCTIO*. 



tréteau une chaise à laquelle est attaché un tableau peint cl divise" en com- 
partiments, représentant divers sujets. Ces ménestrels chantent des couplets 
sur les événements du jour. L'un d'eux s'accompagne d'un violon; quelquefois, 
mais rarcmeut, l'autre, muni d'un tambourin, le fait résonner entre chaque 
strophe. Sur les feuilles volantes, contenant les chansons nouvelles, sont inter- 
calées ça et là quelques anciennes. 

Les chansons du jour ont la plupart pour auteurs ces Liedzangerê; on trouve 
leur nom au bas des feuilles volantes qu'ils vendent eux-mêmes. Nous avons 
rassemble plus de trois cents chansons portant les noms de plus de soixante de 
ces ménestrels. Plusieurs de ces pièces, que nous publierons un jour, offrent 
un intérêt véritable pour l'histoire des mœurs de la Flandre. 

Les Liedzangers sont évidemment les continuateurs des scaldcs du Nord, 
des trouvères et des jongleurs; ce sont les Minnesanyers dégénérés quant au 
talent poétique , mais non quant à la verve satirique qui est toujours aussi 
mordante qu'en plein moyen-age. Il est probable que quelques-unes de nos 
chansons ont de ces scaMcs pour auteurs, mais leurs noms n'ont pas été con- 
servés; et le peuple, en les adoptant, se les est appropriées par les changements 
ou par les additions qu'il y a faits. Comme les trouvères et les minnesangers, 
les Liedzaugers sont musiciens; ils chantent, s'accompagnent du violon et 
composent même des airs; mais l'art chee eux, c'est l'instinct; leur maître, 
c'est la nature. Ils s'abandonnent à leur inspiration sans songer ou se douter 
qu'il existe des règles. 

Un des caractères dislinctifs des chants populaires, proprement dits, est leur 
impcrsonnalilé. Les chants traditionnels sont tous anonymes; ils ont pour 
auteurs soit des poètes naturels, qui sont poètes sans le savoir, ou sans avoir 
la prétention de l'être, soit des rimeurs illettrés, exprimant, dans un langage 
incisif et pittoresque, certains faits, certains événements qui les ont frappés. 
La plupart de nos chants flamands ont ce caractère ; et il en est peu dont on 
connaisse l'auteur. 

111. 

11 était temps qu'on songeât à mettre par écrit ces chants populaires pour 
les sauver de l'oubli où ils sont sur le point de tomber : car la langue flamande 
disparait de jour en jour du sol de notre Flandre. La langue française, la 
seule qu'il soit permis d'enseigner dans les écoles primaires, étend de plus en 



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IVTHODL'CTION. Vil 

• 

plus sa domination. Ses envahissements sont tels que, dans quelques années, 
les personnes sachant lire et écrire le flamand seront rares; ce qui ne laisse 
pas que d'être regrettable à plus d'un point de vue. Sans entrer dans les déve- 
loppements que ce sujet comporte, on ne saurait nier d'abord le caractère 
d'originalité que donnent aux diverses provinces leur langue , leurs mœurs 
et leurs traditions nationales. Puis, l'enseignement du flamand n'a-t-il pas 
encore un avantage incontestable, celui de donner une grande facilité à ap- 
prendre les autres langues du Nord, cl le français lui-même? 

Du reste, pourquoi n'enseignerai t-on pas dans la Flandre la langue flamande 
du moins au mémo titre que l'anglais, l'allemand ou l'italien? Cette exclu- 
sion, dont elle est l'objet, est irréfléchie et déraisonnable; ceux qui l'ont pro- 
noncée n'ont pas envisagé le côté utile et pratique du flamand. 

Qu'on nous permette d'ailleurs de le dire, en se plaçant au point de vue 
historique, c'est une erreur de croire que les Flamands n'ont pas de littéra- 
ture; le contraire est démontré. Les Belges se sont chargés de ce soin; ils 
ont révélé au monde littéraire un ensemble d'oeuvres et de noms qui constatent 
une véritable littérature. Les Flamands de France ne restent pas en arrière ; ils 
sont en voie de prouver qu'ils ont participé et contribué à celte civilisation 
flamande qui a eu ses phases glorieuses et originales. Le Comité flamand, in- 
stitué à Dunkcrque pour rechercher, conserver et étudier les documents histo- 
riques et littéraires du pays, a pris à tâche de faire connaître toul ce qui consti- 
tuait l'individualité de celte littérature. 

IV. 

Pour mieux faire apprécier le caractère général de nos chants populaires, 
nous les avons distingués en différentes catégories; nous les avons divisés en : 
1*Noêls et Cantiques. 2" Chants relatifs à certaines fêles et cérémonies reli- 
gieuses. 3* Chants moraux et mystiques. 4° Souvenirs druidiques. 5° Souvenirs 
Scandinaves. 6" Sagas, Ballades cl Légendes. 7° Chants maritimes. 8" Chansons 
comiques cl de genre. 9° Chansons de Sainte Anne. 10" Rondes et Chansons de 
danse. H" Chansons bachiques cl d'amour. 12' Chansons satiriques. 15* Chan- 
sons enfantines. 

i. Noels et Cantiques. — De toutes les chansons religieuses, les noè'Is ont 
été les plus populaires dans notre Flandre. Si l'on interroge l'histoire, on 
s'aperçoit bientôt que l'origine des noëls rcmonle à une époque fort reculée: 



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VIM INTAOOtCTIO>\ 

on en trouve des trnees dans les plus anciens monuments littéraires de la 
Flandre. Cela se comprend aisément; la nativité avec les circonstances qui 
l'accompagnent est un fait qui parle vivement à l'imagination du peuple. Le 
récit de ces souvenirs est un des moyens les plus propres à lui expliquer ce 
mystère de la foi. C'est pour cela qu'il a eu tant de succès et tant de sympathie. 
Le nocl flamand prend les formes les plus diverses. C'est tantôt une peinture 
naïve et simple, tantôt un dialogue vif et solennel ; c'est quelquefois un hymne 
ou une prière. Ce sont autant de petits drames où sont retracés les événements 
qui ont accompagné la nativité de notre Seigneur. Son humble naissance, le 
réveil et l'adoration des bergers, les mages sortis de l'Orient pour venir déposer 
leurs offrandes et leurs hommages aux pieds du divin enfant, présentent des 
épisodes que les poètes populaires ont traité d'une manière très variée et pres- 
que toujours heureuse. 

Parmi nos norls, les uns ont un caractère grave, d'autres une forme plus 
naïve. Dans ceux-ci les traits et les détails sont empruntés à la vie réelle, sans 
égard aux anachronismes ou à ce qu'on appelle ordinairement la couleur locale. 

Avant la révolution de 89, dans la plupart des églises de notre Flandre, on 
chantait des nocls pendant les messes de minuit et de l'aurore. Dans quelques 
localités même, les chanteurs se montraient habilles en bergers, la houlette a la 
main. Ils se rendaient ainsi à l'église où ils chantaient leurs nocls avec accom- 
pagnement de l'orgue, qui dans les intervalles des couplets, faisait entendre des 
jeux et des airs imitant la flûte et la musette. Cet usage a continué à subsister 
au siècle actuel ; mais depuis quelques années, il parait qu'à la suite de quel- 
ques abus, on a dû l'abolir au grand regret de beaucoup de fidèles qui voyaient 
dans ces scènes naïves un moyen propre à rendre vivants de pieux souvenirs et 
à contribuer au maintien de la foi chez le peuple. 

Depuis, le nocl s'est' réfugié dans les familles, dans les écoles et ouvroirs de 
dentellières et principalement dans les écoles dominicales où il jouissait d'ail- 
leurs également d'une grande vogue auparavant. C'est là que nous avons trouvé 
la plupart de ceux que nous publions. Nous avons été guidé, dans la reproduc- 
tion du texte de quelques-uns, par un petit volume où on les a imprimés dans 
le but d'aider la mémoire des chanteurs (0. On ne saurait du reste rien en 
induire contre leur popularité. Il est bon de remarquer au contraire que 
ceux-là seuls, qui étaient déjà populaires, recevaient l'honneur de la publicité. 



(I) Annntes du Coutitr flamand de Francs, |8:l{. |»3g 270. N" 4N. 



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INTRODUCTION. 



Le» airs nous ont été dictés par des dentellières et par des élèves des écoles 
dominicales de Bailleul, de Cassel et de Steenvoorde. 

Nous sommes loin d'avoir donné ici tous les noëls que nous avons trouvés. 
Il en est plusieurs qui auraient mérité de voir le jour; mais nous avons dû les 
laisser pour ne pas grossir ce volume outre mesure. C'est pour la même raison 
que nous avons omis divers cantiques également populaires. Les noëls et les 
cantiques omis pourront un jour former l'objet d'une publication spéciale. 

2. Chants relatifs a certaines fêtes et cérémonies rei.icif.lses. — Nous avons 
rongé dans celte catégorie un certain nombre de chants qui, bien que reli- 
gieux, n'offrent pourtant pas le même caractère que les noëls et les cantiques. 
Ce sont ceux que les Flamands ont coutume de chanter à l'époque de cer- 
taines fêtes célébrées par l'église. En Flandre, comme en divers autres pays, 
où le même usage se pratique, ces chants sont accompagnés de quêtes. Sou- 
vent munis d'une étoile au bout d'un M ton ou d'un instrument appelé Rom- 
melpot (I), les chanteurs sont ordinairement accueillis avec faveur; ils ont 
l'entrée dans les maisons riches; selon leur âge et leur état, on leur offre de 
l'argent, des gâteaux, des gauffres, etc. 

Les pièces que nous rapportons se chantent à l'occasion de la nativité, du 
nouvel an, de l'Èpiphanie, de la S'-Marlin. On trouvera dans les notes qui les 
accompagnent les circonstances qui se rattachent a chacune d'elles. Plusieurs de 
ces chansons sont en usage tant dans notre Flandre que dans certaines par- 
ties de l'Allemagne. Le savant Hoffmann von Fallersleben, dans son Histoire des 
chants religieux de l'Allemagne, 2» édition (2), rapporte des noëls et des chants 
sur les trois rois, qui offrent la plus grande ressemblance ou analogie avec 
quelques-uns des nôtres, quant au texte et aux circonstances où ils se chantent. 
Cest un nouveau témoignage de la communauté d'idées qui existe entre les deux' 
peuples. On peut voir en même temps combien les traditions se montrent 
persistantes chez les peuples de race germanique. Nos chants de cette calé- 



(1) Voir l'explication page 93. 

(2) Gctchichlc dc$ deulschen Kirchcnliedts bit auf Luther* zeit. — Nous n'avons eu 
connaissance de celte édition que depuis l'impression de la prcmiùrc livraison de nos 
chants populaires, voilà pourquoi nous n'avons pas signale dans les notes qui les 
accompagnent les ressemblances dont nous veuons de parler. Nous appelons l'attention 
de nos lecteurs sur les $ il et 12 de l'ouvrage du savant professeur et nous les invi- 
tons principalement à comparer les N»« 251, 238, 239, 260, 261, 262 et 263 du livre 

allemand avec les S- 28, 29, 30 et 31 de notre recueil. 



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IMTBOIJICTlOt. 



goric offrent, à cet égard, un intérêt historique qu'il est curieux de con- 
stater. 

Chez les peuples celtiques et germaniques, comme chez toutes les populations 
primitives, les funérailles donnaient occasion à des cérémonies et à des usages 
plus ou moins lugubres qui faisaient beaucoup d'impression sur le peuple. Ces 
usages ont presqu'enticrement disparu de notre Flandre. A l'exception des repas à 
la suite desquels on fait connaître les dernières volontés du défunt, nous n'avons 
trouvé d'autres traces de cérémonies que la chanson que nous reproduisons 
sous le nom de Danse des Jeunes Vierges, en l'accompagnant de remarques sur 
les pratiques de cette cérémonie. 

3. Ciianis iiobaux et mystiques. — Ces chants jouissent dune grande faveur 
dans notre Flandre. Bien que sérieux et abstraits h certains égards, ils n'en sont 
pas moins populaires. Parmi ceux que nous publions, on trouve des sujets qui 
se chantent partout. Le Mois de Mai, les Fleurs, les Abeilles se rangent 
dans cette classe. Nous aurions pu facilement en augmenter le nombre, car 
il s'en conserve de manuscrits dans l'école dominicale de Bailleul; mais 
comme nous avons tenu à donner les mélodies de tous les chants publiés 
dans ce volume, il a fallu nous contenter de ceux qui se chantent encore 
aujourd'hui. 

4. Souvenms druidiques. — Les traditions druidiques, vivaces encore en Bre- 
tagne, sont presque effacées dans la plupart des autres contrées de la Gaule. 
Il n'en existe pour ainsi dire plus de traces dans notre Flandre. On peut en 
attribuer la eause, d'une part à l'influence du christianisme, de l'autre, à la pré- 
sence de l'élément germanique qui, dans les premiers siècles de notre ère, est 
venu implanter son langage et ses mœurs. Ce qui a fait croire, mais à tort, pen- 
sons-nous, que le druidisme n'avait pas eu accès dans notre Flandre. La chanson 
flamande et la chanson française, que l'on trouvera sous le N« 43 , quelques 
autres souvenirs, tels que la tradition commençant par ces mots : Pouldinnetje 
en Pouldannetje, etc., et connue en France sous le nom de : Le Loup et le 
Conjurateur, et divers usages plus ou moins superstitieux qu'il serait trop long 
de détailler ici, démontrent suffisamment que le druidisme y a existé et con- 
servé peut-être assez longtemps des adhérents. 

3. Souvenirs Scandinaves. — L'origine septentrionale du peuple flamand, 
son établissement sur les côtes de l'océan entre la Normandie et la Frise, dès 
les premiers siècles du christianisme, sont deux faits aujourd'hui démontrés. 
M. Kervyn de Lcllcnhovc, qui a soutenu ces deux thèses dans son Histoire de 



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introduction. 



M 



FUindrt et au congrès scientifique d'Arras, en 1853, les a, suivant nous, résolus 
victorieusement. L'affinité de la langue flamande avec celle des peuples scandi- 
novo-gernianiques ne saurait laisser le plus léger doute que les Flamands 
actuels descendent des Saxons Scandinaves. Leurs mœurs et leurs usages offrent 
des vestiges non moins certains de leur origine septentrionale. Rien d'étonnant 
donc au premier abord, si nous rapportons des chants populaires où subsistent 
des souvenirs indiquant la communauté d'origine des Flamnnds de France et 
des peuples de race Scandinave. 

Quand on songe pourtant aux nombreuses vicissitudes du peuple flamand, 
quand on remarque avec quelle vigueur le christianisme s'est emparé de ces 
populations farouches, mais dont le cœur droit était si sympathique aux idées 
civilisatrices de la doctrine du Christ, on peut être surpris qu'il s'y soit encore 
conservé des vestiges semblables à ceux que nous avons trouvés. Ce ne sont 
pas les seuls; il en est encore d'autres identiques ou offrant des rapports plus 
ou moins médiats avec les divers chants populaires en usage chez les divers 
peuples de race septentrionale. Ceux-ci semblent démontrer également une 
même origine. 

6. Sagas, Ballades et Légendes. — Les contrées septentrionales sont le pays 
classique, si l'on peut s'exprimer ainsi, des sagas, des ballades et des légen- 
des. Nulle part il n'cxi3lc autant de ces chants, de ces récits aventureux 
et romanesques, qui parlent h l'imagination en agissant sur l'esprit. Le peuple 
flamand, chez lequel on trouve de nombreux restes des mœurs, des traditions 
et du caractère primitif de leurs ancêtres, possède des chants de ce genre. Les 
Flamands de France aussi en ont conservé ; et parmi ceux-là, il en est qui 
sont connus dans le fond de la Germanie et qui remontent au XIV* siècle. II 
est à remarquer que les fictions et les récils de presque tous nos chants de 
cette catégorie s'appuient sur une vérité, un fait pu un sentiment religieux. Il 
est parfois visible que quelques-uns de res chants ont subi des transformations 
dans ce sens; il est même probable que c'est seulement, grâce à ces modi- 
fications qu'ils sont restés dans la mémoire du peuple flamand dont le caractère 
profondément religieux se manifeste en tout. 

7. Chants maritimes. — S'il était possible de remonter à l'origine des fa- 
milles de marins de Dunkerquc, on trouverait en général leur généalogie dans 
celle des fameux Zeekongars, qui se sont établis sur les côtes de la Flandre aux 
premiers temps de noire ère. Quand on examine le type de nos robustes ma- 
rins, qu'on étudie leur caractère et leurs mœurs, qu'on lit dans l'histoire ce 



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XII 



I.NTKODUCTIO*. 



qu'ils ont été au moyen -âge et dans les temps modernes, un ne peut guère 
douter qu'ils ne descendent en ligne directe de ces Saxons dont les flottes har- 
dies et aventureuses vinrent aborder sur no3 rivages pour ne plus les quitter. 

L'amour de son état, une grande énergie au milieu des dangers, une rare 
intrépidité dans les combats, une humeur joviale et franche, une foi vive et 
sincère, voila le caractère distincltf du marin Dunkerquois. Ce caractère se ma- 
nifeste en toutes les occasions et les qualités que nous venons de signaler se 
révèlent surtout à la pèche de la morue, dans ces périlleux voyages d'Islande 
qui, pendant plus de six mois, doivent le séparer de sa patrie et de sa famille. 
Chaque printemps voit plus de cent navires, sortis des bassins pour ces expé- 
ditions lointaines, se préparer aux hasards et aux dangers de la mer peu hospi- 
talière du nord. 

Le voyage et ses incidents, l'absence de la patrie, la séparation d'objets chéris, 
voilà autant de sujets qui ont inspiré la verve populaire et qui ont donné un 
caractère particulier aux chants de cette catégorie que nous rapportons. Sous 
une forme qui à la vérité n'est peut-être pas toujours poétique, mais qui est fran- 
che et naïve, on y retrouve les sentiments de ces braves gens. La plupart de 
nos chant» maritimes ne remontent pas au-delà du XVI» et du XVII' siècles. 
Une seule appartient à une époque plus reculée. Elle est surtout remarquable 
par sa mélodie. 

8. Casons comiques et de GEREE. — Sous ce litre, un peu vague peut-être, 
nous avons rangé un certain nombre de pièces qui, à divers points de vue, 
sont encore des peintures de mœurs. 

9. CiiAKSoas os Saintb Anne. - Avant la révolulion de 89, tous les métiers 
étaient réunis en corporations et chaque corporation avait pour patron un 
saint dont l'effigie et les attributs élaient presque toujours figurés sur les 
armoiries de ces institutions. Sainte Anne est la patronne des dentellières et 
des couturières. A Bailleul, où la fabrication de dentelles s'opère sur une assex 
grande échelle, relativement à la population de la ville, le jour de Sainte Anne 
est célébré d'une manière particulière. C'est pour les jeunes écoliercs qui 
fréquentent les ateliers de dentelles et pour les femmes de tout âge qui 
exercent cette profession, une féle qu'on solennise avec toutes les démonstra- 
tions de la joie. C'est une véritable fétc dans laquelle la muse populaire obtient 
une large part. 

Dos la veille du jour de Sainte Anne, on pare de fleurs cl de guir- 
landes les écoles et les ouvroirs. Le matin , de bonne heure , toutes les 



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INTRODUCTION. 



XIII 



jeunes filles, vêtues de leurs beaux babils, viennent souhaiter la fête à leur 
maîtresse; puis elles se rendent à l'église en chantant. Après avoir entendu 
k messe en l'honneur de leur sainte patronne, on retourne & l'école, où le 
déjeuner aux gâteaux est servi. Le repas terminé , on s'apprête h faire 
une promenade en chariot ou en voiture vers une ville ou un village des 
environs. Quelquefois la promenade s'étond jusqu'à Dunkcrque. Tous les ans, 
au mois de juillet, on voit dans les rues de Dunkerque ou sur les bords 
de la mer quelque groupe de jeunes baîUeuloises , reconnaissables par ln 
simplicité de leur costume et de leurs manières. Quand le temps n'est pas 
favorable, on passe la journée à l'école au milieu des danses et des chanls. 
Ces chants, nous les donnons ici ; nous les avons écrits sous la dictée de 
personnes connues comme en possédant le mieux la tradition. 

10. Rondes et Chansons de Danse. — Pendant presque tout l'été, mais 
principalement à certaines fêtes, comme celles de Saint Jean, de Saint 
Pierre et Saint Paul, les enfants, dans nôtre Flandre, ont coutume de 
chanter ou de danser des rondes. Ces danses se pratiquent le soir, vers le 
coucher du soleil. Elles sont connues à Dunkerque sous le nom de Roozen- 
hoed ou danses du chapeau de roses, parce qu'elles ont lieu sous une 
couronne et des guirlandes de fleurs , suspendue au milieu des rues , ainsi 
que cela se voit sur le dessin qui précède cette catégorie de chansons. 
Ces sortes de danses sont ordinairement aeeompagnées de jeux et même de 
pantomimes, qui leur donnent un aspect et un caractère particuliers. Les 
chansons intitulées: le Ruban; le Char; ta Chasse; le petit Moine; le petit 
Paysan; Rose; t'Anesse; le Choix; le petit Moulin vert; le petit Coffret, 
sont des rondes de ce genre. Dans la note qui accompagne chacune d'elles, 
nous avons cherché à indiquer leur caractère pantomimique. Ces rondes, 
qu'on peut appeler rondes de caractère, par opposition aux simples danses 
en rond, ont un cachet d'antiquité que rendent manifestes la mélodie dont 
elles sont accompagnées et le texte même par son état souvent incomplet 

14. Chansons bachiqces et d'abocr. — Le vin et l'amour, ces deux sujets 
inépuisables qui ont servi de thème à tant de chansons, n'ont pas été négligés 
par la muse populaire flamande. S'il ne s'était agi que de recueillir tout ce qui 
se chante, nous aurions pu grossir notre volume d'un assez grand nombre de 
pièces. Mais voulant nous renfermer dans le cadre que nous nous sommes tracé 
en ne donnant que les chants populaires proprement dits, et en n'admettant 



XIV 



INTRODUCTION. 



que des pièces où les convenances sont respectées, nous nous sommes borné à 
un choix. On y trouvera quelques chants d'un caractère original. 

12. Chansons satiriques. — Le peuple flamand a l'esprit naturellement mo- 
queur; il saisit facilement le côté ridicule d'un Tait, d'un événement ou d'un 
trait de mœurs. Le poète populaire a toujours des rimes au service des 
sujets qui s'offrent chaque jour au regard perspicace de la multitude. Les 
pièces de ce genro ne manquent pas; le nombre en est assez grand. Mais 
nous en avons banni celles qui avaient un caractère personnel ou politi- 
que, pour nous en tenir exclusivement à celles qui ont un caractère gé- 
néral. 

iZ. Chansons enfantines. — Enfin nous avons voulu ne négliger aucun 
genre. Nous n'avons pas hésité à recueillir les chansons enfantines. Nous 
n'avons pas douté qu'elles n'offrissent de l'intérêt sous un point de vue 
quelconque. Parmi celles que nous avons transcrites, les unes sont chantées 
par les mères au pied du berceau de leur enfant, d'autres, par les nourrices 
et les bonnes. En examinant ces chansons, on remarque qu'elles ne ressem- 
blent pas à celles de même espèce en usage chei les peuples méridionaux. 
Elles ont au contraire de grands rapports avec les chansons enfantines des 
peuples du nord. Plusieurs même sont connus jusqu'au fond de la Lithuanic, 
ce qui prouve que la communauté d'origine entre le peuple flamand et ceux 
de race scandinavo-saxonne se fait sentir jusques dans les moindres choses 
traditionnelles. 

V. 

Quelques mots maintenant sur les mélodies. 

Les chants populaires se composent de deux éléments intimes, inséparables, 
le texte et l'air. La mélodie est, selon nous, si étroitement liée aux paroles que, 
dans beaucoup de cas, l'enlever ce serait enlever au chant son caractère princi- 
pal et essentiel; ce serait parfois faire disparaître le chant tout entier. Dans 
un chant populaire, c'est la mélodie qui lui donne véritablement le caractère 
de popularité ; elle en est l'expression la plus vive, le véhicule le plus rapide, 
le seul propagateur. « Le chant, marié a la parole, dit M. de la Villcmar- 
< qué (0, est en effet l'expression de la pensée vraiment populaire. Son union 



(I) Chants populaires île la Bretagne, t. I. 



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INTRODUCTION 



XV 



» avec la musique est si intime, que si l'air d'une cbnnson vient à se perdre 
« les paroles se perdent également. » Cette remarque est tellement vraie qu'en 
ce qui concerne nos chants populaires flamands, il en est plusieurs dont la 
mélodie est restée intacte, tandis que les paroles sont corrompues; il est facile 
de s'apercevoir que l'imagination des chanteurs a suppléé plus d'une fois à ce 
que la mémoire laissait d'incomplet. 

C'est là le motif de l'importance et du soin que nous avons mis à publier 
les airs. Nous avons tenu à ne donner aucun chant qui ne fût accompagné de sa 
mélodie. Nous n'avons épargné ni temps, ni démarches, ni recherches. Nous 
n'avons pas craint de pénétrer partout où nous avions chance de rencontrer 
quelque chanteur dont la mémoire conservât les mélodies. Pour parvenir à 
transcrire les meilleures leçons, nous avons fait chanter les mêmes airs par 
diverses personnes et dans des localités différentes. Ce n'est qu'après une audi- 
tion patiente, une comparaison minutieuse et un contrôle sévère, que nous 
avons admis les airs publiés dans ce volume. Quand nous avons trouvé des 
variantes de quelque importance, nous les avons signalées ou rapportées. 

Qu'on nous permette de faire remnrquer en passant que noter les airs 
populaires, d'après l'audition, n'est pas chose aussi facile qu'on pourrait le 
penser. C'est, suivant nous, un travail ardu. Malgré une certaine expé- 
rience acquise, nous avouons humblement avoir été plus d'une fois embarrassé. 
Sans la ténacité que nous y avons apportée et sans la complaisance que nous 
avons rencontrée chez les chanteurs, il nous eût été parfois difficile de 
fournir les airs dans toute leur intégrité. Pour réussir dans un travail sem- 
blable, il est nécessaire de se placer dans des conditions particulières. Pour re- 
cueillir exactement les airs tels qu'ils se chantent, il faut absolument se dégager 
des exigences de la musique moderne. Il faut se dépouiller en quelque sorte de 
son éducation artistique, afin de ne se préoccuper ni de la tonalité, ni du 
rhythroe, ni de la carrure des phrases, ni de toutes ces règles ou habitudes de 
convention dont les airs populaires s'affranchissent dans beaucoup de cas. On 
ne doit prendre attention qu'à une chose, reproduire, avec le plus d'exactitude 
possible, par l'écriture musicale, les mélodies telles qu'on les entend, avec leurs 
inflexions et leurs tournures particulières. Pour s'assurer qu'on a réussi, un 
des meilleurs moyens est de répéter au chanteur l'air qu'on a noté. S'il y man- 
que quelque chose, il ne tardera pas à vous le signaler. 

C'est en nous pénétrant de ces idées et en suivant cette méthode que 
nous avons procédé pour transcrire nos mélodies; nous les donnons dans 



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XVI 



INTRODUCTION. 



toute leur simplicité et leur naïveté , c'est-à-dire sans accompagnement cl 
telles qu'elles sortent de la bouche du peuple. D'accompagnement harmoni- 
que, elles n'en ont vraiment pas besoin ; elles sont assez belles, assez ori- 
ginales pour se soutenir dignement par elles-mêmes. 

« La mélodie (populaire), comme le dit si bien M. le Conseiller d'État 
« Kretschmcr, auteur d'un recueil de chants populaires do l'Allemagne (I), 
» la mélodie est quelque ebose de l'âme, quelque chose de ce qu'il y a de 

* spirituel en nous; elle est par conséquent immortelle comme l'âme elle- 
» même. L'harmonie au contraire participe de ce qu'il y a de terrestre en 
» nous, c'est le produit du raisonnement, elle est donc mobile et passagère 
» comme tout ce qui est terrestre. C'est pourquoi une mélodie pure et 
» originale, même privée d'harmonie, louche le cœur après plusieurs siècles 
» comme au temps de son apparition. C'est pour la même raison qu'un 
> chant basé sur une harmonie préconçue, quelque beau qu'il semble au 

* premier abord, est oublié au bout de peu d'années, et nous ne compre- 

< nons pas comment il a pu nous plaire. L'auteur d'une mélodie populaire 
>< originale — on ne saurait lui donner le nom de compositeur, car que 
. sait-il en l'art de la composition? — se chante à lui-même le plus siraple- 
- ment possible l'air tel qu'il le sent , et ce sentiment lui dit dans quels 
» tons doit se mouvoir sa mélodie. Cette règle et sa raison d'être étaient 
>• déjà connues par les anciens Grecs, dont toute la musique mélodique 
» consistait seulement en chants populaires, comme chez nous au XV* siècle. 
. Un auteur de mélodies populaires ne sait jouer d'aucun instrument, encore 

moins d'un instrument à clavier qui favorise à l'harmonie. Tandis qu'un 
.. artiste ne saurait imaginer un chant sans le secours de l'harmonie habi- 
.. tuelle moderne, — parce qu'il est impossible à un compositeur, qui a été 

< instruit dans cette manière d'écrire, depuis le commencement de son édu- 
. cation musicale, de concevoir une mélodie sans celle harmonie ou sans 

qu'elle ait pour base l'accord parfait final, — l'auteur populaire n'est dirigé 
» que par la mélodie elle-même. C'est pour cela que son chant a quelque 
» chose de caractéristique qui frappe ses compagnons aussi peu harmonistes 
.. que lui. C'est ainsi que se forme une mélodie originale qui n'a nullement 
». besoin d'une semblable harmonie pour être ce qu'elle est , que l'harmonie 
« étouffe et qui, sans elle, touche et émeut beaucoup plus qu'avec elle. Lors- 



) Drutsrhr Yolkslieder mit ihren Original -HVmmi. I. I. p. vin. 



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INTRODUCTION. 



XVII 



» qu'il a le bonheur de trouver un pareil chant, ce qui, pour les motifs 

■ rappelés plus haut, lui est plus facile qu'A un compositeur savant, parce 
» qu'il n'a pas élé distrait par son éducation première, il n'a pas besoin de 
- s'en occuper, son air sera chanté par le peuple peut-être plusieurs siècles 
» après lui, et il lui arrivera de remuer l'àme, non seulement du peuple 

■ pour qui il a été fait, mais aussi des artistes dont il ne touche pas moins 
» profondément le cœur. » 

A ces réflexions, que nous rapportons en entier, parce qu'elles expriment 
en tous points notre sentiment, nous n'avons que peu de mots à ajouter. 
De tous les arts la musique est pour ainsi dire le seul qui soit popu- 
laire dans le sens que nous avons déjà déterminé, il est le seul qui émane 
directement et spontanément du peuple. Une œuvre de sculpture, d'archi- 
tecture ou de peinture serait difficilement le résultat spontané et unique 
de l'inspiration; ces arts ont besoin du secours d'un apprentissage artis- 
tique. A peine le dessin souffre-t-il, dans de rares exceptions, l'absence 
de ces études préliminaires. Il n'en est pas de même de la musique , on 
invente une mélodie, comme on invente une poésie; l'imagination et 
l'inspiration en font tous les frais. Point n'est nécessaire d'études musi- 
cales ou de connaissances harmoniques pour composer un nir original et 
capable de remuer le cœur. Les mélodies véritablement originales, franche- 
ment populaires sont tellement indépendantes de toute harmonie préconçue, 
elles sont si bien imaginées sans l'aide de toute succession d'accords, que 
la plupart ne supportent pas ou supportent difficilement un accompagne- 
ment harmonique. Ceux mêmes qu'on parvient à affubler ainsi, sont lourds 
et guindés sous ce costume non fait pour eux. Il est même remarquable 
que les airs qui souffrent le moins l'adaptation d'un accompagnement har- 
monique, sont précisément ceux qui présentent le cachet le plus prononcé 

VI. 

Les airs populaires de notre Flandre ont, comme les airs populaires de tous 
les pays, un caractère qui leur est propre. Ce caractère, elles le puisent dans In 
contexture et la tournure de leurs phrases mélodiques, dans leur tonalité et dans 
leur rhythme. Mais il n'est pas facile de définir et d'expliquer en quoi consis- 
tent les particularités de conlcxlure et de tournure des phrases mélodiques, car 
cela se sent plutôt que cela ne se commente; aussi nous bornons-nous à r 

« . . 



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XVIII 



INTIIODICTIO*. 



corami: les plus remarquables, sous cc rapport, les pièces inscrites sous les 

numéros 14, 16, 23, 36, 40, 82, 33, 58, 59, 02, 64, 06, 71, 96, 99, 101, 

102, 103, 107, 108, 113, 123, 137. 
En chantant ces airs, on ne tarde pas à reconnaître qu'ils renferment des 

phrases musicales d'un caractère qui leur est propre et qui est indépendant de 
leur tonalité et de leur rhylhmc dont nous allons parler. 

On a cru y remarquer des tournures particulières aux mélodies populaires 
d'Allemagne. Il n'y aurait rien d'étonnant que ce caractère s'y manifestât, 
puisque les textes de plusieurs de nos chants flamands sont connus en Alle- 
magne. Ce serait un témoignage de plus de leur commune origine. Nous admet- 
tons volontiers qu'il existe un semblant de parenté entre certaines de nos 
mélodies flamandes et certaines mélodies populaires d'Allemagne. Mais suivant 
nous, la plupart de nos mélodies flamandes n'en sont pas moins franchement 
originales, c'est-à-dire nées dans le pays et le résultat d'inspirations spontanées, 
empreintes d'un cachet et d'un sentiment tels qu'après s'être gravées instanta- 
nément dans la mémoire des contemporains, elles se sont transmises de géné- 
ration en génération. 

L'idiome flamand est un de ceux qui se sont le moins écartés de leur source; 
il doit en être de môme des airs populaires. Ils ont dû conserver aussi, du 
moins en partie, les tournures antiques. 

Parlons maintenant de leur tonalité. Ce que nous entendons ici par tonalité 
est le résultat d'un assemblage de sons graves et aigus disposés de telle sorte 
que, dans la composition de la gamme, les intervalles des tons et des demi-tons 
se succèdent d'une manière détermiuée. De la diversité dans les successions des 
intervalles naissent des gammes différentes, et ces gammes constituent ce que l'on 
appelle les tonalités. - Le mot tonalité, comme le dit très bien M. d'Ortignes (•), 
exprime les conditions tonales propres à chaque système musical, en raison des 
intervalles dont il se compose, de leurs propriétés, de leurs fonctions cl des 
modifications dont ce système affecte l'oreille. Aussi, lorsqu'on dit la tonalité de 
plainchant, la tonalité moderne, on comprend que le plainchant cl notre musi- 
que reposent de part et d'autre sur une échelle de constitution absolument 
différente. » 

Sous le rapport de la tonalité, nos mélodies flamandes peuvent se diviser en 



(I) Dictionnaire (U Plainchant, etc. Y» Tonalité. — Nous engageons ceux de nos lec- 
Irurs qui voudraient approfondir cette question, à méditer ce remarquable article. 



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IjmODDCTIOK. 



XIX 



Irois classes. Les unes ont pour base la tonalité moderne, c'est le plus grnnd 
nombre; d'autres reposent sur une constitution tonale différente; quelques-uns 
participent des deux tonalités. 

Nous n'avons rien a dire au sujet des airs conçus dans la tonalité mo- 
derne; nous avons déjà fait remarquer que parmi ceux-ci il en est plusieurs 
qui se distinguent par un certain cachet d'originalité. 

Les airs qui n'appartiennent pas à la tonalité moderne présentent un carac- 
tère d'originalité plus marqué qui a sa source dans la différence de tonalité. 
Cette différence réside dans la position de la septième note de la gamme. La 
gamme de nos airs est en général celle du premier mode du plaincbant ou celle 
de la gamme mineure moderne sans exhaussement des noies du sixième et du 
septième degrés. On remarque dans ces airs une volonté très arrêtée d'exclure 
la note sensible. Quand la septième se rencontre dans le cours d'un chint, elle 
n'y est pas employée à l'état de note sensible. Le chant semble entrer quelque- 
fois dans le ton relatif du ton principal, puis il en sort sans grande préparation. 
Cette entrée et celte sortie, quoique parfois brusque, est rarement choquante. 

Quand la septième est à la fin d'un air ou d'une phrase musicale, elle monte 
directement à la tonique, et cela a lieu sans gône et sans effort. 

Dans les chants qui participent des deux tonalités, on remarque le mélange 
du ton principal avec son relatif. Il y a des airs où la note sensible n'est pas 
employée dans le cours du chant ; tandis qu'elle l'est à la fin et comme cadence 
finale. 11 en est d'autres où celte note apparaît dans le cours de la mélodie et 
est exclue de l'avant-dernière mesure où son emploi est indispensable dans la 
musique moderne. 

Nous signalons comme appartenant à ces catégories, les 2, 14, 1G, 
18, 23, 32, 47, 48, SI, 52, 55, Ü7, 58, 02, 66, 67, 09, 72, 103, 107, 
109, 131. 

Tous ces airs, quelque différents qu'ils soient des airs modernes par leur 
tonalité et leur contexturc, sont chantés simultanément avec ceux-ci par les 
mômes personnes, sans qu'elles songent à en altérer le caractère particulier par 
l'addition du demi-ton attractif moderne. C'est là un signe de leur origi- 
nalité cl de leur puissance traditionnelle. 

S'il pouvait y avoir quelque doute sur l'existence du caractère tonal que 
nous venons de signaler, il devrait disparaître à l'inspection ou à l'audition 
des airs de ce recueil, et surtout devant la présence, au milieu d'eux, de plu- 
sieurs mélodies de plaincbant tirées de diverses parties de l'office divin, mélo- 



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IISTBODI'CTIO!». 



dies dunt quelques-unes ne sauraient se plier à la tonalité moderne, et que le 
peuple flamand ebante avec la même aisance que s'il s'agissait de mélodies 
modernes les plus simples. 

On sait que certaines mélodies ecclésiastiques étaient populaires au moyen- 
âge, que le peuple les chantait pour se récréer pendant ses rudes labeurs, mais 
cet usage a depuis longtemps disparu. Le peuple flamand est peut-être le 
seul chez lequel se soient conservées des chansons populaires chantées sur des 
mélodies de plainchanL Ce fait est certainement digne de remarque. 

VII. 

Nous venons de dire ce que l'on entend par tonalité et ce en quoi la tonalité 
de plusieurs de nos chants populaires diffère de la tonalité moderne. Mais ce 
n'est la qu'une des parties constitutives de la musique; il en est une autre qui 
n'est pas moins essentielle, car c'est elle qui lui donne le mouvement et pour ainsi 
dire la vie; nous voulons parler du rhylhme. Le rhythme musical peut élre 
envisagé de deux manières : au point de vue absolu, c'est-à-dire indépendant 
de toute mesure; ou au point de vue relatif, c'est-à-dire appliqué à la mesure. 
Considéré sous le premier rapport, le rhythme existe dans toute musique, car 
dès qu'il y a chant, il y a mouvement de la voix, par conséquent rhythme. C'est 
ainsi que le plainchanl qui, suivant quelques auteurs, était au moyen-âge com- 
posé de notes d'égale valeur, ce qui est inadmissible selon nous, est lui- 
même rhythme; mais ce rhythme, comme nous l'avons dit ailleurs (t), n'a 
rien de commun avec le rhythme dans son application à la mesure musicale. Ce 
n'est donc pas de ce rhylhme absolu qu'il peut s'agir dans la musique propre- 
ment dite et parlant dans les mélodies populaires. Le rhythme, qui donne la 
vie à ces airs, puise ses éléments dans des formes plus circonscrites, dans le 
retour de ccrlaincs tournures de phrases, de certaines périodes tantôt symétri- 
ques, tantôt îrrégulières, mais toujours constitutives de cadences et de mouve- 
ments alternatifs. Ce rhythme, quelque irrégulier qu'il soit, peut se traduire en 
mesure musicale, c'est celui-là auquel nous donnons le nom de rhythme 
relatif <2>. 



(1) liittoire de l'harmonie au moyen-tige, p. 122. 

(2) Nous avons indique ces distinctions dans notre liittoire de l'harmonie au moyen 
âge. Elles rc.ssortent principalrmrnl de ce qu'on y lil aux pages 73 et suiv., 122 cl 
suiv. II parait cependant que nous n'avons pas été assez explicite, puisqu'un critique 
eminent n'y a pas vu ce que nous crojons avoir établi. 



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INTRODUCTION. 



XXI 



On ne doit pas confondre cependant ce dernier rhythme avec un autre qui 
résulte plus spécialement de certaines dispositions dans les subdivisions des 
périodes et môme des mesures. On peut designer celui-ci sous le nom de 
rhythme dans la mesure, parce que les diverses places que peuvent occuper, 
dans une mesure, les notes de valeur différente, produisent des variétés do 
rhythme, plus bornées ù la vérité que celles du rhythme dont nous venons 
de parler, mais très importantes néanmoins pour la musique moderne. 

Ce n'est pas dans ce dernier rhythme que sont conçus nos airs populaires; 
la musique artistique seule en fait usage, cl l'on sait que la plupart de nos 
mélodies ne sont ni l'œuvre d'artistes, ni composées d'après les principes de 
la composition. Elles sont rhythmées, cela va sans dire; leur rhythme est 
susccptihlc d'être traduit en mesures musicales, comme celui de toute mélodie 
populaire; mais s'il en est qui sont pourvues de la carrure de phrases, il en est 
aussi un grand nombre qui n'ont rien de cette régularité, de cette symétrie 
auxquelles nos oreilles modernes sont si bien habituées. Elles ressemblent en 
cela ù beaucoup d'airs populoires et notamment à un grand nombre d'airs 
septentrionaux. 

En examinant le rhythme de nos mélodies, on ne larde pas à s'apercevoir 
que c'est peut-être sous ce rapport qu'elles diffèrent le plus de la musique 
artistique et qu'elles portent les traces les plus manifestes de leur origine 
populaire. 

Sur cent cinquante chansons, dont se compose ce recueil, on en 
compte environ la moitié dont les mélodies sont disposées dans le rhythme 
carre et symétrique de la musique moderne. Parmi les autres, douze ont 
un rhythme totalement irrégulier; c'est-à-dire un rhythme où il y a absence 
pour ainsi dire complète de symétrie et de retours périodiques. On peut 
ranger dans celle classe les N- 5, 8, 16, 17, 34, 35, 43, 46, 48, 74, 
87, 132. Six sont disposées par périodes de trois mesures; cinq le sont 
par périodes de deux; à cette catégorie appartiennent les iV 10, 19, 31, 
58, 39, 55, 88, 71, 73, 84, 101. Dix sont composées de périodes inégales 
de deux, de trois et quatre mesures; lels sont les N" 14, 22, 26, 28, 
53, 40, 60, 81, 123, 125. Enfin, dans quelques-uns le rhythme est en 
partie régulier, en partie irrégulier; de ce nombre sont les N°* 2, 9,11, 
12, 15, 27, 30, 32, 97 et d'autres. 

En entendant les chansons dont le rhythme est totalement irrégulier, 
notre oreille moderne est quelquefois peu satisfaite d'une absence aussi 



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XXII 



IXTnODl'CTKW. 



complète de symétrie. Il n'en est pas de même des outres ; la plupart 
sont si coulantes qu'il faut y porter de l'attention pour distinguer la diver- 
sité de rhythmes que nous venons de signaler. 

En résumé, ce que nous venons de dire de la tonalité, du rliylhme et 
des tournures particulières de nos mélodies, fait voir qu'elles doivent offrir 
un cachet d'originalité qui leur est propre; cela est en effet. On en est 
frappé surtout, quand on les entend chanter dans le pays même, par ceux 
qui, dès leur jeune âge, ont puisé dans la tradition ces inflexions de 
sons, ces sortes d'ornements, ces nombreuses nuances qu'il est impossible 
de noter et qui ajoutent d'une manière si efficace a leur originalité fon- 
damentale. 

La mélodie ne doit donc jamais être séparée du texte, car l'une est le 
complément indispensable de l'autre. En enlevant à un chant populaire son 
air, on le dépouille de ce qu'il y a en lui de plus pittoresque, de son 
costume local, do ce qui constitue sa physionomie propre. 

Quand à l'âge de nos mélodies, il serait difficile, pour un grand nom- 
bre, de le fixer d'une manière précise et même approximative. II en est 
qui, sans contredit, sont fort anciens et dont l'origine remonte peut-être 
à une époque contemporaine des premières invasions des Flamands dans 
le litlus aaxonieum. D'autres datent des XV' et XVI e siècles; d'autres encore, 
et c'est le plus grand nombre, appartiennent aux XVII' et XVIII' siècles. 

VIII. 

Nous avions eu l'idée de présenter quelques observations philologiques dans 
les notes qui accompagnent chaque chanson, mais nous y avons renoncé, parce 
que celte manière de procéder nous a paru offrir trop de décousu et qu'il 
eut fallu se répéter souvent. Nous avons pensé qu'il était préférable de grou- 
per, dans un ensemble sommaire, les principales observations auxquelles nos 
chants ont donné lieu. Remarquons d'abord qu'ils sont composés la plupart 
dans un langage qui semble avoir vieilli. Cela lient non-seulement à ce que 
plusieurs d'entr'eux sont réellement plus ou moins anciens, mais aussi à ce 
qu'on y trouve des expressions appartenant à des dialectes qui remontent à 
l'origine même du peuple flamand. D'un autre côté, la langue flamande, qui 
dans notre Flandre est restée stationnairc, a fait, en Belgique, depuis environ 
un demi-siècle, un pas vers le Hollandate, qui lui-même s'est quelquefois rnp- 



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IXTRODDCTIOS. 



XXUI 



proche de l'Allemand. Ceci est tellement vrai que les Flamands de France lisent 
très bien les écrivains belges et hollandais des XVII» et XVIII e siècles, et qu'ils 
ont de la peine à comprendre les livres modernes. Sous ce rapport, on trou- 
vera dans nos chants des expressions qui sont hors d'usage aujourd'hui chez les 
Belges, nos plus proches voisins, aussi bien dans la langue parlée que dans la 
langue écrite. 

On peut dire que les Flamands de France sont comparativement aux Belges 
et aux Hollandais ce que sont les Saxons comparativement aux Prussiens et 
aux Autrichiens; les Saxons parlent plat deutsch et les Flamands de France 
plat vlaemsch. En outre, ceux des habitants de nos campagnes, qui sont restés 
sans instruction, ont conservé des dialectes et des accents qui diffèrent tota- 
lement de la langue écrite. Dans ces dialectes et dans ces accents, on trouve 
des traces vivantes de l'ancien anglo-saxon. 

Quand on examine l'ancien anglo-saxon et qu'on le compare à l'anglais 
moderne et a certains dialectes de la Flandre occidentale, on est bientôt 
convaincu de la conformité de langage qui a dû exister entre les habitants 
du vieux Littus saxonicum et ceux de la Grande-Bretagne. Ce qui prouve 
que les deux langues procèdent d'une même source. Certes, elles ont subi 
depuis ces temps primitifs des modifications qui les ont éloignées considéra- 
blement de leur point de départ commun, mais on y trouve encore de part 
cl d'autre une foule de mots et d'expressions qui témoignent de leur ori- 
gine commune. Nous allons en produire ici quelques exemples : 



Flamand 
populaire. 


Flamand 
litteraire. 


Anglo-saxon. 


Anglais. 


Renvoi aux pages et lignes 
de ce volume. 


â ou an. 


een. 


an. 


a ou an. 


p. 294, 1. 2; et passim. 


Aven. 


Avond. 


Aeven. 


Even. 


p. 403, 1. 3 et 4. 


Butler. 


Boter. 


Buter. 


Bulter. 


p. 294, 1- 13. - p- 296, 1.17. 


Dey. 


Dag 


Dey. 


Day. 


p. 328, 1. 3. 


Erm. 


Arm. 


Earni. 


Arm. 


p 400, t. 8. 


Heur. 


Ilacr. 


Her. 


Her. 


p-273, 1. 2 -p. 331, 1. 3. 


Tide. 


Tyd. 


Tid. 


Tide. 


p. 234, 1.2. 


WyfonWuf 


Wvf. 


Wif. 


Wif. 


p 298, 1. i. 


Ye. 


Gy ou Ge. 


Ye. 


Yc ou You. 


p. 91, I. IS; et passim. 


You. 


IV. 


You. 


Your. 


p. 402, 1. 12. 



Ces exemples, nous avons tenu à Jcs prendre dans nos chants populaires 



XXIV 



umtoincTio*. 



mois il est bien certain qu'en étendant ailleurs ces rapprochements, on en 
trouverait beaucoup d'autres non moins significatifs. Que serait-ce si l'on pous- 
sait les remarques sur les tournures de pbrnscs; là encore on rencontrerait 
plus d'un exemple qui viendrait confirmer la proposition que nous venons 
d'émettre. 

A Baillcul on se sert presque toujours d'un a au lieu d'un e dans les 
mots où celte lettre est suivie d'un /. Voyez page 378. A Bruges et dans 
quelques autres localités de la Flandre occidentale on prononce de même. 

Le mot winne pour wat, est usité dans presque toute notre Flandre; 
pag. 40S, f. 4 et 12. 

Dans beaucoup de mots en o ou oo, tels que mogen, woonen, etc., les Fla- 
mands de France substituent à cette voyelle ou double voyelle la diphtongue 
eu cl disent meugen, weunen, etc., p. 278, I. 19 — p. 400, I. U. 

De lout ce qui précède, il faut conclure que s'il pouvait y avoir quelque 
doute sur la filiation directe des Flamands de France, on en trouverait 
des traces palpables dans le langage vraiment populaire, c'est-à-dire dans 
celui des chants qui sont dans la bouche de tout le monde et surtout des 
chants avec lesquels les mères et les nourrices bercent leurs enfants, de ceux 
que les enfants sucent en quelque sorte en même temps que le lait mater- 
nel. Cette vérité ressortera encore plus fortement, si c'est possible, d'un 
travail sur les dialectes flamands , qu'a entrepris le Comité flamands de 
France (•). 

IX. 

Plus on examine nos chants, plus on y trouve matière à observations et 
à réflexions. Mais pour donner aux considérations qu'ils suggèrent le déve- 
loppement qu'elles réclament, il aurait fallu dépasser de beaucoup les limites 
dans lesquelles nous avons dû nous circonscrire. Plus d'une fois nous avons 
été obligé de nous borner à effleurer la matière et à donner de simples 
indications. Toutefois ce que nous venons den dire est suffisant pour nous 
permettre de tirer les conclusions suivantes : 

i' Au point de vue, tant de l'histoire traditionnelle de la race flamande 
qu'au point de vue de ses sentiments, de ses înu-urs, de ses usages et de 



(1) Annalrt du Comité flamand de Francs, vol. 1 K>'.i, )>. 62 



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INTRODUCTION. 



x\v 



sa langue, nous pensons que les chants populaires contenus dans ce volume 
sont des documents qu'il pourra être un jour utile et curieux de consulter. 

2* Sous le rapport musical, ils offrent de l'intérêt pour le musicien aussi 
bien que pour l'archéologue. Leur tonalité, leur rhylhme, leur caractère 
naïf et original nous paraissent dignes de fixer l'attention. 



Nous ne terminerons pas sans témoigner notre reconnaissance aux per- 
sonnes qui ont hien voulu nous seconder dans nos recherches ou nous aider 
de leurs conseils et particulièrement à M. l'abbé CarncI, notre compatriote; 
Il M. P. Van Duyse, de Gand; à M. Ronse, de Fumes; et à M. A. Thclu, 
de Dunkerque. 

Afin de faire connaître les mœurs flamandes sous le plus d'aspects possi- 
bles, nous avons ajouté quelques dessins représentant des scènes tirées* de 
nos chansons. Ces dessins, nous les devons au pinceau facile et élégant de 
M' 0. Noric, qui lui-même a trouvé un excellent inlrepréte en M' J. B. Lammens. 

A peine le prospectus de In publication de nos chants populaires était-il lancé 
que nous recevions les vers suivants : 

Dei rilgever der Volksliederen der YUnriö»ei ii Fraoknk. 

Een minnaer vond cen perd. 

Verloren in het slijk, 
Rn, in het goud hacr kistend, 

Dacht hy nu ben ik rijk. 

Hij reikte ze aen zijn liefjen. 

Die hem een kusjen schonk , 
En in heur ebben hairen 

Die slak met lieven lonk. 

Dc parel is 't vlaemsch liodjcn — 

Het goud, zijn melodij — 
Het liefjen, onze tnlc — 

Dc minnacr dat zijl gij. 

En 'l kusjen, 'l snocprig kusjen?... 

Wel, Duynkerks menestreel. 
Dat 's onze erkentcnisse, 

('w wël bekomen deel. 



Gent. September 18S.". 



Pnu.rvs \\n DitYhc. 



XXVI 



I.\TH0UICTI0\. 



TRADUCTION. 

A ( Éditeur des Chants populaires des Flamands de France (>). 

Un amant trouva une perle perdue dans la fange; il l'enchâssa dans l'or 
et se dit : me voici riche. 

Il en fit présent à sa hien aimée. Elle lui rendit un baiser, et, avec un 
sourire d'amour, elle plaça le bijou dans ses cheveux d'ébéne. 

La perle, c'est la chanson flamande; l'or, la mélodie; la bien aimée, notre 
Inngue; l'amant, c'est vous. 

Et le baiser, le doux baiser?... Eh bien! Ménestrel dunkerquois, c'est le 
digne prix de notre reconnaissance. 



(iTNoiu avons mis toul scrupule de modestie à pari pour ne pas priver nos lecteurs 
de rcltc charmante perle du Poète gantois. 




» 



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KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. 

mm m mm^ùv®* 



EXPLICATION DES SPJETS DE LA PLANCHE CKOÜTRE. 

L'Assomption. 



Marthe de» Bergers. Réveil des Bergen. 



\aissawe de f Enfant Jésus. 



Saint Louis visitant les Saint Vaast 

soldats malades. prêchant la foi. 



Saint Martin 
distribuant son manteau aux pauvre*. 



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KEIISLIF.OEREN E.1 LOFZAWÎEN. — KOELS ET CAMTIQUKS. 



I. 



HET NIEUWGEBOOREN KIM). 



„ Allegro- 

Comt ver — won-dert u hier, menschen, siet hoe dat u God be - 



3 



mind: siet, ver é - vult der zie - hm weuschen, sïct dit *nieuw-ge - boo-ren 




die ' t woord U 



spreken, siet die vorst 



is son-der 



r r i r ^ 

■iet die 'tucht is 



pracht. S 



iet die 'tal is m ge - bre-keu, siet die 't hcht ia in den 









— 1 0*—** M— — 


4 




bt, ."et die H goed i.4lm 


soet is, word ver - stootcn, word ver - ach 


t. 



Comt, verwondert u hier, menschen, 
Siet, hoe dat u Godt bemindt : 
Siet, vervult der zielen wenschen, 
Siet dit nicuwgebooren kind. 
Siet, die 't woord is sonder spreken, 
Siet, die vorst is sonder pracht : 
Siet, die 't al is in gebreken, 
Siet, die 't licht is in den nacht : 
Siet, die 't goed is, dat soo soet is, 
Word vers tooien, word veracht. 



2. 



Siet hoe dat men met hem handelt, 
Hoe men hem in doeckxkens bindt; 
Die met zyne Godheyt wandelt 
Op de vleughels van den wind. 



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s 



4 KEhSLIEhEllK* EN LOFZAMit.V — NOEI.S ET ( AMTIQl tS. 

Siet, hoe ligt hy hier in lyden, 
Sonder leeken van verstand; 
Die den hemel moei verblyden, 
Die de croon der wysheyl spand. 
Siet, hoe teere is den Heere 
Die l al draegd in zynen hand. 

Ô. 

Die den hemel heefl geschaepen, 

En verciert hel firmament, 

Moei hier in een' cribbe slaepen. 

Word in hooy en slrooy ghcment : 

Die de schoone Seraphynen 

Allyd heefl lol syn ghebodt; 

Lael hem hier by beeslen dienen, 

Lael hem steken in dil kot, 

In decs hoekxkens in kleen doekxkens. 

In dit huysken sonder slot. 

4. 

O heer Jcsu, Godl en mensch, 
Die aenveerl hcbl desen slacl, 
Gheefl my dal ik door u wenschc; 
Gheefl my door uw kindsheyd raet. 
Sterkt my door u leere handen, 
Maekt my door uw kleynheyd groot, 
Maekl my vry door uwe banden, 
Maekl my ryk door uwen noot, 
Maekt my blyde door u lyden, 
Maekt m y levend door uw dood. 



LE NOUVEAl'-NÉ. 

Venez, ô hommes, venez et admirez, voyez comme Dieu nous aime. Voyez 
cet enfant nouveau-né qui remplit le vœu de vos âmes; lui qui est le Verbe, 
il ne peut bégayer une parole; lui, le Roi de l'univers, il est là sans éclat. 
Voyez, le tout-puissa.nl git dans la faiblesse; la lumière est dans les ténèbres. 
Voyez, il est le bien suprême, la bonté même; on le repousse, on le méprise. 



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KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. 



— NOELS ET CANTIQUES. 



2. 

Voyez, comme on manie ses faibles membres, comme on les enveloppe de 
langes. Il est cependant le Dieu qui marche sur les ailes du vent. Voyez, comme 
il est ici dans la privation, dans toutes les faiblesses de l'enfance. Et cependant 
c'est lui qui réjouit les cicux; c'est lui, la sagesse suprême. Voyez comme il est 
délicat, lui qui porte le monde dans la main. 

3. 

Lui qui créa les cieux et orna le firmament, une pauvre crèche le reçoit; de 
la paille lui sert de couche. Lui dont les Séraphins forment la suite, se voit 
maintenant entouré de vils animaux; il se cache dans ce misérable réduit; dans 
celte cabane exposée aux vents. 

4. 

O Seigneur Jésus, Dieu et Homme tout ensemble, qui as accepté celte humble 
condition, accorde moi l'objet de mes désirs; ó faible enfant, conseille moi; que 
les tendres mains me fortifient; que ton abaissement me relève; que tes liens 
me délivrent ; enrichis moi par ta pauvreté ; rends moi heureux par tes souf- 
frances ; fais moi vivre par ta mort. 



Ce beau noél était chante autrefois dans notre Flandre; il y est encore connu, mais 
nous n'avions pu parvenir qu'à en rassembler des fragments épars. M. Honzc, biblio- 
thécaire à Furnes, nous en a envoyé une copie complète, en nous disant qu'il n'avait pu 
en découvrir la mélodie. Cette mélodie, nous l'avions trouvée et nous la donnons comme 
une des plus charmantes de ce genre. Par ses tournures particulières, à la fois simples et 
élégantes, elle appartient au commencement du XV Ml- siècle. 



BLYDEiN NAGT. 



Andantino, 
ld 



t — m 2 » F 1 



O bJy - den nacht ! Mes - siu» is ge — 




U t\ VoliuTpi'. Ili'l-fl 1 11 1 < 



boo 

=6 



ren ; 



o wou-iler-heyd: hier legt den uyt - ver - k 



ou - reu , 



op hooy en 




^3 



5* 



«trony, allier naekt en bb>ot, in 't midden van île Wc* - ton. 



G 



KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQIE*. 



O blyden nacht! Messias is gebooren; 

O wonderheyd ! hier legt den uytverkooren, 

Op hooy en strooy, j 

Schier naekt en bloot, / bis. 

In 't midden van de beesten. J 

2. 

O liefde groot ! wie kan dat agterhaelen ; 
Hel hemelsch brood is komen nederdaelen, 
Op hooy, enz. 

3. 

Komt, zondaer blind, komt ook om hier te vinden 
Hel hemelsch kind, die is uw wel beminden, 
Op hooy, enz. 



NUIT DE BONHEUR. 

O nuit de bonheur! le Messie est né. O prodige! l'élu des cieux est ici 
couché, presque nu, sur du foin et de la paille au milieu des animaux. 

2. 

0 amour! qui peut comprendre ce mystère; le pain céleste est descendu ici, 
sur du foin, etc. 

5. 

Viens, pécheur endurci, viens aussi visiter cet enfant divin qui l'aime tant; 
il csl là, sur du foin, etc. 



Ce noèl, très populaire à Baillcul et dans les environs, s'y chanlc depuis la Nativcté 
jusqu'à la féte des Rois. La partie la plus remarquable de cette pièce est la mélodie. Elle a 
un certain caractère d'originalité qu'on peut attribuer principalement et à la transition du 
mode mineur au mode majeur, après la quatrième mesure, et au rliytlimc du refrain 
qui n'a pas la carrure habituelle des mélodies modernes. Cette absence de carrure qu'on 
aura occasion de remarquer dans d'autres airs de ce recueil, est, suivant nous, un des 
signes indiquant une origine tout à fait populaire. 



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KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOEI.S ET CANTIQUES. 



7 



KOMT NA 'T STALLEKEN. 



Allegro poco maestoso. 



=2— *~ 



i ■ 



1 h 



Komt met vreugd na 't stal - le- ken om 't kindtje te ver-mae 



ken. Met een blyd ge -klank, met spel en bly - den rang, hy zal uw hert en 



fs N N 



ziel door lief- de g'hecl doen blae - ken. Komt, valt u - wen Heer te 



voet, want zyn we - zen is zoo zoet ; 



W — J- 



ziet wat liy voor u al 



* doet. Ey! schenkt hem, ey ! schenkt hem, schenkt hem dog u hert; want 




oor al - le zy - ne groo - te smert. 



hy dat wel ver-dient voor al - Ie, voor 



Ko rul niet vreugd na 't stalleken 
Onj 't kindtje te vermaeken. 
Met een blyd geklank, 
Met spel en blyden zang, 

Hy zal uw hert en ziel door liefde g heel doen blaeken. 

Komt, valt uwen Heer te voel, 
Want zyn wezen is zoo zoet; 
Ziet wat hy voor u al doet. 
Ey! schenkt hem, schenkt hem dog uw hert; 
Want hy dat wel verdient voor alle zyne groole smert. 



KERSLIEDEREN El L0FZW.I- X. — SOEI.S IT < i*Tlt>t TS. 



2. 

Hy verlaet zyn vaders schoot 
En hemelsche wellusten. 
Hy is naekt en blood, 
Hier in de koude groot, 

In 't midden van den nagt by beesten komt hy rusten. 
Komt, valt, enz. 

5. 

Wat eene zoete roelody 
Is hier omtrent te hooren. 
D'engels gheel verblyd, 
Maeken groot jolyd ; 

Zy zingen gloria en dat met volle kooren. 
Komt, valt, enz. 



VENEZ A L'ÉTABLE. 

Venez avec joie à l'élable rejouir l'cnfanl ; venez avec vos instruments har- 
monieux et vos gaies chansons. Il remplira d'amour vos cœurs et vos ames. 

Venez aux pieds de votre Seigneur. Voyez comme son sourire est ogréable, 
voyez tout ce qu'il fait pour vous et offrez lui vos cœurs en échange de toutes 
ses peines. 

2. 

Il abandonne le séjour de son père et les délices du paradis. Il est ici nu au 
milieu du froid et de la nuit. Il se repose parmi des animaux. 
Venez, etc. 

3. 

Quelle douce mélodie se fait entendre aux environs! les anges expriment 
leur allégresse. Ils chantent en chœur : Gloria. 
Venez, etc. 



Le noël qui précède était très populaire à Cacstrc avant la révolution de 80. Il s'y 
thantait tous les ans à la Messe de minuit, et le peuple ne manquait jamais de joindre sa 
voix à celle du chantre pour entonner le refrain. L'air de ce nocl, malgré srs modulations 
en apparence compliquées, est ainsi resté dans le souvenir du peuple de Cacstrc. C'est 
de la bouche même d'une personne du peuple, aujourd'hui âgée de près de quatre-vingts 
ans, que l'a recueilli M. Dequidt, l'instituteur actuel de celte commune. Nous avons appris 
depuis que ce nocl était connu aussi à Baillcul et qu'il y était chanté autrefoij avec une 
certaine vogue. 



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KKBSLIKDERF.N fi I.OFZAXCEK. — SOtl.S ET CANTIQUES. 



!» 



IV. 

DEN GROOTEN DAG. 

Allegretto. 

Dat elk op de-zen dag lact bly - du zan - gen hoo - reu ; dien 
dag, dien groo- ten dag, wan-neer dat wierdge-boo — ren, den 



lley-land al -1er men - schen, Ver - los-ser van ons al ; om 







» » r 








9=ï 


voldoen naer 


wen - sehen arn 


1— V » * 

Adam» droeven 


val. 



Dal elk op dezen dag 
Laet blyde zangen hooren; 
Dien dag, dien groolen dag, 
Wanneer dat wierd {jebooren, 
Den Heyland aller menschen, 
Verlosser van ons al, 
Om le voldoen naer wenschen 
Aen Adams droeven val. 

2. 

Wie hadt er oyt gedacht 
Of konnen oyl verzinnen, 
Als dat de liefde kracht, 
Had konnen God verwinnen ; 
Van te veriaeten lorden 
Van zyne Majesteyt, 
En ons gelyk te worden 
In aerd' en sterflykeyd. 

5. 

Ja, 'l was uyl louter min, 
Dat 't woord heeft aengenomen, 
De menscheyd, en als niensch 
Ter wereld is gekomen. 



KERSLIEDEREN El LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 

Kiel in een princeu-wooning 
Maer in een slechten stal ; 
Niet als een grooten koning 
Maer alderaermst van al. 

4. 

Zoo kacsl dien Mensche-God 
Was uyt een maegd gebooreu, 
Veel Engels lieten daer 
Dees blyde zangen hooren. 
Lof, roem in d'hoogsle stede 
Aen God in mensche-schyn 
En aen de menschcn vrede 
Die goede van wille zyn. 

5. 

In d alderkoudslcn tyd 
Des winters en by nachte, 
Kwam den Messias voort, 
Die elk zoo lang verwachte. 
Den adem van twee beesten 
Verwarmde 't teere kind, 
Die schoon hy was den meesten, 
Zig blood van alles vind. 

6. 

't Was al vol hemels licht, 
Tot blyk van deze waerheyd; 
De herders daer ontrent 
Verbaest door deze klaerheyd 
Zyn uyt het veld verschoven, 
En kvvaem naer het stal 
Om 'l eeren en te loven 
Den koning van den Al. 

7. 

Ook op den zeiven tyd, 
Is in de lochl verschenen 
Een nieuw slerre, die 
Men noyt en zag voorbenen; 



KERSLIEDEREN Eîl LOFZAXGE». — KOELS ET CANTIQUES. || 

Waer op dat naer belaemen 
Uyt verr' in 't Oosten-land, 
Dry wyze vorsten kwamen 
't Kind bieden offerhand. 

8. 

Laet ons aen 't wonder kind 
Ook doen onz' offerbanden, 
Niet ▼an een gouden schat, 
Of myrrh', of wierook branden, 
Maer laet ons voor de smerte 
Die God voor ons verdraegt 
Aenbiedcn elk ons herte, 
't Is al het gon hy vraegt. 



LE GRAND JOUR. 

Que chacun en cc jour fasse entendre les chants joyeux; ce jour, ce grand 
jour est né le Sauveur des hommes. Notre Libérateur est venu pour expier la 
faute d'Adam. 

2. 

Qui aurait jamais cru, qui aurait jamais pu s'imaginer que l'amour de Dieu 
pour nous eut pu le délcrmincr à abandonner le séjour de sa Majesté divine 
pour embrasser notre fragile condition. 

3. 

Oui, ce fut par pur amour que le Verbe s'est revêtu de notre humaine 
nature. Il est né à la manière des enfants des hommes, non dans une de- 
meure princière, mais dans une pauvre établc; non comme un Roi puissant, 
mais comme le plus pauvre de tous. 

4. 

A peine le Dieu homme fut-il sorti du sein d'une vierge, qu'une multi- 
tude d'anges Gt entendre des chants d'allégresse. Gloire et louange au plus 
haut des cieux à un Dieu fait homme, et paix aux hommes de bonne volonté! 

5. 

Celait pendant le plus froid de l'hiver et au milieu de la nuit que vint 
le Messie si longtemps entendu. L'haleine de deux animaux réchauffa le 
tendre enfant. Lui, le plus grand de tous, se voyait dépourvu de tout. 



i2 



KII1SLIEDE*E> El I.OFZASCK*. — KOELS LT CASTIQCES. 



(!. 

Le ciel fut rempli de lumière en signe de cet événement. Les bergers 
d'alentour éveillés par cette clarté, quittèrent les champs et vinrent à l'établc 
pour vénérer et glorifier le Roi des Rois. 

7. 

En ce temps là aussi apparut dans les cicux une étoile qu'on n'avait jamais 
vu auparavant. Guidés par cette apparition, du fond de l'Orient, trois sages 
monarques vinrent h l'enfant présenter leur offrande. 

8. 

Et nous aussi, portons nos présents à cet enfant mystérieux; offrons lui 
non de l'or, de la myrrhe ou de l'encens ; mais en échange de ce qu'il 
souffre pour nous, offrons lui notre cœur, c'est tout ce qu'il demande. 



Le texte de ce nocl est lire du volume intitule : Christelijke Liedekens om gezongen 
le u-orden in de Zondcujuhnle van Shrnvoorde en andere. Ce recueil, <|ui est en usage 
à Baillcul, à Ca>sel et dans d'autres communes pourvues d'une école dominicale, ren- 
ferme plusieurs noéls. Celui-ci est très populaire. C'est dans l'école dominiralc de Dail- 
leul que nous avons recueilli l'air gracieux et facile que nous reproduisons. 

— 

V. 



BETHLEEM. 

Allegretto. 







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— — Il 


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ICI), 


om haer den weg te 


too - ne 


- — w 

a. 



Maria die zoude naer Bethléem gaen, 
Kersavond voor den nocnen : 
Sinl Joseph die zoude met haer (jacn, 
Om haci den weg te toenen. 



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Ktnbl-IEÜtllt.N t!» I.OK/AXCE*. 



— NOELS KT CAftlKJULs. 



2. 

Hel hageld, liet sneeuwde, hel mieker zoo koud, 

Den rym lag op de daeken ; 

Sinl Joseph die legen Maria sprak : 

Och Heere! wal zullen wy roaeken. 

3. 

Maria die zeg : ik zyn' er zoo moe, 
haet ons een weinig ruslen. 
— Laet ons nog een weinig verder gaen, 
Aen een buysken zullen wy ruslen. 

4. 

Zy kwaemen een weinig verder gegaen, 
Tol aen een boere schucre. 
't Is daer wacr Heer Jesus gebooren was, 
En daer sloten nuch Vensiers, noch deuren. 



BETHLÉEM. 

Marie devait aller à Bethléem le matin de la veille de Noël. Saint Joseph 
devant l'accompagner pour lui indiquer le chemin. 

9. 

La grêle lomhait, il neigeait et il faisait hien froid. Le givre couvrait 
les maisons. Saint Joseph disait à Marie: d Dieu, qu'allons nous devenir? 

3. 

Marie disait : je suis hien fatiguée, reposons-nous un instant. — Marchons 
encore un peu, nous trouverons peut-être une chaumière. 

4. 

Us vinrent un peu plus loin et rencontrèrent une pauvre grange ; les 
portes et fenêtres n'en fermaient pas. Ce fut la que le Seigneur Jésus fut 
rais au monde. 



Ce noeï, un des plu* populaires de nos contrées, se Irouvc dans le recueil de Willenis. 
avec de légères différences dans la mélodie, et avee deux strophes de plus dans le teste. 
A Baillcul, comme à Conrlrai. où Willcms l'a recueilli, il se chante dans les rues ton- 
ics ans. au temps de la Nativité, [/inflexion mélodique qui se trouve sur les deux der 



14 



KERSLIEDEREN EK LOFÏÀKCEN. — KOELS ET CANTIQUES. 



nièrcs syllabes du second et du quatrième vers, pourra paraître un peu brusque. 
Toutefois nous pouvons affirmer que nous l'avons bien notée telle qu'elle se chante 
Elle donne ainsi à cet air un rhyllime particulier qui n'est pas sans charme. 

Le recueil de Noël*, public en par MM. Jos. et Lamh. Albcrdingk Thijm, sous 
le litre de : • Oude en Nieuwe Kersliederen, • contient, à la page 58, un air qui a la 
plus grande analogie avec celui de notre nocl. Les mêmes éditeurs reproduisent plu» 
loin, page CO, le même nocl avec quelques différences dans le texte et la mélodie. 



HERDERKENS-LIED. 



P 



Allegretto. 



3EÊ 



Koint, her — ders 



in 



nn - nen, 



ract uacr'tstal- 



I 



■s- 



le -ken met-ter spoedt, groeten het Kin -de-ken 



sus soet. 



Voir 



de hc - mcUchc geesten 



SS 



-I- 1 P LJ J-l «— » ; ' ^ ij 

met oot - moedt , liy legt hier iiackt in 't midden van de bees - ten , 

ClIOOR 



v siet wat 



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dat de 

ri n fr- 



lief - de doet. 



Voor wie dat 



all' de 



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cees - ten 



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met oot — moedt, h y legt hier naekt in 't midden van de becs -ten, 





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1 « 




V siet wat 




dat de 


lief - dc 


doet. 





Komt herders en herderinnen , 
Gael naer 'l stalleken metier spoel. 
Groeten het Kindeken Jesus socl. 



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kERSMEDERE.N t> LOFZANÜE.N. — NOEI.S E T (ANTIQlKS. | .'Î 

Voor wie dat al de hemelsche geesten 

Staen en beven met oolmoedt. 

Hy legt hier naekt in 't raidden van de beesten, 

Siet wat dat de liefde doet. 

2. 

Lael ons gaen om te bezoeken 
Dit kleyn kindeken zoet van aerdt, 
Dat Maria heeft gebaerdt. 
Voor wie, enz. 

5. 

Zoet Kindeken voor ons gebooren, 
Voor uwe pyn en bitter smert, 
Siet ik geven u myn hert. 
Voor wie, enz. 

4. 

Zoel Kindeken voor ons besneden 
En gestort uw dier ba er bloed, 
Die voor ons schuld voldoed. 
Voor wie, enz. 

5. 

De drie Wyze uyl den Oosten 
Koomen hier uyl verre land 
Om te doen hun ofFerand. 
Voor wie, enz. 

6. 

Jesus zoeten nacm verheven, 
Onzen troost en opperal, 
Nieuw gebooren in den stal. 
Voor wie, enz. 



CHANT DES BERGERS. 

Venez bergers et bergères, laissez là vos brebis; allez sans retard adorer 
le doux enfant Jésu9. 

Celui devant qui tous les esprits ctMesles se tiennent tremblants de res- 
pect; il est là nu entre les animaux. Voyez ce que peut l'amour. 



IC KERSLIEDEREN E!t LOFZANGEN. — NOII.S ET CANTIQUES. 

2. 

Allons tous visiter cet enfant si doux, que Marie a mis au monde. 
Celui devant qui, etc. 

3. 

Doux enfant, ne" pour nous, en échange de vos larmes et de vos souf- 
frances, je vous donne mon cœur. 
Celui, etc. 

4. 

Doux enfant, dans votre circoncision, vous avez répandu votre sang pour 
rneheter nos fautes. 
Celui, etc. 

5. 

Trois mages, du fond de l'Orient, viennent ici pour faire leur offrande. 
Celui, etc. 

fi. 

Jésus au nom si doux, nouvellement né dans une établc, vous êtes notre 
consolateur et noire bien suprême. 
Celui, etc. 



Ce charmant noél, dont la mélodie appartient nu milieu du siècle dernier, se chante 
à Baillcul et dans plusieurs autres communes de notre Flandre. A Dunkerque. il faisait 
partie de la petite pastorale recueillie par M. l'abbé Carnet, et publiée dans les « An- 
nales du Comité flamand de France-, sous le titre de 't Kribbetje. On remarque quel- 
ques variantes qui doivent être attribuées à la place que ce noél occupe dans la pas- 
torale dont il vient d'être parlé, l.c nôtre a trois couplets qui ne se trouvent pas dans 
l'autre. Quant à l'air, c'est le même dans les deux localités, l.c recueil de noëls de 
MM. Jos. et l.am. Albcrdingk Thijm contient à la page M un noêl dont la mélodie 
est pour ainsi dire la même «pic celle que nous donnons ici, mais dont le texte est 
entièrement différent. 



VII. 



DEN EISGEL EX DE HERDERS. 



Andantino. 



t 



Ont - waekt, loopt her - ders de - zen nacht, ver - lnet al u-vc 



P 



- N-fc -i- 



3 



schae-pen, uw' nieuwen Ko ning lof verwacht, en blyft niet lan - ger 



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KERSLIEDEREN EX LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 



il 





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-JV p • ; 














— 


1 y — 1 — 


I h? r ^ 









-T * 



alae-pen. Geeft «oet gezang cn wilt schal-mey, noch fluy - te niet ver 



ge- ten, waer mè gy in dc groene wey zoo dik-wila zyt ge- 

V ze — ten. 

Onlwaekt, loopt herders desen nacht, 
Verlaet al uwe schapen, 
Uw' nieuwen Koning lof verwacht, 
En blyft niet langer slaepen. 
Geef soet gesang cn wilt schal mey 
Noch fluyte niet vergelen 
Waer mé gy in de groene wey 
Zoo dikwils zyt gezeten. 

2. 

DEN HERDER. 

Wat een ontydig' stem voel ik 
Zoo vroeg myn ooren raeken, 
En my op een oogen bliek 
(Jyt myncn slaep ontwaeken? 
Den nacht versoekt nog langer rust; 
Den haen gael nog niet schreyen; 
Laet ieder slaepen naer zyn lust , 
Eer gy roepl naer de weyen. 

5. 

DEN ENGEL. 

Te lang, ô herder, duert uw' rust, 

Heft uw' vermoeyde leden. 

Het hemels licht schynl op dees kust, 

Verslaet gy wel myn reden? 

Gebooren is den Heer God-Mensch 

Om breeden te verklaeren. 

Ik dael van boven om uw wensch 

Vol vreugt te openbaeren. 



IX KERSUEOERO Ei* LOEZAXGEX. — X0ELS ET CAXTIQWS . 

4. 

> 

DEN HERDER. 

Wat klaerheyd zien ik onverwacht 
Voor myn gezigt verschynen? 
Ziel seffens op den middernacht 
De duyslerheyd vcrdwynen. 
't Is zeker dat den Heer van Al 
Op d'aerde word gebooren. 
Myn herle en ziele branden zal 
Voor 't licht, zoo lang verlooren. 

5. 

OEX E>GEL. 

't En is dan, herder, niet te vroeg, 
Gact, geefl hem hert en zinnen. 
Men kan niet haestig zyn genoeg 
Om God Ie gaen beminnen. 
Spoeyt u, roept uw gebeuren al, 
En gaet met vol betrouwen. 
Dien God, vol teerheyd, in een stal, 
Met teere liefde aenschouwen. 

(j. 

OEX HERDER. 

Kloek herders al. stael op met my, 
Den Heer komt ons ontmoeten. 
Leyd, Engels Geesten, daer by 
Om 'l hemels Kind te groeten. 
Toont ons de plaels, wy gaen tol hem, 
Den oorspronck van ons leven. 
Wy volgen 't saemen op uw slem 
Om dankbaerheyd te geven. 



L'ANGE ET LES BERGERS. 

L'A NOK. 

Éveillez-vous, accourez, Ô bergers, laissez-là celle nuit vos troupeaux. Volrc 
nouveau Roi allcnd vos hommages; ne restez donc pas endormi. Chantez vos 
douces chansons et n'oubliez pas vos chalumeaux et vos llutcs, avec lesquels 
vous jouez si souvent assis dans vos prairies. 



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KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — 



KOELS F.T CANTIQUES. 



I!» 



2. 

IC BERCER. 

— Quelle voix inattendue vient frapper mon oreille et ra'éveiller si subite- 
ment de mon sommeil? La nuit demande que je prolonge mon repos. Le coq 
n'est pas encore sur le point de chanter; qu'on laisse donc les gens satisfaire 
ù leur sommeil, avant de les appeler aux pâturages. 

5. 

I.\>GE. 

— 6 Bergers, vous vous reposez depuis trop longtemps, relevez vos mem- 
bres fatigués. Déjà la lumière céleste brille sur les coteaux ; ne me comprenez- 
vous pas? Le Seigneur, l'Homme-Dieu, est né; je descends du Ciel pour an- 
noncer ce sujet de joie, l'accomplissement de vos vœux. 

4. 

LE DERCER. 

— Quelle clarté imprévue vois-je luire à mes yeux ! Voyez, au milieu de la 
nuit, comme les ténèbres disparaissent. Oui, il faut que le Seigneur soit venu 
sur la terre : mon cœur, mon âme s'allumeront à celle lumière si longtemps 
perdue. 

». 

LANCE. 

— Non, berger, il n'est pas trop tard. Allez-lui offrir voire cœur et vos 
pensées. On ne saurait trop bâter pour aimer son Dieu. Vite, appelez tous 
vos compagnons, et allez, plein de confiance, contempler, avec un tendre 
amour, ce Dieu de bonté, couché dons une ctablc. 

G. 

LE BERGER. 

— Allons, bergers, debout! Venez tous avec moi : le Seigneur nous in- 
vile, et vous, esprits angéliques, conduisez nos pas pour aller saluer le céleste 
Enfant; montrez-nous où il est. Marchons à lui; il est la source do notre vie. 
Nous suivons tous ensemble voire voix pour aller lui témoigner noire recon- 
naissance. 



Ce noël est très populaire, iion-sculcnicnt dans noire Flandre, mais aussi en Belgique, 
car on le trouve dans un recueil de cantiques, public à Louvain (sans dat<-), s°«" ' e litrc 
île : Nieuwe Cfirigtelyke Liedekens. A Dunkcrquc, il faisait partie, comme le précédent, 
de la petite pastorale, intitulée : 't Kribbetje. Nous donnons Pair tel qu'il se chante ii 
Railleul. Il diffère de celui qui était usité a Dunkcrquc, mais il est facile de voir qu'au 
fond c'est la même mélodie. 



20 KKBSLUCDtRKS KN I.OFZA.MÎL.N . — ÜiOEUS KT CAKTIQl'ES. 



DEN VOEDSTERVADER. 



Allegretto. 



Jo - Btph, Je - sus toc - der, ging met Je - bh 




een her-berg; 



-ne, zeer ont - stelt, 



— é- 



•egt: mynka-mer is be-kwacraer voor de hee- ren met wel geld. 

Joseph , Jésus voeder, 
Ging met Jesus Moeder 
Soeken een herberg. 
De weerdione, zeer ontstelt, 
Zegt : myn kamer 
Is bekwamer 
Voor de heeren mei wel 



Joseph riep met klaglen : 

Laet ons hier vernaglen, 

Want myn vrouwe sugt; 

Bergt Maria, om haer Kind; 

By ulieden 

't Kan geschieden 

Ik zal slaepen in den wind. 

3. 

Joseph bleef nog kermen, 

Ach! wilt ons ontfermen, 

Herbergt deze Vrouw. 

Men wees haer daer eene scheur 

Daer de vlaegen 

Den wind jaegen 

Door 't huys sonder meur of deur. 



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KtKSLItDtnEB ES LOFZANGE.1. 



— NOKLS ET CASTHJIES. 



4. 

't Huys was sonder setel, 

Sonder pan en ketel; 

Joseph was benauwt. 

Want daer en was geen gemak. 

Jesus huysken 

Met een kruysken 

Was met een vervallen dak. 

5. 

Joseph stelt u lyden; 

Gy zult haest verblyden; 

D'herders komen af, 

En zy brengen goede en waer. 

By dees vrienden 

Suit gy vinden 

Voor het Kind een nieuwejaer. 
C. 

Wy en zyn maer boeren, 

Durven ons niet roeren, 

Om het Kind le sien. 

Nogtans brand ons herte zoet, 

Lieve Moeder, 

Joseph, broeder, 

Toont ons den volmaekten Heer. 

7. 

Herders wilt Hem loven, 

Jesus komt van boven , 

Niet naer rykelien, 

Maer naer herders slegl en regt 

Die kan sterken 

Al ons werken; 

Wilt hier heden weàcn knegl. 

8. 

— Wy zullen ons leven 
Het Kind eerc geven, 
Want ï is onzen God. 



KEHSLIEÜLHES E> LOFZANGEN. — NOEI.S ET CA.1TIQl.tS. 



En \vy bidden al Ie gaer; 
Heer, hoor heden 
Ons gebeden , 

En jont ons een nieuwejaer. 



LE PÈRE NOURRICIER. 

Joseph, père nourricier de Jésus, alla avec la mère de Jésus, chercher une 
auberge. L'hôlesse, toute émue, dit : ma chambre ne convient qu'aux gens qui 
ont beaucoup d'argent. 

2. 

Joseph dit, en suppliant : Laissez-nous passer la nuit ici; car mon épouse 
est dans la douleur. Rcccvcz-la auprès de vous, en considération de son état ; 
pour moi, je dormirai en plein air. 

5. 

Joseph continua à se plaindre : Hélas ! ayez pitié de nous et accueillez cette 
femme. On lui indiqua une grange, exposée aux vents et à la pluie, car elle 
n'avait ni porte, ni muraille. 

4. 

La maison était sans chaise, sans poêlon, ni marmite; Joseph avait peur, 
car il n'y avait aucune commodité. La cabane de Jésus, qui devait être crucifié, 
n'avait qu'un simple toit pour abri. 

!.. 

Joseph cessez vos larmes ; vous allez bientôt vous réjouir ; voici que les ber- 
gers arrivent; ils apportent des dons. Ces amis viennent offrir des étrennes à 
l'enfant. 

(ï. 

— Nous ne sommes que des campagnards; nous n'osons pas avancer pour voir 
l'enfant : Cependant notre âme brûle d'ardeur, bonne mère, et vous, Joseph, 
notre frère, faites-nous voir notre Sauveur. 

7. 

— Bergers, louez Jésus; il descend du Ciel, non vers les riches, mnis vers des 
bergers au cœur simple et droit. Il vient nous fortiGer dans nos fatigues; il est 
venu sur terre pour être simple ouvrier, comme nous. 

8. 

Consacrons notre vie à honorer cet enfaut, car il est notre Dieu. El tous en- 
semble, nous vous prions, Seigneur, d'exaucer nos prières et de nous donner 
une bonne année. 



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kEFLSI.IfDEHL.N EN LOFZANGEN. — KOELS ET CASTIQUES. 

Cette chanson se chantait autrefois à Dailleul, dans l'école dominicale, dans les écoles, 
dans les ouvroirs de dentellières et même dans les rues. Elle est conservée, au couvent des 
Sœurs Noires de cette ville, avec d'autres chants pieux dans un recueil manuscrit que sœur 
Scholastiquc, l'une des religieuses les plus âgées de la maison, nous a donné communica- 
tion. C'est aussi cette bonne sœur qui a bien voulu nous dicter la mélodie que nous venons 
de rapporter. 



DE AENBIDDING DER HERDERS. 



Allegro. 



*J Wat zane. vat klanff van 



1 



Wat rang, wat klang van d'en -gel -sche achae-ren ko-men de 



g j ^ ? 1 m 



her-de-kens he-den ver — kla-ren. Van de -zen nacht, zoo lang ver - 



V wacht, dat van een ma-get nu ia voort-ge — bragt. Een tee - der 



kind uyt duyzend ver — koo-rcn dat van Ma — ri - a nu ia ge - 



-4 ai é J_ 

boo-rcn, in ee-nen stal, den God voor al , die ons komt zoe - ken in ar-ruc 



1~ \ \ K 



3 



doe -ken tot boe-ten A-dams cl - len - di - gen val. 

Wal zang, wat klank, 

Van d'engelsche schaeren 

Komen de herdekens beden verklaeien. 

Van dezen nacht, 

Zoo lang venvacht, 

Dat van een Maget nu is voorlgebragt 

Een teeder Kind uyt duyzend verkooren 

Dat van Maria nu is gebooren , 



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KFHSLIEDEnR.V ES LOFZAXGEN. — KOEI.S ET CANTIQUES. 

In eenen stal, 
Den God voor al , 
Die ons komt zoeken 
In arme doeken 

Tot boelen Adaras ellendigen val. 

2. 

Pierken en Klaeyken, 
Hansken en Thoonljen, 

Maeyken en Anneke, Lynk en haer zoonljen, 
En Anlhonet, 
Met Lizabeth, 

Kwamen naer 't stalleken kuysch ende net. 
Theunen sprak eerst met zyn botte kaeken : 
Zoo m'ons bedriegt wal zullen wy maekcn? 
Lynken zcy gouw : 
O gy rabouw, 

Al zyn de vroukens wat licht van gelove, 
Wilt gy niet komen, blyft op uw getouw. 

3. 

G'heel het gezelschap vol vreugd en vrede, 
Deen had een trommel of moeselken mede; 
Deen had een luylh, 
D'ander een fluyt; 

Kwamen ten lesten op 't stalleken uyt; 

En hebben daer naer 's engels verkonden, 

Jesus, Maria en Joseph gevonden. 

Een Kind op hooy, 

En weynig slrooy, 

Den aldermeeslen 

Beademt door beesten, 

Lag in een kribb' in die schaepwachlerkooy. 

4. 

Door 't liefde vier hun hertje dal brande, 

Want elk kwaem offeren zyn offcrhande 

Mei boter, zaên, 

Kaes, melk en graen, 

Honing en eyers, was elk op de baen. 



KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 2Ü 

Pierken liep voor mei Hansken zyn broerken , 
En hy riep : kom ras vaerken en moerken ; 
Zy sprongen wal! 
Wal vreugd is dal! 

G'heel het gezelschap was over van vreugden 
Terwyl de liefd' al hun herljens omvat. 

5. 

Elk lag zyn giftjens neder 1er aerden, 
Voor den oodmoedigen Jesus vol waerden; 
Op hun fatsoen , 
En even koen , 

Zoo als ons boerljens nu nog zouden doen. 
Met eenen hoorden zy 't Kindeken kermen , 
Maria nam 't uyt de kribb' in hacr ermen. 
Elk riep met een, 
Zoo groot als kleen : 

Mogten wy geven dat Kindeken een zoentje, 
Wat groole blydschap voor ons in 't gemeen. 

6. 

Men hoord' op velden en op de straeten 

Al dherdcrs tegen malkanderen praelen; 

Tot een present, 

Lael ons zeer jent, 

Spelen hier elk op zyn instrument , 

Ter eeren van het Kindeken teere; 

Laet ons met vreugden dan huysewaerl keeren, 

't Moezelken gonk, 

't Fluytjen dat klonk, 

Wy hebben onzen Messias gevonden, 

Lizabelh danste, t'wyl Pierken opspronk. 



L'ADORATION DES BERGERS. 

Quels sont ces chants que la troupe des anges vient faire entendre aux ber- 
gers? C'est que pendant cette nuit, si longtemps attendue, un tendre enfant, 
l'Élu des cieux, est né d'une humble vierge du nom de Marie; c'est le Dieu 
tout-puissant, le voilà dans une étable, enveloppé de pauvres langes; il est 
venu pour nous relever de la chute d'Adam. 

4 



26 KERSLIEDEREN ES LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 

2. 

Aussitôt Pierre, Nicolas, Jean el Antoine, Marie et Jeannette, Jacqueline et 
son fils, et Antoinette et Elisabeth, vinrent, avec leurs beaux habits, à l'étable. 
Antoine avec son air grossier dit : mais si on allait nous tromper, que ferions- 
nous? Insensé, lui répond Jacqueline, les femmes sont peut-être crédules, soit; 
ch bien! si tu ne veux pas venir avec nous, reste à ton ouvrage. 

3. 

Là-dessus toute la troupe, pleine de joie, portant qui un tambour ou une 
musette, qui un luth, qui une flule, s'en vint à l'étable. La, ainsi que l'ange 
l'avait annoncé, ils trouvent Jésus, Mnrie et Joseph ; un enfant sur un peu 
de paille et de foin, rechauffé par l'haleine des animaux et couché dans la 
crèche d'une pauvre étable. 

4. 

Du feu d'amour chacun sentit son cœur brûler; tous vinrent pour offrir 
leurs présents : c'était du beurre, de la crème, du fromage, du lait, du pur 
froment, du miel, des œufs ; tout le monde était en chemin. Petit Pierre courut 
en avant avec Jcannot son frère, en criant : Arrivez, père et mère. Comme ils 
sautaient de joie! Toute la bande était remplie d'allégresse et l'amour était 
dans leur cœur. 

5. 

Chacun déposa son offrande aux pieds du divin enfant Jésus, avec celte 
naïveté rustique qu'ont encore les campagnards d'aujourd'hui. Soudain on en- 
tendit l'enfant pleurer; Marie le prit dans ses bras et chacun de s'écrier : Oh ! 
si nous pouvions lui donner un baiser, quelle joie ce serait pour nous ! 

6. 

On entendit à travers champ» et dans les chemins, les bergers se dire les 
uns aux autres ; pour honorer davantage le cher enfant, que chacun s'en re- 
tourne chex soi, en jouant ses plus beaux airs sur ses instruments. Musettes et 
flûtes se firent entendre. Enfin, le Messie esl trouvé. Elisabeth dansa et Pierre 
sauta de joie. 



Le nocl qui précède est un de ceux qui appartiennent aux écoles dominicales de l'arron- 
dissement d'Hazebrouck, dont nous avons parlé dans l'introduction de ce recueil. Il parait 
avoir été composé pour ces institutions. Il esl très populaire dans le pays ; il n'y a pas d'rn- 
fant, sorti d'une de ces écoles, qui ne le sache. Il est imprimé dans le recueil intitulé : 
ChritUlykc Litdtkrnt, etc. La mélodie nous a été chantée par une personne de Steen- 
voorde, qui avait fréquenté l'école dominicale de cette ville. Elle nous a été répétée depuis 
par d'autres, qui avaient fréquenté l'école dominicale de Bailleul, où ce noël est également 
chanté. Cette mélodie naïve cl franche a un caractère de popularité, qui se reconnaît de 
suite au rhythme et à la disposition des phrases musicales. 



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KERSLIEDEREN ES LOFZASGEJ». — KOELS ET CAXTIQlthS. 



27 



DEN SLAEP VAN 'T KINDEKEN JESU. 

Andante. 



en - gel komt van bo - ven uyt 



uyt de logt ; 




herders ee - ne maer ge - bragt. Sa! mi! sa! herders laet uw 




3 r-f r i ^ 



•cbaepkens al. 



Een kind gy vin - den zult in ee - nen stal , 



die u ver -los 



seu 



zal. 



ï 



Den engel komt van boven uyl de logt, 
En heeft de herders eene maer gebrogt. 
Sa, sa, herders, laet uw schaepkens al, 
Een Kind gy vinden zult in ecnen stal , 
Die u verlossen zal. 



Zy komen l'saemen naer den slal gegaen; 
Zy bringen boter, melk en een haen; 
Zy groeten t Kindjen en zyn Moeder rein, 
Zy wiegen hem en zingen in 't gemeen : 
Na, na, na, Kindjen kleen. 



LE SOMMEIL DE L'ENFANT JÉSUS. 

L'ange descend du haut des cieux; il apporte une joyeuse nouvelle aux ber- 
gers. — « Ça, ça, bergers, laissez-là vos brebis, vous allez trouver dans une 
étable un enfant qui doit vous sauver. » 

8. 

Les voilà qui arrivent ensemble à l'étable ; ils portent avec eux du beurre, 
du lait et d'autres présents. Ils saluent l'enfant et sa chaste mère; ils le ber- 
cent et chantent ensemble : Na, na, na, dors petit enfant. 



Cette petite pièce, pleine de naïveté, a un caractère tout-à-fait populaire. Le texte et la 
musique, qui d'ailleurs ne semblent pas ancien», indiquent suffisamment leur modeste 
origine. Nous l'avons entendu chanter à Daillcul, dans un ouvroir de dentellières. 



KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — KOELS ET CANTIQUES. 



HERDERS OFFERAND. 



Allegro. 

v Makkers, laet ons uacr Mes- si - as 




laet ou* uacr Mes- si - as gaeu. My dunkt dat is 



4— P. 



baen. Kom, gaen wy voort. Ey riet! ey hoort! ik hebb' het wel ge 



raen. Leent oo-renomt'hoorendc schacr der en - ge-len menge - leu 



fluyten te e& 



m luy-ten en fluyten te gaêr. Dees klaerheyd de waerheyd ver 



I — I I M 



- 



— IC 



toout ; ge - boodschapt aen myn broe - der. Ziet daer 't Kinde - ken 



ir 1 ^ f. 1 1 f. 1 ■ ■ f- 

»' weirt gekroont in dcu stal met zyn He - ve moe-der die zoo ar-me-lyk 




— — I 



woont. Macr laet ous e - ven-wel gaen ons gif-teu of-fe-ren 



*J acn dien zoo oodmoe-di-iren God in dit zoo vnrwor-ne-ne slot. 



acn dien zoo oodmoe-di-gen Godin dit zoo vcrwor-pe-ne slot. 

Makkers, laet ons naer Messias gaen, 
My dunkt dit is de baen; 
Kom, gaen wy voort, 
Ey ziel ! ey hoort ! 
Ik hebb' bel wel gciaên. 
Leent ooren 
Om t'hooren 
De schacr 
Der engelen 
Mengelen 



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EN LOFZANGEN. — NOEIS ET Ci* TIQUES. 



Snaer 
En luyten 
Eu fluyten 
Te gacr. 
Dees klaerheyd 
De waerheyd 
Vertoont ; 

Geboodschapt aen myn broeder. 
Ziet daer 't Kindeken weird gekroont 
In den stal met zyn' lieve Moeder 
. Die zoo armelyk woont. 
Maer lact ons evenwel gaen, 
Ons giften offeren aen 
Dien zoo ootmoedigen Godt 
In dit zoo verworpene slot. 

2. 

Lieven Heer wy komen met eerbied , 
Gebergt in 4 onzen niet, 
Als onderdaenen 
Bieden aen, 

Tot troost van uw verdriet, 
Dit honingje, 
O Koningje, 
Met 

Deés eykens, 
Met raeykens 
Omzet, 

Zoet mannetje, 
Een kannetje 
Melk, 

En pruymljens en peirtjeiis 
De welk 

Uyt Tilers boomgacrd komen. 
Ziet dacr Cloris en Galathee, 
Met een yver niet om beloomen 
En hun gifljens ook mé , 
Aenmerkt de kleynigheyd niet 
Der gift, maer liever aenziet 
Den drift waer med' het geschied . 
Dal Coridon u dit acnbied. 



50 



KEBSI.IRDERES EJt LOFZANGtM. — SOEI.S KT CANTIQUES. 



L'OFFRANDE DES BERGERS. 

Compagnons, allons vers le Messie; nous sommes sur le chemin, me semble. 
Ça, en avant. Voyez, écoutez! N'ai-je pas devine juste? Prêtez l'oreille, écoutez 
le chœur des anges, mêlant ensemble le son des luths et des flûtes. Celte clarté 
me montre que nous ne nous sommes pas trompes ; annoncez-le à mon frère. 
Voyez cet enfant, il mérite de porter une couronne et le voilà qui habite avec sn 
tendre mère, dans une si pauvre étable. Allons toutefois lui présenter nos dons 
a ce Dieu si humble dans ce misérable réduit. 



2. 

A vous, doux Seigneur, qui vous cachez sous notre néant, nous venons, 
humbles sujets, vous présenter, avec respect, et, comme consolation à votre 
misère, ce miel et ces œufs sur des corbeilles de feuillage; doux enfant, voici 
une coupe avec du lait, et des prunes et des poires cueillies dans le verger de 
Tityre. Voyez avec quelle expansion d'amour Cloris et Galathéc vous appor- 
tent leurs dons. Ne considérez pas ce pauvre présent en lui-même, mais voyez 
nvec quel zèle Coridon vous l'offre. 



Ce noël peut être considéré comme le pendant de celui qui se trouve repris sous le 
.V IX. Même naïveté dans le texte et dans la mélodie j même popularité, i 



JESUS WELLEKOM. 




Andantino. 



Vroelyk, her-ders, komt vry bin-nen ; komt, be - zoekt met hert en 



mm 



r. 



wensch. Laetons het zoet kind be - minnen, vrant't is God, den wa-reu 




nagt. Werst wel - Ie - kom, 6 Kindljen tefr ; werst wel - Ie - kom, 



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KEItSLtËDtHfcN E.N LOFZANGER. — KOELS ET CANTIQUES. 



31 



P 



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-J-i— 




grooten Heer.Uw komste doet oqb deugd met vreugd; want gy, 6 Kindtjc 



1 



* 1 L 



* V— i 



zoet, bringt ons me - de, bringt on» me - de àl - le 



goed . 



Vroelyk, herders, komt vry binnen; 

Komt bezoekt met herte en wensch. 

Lael ons het zoet Kind beminnen, 

Want 't is God, den waren mensch. 

Wat een blydschap en geluk 

Voor 't menschelyk geslagt, 

Dal gy nu gebooren zyt 

Op dezen kouden nagl. 

Weest wellekom, 

O Kindtjen teér, 

Weest wellekom , 

O grooten Heer. 

Uw komste doet ons deugd 

Met vreugd, 

Want gy ô Kindlje zoet, 
Bringt ons mede alle goed. 

2. 

Wellekom, Kindtje uylverkooren, 
Kleenen Koning, grooten Al. 
Die voor ons nu zyt gebooren 
En geleyd in eenen stal. 
Wat een blydschap enz. 



LA BIENVENUE DE JÉSUS. 

Joyeux bergers, entrez sans croinlc, venez voir le doux enfant; aimons-lc 
de tout notre coeur et de tous nos vœux, car il est notre Dieu véritablement 
homme. 

Quelle joie, quel bonheur, pour le genre humain, que vous ayez voulu 
naître pendant cette froide nuit. Soyez le bienvenu, à doux enfant, soyez le 
bienvenu, ô Seigneur; votre arrivée nous cause bonheur et joie, car vous 
nous apportez tous les biens. 



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32 



KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 



2. 

Soyez le bienvenu, l'Elu des cieux, Roi tout-puissant, qui avez voulu naître 
pour nous et reposer dans une étable. 
Quelle joie, etc. 



C'est encore à Bailleul que nous avons recueilli ce noël, dont le texte cl la mélodie datent 
du dernier siècle. On le chante dans les écoles et dans les réunions de dentellières. II nous 
a été dicté par une de ces ouvrières dont nous voudrions rappeler ici le nom, si nous ne 
craignions de blesser sa modestie, mais à laquelle nous exprimons nos remcrcimcnls de 
l'empressement et de l'obligeance avec lesquels elle a mis son heureuse mémoire à notre 
disposition. 



T STALLEKEN VAN BETHLEEM. 




Andantino. 



Her-deru, brengt melk en zoe - tig - heyd ; den üe - ven 



f-rr-r 



* 



e-sus legt en schrcyt; hangt u-wen lankrock voor de wind, den voedster- 




der sorgt voor 



Herders brengt melk en soetigheyd ; 
Den lieven Jesus legt en schreyt. 
Hangt uwen lankrock voor de wind, 
Den Voedstervader sorgt voor 't Kind. 

2. 

Maria geeft hem suykerpap; 
En Joseph brengt den windclap; 
Den lieven Jesus kryt van dorst, 
Zyn Moeder geeft hem haere borst. 

3. 

De logt vol schoone engels vliegt. 
Een engel met Maria wiegt, 
Daer Joseph werckl den heele nacht 
En wascht de Invers in den gracht. 



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KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 



35 



4. 

Nu maekl hy vier, dan raept hy hout, 
Want met den winter is het kout. 
Maer Joseph die was heel vcrblyd 
Om dal het Kind niet meer en kryt. 

5. 

Slaept Jésus, slaept Emmanuel, 
Slaept grooten prins van Israël; 
Duyst en duyst zielen zyn verblyd 
Om dat gy nu gebooren zyl. 

C. 

Den goeden God in d'hemel poort 
En is op ons niet meer gesloort, 
Want Jesus brengt den olyf meé, 
Het Kind dat brengt ons peys en vreé. 

7. 

Zoo Maria haer heylig Kind 
Voor 't vier in diversche doeken wind, 
Zyn handen speelen hier en daer 
Van haeren borst tol in haer hayr. 

8. 

Uyt Jesus wesen vloeyt een soet, 
Een soet dat myn ziel leven doel. 
Segge ik nog Bethléem ik mis 
Want nu den stal een hemel is. 



L'ÉTABLE DE BETHLÉEM. 

Bergers, apportez du lait et des douceurs. Le clier petit Jesus pleure dans sa 
couche. Suspendez votre long manteau contre le vent ; le père nourricier s'oc- 
cupe de l'enfant. 

2. 

Marie lui donne de la bouillie sucrée et Joseph apporte le lange d'enfant. Le 
cher Jésus pleure de soif; sa mère lui donne le sein. 



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54 KERSI.IEhEREK EX I.OJiUNCEN. — SOEI.S ET Ol.KTIQUKS. 

5. 

Le ciel est plein de beaux nngos. L'un d'eux berce avec Marie, pendant que 
Joseph s'occupe toute la nuit à laver les langes dans l'étang. 

4. 

Il fait du feu, il ramasse du bois, car l'hiver est si froid. Joseph est tout 
joyeux de voir que l'enfant ne cric plus. 

5. 

Dors Jésus, dors Emanucl, dors grand Roi d'Israël. Des milliers d'âmes se ré- 
jouissent de votre naissance. 

6. 

Le bon Dieu à la porte du ciel n'est plus en colère contre nous. Car Jésus ap- 
porte la branche d'olivier; un enfant nous apporte la paix. 

7. 

Pendant que Marie, devant le feu, enveloppe le saint Enfant dans les langes, 
il promène ses petites mains çà et là, de son sein à ses cheveux. 

8. 

Sur le visage de Jésus nait un sourire qui fait vivre mon âme. N'appelons 
plus ce séjour Bethléem, cette élable est le ciel. 



Ce nocl provient de la même source que les N»* IX et XI. Le lecteur aura déjà remarque 
que la mélodie est celle du V'rni Creator, mise en mesure moderne. C'est une nouvelle occa- 
sion de répéter une observation que nous avons déjà faite ailleurs, à savoir que lorsque le 
peuple s'emparait d'une mélodie ecclésiastique pour l'adapter à un chant populaire, il 
lui donnait un rhythme bien déterminé. Voir plus loin le tieuzelied et I/ulewyn. Ce noël 
est encore plus populaire que le précédent, ce qu'il faut attribuer peut-être à la mélodie à 
laquelle le rliytlimc semble avoir donne un caractère particulier d'originalité. Nous avons 
remarqué aussi que le peuple flamand a une certaine prédilection pour les airs qui s'éloigne 
de la tonalité moderne. Nous aurons plus d'une fois l'occasion de revenir sur cette parti- 
cularité. 



XIV. 

GEBOORTE JESU. 

Allegretto. 





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he-luck te 
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saem met God den Heer be 


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m gif - te 


aen - ge — naem wilt 


sin -gen al - le — 



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KI HSLIEDEREN E* LOFZAXCEN. 



— NOELS ET CA.VTIQUE*. 



55 



dees o - Ter-bly - de maer. Ik wen-sche u hier 




rail. 



»- mcè 



nieu-we — jaer. 



Gheluck tc saem 

Met Godt den Heer bequaem ! 

Is u myn gifle aengenaem? 

Wilt singen allcgaer, 

Dees overblyde maer, 

Ik wensche u hier meê een saligh nieuwejaer. 



2. 



Op den Kersnacht 

Is Jesus voortgebracht, 

Heeft ons verlost van 's vyands roachl, 

Al van een suyver rnaeght 

Die Godt in 't hert draeght, 

Voor al de sondaers groot allyd ghenade vraeght. 



3. 



Dien Godt van al, 

Is nu op 's werelds dal, 

Gheboren in een armen stal, 

En in een krib ghelcydt. 

Sa mensch maekl u bereydt, 

En wil hier uwen Godt dienen met neersligheydl. 



4. 



De herders goedl 

Vallen hier Godt te voel, 

En seggen : Koninck weest ghegroel , 

D'enghelljens vol van ghenae 

Die songhen vrocgh en spae : 

Och Jesus weesl ghegroel mei Moeder Maria. 



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KERSLIEDEREN IK i.OFZASGEN. 



— NOELS ET CASTIQUES. 



5. 

Uyt verre landt 

Dry vorsten vol verstandt, 

Doen hier het Kindtjen oflerhandt; 

Goudt, wierock, myrrhe raeê, 

Hel was daer volle vreé, 

EIck in 't besonder hier syn ofierhande dee. 

Ras op de baen 

En wilt besoeken gaen, 

Dit Kindtjen wilt het bidden aen ; 

Lael ons gaen naer den stal, 

Menschen veel in 'l ghelal, 

En laet ons bidden aen den grooten Godt van al. 

r. 

ISu tot beslnyt 

Looft Joseph met syn Bruydl; 

Singl hem den loF met soet gheluydl. 

Wilt singhen vroegh en spae, 

Tot lof van Maria, 

Dien lieffelycken sanck van alleluia. 



LA NAISSANCE DE JÉSUS. 

Bonheur à tous, au nom du Seigneur! Mon présent vous est-il agréable? 
chantez avec moi cette heureuse nouvelle avec laquelle je vous souhaite une 
bonne année. 

2. 

Pendant la nuit de Noël, Jésus est né pour nous délivrer des mains de notre 
ennemi. Il est né d'une vierge pure, chère au cœur de Dieu. Il ne cesse de de- 
mander pardon pour les pécheurs. 

3. 

Ce Dieu tout-puissant est descendu sur terre dans une pauvre élable; il est 
couché dans une crèche. Hâtez-vous, ô hommes, de lui rendre vos hommages. 

4. 

Déjà les bergers se prosternent aux pieds de leur Dieu et le saluent comme 
leur Roi ; le chœur gracieux des anges ihantc tout le long de la nuit : Bénis 
soient Jésus et sa mère! 



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KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. 



— MOELS ET CANTIQUES. 



37 



5. 

D'une terre lointaine, trois mages viennent ici aux pieds de l'enfant présenter 
leurs dons. Ils apportent de l'or, de la myrrhe et de l'encens. Grand était leur 
bonheur; chacun faisait son offrande. 

6. 

Vite en chemin, allez visiter l'enfant et lui adresser vos prières. Allons à l'éta- 
ble, tous autant que nous sommes, et adorons le Dieu tout puissant. 

7. 

Enfin louez Joseph et Marie; chantez leur louange avec douce harmonie; 
chantez toujours, en l'honneur de Marie, le doux chant d'allcluia. 



Ce noël est particulier à l'arrondissement de Dunkcrquc. C'est là que nous l'avons re- 
cueilli de la bouche même d'une personne du peuple. Le texte n'en est pourtant pas inédit 
On le trouve dans le Vogel Phénix, petit recueil de chansons pieuses, qui a eu diverses 
éditions à Dunkcrquc. On remarquera dans la mélodie de cette pièce l'heureux mélange du 
ion mineur avec son relatif majeur; ce qui lui donne une physionomie aussi douce qu'ori- 
ginale. 



DE GOEDE MA EH. 



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Allegro non troppo. 
2=4 



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't Wyl in den nacht d'her - ders wa - ren op wagt, met 



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hun - ne schaepkenB al wey - den op berg en dal, in 



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* î » f , i l i s n r 



't groene veld een eu -gel uyt des Hemels zal kwacm by hemstaen, met 

3 



groo - ten glans om aen , waer - door de 




stracks in hem 



rees en zey : her - ders, weest niet be - vreest ; een goe-de 



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7,8 



KERSLIKDERE.X EN I.OFZAMGEX. — XOELS ET CANTIQI'ES 



i 





koom ik u o - peu 

S S 



die door 



3 



ï 



33 



phc-ten voor-zeyd ia nie-nig jacr. 

't Wyl in den nacht, 

D'herclers waren op wacht, 

Met hunne schaepkens al 

Weyden op berg en dal, 

In 't groene veld, een engel uyt des hemels zal 

Kwaem by hem staen 

Met grooten glans om aen, 

Waer door de vrees 

Stracks in hun rees , 

En zey : herders , weest 

Niet bevreest. 

Eene goede maer 

Kom ik u openbaer, 

Die door de prophelen voorzcyd is menig jaer. 



L'HEUREUSE NOUVELLE. 

C'était la nuit, les bergers faisaient paître leurs troupeaux sur le versant des 
collines et dans les vertes campagnes, un ange, sorti du céleste séjour, vient 
nu milieu d'eux. Il était entouré d'une grande lumière qui les épouvanta. Mats 
lui : ne craignez pas, ô bergers, je vous annonce une heureuse nouvelle, prédite 
depuis longues années par les prophètes. 



Nous n'avons pu recueillir que le premier couplet de ce nocl, qui appartient n l'arron- 
dissement de Dunkcrque. Il se chante à Broukcrque et l'on nous a assuré qu'il était connu 
dans les communes voisines, sans que nous ayons pu parvenir pourtant à en avoir le com- 
plément. Quoi qu'il eu soit, nous n'avons pas hésité à le donner ici, d'abord parce que la 
mélodie en est charmante, et puis parce que cela aidera à en faire retrouver les couplets 
que nous n'avons pu i 



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KERSLIEDEREN EK L0FZAKGE5. — W0ELS ET CASTIQl f s. 



39 



DEN MESSIAS. 



Allegro. 


~j ■ P 












W 4 )t 

^ Wat y 


■ 

"rcugd hoor 


ik uyt B'he-raels 


1 

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e - Irai ' 


tschynthet acr-de- 



v ryk is vol ge - schal. Ik hoor de 



F I M 4 

hoor de en-g'len ne -der- 



I 



-p > 



- len, en hier lo- 



irs: 



ven den Heer voor al. Want Mes- 




si — as, want Mes - si 



ö want Mes — si — — — — — — as, * 



-T=F 



want Mes - si 



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-mr—4 



SU 



is de -zen nacht, want 

ij*— \= 



is dc-zen nacht roortge 



bragt , tot troost van smensch ge - slacht ; want Mes - si - as is 



fc.f4fr | rii r e 1 1 L^ ^^igl 



zen nacht voortge-bragt, tot troost van 



Wat vreugd hoor ik uyt shemels zaelen ! 
't Schynt het aerderyk is vol geschal. 
Ik hoor de engelen nederdaclcn, 
En hier loven den Heer voor al. 
Want Messias is dezen nacht 
Voortgebragt , 

Tol troosl van smensch geslacht. 



ge -slacht. 



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40 



kERSI.IEUEREX ES LOFZANC.EX. — ÎVOEl.S ET CANTIQLtS. 



LE MESSIE. 

Quels chants de joie cntends-je aux voûtes des cicux et fait retentir toute la 
terre. Les anges descendent pour louer le Seigneur. Le Messie est ne cette nuit, 
pour consoler le genre humain. 



Ce noël, auquel il semble manquer des couplets, appartient, comme le précédent, à l'ar- 
rondissement de Dunkerquc; mais il parait plus ancien. Du moins l'air est-il plus ancien, 
si l'on en juge par certaines tournures mélodiques, qui sont peu en rapport avec la tonalité 
moderne. Il offre même cette particularité que l'ut dieze, qui se trouve introduit dans les 
S« et 6» mesures antélinalcs, sous ces mots : drzm nacht, pour déterminer le retour vers le 
ton de re mineur, est exclu de la dernière et de l'avant-dcrnière mesure, cl qu'on ne saurait 
l'y mettre, à peine de dénaturer la mélodie. Le cachet populaire de cet air consiste surtout 
en ce qu'il n'est pas l'œuvre d'un artiste-compositeur, mais l'heureuse inspiration d'un 
mélodiste qui n'a pas eu d'autre maître que la nature. 




Andantino maestoso. 



KERSZANG. 
I. 



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-Pi» 



Al - der-soetsten nacht wanneer dat is ge-bo-ren al -tenons ge- 



^m-f—r 

— U— »— t— 



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i 



*V luck, ons vreugt en onsen wensch ; dat Kind vas lang vervracht, Mes-si- as 



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uyt-ver-kooren. Wy gin-gen al ver - loo-ren waer hy niet ge-wor-denmensch. 




Want om on-sen 't wil laet hy zyn Fa - ra - d ys en 



mi 



... 



F r • m 



heeft voor zyn pa - leys den armen stal ver - kooren. Hy lcyt hierophoey, hy 



in 

V levthi 



-l — 



leyt hier op strocy, hy beeft van kou en weet van rouw den haeghel en wind be 



V stor-men het kind; ten ryn maer slechte doekskens daer men hem in wind. 




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KEÜSLIEDEItEX E> lOFZtV.E*. — SOEI.S ET r.AMIQlFS. 



41 



II. 



Andantino po co allegretto 




Komt bier bc — — soec-ken die 



u ziel be — mint. 




TT 



331 



IQ! 



±=fe 



V Gods Boon voor ons gc - wor - den een teer kindt. Sict wat de lief - de 



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doet : den groo - ten Heer van 



" n ft f -H 



die leid bier by de 




bees-tcn in den stal. 



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Die God wan van de eeu — wig - beyd is voor ou» 



mensch ge - wor - - d 



en m 



den 



tyd. 



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ZZY. 



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Die 't al ge - scbae-pen beeft en kleed al wat' er leeft, 



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3=7- 



tttII 



die leyd bier naekt van kou en seheud en beeft. 

llh 

Allegro. 

Ver - heugt u, ver - heugt u, romsch en wa - re kerk , 




u - wen vy - and word on 



-O. 



*• mag - te — loos ge — — stelt , dog word el — len - dig 



neer 



ge — — veld. 



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42 KERSLIEDEREN Eî* LOFZANGEN. — NOELS ET CA.NTIQÜES. 

I. 

Aldersoetslen nacht wanneer dat is gebooren 
Allen ons geluk, ons vreugt en onsen wensch. 
Dat Kind was lang verwacht, Messias uylverkooren ; 
Wy gingen al verboren 
Waer hy niet geworden mensch. 

Want om onzen 't wil lael hy zyn paradys, 
En heeft voor zyn paleys den armen stal verkooren. 
Hy leyt hier op hoey, 
Hy leyt hier op slroey, 
Hy beeft van kou en weet van rouw; 
Den haeghel en wynd bestormen het Kind, 
Ten zyn maer slechte doekskens daer men hem in wind. 

2. 

Ach hoe leydt dat Kind in 't midden van twee beesten , 
In een koude kribb', in eenen vuylen stal, 
Die boven wordt gedient van al des hemels geesten. 
Siet hoe den aldermeesten 
Hier den minsten word van al. 
Want om onzen 't wil, enz. 

3. 

Sondaer, schept nu moed, komt met een vast betrouwen 
By dit hemels Kind, die nacr uw komst verlangt; 
En valt hem eens te voet ten zal uw niet berouwen, 
Wilt met hem vriendschap houwen 
Die uw in genade onlfangt. 
Want om onzen 't wil, enz. 

II. 

Komt hier besoeken die u ziel bemint, 

Gods Zoon voor ons geworden een teer Kindt. 

Siet wal de liefde doet den groolen Heer van al, 

Die leyd hier by de beesten in den stal. 

Die God was van der eeuwigheyd 

Is voor ons mensch geworden in den tyd. 

Die 't al geschaepen heeft en kleed wat er leeft, 
Die leyd hier naeckt van kou en scheud en beeft. 



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KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOEI.S ET ( ANTIQUES. 

2. 

Syn liefde tot den mensch die is 80 groot 
Dat hy gedaelt is uyt zyn vaders schoot. 
En leyd hier op hel hoey doorvlogen van de kou 
Dal een versteent gemoet bewegen zou. 
Och wat en doet de liefde niet, 
God-Mensch die lyd gebrek en groot verdriet. 
Die 't al geschaepen heeft, enz. 

5. 

Ach wie en smilt hier niet in soet getraen? 
Het liefste Kind spreekt ons inwendig aen, 
Hy vraegt tot recompens vooral syn bitter smert, 
Ook wederliefde met een dankbaer hert. 
Heeft onzen God dat niet verdient 
Die ons zoo ongemeten heeft bemint. 
Die 't al geschaepen heeft, enz. 

III. 

Verheugt u, verheugt u, 
Romsch en waere kerk, 
Want uwen vyand word onsterk, 
Tenemael magleloos gestelt, 
Dog word ellendig neergevelt. 

2. 

Verheugt u, verheugt u, 
Nu gy Christe bruyd, 
Strydende kerk in goed besluyt, 
Ziet uw vervolger zwemt in 't bloed 
Waer door gy Iriompheren moet. 

3. 

Verheugt u , verheugt u 
Staeg, o kerke Gods, 
Want Jovianus, keyzer trots, 
Als waeren bystand in beleyd, 
Swcer u zyne getrouwigheydt. 



H 



KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOtlS LT CA*1 IQl'ES. 



4. 

Verheugt u, verheugt u, 
Christen zielen t'saem, 
In dezen zegen wel bekwaem, 
Over de kerk, dat aldermeest. 
Door Vader, Soon en Heylig Geest. 



CANTATE POUR NOËL. 
I. 

Nuit bénie dans laquelle est né celui qui fait notre bonheur, notre joie, 
notre espérance. Dès longtemps on attendait cet enfant, ce Messie. Nous étions 
tous perdus, s'il n'était né pour nous. 

Car pour nous il a quitté son paradis, et, pour tout palais, il a choisi cette mi- 
sérable élable. 11 est coché ici sur le foin et la paille; il tremble de froid et 
pleure de douleur. La grêle et le vent assaillent l'enfnnt, qui n'a pour vêlement 
que de pauvres langes. 

2. 

Ah! pourquoi cet enfant est-il là au milieu des animaux, dans une froide 
table, dans une pauvre crèche, lui que les anges servent dans les cicux? Pour- 
quoi le plus grand s'est-il fait le plus petit de tous? 

Car pour nous, etc. 

3. 

Pécheur, prends courage, viens avec une ferme confiance auprès de l'enfant 
divin, qui aspire après ton arrivée. Prostci nc-toi à ses pieds, tu ne l'en repen- 
tiras pas. Donne-lui ton amour, puisqu'il te donne son pardon. 

Car pour nous, elc. 

II. 

Viens visiter l'ami de ton âme, le fils de Dieu qui, pour toi, s'est fait enfant. 
Vois ce que peut l'amour : le Toul-Puissant esl couché ici dans une établc 
auprès des animaux. Le Dieu de l'éternité s'est fait homme pour nous. 

Lui qui a tout créé el revêt loul ce qui existe, il est ici nu el tremblant de 
froid. 

2. 

Son amour pour l'homme est si grand, qu'il a quitté le sein de son Père; il 
est ici couché sur le foin, transi de froid. Quel cœur endurci n'en serait ému! 
Mais que ne peut l'amour, pour faire endurer tant de souffrances et de priva- 
tions ! 

Lui qui a tout créé, etc. 

3. 

Hélas! qui ne fondrait en larmes à la vue de ce cher cnfanl? Il nous parle in- 
térieurement; il ne demande en échange de ses amères douleurs qu'amour pour 



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KERSLIEDCIIEN EJt LOFZANGtS. — NOtLS tT CANTIQUES. 



45 



amour et un cœur reconnaissant. Notre Dieu n'en cst-il pas digne, lui qui nous 
aime sans mesure ! 

Celui qui a tout créé, etc. 

III. 

Réjouis-toi, réjouis-toi, église romaine, seule vraie église. Car ton ennemi est 
abattu. Il est sans force, il est enGn vaincu. 

2. 

Réjouis-loi, réjouis-toi, Épouse du Christ, Église militante; vois ton persé- 
cuteur noyé dans son sang. Quel triomphe pour toi! 



Réjouis-toi, réjouis-loi toujours, ù Église de Dieu, car Jovien, le Cer empe- 
reur, jure d'être ton soutien fidèle. 

4, 



Réjouissez-vous, réjouisser-vous, âmes chrétiennes, en ce jour béni, louez 
l'église, louez-la par le Père, le Fils et le Saint-Esprit. 



Nous donnons ce noël comme un des plus beaux que nous ayons trouves dans le pay s. 
Il sort un peu du genre habituel en ce qu'il renferme trois parties distinctes, ayant aussi 
une mélodie différente. Nous avons reproduit l'air tel qu'il est note sur une feuille vo- 
lante, qui nous a été remise par M. Dcdryc, curé de Craywyck, natif de Mctcren. Depuis, 
nous avons découvert un petit volume, aussi rare que curieux, intitulé : C/tristelyke Liede- 
kens, geniaekt voor de sondagtchole can de prochic van Mctcren (Yprcs, sans date), où la 
première partie de ce noël est publiée sous ce titre : Liedeken op den Kersnacht ; stemme : 
Soo 't bet/int. Cette dernière mention prouve que cc noël était chanté sur un air composé 
exprès pour cette pièce. Nul doute que ce ne soit celui qui nous a été fourni par M. Dcdryc. 
On remarquera qu'on doit chanter d'abord toutes les strophes de la première partie avant 
de passer à la seconde, puis chanter toutes les strophes de celle-ci avant de passer à la troi- 
sième. 



DE DHYVOUDIGE GEBOORTE. 



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Andantino. 



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't Is naer rc - den en be - hoor-te dat zich ie-der vreug-dig 



v toon. de drv - vou-di - ce ee - ho< 



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toon, de dry - vou - di - ge ge - boor-tc viert men nu van God den 




viert men nu van Goddon Zoon, viert men nu van God den Zoon. 



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KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 

't Is naer reden en behoorle 

Dat zig ieder vreugdig toon; 

De dryvoudige geboorte 

Viert men nu van God den Zoon, 

Viert men nu.... van God den Zoon. 

2. 

Eerst wie vieren allcgader, 
Hoe den Zoon het eeuwig woord, 
Uyt zyn onbepaelden Vader 
Van all' eeuwigheyd komt voort. 

— 

o. 

Dan zoo houden wy ons vooren 
Hoe dat Jesus, in een stal, 
Uyt Maria wierd gebooren 
Tot verlossing van ons al. 

4. 

En ten derden daer-en-boven , 
Hoe dat Jesus, in hel hert 
Van die in zyn wet gelooven, 
Heden nog gebooren werd. 

15. 

Jesus in den tyd voor dezen 
Borgde zyne Majesleyt, 
In den schyn en onder 't wezen 
Van een Kind op hooy geleyd. 

0. 

Maer wie kan zyn liefd' ontleden! 
Dien God-Mensch oneyndig groot, 
Bergt zig zeken nu op heden 
Onder schyn van wyn en brood. 

7. 

Lael ons *t kleene kind onlbiddcn, 
Voor zoo grooten God bekent, 
Die hier waerlyk in het raidden 
Schuylt van 't heylig Sacrament. 



KHSLIEDF.lt EN LOFZANGE.X. — SOELS ET CANTIQUES. 



47 



8. 

Hem zy lof, ook aen den Vader 
En ook hunner beyden Geest , 
Die Dryvuldigheyd een te gaeder 
Altyd heerschend zyn geweest. 



LA TRIPLE NAISSANCE. 

Que chacun se montre joyeux ; car nous célébrons en ce jour la triple nais- 
sance de Dieu le Fils. 

2. 

D'abord nous célébrons tous ensemble le mystère de la naissance éternelle du 
verbe, que Dieu le Père engendra de toute éternité. 

3. 

Ensuite nous considérons comment, dans une pauvre étable, Jésus naquit 
de la vierge Marie, pour le salut de nous tous. 

4. 

En troisième lieu, nous honorons la naissance spirituelle de Jésus dans les 
cœurs de ceux qui croient en lui. 

li. 

En ce temps-là, Jésus cacha sa majesté divine sous les dehors d'un petit en- 
fant, couché sur la paille. 

6. 

Hais qui peut dire jusqu'où va son amour! Cet Homme-Dieu se cache au- 
jourd'hui sous l'apparence du pain et du vin. 

7. 

Adorons donc cet enfant si faible, ce Dieu si grand qui réside ici véritable- 
ment dans le Saint Sacrement. 

8. 

Louanges soient à lui, ainsi qu'au Père et aussi à l'Esprit qui procède d'eux; 
trinité et unilé mystérieuse, qui règne depuis l'éternité. 



Cette pièce, qui ressemble plutôt à un cantique qu'à un nocl, a un caractère plus grave 
cl plas solennel que la plupart des pièces précédentes. La mélodie est évidemment l'œuvre 
d'un musicien. Elle n'eu est pas moins populaire à Haillcul; elle s'y chante principalement 
à l'école dominicale. 



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48 



M RSLIKOFRI X EX I OrZtXfif.X. 



XOIES fj CAXTIQllS. 



DE AENBIDDING DER DRY KONINGEN. 



AUcCTOttO. 



Laet onfl met ccn bly- den geest vie- ren de- ze weirde feest 

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der dry-vou-dig of - fer-haud door ko-ning-ly - ke Land; die 



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verr' uyt 't Oostcu - laud ey-genryk en stac-ten wil-lig-lyk ver- 















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oand. 



1 



1 



pand, om God hun hoogstcn pand. 

Laet on» roet ccnen blytlen geest 
Vieren deze weirde feest 
Der dryvoudig offerhand 
Door koninglyke hand; 
Die verr' uyt 't Oostenland 
Eygen ryk en slaclen 
Williglyk veriaeten, 
En hun rykdotn haeten 
Om God hun hoogsten pand. 

2. 

Van zoo liaest hel slerrelicht 
Kwam verschynen in 't gezicht, 
't Wonder licht by hun verbeyd 
Alree met klaer beschcyd, 
Door Balaam voorzeyd, 
Veerlhien hondei t jaeren 
Naer het schrift s vcrklaeren, 
Kwam ons l'opcnbaeren 
Den weg die daei nae leyd. 



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KEI1SMEDEREX hX l.OFZASCE.X. — NOELS ET CANTIQUES. 

5. 

'I Nieuwe licht begint zyn loop, 
*t Heydens volk loopt over hoop, 
Roepende met luyder stem : 
Sa, naer Jérusalem, 
Of wel naer Bethléem! 
Laet ons daer gaen zoeken 
In verholen hoeken 
't Kindeken in doeken; 
Sa, naer Jérusalem! 

4. 

Ziet den Arabischen vorst 

Door een heylig yver dorst, 

Om naer 't joodsche land te gaen : 

Den Saba vorst komt aen, 

Zeer rykelyk gclaen; 

Ook den Moorschen koning 

Die verlaet zyn wooning 

Om een ryk' belooning 

Hel Kind le bieden aen. 

5. 

Door den yver aengeport 
Viel den langen weg hun kort. 
Naer Jérusalem zy gaen 
Herodes spreken aen 
Om van hem te verslaen, 
Waer dat was geboorcn 
Die zoo lang te vooren 
Was van God verkooren 
Om Judas staf fonlfaen. 

0. 

Als Herodes dit aeohoord' 
Was vol naedacht gansch verstoort, 
Maer al veynzen, in den schyn 
Van zelfs verblyd te zyn, 
Verbergende zyn pyn, 



KERSLIEDEREN EH LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQÜES. 

Doet de schriften lezen 
Om te zien waer dezen 
Zoud gebooren wezen, 
Ily vind in Bethléem. 

7. 

Hy vol vraekzugt opgestopt 
Heeft zyn gramschap ingekropt, 
Zeyde: gaet naer Bethléem 
Daer zult gy vinden hem 
Dat volgens Balaams slem, 
Gaet en wilt hem eeren, 
Maer in 't wederkeeren 
Komt en wilt 't my leeren 
Op dat ik hem herken. 

8. 

Op t'aenhooren van zyn woord 
Gaen de vorsten vlytig voort, 
En de sterr' heeft weder hervat 
Haer loop zoo haest als dat. 
Zy kwamen buyten stad, 
Maer naer weynig reyzen, 
Kwam de sterr' te deynsen 
Buyten hun gepeyzen 
Op een veriaeten stal. 

9. 

Schoon de woonst was arm en slicht, 

Zulks vermindert niet hun plicht; 

Maer gaen met geboogde knien 

Het Kind veel eer aenbien, 

Schoon zy geen rykstaf zien; 

Treden in de wooning, 

Eeren dat als Koning, 

Gaen het tot belooning 

Goud, myirh' en wierook bien. 

10. 

't Kind lag aen zyn Moeders borst 
Om te laven zynen dorst. 



KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQL'ES. lil 

G'heel den stal was vol van vreugd; 
Elk riep geheel verheugt : 
Drinkt raaer, ó Kind vol deugd, 
Drinkt voor ons te gaeder, 
Drinkt, ô woord des vaders, 
Drinkt ons levens ader; 
Vivat den Koning drinkt. 



L'ADORATION DES MAGES. 

Que chacun avec allégresse célèbre ce jour où les Mages vinrent apporter 
leurs offrandes dans leurs royales moins. Sortis du fond de l'Orient, ils quit- 
tèrent volontairement leur royaume, leurs sujets, leurs richesses pour Dieu, 
leur bien suprême. 

2. 

C'était sur l'apparition d'une brillante étoile; celte lumière miraculeuse, at- 
tendue par eux et prédite par Balaâm, quatorze siècles auparavant dans les 
écritures, venait leur montrer le chemin. 

5. 

Dès que le nouvel astre parut h l'horizon, les mages s'assemblent; ils se disent 
avec empressement : Allons à Jérusalem ou bien à Bethléem. Scrutons les lieux 
les plus caches, pour trouver l'Enfant mystérieux; vile à Jérusalem. 

4. 

Et voilà que le roi d'Arabie s'empresse, dans sa sainte ardeur, de partir pour 
la Judée; le roi de Saba l'accompagne, il est chargé de riches présents. Le roi 
Maure vient ensuite ; lui aussi abandonne ses étals, pour porter à l'Enfant de 
riches offrandes. 

S. 

L'ardeur de leur âme fit que le chemin leur parut court. Us arrivent k Jéru- 
salem, et s'adressent à Hcrodes, pour savoir de lui où est né celui que Dieu * 
choisi depuis si longtemps pour porter le sceptre de Judas. 

6. 

A ces questions, Hérodes fut tout troublé, mais cachant son irritation, sous 
l'apparence de la satisfaction, il fit lire les écritures, pour apprendre le lieu de 
cette naissance; on lui indiqua Bethléem. 

7. 

Le cœur rempli de vengeance, il dissimule sa colère. Allez, dit-il, à Bethléem, 
vous l'y trouverez, suivant la prophétie de BalaSm. Allez lui offrir vos hom- 
mages, mais au retour, venez me renseigner pour que j'aille le reconnaître à 
mon tour. 



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52 



KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — KOELS ET CANTIQUES. 



8. 

Sur ces paroles, les Rois partirent tout joyeux. L'étoile reprit son cours aus- 
sitôt qu'ils furent sortis de la ville; mais après une courte marche, clic s'arrêta, 
contre leur attente, au-dessus d'une diable abandonnée. 

9. 

L'aspect de cette pauvre et misérable demeure ne refroidit pas leur ïèle. Us 
allèrent se mettre à genoux et adorèrent l'Enfant. Bien qu'ils n'y vissent pas de 
sceptre en ses mains, ils lui rendirent les honneurs dûs à un Roi. Ils lui pré- 
sentèrent or, myrrhe et encens. 

10. 

L'Enfant étanchait sa soif au sein de sa mère. Toute I'élnble était pleine 
d'allégresse. Chacun cria tout joyeux : Bois pour nous tous, ô verbe du Père; 
>is, ô source de notre vie; vivat, le Roi boit. 



On chante ce nocl dans les écoles dominicales de Daillcul, du Cusscl et de Steen voorde. 
C'est une personne de Stccnvoorde qui nous en a donné l'utr que nous venons de repro- 
duire et dont on peut remarquer la simplicité, l'élégance antique et le rhylhmc franc cl 
bien dessiné. 



DEN SOETE.N NAEM JESUS. 



Andantino. 




É=JÉZ 



1 



O soe - ten Je - bus , Godt en mensch, doet my de 



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f> — t- 



Komt, spant myn hert 



op de ractn, bor- 



duert daer u - wen soe-tennaem; beschryft het wit van myn ge 

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moet 



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met pur-per van u dier - baer bloed. 



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KERSLIEDEREN tM LOFZANGEN. — JIOEIS ET CA3TIQUES. 



53 



O soelen Jésus, Godt en Menscb, 
Doet my de gunst clacr ik naer wensch. 
Komt, spant myn hert eens op de raem, 
Borduert daer uwen soclen naem. 
Bescbryft hel wit van royn gemoel 
Met purper van u dierbaer bloed. 

2. 

Schryfl uwen naem dat ik bemin, 
Daer hondcrl duysent kecren in, 
O Jesus naem, ô soelen naem, 
O naem van koninkx soete faem. 
Waer isser naem soo aengenaem 
Als Jesus aldersoelslen naem! 

Ô. 

0 groendei naem als levend' hout; 

O ryker naem als 't fynste gout; 

0 sagler naem als lorlelduyf; 

O verscher naem als wyngaert druyf; 

O klaerder naem als sonuestrael ; 

O sterker naem als louter stael! 

4. 

O grooter naem als keyserryck; 
O naem die noyt had syns gelyck. 
Duyckl bloemekens wie gy mengt zyn, 
Want gy verliest bier uwen schyn. 
En gy riviertjes loopt van my, 
Gy silver vat en heeft er by. 

5. 

Hout vogelljens u bekxjens toe: 

Ik ben u singen nu al moe. 

O achlergael en zingt niet meer. 

Gen singt soo soet niet als den Heer. 

Al wal ik sag of hebt gehoort, 

Dat is vergeelen door een woort. 



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54 KERSLIEDEREN EU LOFZANCEN. — NOELS ET CANTIQUES. 

6. 

En dat is Jesus, Jesus soet; 
O naem gedruckt in myn [je moet. 
Als iemand van Heer Jesus sonk, 
Wast dat Franciscus hert opspronk; 
Hy lekte en hy soog syn tong, 
Al of syn tong vol honing hong. 

7. 

Den honingvloyenden docloor 
Die Jesus boven al verkoor, 
Hy seyt dat hy noyt boeken las 
Daer Jesus naem niet in en was. 
O Jesus naem, o sielen hoost, 
O soeten naem, ô hertjes troost. 

8. 

O Jesus naem gy zyt soe soet, 

Dal gy versoet myn droef gemoet. 

O Jesus naem, gy maekt my bly, 

Als ik om uwen t'wil iet ly. 

Myn kruys en kruyst my dan niet zeer, 

Als ik peys op u kruys, ô Heer. 



LE DOUX NOM DE JÉSUS. 

O doux Jésus, Dieu et homme, accordez-moi la faveur, après laquelle je sou- 
pire. Venez, emparez-vous de mon cœur et gravez-y votre doux nom. Tracez-lc 
dans tout mon être avec le pourpre de votre sang. 

2. 

Écrivez-le ce nom que j'aime, écrivez-le mille et mille fois. O nom de Jésus, 
nom plein de douceur, nom plein de puissance! Quel nom possède plus de 
charmes que le doux nom de Jésus. 

3. 

Il est plus verdoyant que l'arbre vert, plus riche que l'or le plus fin; plus 
doux que la douce tourterelle; plus désaltérant que les grappes de la vigne; 
plus brillant que le rayon du soleil; plus fort que l'acier le plus pur. 

4. 

O nom plus puissant que les empires! O nom que nul autre n'égale! Vous, 



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KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — N0EL5 ET CANTIQUES. 



35 



brillantes fleurs, cachez votre éclat; car il disparait ici. Et vous, ruisseaux, 
éloignez vos ondes argentées. 

5. 

Vous, oiseaux, cessez votre ramage, vos chants ne me plaisent plus. Et toi 
rossignol, retiens ta voix; le nom de Jésus est bien plus doux à mon oreille. 
Tout ce que je vois, tout ce que j'entends, un seul mot me le fait oublier. 

6. 

Et ce mot c'est Jésus, le doux Jésus; ce nom est imprimé dans mon âme. En 
entendant prononcer le nom du Seigneur Jésus, Xavier sentait son cœur bondir 
de joie. Se posait-il sur sa langue, il le goûtait comme s'il eut goûté du miel. 

7. 

Et ce saint docteur, qui avait placé Jésus en téte de toute science, disait qu'il 
ne lisait point de livre oû le nom de Jésus n'était inscrit. O nom de Jésus, 
aliment des âmes! O doux nom, consolateur des cœurs! 

8. 

O nom de Jésus, votre douceur est si grande qu'elle adoucit l'amertume de 
mon âme. O nom de Jésus, vous me réjouissez, pendant que je souffre, pour 
accomplir vos volontés. Alors en pensant à votre croix, Seigneur, ma croix me 
semble moins lourde. 



Ce cantique, que nous donnons ici comme un des plus beaux que nous ayons été à même 
de recueillir, a une certaine popularité dans les écoles dominicales de Baillcul et des com- 
munes environnantes. Mous eussions eu néanmoins quelque peine à en donner le texte aussi 
complet que nous venons de le reproduire, si nous ne l'avions trouvé dans un manuscrit 
de cantiques, qui repose au couvent des Sœurs-Noires, à Bailleul, et qu'on a bien voulu 
nous communiquer. Quant à la mélodie, que nous nous sommes procurée dans la même 
ville, elle est charmante et parfaitement appropriée aux paroles. 



HEYLIGE MOEDER ANNA. 



Allegretto. 



" Wil» kan m.nn«r.7apm lnf non <Vh»v.lïo>* A» 



Wie kan ge-noeg-zaem lof aen d'hey-lig' An-na ge - ven? ver 



V nuts *y wierdver - he - ven en vron-der-lyk be - reyd van in- der eeuwig - 



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KEBSMEDr.REN Eü LOFZANGEN. — N0EI.S ET CANTIQUES. 



tc zyn groot — moe - der van Chris -tus ona bc 



ran Chris -tus ons bc - 







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hoe - di-r. O 



hei-der mor gen - ster - re die boodschapt als van 



8 



Ter - re d'aen-stacn-dcn da - ge - nut die 't zon-nelicht voor - gaet. 

Wie kan genoegzaem lof 
Aen d'heylig Anna geven? 
Vermils zy wierd verheven 
En wonderlyk bereyd 
Van inder eeuwigheyd 
Om eens te zyn groot-moeder 
Van Christus ons behoeder. 
O helder morgensterre 
Die boodschapt als van verre 
D'aenstaenden dageract 
Die 'l zonnelicht voorgaet. 

2. 

Z'is d'edel Jessé-spruyt 
Uyt Davids stam gebooren, 
Van God den Heer verkooren, 
Als oorsprong onzer vreugd 
En voorbeeld van de deugd! 
Hacr leven waer Gods zegel 
En ook Marias regel; 
Want, door haer onderwezen, 
Is zy zoo hoog gerezen 
En heeft dees jonge maegd 
Zoo aen God behaegt. 

5. 

Bronaeder van 't geluk, 
O wortel van verzoening, 
En Adams schuldvoldoening; 
Door uwe dogters vrugt 
Verdryfl gy ons gezugt. 



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KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 



37 



O Iroost ia ons benouwen, 
Verr' boven alle vrouwen 
Zyt gy met gunst beregent, 
Naest Maria gezegend! 
Naest wie dat elk geslagt 
U meest gelukkigt agt. 

4. 

O patriarchen kind! 

O moeder vol van zegen! 

Zyt ons dog toegenegen; 

Beschermt uw' kinders t'zaem 

Die loven uwen nacm. 

Ziet ons hier balling zwerven, 

Lael ons uw voorsprack erven: 

O Anna, slaet ons gaede, 

Bid voor ons om genaede; 

Vraegt aen uw dogiers zoon 

Voor ons den hemels kroon. 



CANTIQUE A SAINTE ANNE. 

Quels louanges seraient dignes de Sainte-Anne, puisqu'elle fut destinée et mi- 
raculeusement préparée, de tout temps, pour être la grand'mère du Christ, notre 
Sauveur. Elle est semblable à la pure étoile du matin, annonçant de loin l'au- 
rore qui précède le soleil. 

2. 

Elle est ce noble rejeton de Jessé, qui sortit de la tige de David. Dieu l'a 
choisie pour être la source de notre joie et un modèle de vertu. Sa vie fut em- 
preinte du sceau de Dieu, elle fut le type de la vie de Marie. Ce fut à ses ma- 
ternelles leçons que cette jeune vierge puisa les vertus, qui la firent si grande et 
si agréable. 

3. 

Vous fûtes, par Celui que votre fille mit au monde, la source de notre bon- 
heur, la cause de notre réhabilitation et de l'expiation de la faute d'Adam. 
O calmez nos souffrances; bannissez la crainte de nos cœurs, vous qui, par- 
dessus toutes les femmes, êtes, après Marie, comblée de grâces ; vous, qu'après 
Marie, toutes les générations appellent bienheureuse! 

O Enfant des anciens patriarches, Mère remplie de bénédictions, soyez nous 
donc propice, défendez vos enfants, qui tous ensemble louent votre nom. Voyez 

8 



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58 KERSLIEDEREN El» LOFZANGEN. — KOELS ET C41UIQUES. 

notre exil, accordez-nous votre puissante intercession, ô Sainte-Anne, exaucez 
nos prières, obtenez notre pardon. Demandez pour nous, au fils de Marie, la 
couronne des cieux. 



Ce cantique, en l'honneur de S'«-Annc, n'a aucun rapport avec celui que nous donnons 
plus loin, et qui se chante à l'occasion de la fetc de S'^-Annc, patronne des dentellières. 
Celui-ci fait partie des chants des écoles dominicales de Baillcul, de Stccnvoorde et de 
Casse). L'air de cette pièce nous a été chante par une personne de Stccnvoorde, qui, dons 
sa jeunesse, fréquentait ces écoles. 



VIVA MARIA. 



Andante. 



-fi- 



lis. voe-le dat myn her - te leeft, vi - va, en dat myn ziel veel 



ggg-jU f E E : 



-^-r-v 



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blyd-achap heeft, vi - va. Wat is er dat geen vreugd en baert 




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1 — Ir 



Ma-ri-a ten he-rael vaert! vi - va Ma 



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vi - va Ma 



n - 



Ik Yoele dat myn herle leeft, viva, 
En dat myn ziel veel blydschap heeft, viva. 
Wat is er dat geen vreugd en baert 
Als Maria ten hemel vaert! 
Viva Maria. 

2. 

De locht is al een galery, viva. 
Bestrooyd met eene specery, viva. 
De wolken liggen als een baen 
Bedekt met duyzend roozeblaen. 
Viva Maria. 



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KE&SUEDEftEN EN LOFZANGEN. 



— NOELS ET CANTIQUES. 



3. 

De vogels vliegen op en néér, viva, 
De hemelpoorte heen en weêr, viva. 
Den leeuwerk vliegt naer Sions poort, 
En zingt met d'engels op accoord, 
Viva Maria. 

4. 

De engels zingen musikael, viva, 
Op den zang van den nachlegael, viva; 
Zy plukken menig roozeblom. 
En roepen v reu gelig wellekom 
Viva Maria. 

5. 

Wees wellekom, schoone vriendin, viva, 
Ons welbeminde koningin, viva: 
O schoone schat van Gods gena. 
Wees welgekomen Maria. 
Viva Maria. 

G. 

Dus, weerde maegd, ontfang de kroon, viva. 
Op God den Vaders rykcn troon, viva. 
Daer milde vloeyt die noyt en eyndt, 
Daer Jesus haer als moeder mint. 
Viva Maria. 



VIVE MARIE. 

Je sens mon cœur tressaillir d'allégresse. Je sens mon Ame se remplir de bon- 
heur. Qui ne serait dans la joie, quand Marie monte aux cieux. — Vive Marie. 

2. 

Le ciel est comme une galerie brillante d'ornements. Les nuages ressemblent 
à une route couverte de milliers de roses. — Vive Marie. 

3. 

Les oiseaux, dans leurs vols gracieux, vont et viennent jusqu'à la porte du 
ciel. L'allouclte monte jusqu'au palais de Sion et chante avec le chœur harmo- 
nieux des anges. — Vive Marie. 



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GO 



KERSLIEDEREN E!» L0FZANGE*. — KOELS ET CAHTIQUES 



4. 

Les anges répètent en musique les doux refrains du rossignol. Ils effeuillent 
les roses cl crient joyeusement : sois bien venue ! — Vive Marie. 

S. 

Sois bien venue, amie toute belle, notre bien-aimée Reine, ô riebe trésor des 
grâces divines, sois bien venue ! — Vive Marie. 

6. 

Noble vierge, reçois la couronne ; monte sur le riche trône de Dieu le Père. 
C'est de là que découle la source intarissable de ses bienfaits; c'est de là que 
Jésus l'aimera comme sa mère. — Vive Marie. 



Les Flamands de France portent un culte particulier à la Vierge; son nom est invoqué 
en tout lieu. Indépendamment des églises, qui lui sont consacrées, il n'y a pas de village où 
Ton ne trouve une chapelle qui lui soit dédiée. Aussi les cantiques en son honneur sont-ils 
nombreux. Celui-ci a un caractère particulier de popularité, que l'on peut attribuer en 
partie à l'air auquel il est adapté. Cet air, connu sous le nom d'air du Koukou, est simple 
et gracieux, doux et facile. 



P 



D'ORBE VLEKTE ONTFAÎNGENISSE VAN MARIA. 

Andante. 



ne macgd, Ma - ri - a ons ver - lan - gen, gy zyt 



zuv - ver. 



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zuy - ver, on - be — 



van d'erf-zon-de vry ont 



3 



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1 1 * *— • W « ■ 1 9 i 1 «) , - ,_ w. 

fan-gen; want God had op u ge - let. Hy heeft u bc 



*J waert, hy heeft u be - waert , hy heeft u be - waert en u uyt ge - 



be - waert or 



1»-» 



le — zen. Hy heeft u 



om moe-der Gods te we - zen. 



V Hv heeft u ho 



-<;> 



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H y heeft u bc - waert dat gy zuy -ver wierd gc - bnert. 



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KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 

Schoone maegd, Maria ons verlangen, 

Gy zyt zuyver, onbesmet, 

Van d'erfzonde vry ontfangcn; 

Want God had op u gelet. 

Hy heeft u bewaert 

En u uytgelezen. 

Hy heeft u bewaert 

Om moeder Gods te wezen; 

Hy heeft u bewaert 

Dat gy zuyver wierd gebaert. 

2. 

Gy zyt als een lely opgewassen 

Tusschen Adams doornig saed; 

Het en zoud voorwaer niet passen 

Dat Gods moeder met' er daed 

Zoude zyn besmet 

Met d'erfzonde plekke; 

Zoude zyn besmet 

Met d'alderminste vlekke; 

Zoude zyn besmet 

En in Satans magt gezet. 

3. 

Toen Gods zoon getergt wierd zoo vermelen 

Van den boozen helschen geest, 

Hy had Jesus wel verweten 

Zoo zyn moeder had' geweest 

Onder zyn geweld ' 

En zyne heerschappye ; 

Onder zyn geweld 

En zyne slaevcrnye ; 

Onder zyn geweld, 

Maer een oogenblick geslelt. 

4. 

Ik bescherm' het eerste van uw leven, 
O Maria, wal ik mag, 
Op dat gy ray hulp' zoud' geven 
In myn alderlesten dag; 



KERSLIEDEREN E.t LOFZANGEN. — KOELS ET CANTIQUES. 



AU de bleeke dood 

My zal doen verschroomen; 

Als de bleeke dood 

My eens zal ovcrkoomen; 

Als de bleeke dood 

't Lichaem van de ziel onlblood. 



L'IMMACULÉE CONCEPTION DE MARIE. 

Belle vierge Marie, notre espérance, vous éles pure et sans tache, vous 
fûtes conçue sans péché, car Dieu avait ses desseins sur vous. 11 vous a pré- 
destinée et choisie pour être la mère de son fils; il vous a fait naître sans 

souillure. é 

2. 

Ainsi qu'un lys au milieu des épines, vous êtes venue parmi les enfants 
d'Adam. Serait-ce convenable, en effet, que la mère de Dieu fut souillée de la 
tache originelle ou du moindre péché; qu'elle fut placée au pouvoir de satan? 

3. 

Quand le fils de Dieu fut soumis à la tentation de l'esprit du mal, cet ange des 
ténèbres n'aurait pas manqué de se vanter auprès de Jésus d'avoir eu sa mère, 
même un seul instant, sous sa tyrannie et son esclavage. 

4. 

Si je défends ainsi les premiers moments de votre existence, c'est que j'es- 
père, à Marie, que vous me secourrez aux derniers instants de la mienne; alors 
que la pâle mort jetera l'épouvante dans mon être, alors qu'elle s'emparera de 
moi pour séparer mon corps d'avec mon âme. 



Ce cantique est un de ceux qui sont le plus chantés dans l'école dominicale de Baillcul. 
Le texte de cette pièce montre combien la question, qui se trouve aujourd'hui résolue par 
le Saint-Sicgc, préoccupait les esprits à une époque déjà éloignée de nous. La mélodie n'en 
est pas moins remarquable que le texte. Elle a quelque chose d'original et de caractéris- 
tique, qu'elle doit à la manière heureuse dont son auteur a évite l'emploi de la note sen- 
sible. Ce qui semble indiquer qu'elle est fort ancienne. 



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kEflSLIEDEREff EN LOFZANG EU. — KOELS ET CANTIQUES. 



G 3 



XXIV. 

O. L. V. HEMELVAERT. 




Jong-heyd, laet nu 



ken bly ge — schal, u - we 



±1 



tzzz 



uit 'taerdsche dal, 



hoo-gen op - ge - 




gen by den groo-ten al. Zy heeft daer ont-fan-gen d' hoogste 



h h n 



-ei 



kroon; hacr ia toe- be-reyd een achoonen troon als een di - a - 



S=5 



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S3 



mant blincken t'al-lcn kant nef-fens Je - sus reg-ter hand. 

Jongheyd, laet nu klinken bly geschal, 

Uwe moeder is uyt 't aerdsche dal, 

Naer den hoogen 

Opgelopen 

By den groolen al. 

Zy heeft daer onlfangen d hoogste kroon; 

Haer is toebereyd een schoonen troon, 

Als een diamant 

Blinkend tallen kant 

IN effens Jésus régler hand. 

2. 

Ilaere ziele brande meer en meer, 

Tot dat zy die opgaf aen den Heer, 

Zonder lyden, 

Zonder slrydcn. 

D'engels, met all' eer, 

Hebben hun vorstin met zegenpracht 

In het hoog Jérusalem gebragt. 

Men boord' een gesang 

En zeer zoet geklank 

By haer graf drie dagen lang. 



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KERSLIEDEflEN EN LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 



Ô. 

Jésus kwam zyn moeder te gcmoet 

Om aen haer te schenken 't eeuwig goed. 

Dengelchooren 

Lieten hooren 

Van hel zoetste zoet, 

't Wyl de heyligste Dryvuldigheyd 

Haer de hoogste kroone loebereyd. 

O wat blydschap trof 

G'heel hel hemels hof, 

't Wedergalmd' al Godes lof. 

4. 

'l Wyl Maria boven s'hemels baen 

Nu als koningin is opgegaen, 

Zy zal staedig 

Zeer genaedig 

Ons gesmeek onlfaen, 

En opdragen aen den Heer van al 

Jesus die haer niets ontzeggen zal. 

O wat troost en bael 

Hoopt al Adams zaed 

Van die moeder der genaed'. 



L'ASSOMPTION. 

Enfants, faites éclater vos transports ; votre mère a quitté la vallée terrestre, 
pour s'élever vers son créateur. Là, elle a reçu la plus belle couronne; là, on 
lui a préparé, à la droite de Jésus, un trône qui brille d'un éclat aussi vif que 
le diamant. 

2. 

Son âme se consumait d'amour jusqu'à ce qu'enfin elle la rendit à son 
Seigneur, sans souffrance et sans agonie. Ce fut alors que les anges vinrent 
prendre avec respect leur souveraine pour la porter en triomphe dans la céleste 
Jérusalem. Pendant trois jours, des chants mélodieux et une douce harmonie se 
firent entendre auprès de son tombeau. 

3. 

Jésus vint lui-même au-devant de sa mère, lui offrir l'éternelle récompense. 
Les chœurs des anges faisaient entendre leurs plus douces mélodies, pendant 
que la Trinité Sainte lui prépara sa riche couronne. O quelle allégresse dans 
tout le paradis ! Les échos célestes répétaient les louanges de Dieu. 



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EERSMEnERES EJC LOFZANGEN. — NOEI.S ET CANTIQUES. 



«5 



4. 

Puisque maintenant Marie s'est élevée en souveraine sur la route des deux, 
elle ne manquera pas de recevoir avec bonté nos supplications et de les pré- 
senter au Seigneur Jésus, qui ne voudra rien lui refuser. O quelle consolation 
et quels avantages pour la race d'Adam d'avoir une si miséricordieuse mère. 



Autre cantique en l'honneur de Marie et provenant de la même source. L'air de celto 
pièce nous a été dicté par une ancienne élève de l'école dominicatc de Bailleul, où il était 
principalement chanté. Le changement de rhylhmc, qu'on remarque dans la phrase inter- 
médiaire, indique que cet air est ancien. 



VAN DEN HEYLIGEN VEDÀSTUS. 

Andantino maestoso. 



Wee de woes-te Ne -der - lan-den, wee de ry - ken 



3" 



daer on-trent; nog ge- stelt in duy-vela ban -den, nog van Chns-ti 




4 



kerk vervremt. Macr Ve-daa - tus is verscbe-nen als een fok - kei 




in den nagt. 



En het hei - den — dom ver - dwe - nen 

-n \ h. — p— 



-p — 



heeft ver-loo - ren 



sy - ne kragt. 



Den franschen vorst, 




naer 't doopsel dorst, en ver- win - ncr in den stryt, 



V door Vc-daa - tus 




ook ver - won-nen, Chris - ti wac - re 




mi 



wet be-lydt. 



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KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 



Wee, de woeste Nederlanden, 
Wee de ryken dacr ontrent; 
Nog gestelt in duyvels banden, 
Nog van Chrisli kerk vervremt; 
Maer Vcdaslus is verschenen 
Als een fakkel in den nacht, 
En het heydendom verdwenen, 
Heeft verlooren syne kragt. 
Den franschen vorst, 
Naer 't doopsel dorst, 
En verwinner in den stryt, 
Door Vedastus ook verwonnen, 
Chrisli wacre wet belydl. 

2. 

't Alregt, in een opperstede, 
Heeft hy synen stoel gcslelt; 
En syn leer met wonderheden 
Was ook dikwils vergcselt. 
Goden, beelden, helsche geesten, 
Zyn gevloden op zyn woort. 
Schim gedrogten, wilde beesten, 
Hebben syne stemm' gehoort. 
De blinde lien, 
Het ligt aensien; 
Kreupel krygen hunnen gank; 
En de stomme, die nu spreken, 
Singen God den heere dank. 

3. 

Maer 't geluk der ingeseten, 
Een geluk van meer gewigt, 
Was het waer geloof te welen 
En naer siel te syn verligt; 
Was nu vry van alle afgoden 
Op den reglen weg Ie slacn, 
Om 't acnhooren Gods geboden 
En naer 't hemelryk le gaen. 
Ook naedcrhanl 
Heeft Vlaenderlant 



KERSLIEDEREN EX LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 



Ü7 



Sig tot 't chrislendom bekeert; 
En den grooten man Vedastus 
Worl als leeraer daer geeert. 

A. 

Hontschool, Renegels en Belle 
Steken uyl in dankbaerheyt ; 
Hebben stadt en kerk gestellen 
Synen naeme toegeseyt. 
Overheden en gemeente 
Sien met groot genoegen aen 
Nu een deel van syn gebeente 
Op hun pronkaulaeren staen. 
Den y ver groeyt; 
De kerke bloeyt; 
En door heel het belsch gebiet, 
Den verheven man Vedastus 
Vruglcn van syn arbeyt siet. 

5. 

En nu ook de sondagschoole, 

Tot het onderwys der jeugt, 

Is u vader loebevolen, 

Is in uwen naem verheugt. 

Hout den helschen beir gebonden, 

Onder uwen bisschops voel; 

En bewaerl ons van de wonden 

Die syn felle bete doet. 

Dit dankbaer liet, 

De schole u biet, 

En wysingen vol van vreugt : 

Wilt met zegen ondersteunen 

Die ons slieren lot de deugdt. 



CANTIQUE EN L'HONNEUR DE S' VA AST. 

Qu'elle était malheureuse notre Nécrlande, alors qu'avec toute ln région 
d'alentour, elle était cocorc barbare, soumise au joug du démon et privée de 
temples chrétiens ! Mais S» Vaast a paru comme un flambeau dans la nuit, et 
le paganisme a perdu son empire. Le monarque franc, victorieux dans les ba- 
tailles, fut converti par S' Vaast ; il recul le baptême et confessa la foi du Christ. 



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('i8 KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 

2. 

Il fixa son siège dans la ville d'Arras ; des miracles accompagnaient souvent 
ses prédications. A sa parole, on voyait tomber les faux dieux, les idoles et les 
simulacres de l'enfer. Spectres, monstres, bêles féroces obéirent à sa voix; les 
aveugles voient la lumière; les boiteux retrouvent leur marebe; les muets re- 
couvrent la voix, chantant la louange de Dieu. 

3. 

Mais le bonheur, le véritable bonheur des habitants de la contrée fut d'avoir 
connu la vraie foi, celte consolation des âmes; ce fut d'être délivrés du culte 
des faux dieux et de se trouver sur le chemin des commandements de Dieu et 
du salut éternel. Aussi, bientôt la Flandre se convertit au christianisme, et Saint 
Vaast fut honoré comme l'apôtre du pays. 

4. 

Hondschoote, Renegclst et Bailleul, rivalisant de reconnaissance, ont mis leur 
ville et leur église sous le patronage de son nom. Les autorités et le peuple 
voient maintenant avec satisfaction une partie de ses ossements placés sur leurs 
plus beaux autels. Ce zèle s'accroît, l'église prospère, et dans tous les états 
belges le grand S' Vaast voit le fruit de ses labeurs. 

5. 

Et maintenant aussi l'école dominicale, cet asile de la jeunesse, vous est con- 
sacrée, ô saint patron, et est placée sous l'égide de votre nom. Enchaînez h vos 
pieds l'ours de l'enfer et sauvez-nous de ses cruelles morsures. L'école vous 
adresse ce cantique de reconnaissance, que nous chantons tous avec allégresse. 
Étendez vos bénédictions sur ceux qui nous conduisent dans le chemin de la 
vertu. 

Nous avons trouve ce cantique dans le manuscrit appartenant h l'école dominicale de 
Bailleul, dite de S« Vaast. 11 y est chante à diverses époques de l'année et notamment à 
la fétc de ce saint, qui est le patron d'une des églises paroissiales de la même ville. Les 
noms d'Hondschootc, de Henegclst et de Bailleul, mentionnés dans cette pièce, indiquent 
son origine locale et expliquent sa popularité. La mélodie que nous donnons ici, nous a été 
chantée par une des anciennes élèves de cette école. Elle ne parait pas appartenir à une 
époque plus reculée que le commencement du XVIII e siècle. 



LIEDEKEN TOT EERE VAN SINTE MAERTENS. 

Andantino. 



Gui -de ty-den! als men de ge-meen-ten sag sich ver-bly-den 



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i 



«V od den 



KERSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 
3 



69 



op den sin - te Mar - tcns dag, 



als de kin - dere 



I 



soort van lek - ker — nien , geld en spy - ze voor 



de sie - ke en arm' lien. 



m 



Wierd op den dag van 



he — den aen een ie - der toe - be - reyd, als ge - 



rr.± riz- 



schenken ter ge - den - ken van Mar-ti- nus mild-saem - heyd. 

Guide tyden! als men de gemeenten zag 

Sig verblyden op den Sinle-Maertensdag. 

Aen de kinders alle soort van leckernien, 

Geld en spyse voor de sieke en arme lien, 

Wierd op den dag van heden aen een ieder toebereyd; 

Als geschenken, 

Ter gedenken, 

Van Martinus mildsaemheyd. 

2. 

In de schaeren van den keyser Juliaen, 

Jong van jaeren komt hy moedig aengegaen, 

Waer de krygers sig van alles maeken buyt, 

Onzen Ruyler deelt zyn eygen schallen uyt. 

By gebrek van geld in handen, zynen mantel kapt in tween ; 

Om daer mede, 

De naekte leden 

Van den bedelaer te kleen. 

5. 

In de wetten van den christelyken slaet 
Nog maer leerling dese mildheyd hy begaet; 
Maer den Heere dit van stonden aen beloont. 
En aen d'Engels in een bly gesigte toont 



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70 



KERSLIEDEREN B!» LOFZANGEN» — KOELS ET CANTIQUES. 



Desen mantel heeft Martin us op myn schouders geleyd, 

En by trapppn, 

Zal gaen slappen, 

Tol een groote heyligheyd. 

4. 

Haest naer 't doopsel onsen jongen ridder haekl, 

En het vormsel hem soldaet van Christus maekt. 

Oorloog voeren met een christelyk gemoed, 

Doet hem schromen en gedenken Christus bloed. 

Haest met de gunst des keysers, lag hy zynen gordel af, 

En met vreugden 

Sig ter deugden 

In den kerkendienst begaf. 

5. 

T'eensaem leven heeft dan zynen geest bekoort 

En den bisschop zyn gebeden aengehoort. 

Buyten Poyliers kiest hy een verladen veld 

En syn woonsle uyt 't gesigt der menschen sleld, 

Veel uytgelesen mannen, volgen hem in d'eensaemheydt 

Sig begeven 

Om te leven 

Naer Marlinus wys beleyd. 

6. 

Dog de sorge van den goddel y ken raed, 

In 't verborgen sulke mannen niet en laet. 

Ik sien maeken binnen Tours den kandelaer 

Waer moet blaeken 't ligt van onsen kluysenaer. 

Den slaet en kerkgemeente naer een nieuwen bisschop staen; 

En te gaere 

Zy sig paeren 

Om Marlinus te ontfaen. 

7. 

Ach! wal bisschop kiest de Toursche kerke dacr! 
Kleyn van lichaem, slegt van aensien en gebacr : 
Maer den Heere voegt daer zynen zegen acn, 
Met gaven van mirakels, komt Marlinus voor den dag. 



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KERSLIEDEREN B5 LOFZANGEN» — NOCLS ET CANTIQUES. 



71 



D'afgodislen 

En quaed Christen 

Wycken al voor zyn ge sa g . 

8. 

En nog heden door geheel de fransche kerk, 
Land en steden voelen vrugten van zyn werk. 
En den Vlaming met hel Nederlands gebied 
In eerbieding wycken aen den Franschman niet. 
Het kerkdom Tan Iper onder zyn bescherming is. 
En by lyden, 
Sig verblydcn 
In Martinus heugenis. 



CANTIQUE EN L'HONNEUR DE S' MARTIN. 

Age d'or, quand on voyait les populations fêter joyeusement le jour de Saint 
Martin. En ce jour, les enfants obtenaient toutes sortes de friandises ; Ton don- 
nait aux malades et aux pauvres nourriture et argent. Tous ces présents se fai- 
saient en souvenir de la charité de S' Martin. 

2. 

Dans les armées de l'empereur Julien, jeune encore, il se distinguait par son 
courage. Pendant que ses camarades de guerre faisaient bulin de tout, lui dis- 
tribuait son propre bien. N'ayant pas d'argent sur lui, il coupa son manteau en 
deux pièces, pour en revêtir les membres nus d'un pauvre mendiant. 

3. 

Il n'était encore que catéchumène, lorsqu'il fit cet acte de charité, mais le 
Seigneur l'en récompensa aussitôt, en disant à ses anges avec satisfaction : 
Martin a revêtu mes épaules de ce manteau, il marchera par degrés vers une 
éminente sainteté. 

4. 

Aussi notre jeune guerrier s'empressa de recevoir le baptême ; et le sacrement 
de confirmation le rendit soldat du Christ. Bientôt ses sentiments de chrétien lui 
firent prendre la guerre en horreur; la vue du sang versé lui rappelait celui du 
Christ. Avec l'agrément de l'empereur, il jeta ses armes, cl entra avec joie nu 
service de l'église. 

5. 

La vie solitaire tenta son cœur, et son évêque accédant à sa prière, il se 
choisit une habitation près de Poitiers, dans une terre abandonnée, loin du re- 
gard des hommes. Maints personnages distingués le suivirent dans sa soli- 
tude, et se destinèrent à vivre sous la sage règle de Martin. 



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72 KEnSLIF.DEREN EK I.OFZASGE*. — KOEI.S ET CANTIQUES. 

6. 

La Providence ne laisse pas néanmoins de pareils hommes dans l'obscu- 
ritd. Je vois dans Tours se dresser le chandelier sur lequel doit luire la 
grande lumière de notre ermite. L'église et le peuple entier attendent un 
nouvel évéque. Ils s'unirent pour demander Martin. 

7. 

Quel est donc cet évéque que s'est choisi l'église de Tours? Il est petit de taille 
et sans extérieur. Mais le Seigneur verse sur lui ses bénédictions. Martin parait 
en public, doué du don de miracles. Les païens et les mauvais chrétiens dispa- 
raissent à sa vue. 

8. 

Aujourd'hui encore dans toute l'église de France, villes et campagnes goûtent 
les fruits de ses travaux. Le Flamand et toute la Néerlandc ne le cèdent pas en 
reconnaissance aux Français. L'église dTpres est sous son patronage; et à cer- 
tains jours, on se réjouit au souvenir de Saint-Martin. 



Saint-Martin, dont le nom est populaire dans toute la chrcticnnetc, est honore d'une ma- 
nière particulière dans notre Flandre, et surtout dans l'arrondissement de Diinkcrquc, où 
plusieurs églises lui sont dédiées. C'est encore à Rsillcul que nous avons recueilli la légende 
que nous venons de rapporter; c'est là que nous l'avons entendue dianier, sur l'air tel 
qu'il est note ici. Cet air appartient au commencement du XVII e siècle, il se trouve, avec 
de légères différences, dans le livre intitulé : Den geetielycken leeuu ercker, Anvers 16*9, 
page 61. 

Ce chant n'a que peu de rapport avec celui qui se chante à l'occasion de la fétc de 
Saint Martin, à Dunkcrquc, à Bergucs, à Bourbourg et ailleurs. 



VAN DEN HEYLIGEN LUDOVICUS. 



Andante. 



a: 



1 1 - 



Ver-hcugt u met ten nieu - wen geest op de - se 




:g__&-gL 



gnio-te ker - kc - feest van ko-ning Lo - de-wyk gc-naemt, om wien de 



strie 



-Jz: 



fran-ache kroo - ne roemt. Dien grooten vorat oiw lee - ren zal niet ag-ten 



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KEnSLIEDEREN EN LOFZANGEN. — NOELS ET CANTIQUES. 



73 



i* 't goed van' tacrdscbc dal, entoo-nen boe men sig be - reyd van 

tJ jonkx den weg tot deugd en bcy - lig — beyd. 

Verheugt u met een nieuwen geest 

Op dese groote kerkefeest, 

Van koning Lodewyk genoemt, 

Op wien de fransche kroone roemt. 

Dien grooten vorst ons leeren zal 

Niet agten 't goed van 't aerdsche dal, 

En toonen hoe men sig bereyd 

Van jonkx den weg tol deugd en heyligheyd. 

2. 

Zyn moeder hem" voor oogen leyd 

De sorge van d'onnoosclheyd, 

Die hy in 't doopsel had onlfaen, 

Als hem den slryd soud vallen aen. 

Ik zag u liever, sprak zy, dood, 

U liever van het ryk ontblood 

Als dat een doodelyke sond 

Oyt uwe ziel voor d'oogen Gods doorwond. 

3. 

Den jongen koning met' er spoed 
Print dese lesse in zyn gemoed. 
Sig vlytig lot de deugt begeeft 
En volgens Christus wellen leeft. 
Ook vind men in zyn leven staen 
Dat hy geen doodsondc heeft gedaen, 
Noch aengekleefl de ydelhcyd, 
Zoo legcnstrydig aen de saligheyd. 

4. 

o Saeken, die men zelden hoort, 
Den koning gaet met deugden voort, 
En eerst met diep oodmocdigheyd 
Sig oeffent in bermhertigheyd. 

iO 



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71 KKBSLIEDF.nE* E.N LOFZANCE*. — NOEI.S ET CA>T!Ql'ES. 

Twee hondert arme alle dag 

Hy onderhoud en voedsel gaf: 

En vruglen van mildadigheyd 

Zyn ook aen kerken en clooslers toebereyd. 

5. 

Maer zyne liefde meer uylschynd 

Als hy soldaden zelve diend. 

Den sieken word in nood besorgl 

En den gevangen afgekogt. 

Voldoende zoo aen Christus leer, 

Die, alhoewel den Opperheer, 

Sig op de aerd gesonden segt 

Om dienstig aen den mensch Ie zyn als knegt. 

6. 

Dat heeft hy ook op hel gebed 

In d'eeniglieyd zyn hert geset. 

Den lyd van spel en van vermaek 

En gaf hem noyt zoo soelen smack; 

ÏNoch sorge van zoo grootcn slaet 

Maekt dal hy dit gebruyk verlaet. 

Op koningen op d'aerd gelyk 

Keert hy zynen geest naer hel hcmelryk. 

7. 

Ten laetstcn, mei gewaepend hand 
Trok hy nog eens naer 't Heylig Land, 
Ter eere en wensch van 'l christendom. 
Maer als de pesle hem selfs verwon, 
Verlaet hy 't leven en geweir 
En het gesigt van 's vyands heir, 
En stervende mei een blyd' slem, 
Verlreckt naer het eeuwig Jérusalem. 



CANTIQUE EN L'HONNEUR DE S'-LOUIS. 

Réjouissez-vous avec une nouvelle ardeur en celle belle fétc du saint roi 
Louis, qui porta avec éclat la couronne de France. Ce grand roi vous apprendra 
à ne faire aucun cas des biens terrestres. Il vous fera voir comment il se pré- 
para dès sa jeunesse à marcher dans le chemin de la vertu et de la sainteté. 



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KERSLIEDEREN E.1 LOFZAXCEM. — PtOELS ET CAXTHjlES. 



75 



2. 

Sa tendre mère lui représenta le soin qu'il devait prendre, au milieu des com- 
bats de la vie, de son innocence, reçue au baptême. Je préférerais, lui disait- 
elle, vous voir mort et privé de votre royaume, que de voir votre àme ebargée, 
devant Dieu, d'un péché mortel. 

3. 

Le jeune roi s'empressa de graver cette leçon dans son cœur. Il s'adonna avec 
zèle à pratiquer la vertu et à vivre selon les lois du Christ. Aussi voit-on que, 
dans toute sa vie, il n'a jamais commis de péché mortel, et qu'il n'a jamais suivi 
les vanités du monde si contraires au salut de l'âme. 

4. 

Chose rare, le roi marcha de vertus en vertus. D'abord avec une grande hu- 
milité, il pratiqua la charité chrétienne. Deux cents pauvres recevaient la nour- 
riture. Il étendait aussi ses largesses aux églises et aux couvents. 

5. 

Mais sa charité se manifesta encore davantage, lorsqu'il servit lui-même ses 
soldats, qu'il visita les malades dans leurs peines et qu'il racheta les prisonniers 
de leurs fers; se conformant ainsi aux enseignements du Christ qui, tout Dieu 
qu'il était, se dit envoyé sur la terre pour cire le serviteur des hommes. 

6. 

Il chercha la solitude pour s'adonner à l'oraison où il trouvait plus de dé- 
lices que dans les jeux et les divertissements. Les soins d'un aussi grand 
royaume ne le détournèrent jamais de cette habitude. Roi de la terre, il agis- 
sait en roi; mais son àme était sans cesse tournée vers les cicux. 

7. 

Enfin, prenant les armes, il partit de nouveau pour la Terre-Sainte, afin de 
satisfaire à l'honneur et aux vœux de l'Église. Mais la peste le vainquit; il mou- 
rut les armes à la main et en face de l'ennemi. Son dernier soupir fut un cri 
de joie avec lequel il s'élança dans la céleste Jérusalem. 



La popularité, qui s'est toujours attachée au nom de S*-Louis dans notre Flandre, tient 
peut-être à une circonstance historique, qu'il convient de rappeler. Après le désastre de 
Mansourath, où S'-Louis fut fait prisonnier, les Sarrazins avaient porté le prix de la rançon 
du monarque français et de ses compagnons à un million de besants d'or. L"n appel fut fait 
à toute la chrétienté, et ce fut à qui se montrerait le plus libéral. Au milieu de ce pieux 
concours, la ville d'Yprcs surpassa, parait-il, en générosité les autres villes de Flandre; la 
comtesse Marguerite en fut si satisfaite qu'elle appela les habitants d'Yprcs ses enfants; 
de là le nom de kinderen van Yprr, qui leur est resté. Ilicn d'étonnant dès-lors que le sou- 
venir de S'-I.ouis se soit perpétué dans quelque chant populaire Le cantique que nous 
donnons ici. se chante à Railieul. sur l'air que nous reproduisons. 



■ 



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2. 



FEESTDAG- EN GODSDIENSTLIEDEREN. 



KtLitlVS 

' A CERTAINES FÊTES ET CÉRÉIOMES RELIGIEUSES. 



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EXPLICATION DES SUJETS DE LA PLANCHE CI-CONTRE. 



Les Rois mages allant ù Le Roi de la Fève. 

Bethléem, guidés par une étoile. 



a 

l'époque de tfoêl. 



Le Rommelpot ou la La file de S*-Martin 

part de Dieu. à Dunkerque. 



Ihtntc de jeunes Viertjes. 



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CI1AXTS RELATIFS A CERTAINES FÊTES ET CÉRÉMONIES RELIGIEUSES. 79 



DE DRY KONINGEN. 



Allegretto. 



* r r g 



-hr \ 



Daer kwaemen dry ko-nin-gen met een sterr', daer kwaemen dry ko-nin-gen 




met een sterr* uyt vrcm - de lan - den al - le zoo verr\ 



N N \ 



_ 1 



uyt 



=2 



lan - den al - le zoo 



verr\ 



Daer kwaemen dry koningen roet een sterr', 
Uyt vrecude landen alle zoo verr'. 

5. 

Zy kwaemen den hoogen berg opgegaen, 
Zy zaegen de slerre voor hun gaen. 

3. 

Zy gingen met hunnen groolen trein 
Tot aen de slede Jérusalem. 



De sterre verdwynde, men zag ze niet meer; 
't Is een leeken van God den Heer. 

5. 

Zy zonden hunn' boden al in de stad, 
Tol den koning Herodes al zoo ras. 

6. 

Zoo haesl als Herodes de boden zag, 
Hy was verlegen, bedroevige dag. 

7. 

Herodes heeft zynen raed vergaert, 
En de magten zyn binnen gegaen. 



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FEESTDAG- EN GODSDIENSTLIEDEREN. 
8. 

Zy spraeken hem, vol van ootmoed : 

Heer koning Herodes, wees van ons gegroet. 

9. 

Wy zyu zoekende den groolen vorst; 

Hemel en aerde heeft hem veel moeyle gekost. 

10. 

Gebooren is hy onder uw gebied; 

Wy hebben het teeken des hemels gezien. 

tl. 

Onze kamer was door engels verligt; 
Daer boven wy hoorden een bly gedigt. 

12. 

Zy zongen t'saemen in koor : Gloria 
In excelsis Deo, wy hooren nae. 

15. 

Zy hebben gezongen geheel den nagt, 
Tot dat de zonne gerezen was. 

14. 

Wy hebben daerop onzen raed vergaert, 
En de oude bybcls al vooren gehaelt. 

15. 

Waer dat er daer in beschreven stond 

Dat er was gebooren darke van 't verbond. 

16. 

En dat al onder uw gebied; 

Wy hebben weer 't teeken des hemels gezien. 

17. 

Een sterre lusschen hemel en aerd 
Bragt ons lot uwe poorten onbevaerd. 



CIIAM'S HEI.ATIIS A <:i:ilT AIÜES l' Ê T E S ET f.ÉKËMONII > llKUCIfclSE:-. 

18. 

Als \vy uwe stad hebben gezien. 

De sterre kwaem van ons weg Ie vlyen 

19. 

Wy zyn daerom in duyzend gepcys 
Dat hy is gebooren in uw paleys. 

20. 

Herodes heeft zynen raed vergaert 

En de oude bybcls zyn vooren gehaeld. 

21. 

Wat dat er daer in beschreven stond, 

Dat er was gebooren d'arke van 'l verbond. 

22. 

En dat zonder grooten trein 

In de kleine stede van Bethléem. 

23. 

Zy hebben, vol eer en met ootmoed, 
Den koning Herodes vriendelyk gegroet. 

24. 

Zy gingen met hunnen groolcn trein 
Tot de kleine stede van Bethléem. 

25. 

De sterre sloeg stille en zen roerde Jiicl meer; 
Het was een leeken van God den Heer. 

20. 

Tol Belhlccm binnen de schoone stad, 
Wacr Maria met haer kindlje zat. 

27. 

Zy hebben, vol eer en mei ooi moed, 
Hel kindlje Jesus vriendelyk gegroet. 

II 



82 FEESTDAG- EN GODSDIENSTLIEDEREX. 



Zy leyden krooncn cn scepter néér, 
En zy knielden voor hun koning teèr. 



Goud en wierook en myrrhe voortaen 
De dry koningen hebben gedaen. 

30. 

Als zy de offerande hebben gedaen 
Door een andern weg zyn ze gegaen. 



LES TROIS ROIS. 

Trois rois vinrent, avec une étoile, de loin, d'une terre étrangère. 

2. 

Déjà ils avaient gravi la haute montagne; ils virent l'étoile marcher de- 
vant eux. 

3. 

Ils vinrent, avec leur nombreux entourage, jusqu'à la ville de Jérusalem. 

4. 

L'étoile disparut, Ils ne la virent plus; c'était un signe du Seigneur, notre 
Dieu. 

5. 

Ils dépéchèrent bien vite leurs courriers à la ville jusqu'auprès d'IIérodc. 

6. 

A peine Hérode eût-il vu les messagers qu'il se troubla; ce fut un jour 
malheureux pour lui. 

7. 

Hérode assembla son conseil et l'on fit entrer les monarques. 

8. 

Ils lui dirent avec respect : Seigneur Hérode, salut. 

9. 

Nous venons chercher le monarque suprême ; le ciel et la terre sont l'ouvrage 
de ses mains. 

10. 

II est né dans vos états ; le ciel même nous en a donné le signal. 



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CHANTS RELATIFS A CERTAINES FÊTES ET CÉRÉMONIES RELIGIEUSES. 83 

II. 

Notre palais fut éclairé par des anges, qui nous firent entendre des chants 
joyeux. 

i 2. 

Ils chantèrent tous en chœur : Gloria in Excclsis Deo. 

IS. 

Ils chantèrent toute la nuit jusqu'à ce que le soleil fut levé. 

14. 

Là-dessus, nous avons réuni notre conseil et consulté les anciens livres. 

I». 

Ce que Ton y trouva écrit annonçait que l'arche d'alliance devait apparaître; 

16. 

Et cela dans vos états. Nous vîmes de nouveau un signe du ciel. 

17. 

Une étoile entre ciel et terre nous conduisit jusqu'aux portes de votre 
ville. 

18. 

Dès que nous en approchâmes, l'étoile disparut. 

19. 

Là-dessus, nous avons pensé qu'il devait être né dans votre palais. 

20. 

Hérode, à son tour, assembla son conseil, et l'on consulta les anciens 
livres. 

21. 

Ce que Ton y trouva écrit annonçait que l'arche d'alliance était apparue; 

22. 

Et cela, sans grand éclat, dans la petite ville de Bethléem. 

23. 

Là-dessus, avec grand respect, ils saluèrent le roi llérodc. 

24. 

Ils se rendirent, avec leur entourage, à la petite ville de Bethléem. 

25. 

L'cloilc s'arrêta là; c'était le signal du Très-Haut. 



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84 



msmu:- t> <;oi>sniE.\:>Ti.ihütiu..\. 



2G. 

A Bethléem, la belle ville, où Marie était assise avec son petit enfant. 

27. 

Les rois, pleins de respect, saluèrent affectueusement l'enfant Jésus. 

28. 

Ils déposèrent leur couronne et leur sceptre et s'agenouillèrent aux pieds de 
ce Roi chéri. 

29. 

Or, myrthe cl encens furent les présents qu'ils lui firent. 

30. 

Quand ils curent terminé leur offrande, ils partirent par un autre chemin. 



Ce chant, très-répandu à Baillcul, est connu dans toute notre Flandre. Il se chaule 
pendant le temps de Noël. Des enfants, des vieillards, des femmes, par groupes de trois ou 
quatre, s'en vont le soir, de maison en maison, chanter cette pièce; ils sont munis, les uns 
d'un baton surmonté d'une étoile de carton, les autres d'un instrument composé d'un arc 
et d'une vessie, qu'on fait raisonner au moyen d'un archer. Comme le jour des Rois est 
pour beaucoup de familles une occasion de réunion et de réjouissance, les jeunes chan- 
teurs sont quelquefois admis à y participer. Il est rare qu'ils quittent les maisons sans 
recevoir des gaufres ou d'autres friandises. 

La mélodie de cette chanson est ancienne; sa tournure l'indique suffisamment. Il 
est à remarquer qu'elle ne se compose que de deux phrases, dont la dernière termine 
dans le relatif mineur du ton, dans lequel commence la première. Ce mélange, que l'on 
verra se produire encore dans d'autres mélodies de ce rveueil, se rencontre dans quelques 
«irs anciens des peuples du Nord. M. Fétis en a donné un spécimen dans son résumé philo- 
sophique de la musique, page cxx.viv, pl. 8, N* 10. On trouve dans le recueil de Willems : 
Oude Vlaemtclie Liederen, page £57, un chant en huit couplets, sous le même litre que le 
nôtre et qui parait en être un fragment. Ce chant, tiré par HolTniann Von Fallersleben de 
l'ouvrage intitulé ; de Martdragcr of Nieuwe Toorcrlantarcn, 173*, p. ;>7, n'est pas accom- 
pagne de mélodie. 



XXIX. 



DME-K01NING-LIED. 



Allegretto. 



A-—: - 



-F 



7- 



Dacr kvrae-men dry ko - nin-gen uit ver - rc lan-den. Nu 



*J wieclicn. 



m 



wieghen, nu wieghen, nu wie - ghen vry ! nen God te doen een of-fer 









• • 








1— 






1 , 


dût 


— %—t 





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CHANTS RELATIES A CERTAINES EÉTES ET CÉRÉMONIES RELIGIEUSES. 



Dacr kwamen dry koningen uyt verre landen, 
ÎN'u wieghen, nu wieghen, nu wieghen vvy! 
Om Godl le doen een offerande. 
Doen waren sy vro. 

2. 

Sy kwamen van Oosten, sy kwamen van verre, 
Nu wieghen, nu wieghen, nu wieghen wy ! 
Al door de klaerheyd van eender slerre. 
Des waren sy vro. 

5. 

Maer loen sy binnen Jérusalem kwamen, 

Nu wieghen, nu wieghen, nu wieghcn wy ! 
De klaerheyd der slerre sy niet vernamen ; 
Des waren sy droef. 

4. 

Toen sy over tafel waren geselen, 

Nu wieghen, nu wieghen, nu wieghen wy! 
Toen kwam Godls Engel al in secreten; 
Des waren sy vro. 

5. 

Gy, hceren, en moget niet langer beyden; 

Nu wieghen, nu wieghen, nu wieghen wy ! 
Hei odes die doet syn peerd bereyden. 
Des waren sy droef. 

G. 

Wel op, gy heeren! lael staen uw eten, 

Nu w ieghen, nu wieghen, nu wieghen wy ! 
Heiodes is op syn pcerd geselen. 
Des waren sy droef. 

7. 

Toen sy buylen Jérusalem kwamen, 

Nu wieghen, nu wieghen, nu wieghen wy! 
Die klaerheyd der slerre sy weder vernamen, 
fil y na l'en sy loen. 



FEESTDAG- EK GODSDIENST I.IEDEIÏE.T. 

■ 



8. 

Sy volgden de slerre in korten stonden, 

Nu wieghen, nu wieghen, nu wieghen wy ! 
Tot Bethléem, waer sy 't kindeken vonden. 
BI y waren sy toen. 

9. 

Den eenen gink voren den anderen slaen, 

Nu wieghen, nu wieghen, nu wieghen wy ! 
Om eerst te komen offeren gaen. 
Des waren sy vro. 

10. 

Sy vielen daer l'sacmen op der aerden; 

Nu wieghen, nu wieghen, nu wieghen wy! 
Sy loofden den konink van grooter waerden. 
Des waren sy vro. 

II. 

Sy offeren myrrhe, wierook en goud: 

Nu wieghen, nu wieghen, nu wieghen wy ! 
Sy loofden dat Kindeken menig fonds. 
Des waren sy vro. 



CHANT DES TROIS ROIS. 

Trois rois vinrent de pays lointains; — Berçons, berçons, berçons à présent! 
— Pour présenter une offrande au Seigneur. Ils étaient joyeux! 

2. 

Ils vinrent d'Orient, ils vinrent de loin ; — Berçons, etc. — Éclairés par une 
étoile. Ils étaient tout joyeux ! 

3. 

Mais dès qu'ils furent entrés dans Jérusalem; — Berçons, etc. — Ils ne virent 
plus la clarté de l'étoile. Alors ils devinrent tout tristes ! 

4. 

Puis quand ils furent assis n table ; — Berçons, etc. — L'ange de Dieu leur 
apparut avec mystère, lis furent tout joyeux! 



. Qjgilizfîd-hy. 



CIU.TTS RELATIFS A CERTAINES FÊTES ET CÉRÉMONIES RELIlîlEl'SES. 87 

5. 

« Seigneurs, il ne faut pas attendre plus longtemps. — Berçons, etc. — Hé- 
rode fait des préparatifs. Alors ils furent tout tristes! 

6. 

Levez-vous, Seigneurs, laissez là votre festin. — Berçons, etc. — Ils furent 
tout tristes! 

7. 

Quand ils furent sortis de Jérusalem. — Berçons, etc. — Ils virent apparaître 
de nouveau la clarté de l'étoile. Alors ils furent tout joyeux ! 

8. 

Ils suivirent l'étoile de près; — Berçons, etc. — Jusqu'à Bethléem, où ils trou- 
vèrent l'enfant. Alors ils furent tout joyeux ! 

9. 

L'un cherchant à devancer l'autre ; — Berçons, etc. — Pour être le premier 
à offrir ses présents. Ils étaient si joyeux ! 

10. 

Ils se prosternèrent ensemble à terre. — Berçons, etc. — Ils adorèrent le Boi 
tout-puissant. Ils étaient si joyeux ! 

H. 

Ils offrirent myrrhe, encens et or. — Berçons, etc. — Us bénirent le Seigneur 
à diverses reprises. Ils étaient si joyeux ! 



Ce chant a de grands rapports avec le précédent. Il n'est ni moins populaire ni moins 
gracieux ; mais c'est principalement dans la partie occidentale de notre Flandre qu'il est en 
vogue. Nous le donnons ici tel qu'il nous a été envoyé par M. Ronze, bibliothécaire a Fur- 
ncs où il est aussi très-connu. L'air n'est peut-être pas aussi ancien que le dernier, mais 
il est original. Le refrain, qui se termine sur l'accord de dominante du ton principal, lui 
donne un cachet particulier qui témoigne suffisamment qu'il n'est pas d'origine artistique. 
Cette pièce se trouve dans le recueil de MM. Albcrdinck Thijm, intitulé : Oudc en nieuwe 
Kcrtl-licdercn , etc., page 158. Le texte ne diffère du nôtre qu'en ce que celui-ci a un 
refrain après le premier vers et le troisième de chaque couplet. Quant à la mélodie, clic 
est totalement différente dans les deux. 



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88 



FEF^TDAt;- KX (.ODSDIENSTLIWHillKN . 



ANDEK DRIE-KOMNG-LIED. 



Allegretto 



fiT ff «TE ^ l Ç FE ^s F^T'E F-Hr --*^ 

v Baer kwamen dry ko-nin-gen met eensterrMVu wiegen, nu wie -gen, nu 



m 



N I -N- 



^=2 



wie-gen al wy. Uyt vrera - de lan-deu;het was zoo verr'. Nu 



wie-gen al wy. Toen wa-ren zy bly. Al on - zen troont en 



onz' toe-vloet 't is Ma-ri - a zoet. 

Daer kwamen dry koningen mei een sterr . 

Nu wiegen, nu wiegen, nu wiegen al wy! 

Uyt vremde landen, het was zoo verr. 

Nu wiegen al wy, 

Toen waren zy bly, 

Al onzen troost en onz' toevloel, 

't Is Maria zoel. 

-2. 

Ze kwamen den hoogen berg opgegaen. 
Nu wiegen, enz. 

Ze vingen de sterre klaer stille slaen. 
Nu wiegen, enz. 

5. 

Och! sterre, ge moeter zoo stille niet slaen. 
Nu wiegen, enz. 

We moeten nog l'aven nae Bethléem gaen. 
Nu wiegen, enz. 

4. 

Toe Belhlcom, binnen die schoont' slad. 
Nu wiegen, enz. 

Waer Maria met hem klein kindje zat. 
Nu wiegen, enz. 



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CHANTS RELATIFS A CERTAINES FÊTES ET Cf.BÉ»OXIF.S RELIGIEUSES. 



81) 



5. 

De slerre gink vooren, ze volgen ze naer. 
Nu wiegen, enz. 

Toe dal ze by koning Herodes kwam. 
Nu wiegen, enz. 

6. 

Ze gaven een kloptje aen Herodes deur. 
Nu wiegen, enz. 

Herodes den koning kwam zelve veur. 
Nu wiegen, enz. 

7. 

Herodes die sprak met een valschen herl. 
Nu wiegen, enz. 

Hoe koml den jongsten van de dry zoo zwart. 
Nu wiegen, enz. 

8. 

Al zyn ik zwarl, 'k zyn wel bekend. 
Nu wiegen, enz. 

Ik zyn den koning van het Morialand. 
Nu wiegen, enz. 

9. 

Zyt gy den koning van het Morialand. 
Nu wiegen, enz. 

Gy hebter de zonne en de maene verblind. 
Nu wiegen, enz. 

10. 

Heb ik de zonne e» de maene verblind. 
Nu wiegen, enz. 

Het is een leeken dal God ons zend. 
Nu wiegen, enz. 



AUTRE CHANT DES ROIS. 

Trois rois vinrent avec une étoile. — Berçons, berçons maintenant. — D'une 
terre étrangère, de bien loin. — Berçons ; ils étaient si joyeux. — Toute notre 
consolation, tout notre refuge, c'est In douce Marie. 

2. 

Ils vinrent à gravir la haute montagne. — Berçons, etc. — Ils virent l'étoile 
s'arrêter. — Berçons, etc. 

li 



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90 



FEESTDAG - EX CODSDIEff STI IEDERF> i. 



3. 

0 étoile ne t'arrête donc pos. — Berçons, etc. — Nous devons ce soir encore 
aller a Bethléem. — Berçons, etc. 

4. 

0 Bethléem, la belle ville. — Berçons, etc. — Où Marie est assise avec son 
enfant. — Berçons, etc. 

B. 

L'étoile marchait devant, ils la suivent. — Berçons, rte. — Jusqu'à ce qu'ils 
arrivent auprès d'Hérode. — Berçons, etc. 

6. 

Ils frappèrent à la porte d'Hérode. — Berçons, etc. — Le roi Hérodc vint 
lui-même ouvrir. — Berçons, etc. 

7. 

flérode leur parla avec un rœur perfide. — Berçons, etc. — Pourquoi le plus 
jeune d'entre vous est-il noir? — Berçons, etc. 

8. 

Si je suis noir, je suis bien connu. — Berçons, etc. — Je suis le roi du pays 
des Maures. — Berçons, etc. 

9. 

Es tu le roi du pays des Maures. — Berçons, etc. — Tu a terni le soleil et In 
lune. — Berçons, etc. 

10. 

Si j'ai terni le soleil et la lune. — Berçons, etc. — C'est un signe que Dieu 
nous envoie. — Berçons, etc. 



Nous avons recueilli celte chanson, paroles et mélodie, de la bouche d'une femme 
fort âgée de Dunkerquc, qui nous a dit l'avoir chantée elle-même avec son mari et quel- 
ques personnes de son Age, aux époques de Noël, de la nouvelle année et de l'Epiphanie. 
Les chanteurs étaient habillés en bergers et bergères, et porteurs d'un béton surmonté 
d'une étoile. Généralement ils étaient fort bien accueillis, car on aimait à entendre ces 
chants qui rappelaient des souvenirs transmis de génération en génération. La récompense 
dont on gratifiait habituellement les chanteurs étaient des gauflres, des gâteaux ou de la 
menue monnaie. 

Cette chanson, ainsi qu'il est facile de le voir, est une sorte de variante de la précédente. 
Elle en diffère néanmoins d'une manière notable, tant dans le texte que dans la mélodie. 
Telle que nous la donnons, elle est évidemment incomplète, mais il nous a été impossible 
de retrouver ce qui parait y manquer. 

La mélodie gracieuse et facile de celte pièce est très-connue à Dunkcrque. Elle fait partie 
des airs de la petite pastorale dramatique, publiée par M. l'abbé Carnel, dans les Annales 
du Comité flamand de France, sous le nom de : 't Kribbttje, ou ta Nativité dw Christ. 



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CIIAINTS RELATIFS A CtRfAINEà FÊTES ET CÉRÉNOXItS RELIGIEUSES. 9 | 



JESUS T ZOETE KLND. 



Allegretto. 



I 



zfh 



Dry ko - nin - gen, groot van macht, rey - ien - de by dag en nacht, 



m 



- 



door ber- gen en bosch en dal, om te roe -ken, 



hoe-ken, 



te zoe-ken den God van al. 



door ber-gen en boach en dal, om te zoe-ken 

Dry koningen, groot van macht, 
Reyzende by dag en nacht, 
Door bergen, en bosch en dal, 
Om te zoeken, 
In de hoeken ; 

Door bergen, en bosch en dal, 
Om te zoeken den Heer van al. 



2. 



Gaspard, Melchior, Ballhazar, 

Dry koningen al te gaer, 

Ze gingen al met ooi moed, 

Met ofFranden, 

Wierook branden; 

Ze gingen al met ootmoed 

Met oflratid voor 'l kindje zoet. 

3. 

Zoele kindlje, weel ye wel, 

In dees winters koude fel, 

Wie dal er voor de deure slael? 

*t Zyn dry koningen, 

Met belooningen. 

Wie dat er voor de dcuie slael!' 

— Zeg dat zo inaer binnen gaen. 



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FEESTDAG- En CODSDIENSTUEUERfc*. 



4. 

Komt maer binnen, komt maer in, 

't Gaet wel naer 't Jesuken zin. 

't Jesuke die lacht en grimt. 

Ziet dat schaeptje, 

't Eet wel paptje. 

'I Jesuke die lacht en grimt. 

't Jesuke is een zoete kind. 

5. 

't Joseph maekt uw keuksken net; 
Vaegt uw vloerken, maekt uw bed. 
Maekt dat zoele, zoete, zoet. 
Hooy en slrooy. 
Viv' la rooy. 

Maekt dat zoete, zoele, zoet. 
Maekt dat mooy om 'l kindlje zoel. 



JÉSUS LE DOUX ENFANT. 

Trois Rois hauts et puissants voyageaient nuit et jour à travers les monts, 
les bois et les plaines pour chercher le Dieu de l'univers. 

2. 

Gaspard, Melchior, Balthazar, — c'étaient les trois Rois, — allaient avec 
respect brûler de l'encens en forme d'offrande devant le doux enfant Jésus. 

3. 

Doux enfant, savez-vous bien qui, par ce froid rigoureux, se tient à votre 
porte, ce sont trois Rois avec des présents. — Dites qu'ils entrent. 

4. 

Entrez, entrez ici; cela fait plaisir au petit enfant Jésus. Jésus rit d'un doux 
sourire. Donnez quelque chose à ce petit enfant. Jésus rit d'un doux sourire; 
Jésus est un doux enfant. 

!>. 

Joseph, rendez propre la cuisine; balayez le sol; préparez une douce cou- 
chette avec de la paille cl du foin. Parez-la pour le doux enfant. 



Ce nocl es» une des chansons populaires qui faisaient partie du répertoire des chanteur* 
Hc Dunkerque, dont nous avons parlé à l'occasion du chant compris sous le N° XXX. C'est 
la même personne qui nous l'a chantée. L'air nYst pas ancien, mai* il a un caractère assez 



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CHASTS RELATIFS A CERTAINES FÊTES ET CÉRÉMONIES RELIGIEUSES. 9." 

original. Cette pièce est connue et se chante aussi dans d'autres localités de notre Flandre 
et notamment à Baillcul, où nous l'avons entendue sur un air qui ne diffère que bien légè- 
rement de celui que nous venons de rapporter. 



T GODSDEEL OF DEN ROMMELPOT. 



Allegro. 




fr-y 



n 



-N-r 



J s > k 



Geeft wat om den rom-mel-pot, 't in zoo goed om huts-pot van de 









r> N 










K — K — 


-* — « — l 






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4- 


u_j — ,1 — ■ 1 





mm 



Vrouw-tje, geeft het Gods — deel. 

Geeft wat om den rommelpot, 
't Is zoo goet om huispot, 
Van de liere, van de laere, 
Van de liere, liere om la; 
Vrouwtje geeft het Godsdeel. 

2. 

{Gvd help ye!) 

God heeft my zoo lange geholpen, 
Dat myn koetjes zyn gemolken; 
Dat myn schaepljes zyn geschoeren; 
Van de liere, van de laere, 
Van de liere, liere om la; 
Vrouwtje geeft het Godsdeel. 

3. 

{God betcaer ye!) 

God heeft my zoo lange bewaerd, 
Dat ik draeg een gryzen baerd, 
Van de liere, van de laere, 
Van de liere, liere om la; 
Vrouwtje geeft het Godsdeel. 



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94 



FEESTDAC- EN G0DSDIENSTL1EDEHEN. 



LA PART DE DIEU OU LE ROMMELPOT. 

Donnez pour )e Rommelpot, donnez pour remplir la gamelle. — Van de 
lierc, etc. Bonne femme, donnez-nous la part de Dieu. 

2. 

(Dieu vous assiste!) 

— Dieu m'a si longtemps assisté, que j'ai pu traire mes vaches et tondre mes 
brebis. — Van de liere, etc. Bonne femme, etc. 

5. 

(Dieu vous garde!) 

— Dieu m'a si longtemps conservé, que je porte une barbe grise. — Van de 
liere, etc. Bonne femme, etc. 

Celte chanson, très populaire à Baillcul et dans les environs, s'y chante a peu prés à la 
mente époque que les chansons des trois Rois. Son titre : den Rommelpot, vient de ce que 
le chant est accompagne d'une sorte d'instrument de musique peu harmonieux, mais d'un 
usage fort ancien en Flandre. Cet instrument se compose d'un pot de terre ou de faïence, 
surmonte d'une peau de vessie tendue, au milieu de laquelle est introduit un tuyau de paille 
ou de jonc. Pour faire résonner l'instrument, on mouille les doigts et le pouce, et on les 
promène le long du tuyau en le frottant. Ce qui rend un son ronflant. Plusieurs peintres 
flamands ont n-préscnté des scènes où figure le Rommelpot. 

M. Firmcnich, dans son ouvrage : Cermaniens Yolkerstimmen, t. III, p. 38, rapporte 
une chanson intitulée : Rutnmellopf-licd, chantée dans le Schlcswig par les enfants au 
temps de Noël. A la page l»9 du même volume, se trouve reproduite une autre chanson 
portant le même titre, en usage dans l'Eutin. Ces deux pièces sont dans le genre de la 
nôtre et se chantent dans les mêmes circonstances. Le Rummcllopf allemand est absolu- 
ment le Rommelpot flamand. 

Le recueil de chants populaires allemands, publié par M. le conseiller d'état Kretzschmcr, 
sous le titre de : Deutsche Volkslieder, contient t. Il, p. îiûl , une chanson de Rummellopf, 
chantée sur les bords du Rhin. 



NIEUWJAERWESSCH. 



Allegro 













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vrouw, dag m 


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te gaer. 


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watertje of twee, ik en gaen ze niet ver-koo - pen. 't Is een goed vrouwtje 



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CtlJk.NTS n» l UTirs A CERTAIN! S FÊTES tl CÉn^MOXIES REMtilEt'SES. 



'JU 



die my dat geeft. 't Ia te wenshcen dat te nog 't naes-te iaer leeft. Goed 



jaer leeft. Goed 



vrouw-tje, goed vrouvr-tjc, heb ge niet een wa-fertje of twee, ik 



v ate-kenieal in myn mouw - tje. 



ate-kenieal in myn mouw - tje 

Dag vrouw, dag man, dag al te gaer, 
Ik kom u wenschen een nieuw jaer. 
Deur dik, deur din, ik kom loopen. 
Heb ge niet een wafertje of twee, 
Ik en gaen ze niet verkoopen. 

2. 

't Is een goed vrouwtje die me dat geeft; 
'l Is te wenschen dal ze nog 't naeslc jaer leefi. 
Goed vrouwtje, goed vrouwtje, 
Heb ge niet een wafertje of twee, 
Ik steken ze al in myn mouwtje. 



SOUHAIT DE NOUVEL AN. 

Femme, bon jour; brave homme, bon jour; bon jour à tout le monde. Je 
viens vous souhaiter une nouvelle année. A trsivers l'eau et la bouc, j'accours. 
N'avcz-vous pos une gauffre ou deux ; je n'irai pas les vendre. 

2. 

C'est une bonne femme, qui nous donne cela; puisse-t-elle vivre encore 
l'année prochaine! Bonne femme, bonne femme, n'avez-vous pas une gauffre ou 
deux; je les mets toutes dans mon manchon. 



Voici encore une chanson qui faisait partie du répertoire des chanteurs de Dunlcrquc, 
dont nous avons parle au N° XXX. Cette pièce était chantée principalement à la nouvelle 
année. On remarquera qu'elle a quelque rapport avec la chanson du Rommelpot et avec la 
suivante sur Saint-Martin. 



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96 



Ftr.STDAC- EN G0DSDJENSTI.I KOEREN. 



SINTE MARTENS-LIED. 

Allegro non troppo. 




Sin -te Mar-tens vo-gel-tje 



is met zyn rood ka 



\ \ \ K 



Ë 



peu-gel-tje ge — ato-ven, ge — vlo -gen regt o - ver denRyn, 



dat - ter vet - te ver-kena zyn. Goed vrouw, geeft ons wat, 



/ — \r 



al - Ie hen-ners lig-gen wat. 



Hier woont een ryken man, die ons wel wat ge -ven kau. 



P 



Veel zal hy ge -ven; lang zal hy le-veu; za-bg zal hy 



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V ate 



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ater-vcn ; het he - inel-ryk be - er - ven. 







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no - ten-zak ; zy tast wel niet 



nc-vens ; zy moet oiib wat gaen 



3: 



lllififlïllilllll 



ge - ven. 



Geeft wat, houd wat, 't naes-te jaer we-der wat. 



53 



-, w * ■ — * 

Bo-vcn in de vor-stcn daer hangen lan-ge wor-sten. 



g=5 



3 



Geeft ons 



lan-ge; laet de kor -te han-gen. En laet ona niet 



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CBAXTS RELATIFS A CEHTAIKES FÊTES ET CÉRÉNOMES RELIGIEUSES. 97 



lan-gCBtnen; wy moen nog een huys voor-der gacn. Geeft wat. 



houd wat, 'tnaes-te jaer we- der wat. 



Sinlc Maerlens vogeltje, 

Is met zyn rood kapeugellje 

Gestoven, gevlogen 

Regt over den Ryn, 

Waer datter veile verkens zyn. 

Goed vrouw, geeft ons wat, 

Alle henners leggen wat. 

2. 

Hier weunt een ryken man, 
Die ons wel wal geven kan; 
Veel zal hy geven; 
Lang zal hy leven; 
Zalig zal hy sterven, 
Het hemelryk beërven. 

3. 

De maerte loopt den trap naer op ; 
Zy tast wel in den nolenzak. 
Zy tast wel niel daer nevens; 
Zy zal ons wat gaen geven. 
Geeft wat, houd wat, 
't Naeste jaer weder wat. 

Boven in de vorsten 

Daer hangen lange worsten. 

Geeft ons de lange, 

Laet de korte hangen. 

Laet ons niet lange slaen; 

Wy moen nog een huys voorder gaen. 

Geeft wat, houd wat, 

't Naeste jaer weder wat. 

13 



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98 



FEESTDAG- EN GODSDIEftSTLIEDERK.N. 



CHANSON DE SAINT MARTIN. 

Le petit oiseau de Saint Martin au rouge corsage s'est envolé précipitamment 
au-delà du Rhin, où sont des porcs gras. Ronnc femme, donne-nous quelque 
chose; toutes les poules pondent. 

Ici demeure un homme riche, qui peut bien nous donner quelque chose. II 
donnera beaucoup; il vivra longtemps; il mourra saintement; il obtiendra le 

ciel. 

3. 

La servante monte l'escalier. Elle met la main dans le sac aux noix ; elle ne la 
met pas à côté; elle nous en donnera un peu. Donne un peu; garde un peu; 
qu'il y ait quelque chose pour l'an prochain. 

4. 

Là haut, dans les combles, pendent de longs saucissons. Donne-nous les plus 
longs, laisse les plus courts. Ne nous fais pas attendre longtemps, nous devons 
aller une maison plus loin. Donne un peu; garde un peu; qu'il y ait quelque 
chose pour l'an prochain. 



Sinter Mârten vogelschen 

Is mit so'n roath Kapögelschcn 

Gestoven, geflogen wal over de Rhin, 

Wo dict fette ferken zyn. 

Gud frau, gàft us wat, 

Alle hunner leggen wat. 

2. 

Hie wohnt à rieke Mann, 
Deh us wal wuat geven kann. 
Viel sall hie geve; 
Lang sall hie leve; 
Siilig sall hie sterve, 
Dat Himmelreik ererve. 

3. 

Die mat die löp die trappe n'robb 
Sie tahst wal in dch nötesack, 
Sie tahst wal niet daneve 
Sie must us wuat geve. 
G8ft wuat, hold wuat, 
Over tjahr wier wuat. 



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CHANTS RELATIFS A CERTAINES FÊTES ET CÉRÉMONIES RELIGIEUSES. 



00 



4. 

Boven in de faschen 

Hangen die lange wàschcn. 

Gaft us die langen 

Lat die korten hangen. 

Let us niet so langhe stóbn ; 

Wie müten noch a hüschcm wieder göhn. 

Gâft wuat, hold wuat, 

Over tjahr wier wuat. 



En voyant avec quel empressement on fétc la S'-Martin dans l'arrondissement de Oun- 
kerque, nous avons toujours pensé qu'il a dû y avoir un chant populaire relatif à cette fête. 
Noos n'avons pu croire que l'on se soit toujours borné à ce qui se pratique aujourd'hui, 
c'est-à-dire à une promenade où les enfants, munis chacun d'une lanterne en papier de 
couleur au bout d'un bâton, font retentir l'air du son monotone et peu harmonieux 
d'une corne de bœuf. Nos recherches, après avoir été longtemps infructueuses, ont fini par 
avoir un résultat. M. Jacobs, ancien professeur de langue allemande au collége de Dun- 
kerque, nous a fait connaître une chanson de S'-Martin, qui est en usage sur les bords du 
Rhin ; c'est la chanson que nous venons de rapporter. La comparaison du texte flamand 
avec le texte allemand fait voir que cette pièce est d'origine flamande. Cela nous permet de 
supposer avec fondement qu'autrefois cette même pièce était chantée ici. Ce qui est 
même de nature à dissiper tout doute à ce sujet, c'est qu'on trouve encore à Dun- 
kerque et dans tout l'arrondissement une chanson de S'-Martin, dont les deux premières 
lignes sont la reproduction exacte des deux premières lignes de la chanson que nous venons 
de rapporter. La voici : 

« Sinto-Maertens vogeltje 

» Al met syn rood keuvcltjc 

» Is gcboor'cn in wit satyn! 

» De plumkens die van voorcn zvn 

• Zullen iyn voor Benjamyn. » 

Souvent on ajoute à ce souvenir les paroles suivantes 

> Sintc-Nicolaes van Tolcntyn, 
« Brinkt een koekje van lekkerdynk; 

• Lekkerdynk met safracn 

• Zal al in myn koffertje gacn. 

• Myn koffertje is te verkoopen 
» Tien pond en half. 

» Een koeye en is geen kalf, 

• Een kalf en is geen zwyn, 

« *t Gae morgen Sintc-Macrtcn ryn. » 

La fetc de Saint-Martin est tres populaire en Allemagne. On en trouve la preuve dans 
les nombreux chants sur celte cérémonie, qui y sont en usage. M. Firmcnich , dans son 
ouvrage : Gertnaniens Volkerstimmrn, t. I. pages 139, 140 et 281, en rapporte deux qui se 
chantent en Altmark et un dans l'ancien comté de Itavensberg, aujourd'hui le Biclcfeld. 
De ces trois chansons, nous reproduisons la dernière, parce que le dialecte de cette pièce a 
le plus grand rapport avec le flamand. On en jugera, la voici : 

MARTINS-LIED 

Sûnnc Marton, hilges Mann, 
Dci us wat vertellen kann 
Van Appcln und van Biërn ; 
Dci niolc falll van den miorn. 



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100 



FEESTDAG- EN GODSDIENSTLIEDEREN. 



Sict sou gout un giëwct us wal! 
Lat't us nich to langde slan! 
Wi miöt't na hüskcn föddcr gocn. 
Van hier bât na Kâôlen, 
Da miöt't wi auk trajölcn. 
Un Kiiölcn cs na fâren. 
Kiiölcn cs'n schone Stadt, 
Schone Junkfcr, giëwct us wat! 
Giëwct us'n biëtkcn kouken! 
Dann kiön wi na heller roupen. 
(iicwet us bictken somroerkrut ! 
Toukcn jar ca Licscbâtt de brut. 

M. Firmcnich, en rapportant cette chanson, dit qu'elle est chantée la veille de S^Martin 
par les enfants qui vont de maison en maison demandant des pommes, des noix cl d'autres 
choses semblables. Cet usage, comme on le voit, est identique avec ce qui passe dans notre 
Flandre à la féte de Saint-Martin. 



DANS DER MAEGDEKENS. 



Allegro. 



v In den hc-mel is ee-nen dans, ni — le- lu -i - a; 



ty~ dacr dan-aen ail' de maeg-dc - kens, bc - ue - di - 



ca-mua Do -mi- 



prit f g i r : ^^^ ^m 

no, al- le- lu- i — n, al-lc-lu-i— a. 't Is voor A- me - h - 





|. -N-fr . 








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Wy dan -een 


nacr de macg-de - 



kens, be - ne - di - ca-mus Do - mi - no, al - le - 1 " *» al - le - lu - 1 - 



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In den hemel is eenen dans. 
Alléluia. 

Daer dansen ail' de raaegdekens. 
Reuetlicamus Domino. 
Alléluia, alléluia. 



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CUAUTS RELATIFS A CERTAINES FÊTES ET CÉRÉMONIES RELIGIEUSES. 101 

2. 

't Is voor Amelia. 
Alléluia. 

Wy dansen naer de maegdekens. 
Bencdicaraus Domino. 
Alléluia, alléluia. 



DANSE DES JEUNES VIERGES. 

Dans le ciel il y a une danse. — Alléluia. — Là dansent loulcs les jeunes 
vierges. — Bencdicaraus Domino. — Alléluia, alléluia. 

2. 

C'est pour Amélie. — Alléluia. — Nous dansons comme ces jeunes vierges. 
— Bencdicaraus Domino. — Alléluia, alléluia. 



Ce curieux chant populaire était encore en usage à Baillcul, il y a peu d'années. II nous 
sourient de l'avoir entendu vers 1840; depuis, il parait qu'on n'a plus permis de le 
faire entendre. Voici dans quelles circonstances il se chantait : lorsqu'une jeune fille venait 
à mourir, son corps était porté à l'église, puis au cimetière, par ses anciennes compa- 
gnes. La cérémonie religieuse terminée et le cercueil descendu en terre, toutes les 
jeunes filles, tenant d'une main le drap mortuaire, retournaient à l'église en chantant 
la danse des jeunes vierges avec une verre, un élan et un accent rhythmique dunt on 
peut se faire difficilement une idée quand on ne l'a pas entendu. Le poêle, qu'on rapportait 
à l'église, était de soie couleur bleu de ciel ; au milieu était une grande croix en soie 
blanche, croix sur laquelle étaient posées trois couronnes d'argent. Semblable poêle sert 
encore à l'enterrement des jeunes filles; mais le chant a cessé. 

Celte cérémonie, dont nous avons cherché l'origine dans le pays, est de toute ancienneté; 
elle remonte a un temps immémorial. Faut-il y voir un souvenir druidique ou Scandi- 
nave, ou bien est-ce la un vestige d'anciens usages germaniques? Il nous parait diffi- 
cile de donner à cet égard une solution positive. Mais ce qu'il y a de certain, c'est que la 
coutume, déjà fort répandue du temps de Cbarlcmagnc, de pratiquer des jeux et des 
danses dans les cimetières, coutume contre laquelle s'éleva plus d'une fois l'autorité civile 
et ecclésiastique, se perpétua pendant tout le moycnàge. L'usage flamand que nous 
venons de signaler n'a peut-être été de la part du clergé qu'une manière de détourner 
les fidèles de ces jeux réprouvés, en y donnant uu caractère religieux. Quoi qu'il en 
soit, toujours est-il que ce chant doit être regardé comme une des choses les plus origi- 
nales des mœurs religieuses de notre Flandre. C'est une des cérémonies qui nous ont 
toujours frappé le plus dans notre jeune âge. 

Dès 1842, nous avons transmis ce chant, avec quelques autres de ce recueil, à M. le 
ministre de l'instruction publique. Il a été mentionné dans le Bulletin archéologique du 
comité historique des arts et monuments, tome 111, page 2U; mais il n'y a pas été 
publié. Vers le même temps, nous l'avons adressé à Willcms, de Gand, avec plusieurs 
autres que le savant archéologue a inséré dans ses Oude vlaemsche Liederen. Il parait 
qu'il s'est égaré dans les papiers de Willcms, qui est mort avant que l'impression de son 
volume fut terminé, car M. le docteur Sncllaert, le savant continuateur de cet ouvrage, ne 
l'a pas trouvé. 

L'air de celle chanson n'esl pas ancien et il n'a aucun caractère religieux. Il n'est 
remarquable que par son rhythme franc et décidé cl par une certaine énergie d'intonation. 



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3. 



ZEDELIRE EN STMTELYRE LIEDEREN. 



CHANSONS MORALES ET MYSTIQUES. 



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EXPLICATION DES SWBTS DE LA PLANCHE CI-CONTRE. 



Le mois de mai- 



Petit Jésus assis Petit Jésus et petit 

sur l'agneau conduit par 9-Jcan faisant leur repas 

petit S*-Jean. du soir. 



Petit Jésus et petit S*- Jean 
jouant sur l'herbe 
près de Marie et de S*- Joseph. 



Les abeilles. Le mont Carmel. 



Jésus se rendant 
au mont des oliviers. 



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CH LISONS MORALES ET MYSTIQUES. 



GEESTELYK MEYLIED. 



Andantino. 















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V blv-den door hun ipn 



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bly-den door hun jeug-dig groen. Den mey van deug-den en Tan hey-lig- 




der vreug-den tot ons za - lig — heyd. 



De zoete lyden 
Van het meysaizocn 
Gaen ons verblyden 
Door hun jeugdig groen. 
Den mey van deugden 
En van heyligheyd 
Brengt meerder vreugden 
Tot ons zaligheyd. 



Wal is er schoonder 
Als dat men syn jeugd 
Aen God den loonder 
Van de waere deugd. 
Gansch gael besleden 
Voor dat ons gemoed 
Van d'ydelheden 
't Zoet vergif ontmoet. 

3. 

De zonnestraelen 

Die met bly gclael 

Op 't aerdryk daelen 

In den dagcraet. 

Zyn aengenamer 

Acn hel jeugdig kruyl, 

En veel bekwamer 

Op dal 't gracn uylspruyt. 



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IOC 



ZEDELYkE EN STICHTELVKf. LIEOEREN. 



4. 

Den sil veren regen 
Van den koelen mey 
Brengt meerder zegen 
A en een dorre wey. 
De boete traenen 
Van de jeugdigheyd, 
Voor 's hemels graenen 
Zyn vol vruglbaerheyd. 

5. 

God beeft geschaepen 
My en allen mensch, 
IS iet om te raepen 
Onzen lust en wensen. 
Maer om te minnen 
Zyne Majesteyt 
Met hert en zinnen 
In der eeuwigheyd. 

6. 

'k Zal dan beginnen 
In myn jongen lyd, 
God te beminnen 
Eer myn kragt verslyl. 
'k Wil nooyt myn herte 
Veslen op dat goed 
Die ik met snierle 
Doch verladen moet. 



CHANSON DE MAI. 

Le doux mois de mai va nous réjouir par sa tendre verdure. Le mai des 
vertus et de la sainteté nous apporte plus de bonheur et de sanotiGcalion. 

2. 

Quoi de plus beau que de consacrer entièrement sa jeunesse au Dieu qui 
récompense la vertu, avant que l'Ame ne goûte le poison séducteur des vanités 
du monde. 

3. 

Les rayons du soleil, qui, avec l'aurore, viennent réjouir la terre, sont 
maintenant plus agréables aux jeunes plantes et font mieux germer la graine. 



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CIIAMOMS MOHALES ET mystiques. 



107 



4. 

Au frais mois de mai, lo pluie argentée donne plus de fécondité aux grasses 
prairies; ainsi les larmes de la jeunesse répenlanle préparent des fruits pour 
le ciel. 

5. 

Dieu a créé l'homme, non pour satisfaire ici ses désirs et ses passions ; mais 
pour l'aimer, lui le souverain bien, et lui consacrer son cœur cl ses affections 
pour l'éternité. 

6. 

Je commencerai donc à aimer Dieu dès mon jeune âge et avant que mes 
forces faiblissent. Je ne veux pas attacher mon cœur a ces biens qu'un jour je 
dois abandonner avec regret. 



La chanson qui précède est une de celle qui sont populaires dans les écoles dominicales, 
(l'est à l'école de Bailleul que nous l'avons entendue; une des élèves de cette institution 
nous en a dicté l'air simple et plein de charme que nous venons de rapporter. 



DE BLOEMT JES. 



A ndnntc. 



r r r ■ i ■ « — ■ r— -w- 

O zoe-te bloemt-jea van de ho — — ven, u zien-dc 



moet ik roe — pen uyt : hoe achoon moet zyn den Heer van 



5. 



bo - ven , uyt wien dat al die schoonheyd apruyt ; hoe schoon moet 



i— « — »— F-t-- — s— p- u. * 



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zyn den Heer van bo - ven, uyt wien dat al die schoonheyd sprayt. 

NIKUWKR MTYZE. 

Andantino. 



O zoc - tc bloemt-ies van 



bloemt-jes van dc ho — ven, u zien - de 



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108 



MDU.YU EN STICHTELYKE L1EDEBF.K. 



ff-J'f Jl u , i J i J.i r i" r 

tJ moet ik roe — pen uyt : hoe schoou moet ryn den 




uyt wien dat 



schoon - heyd sprayt- 



ô Soctc bloem tjes van de hoven, 

U ziende moei ik roepen uyt. 

Hoe schoon moet zyn den Heer van boven, 

Uyt wien dat al de schoonheyd spruyt! 

% 

De somerbloem, in 's winters dagen, 
En vreest geen koude, sneeuw noch wint; 
Soo moet een vrome ziel haer dragen 
Als zy haer in bekoring vind. 

5. 

De Paeschebloem, mild in het ft roei jen. 
Zyn decrste giften van de lent; 
Een kind moet ook in deugden bloeijcu 
Zoo haest het zynen Schepper kent. 



De lelie pronckt met meer cieraden 
Als Salomon op zynen troon. 
Een ziel verciert met Gods genaden 
Is nog wel duysend mael zoo schoon. 

5. 

De roose, al is zy schoon in weirde, 
Met regt haer doornens zyn gevreest. 
't Geluk en al de vreugd van deirde 
Baren veel kwelling aen den geest. 



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CHAÎTSOMS MORALES ET MYSTIQUES. 

6. 

Den Africaen, schoon hoog gercsen. 
In hem word grooten stank gespeurt; 
D'hooveirdigheyd wilt vele wesen, 
Maer stinkt voor God die d'herten keurt. 

7. 

Aurikulaen en gaspilieren 
Zyn schoon en rieken wonder zoel; 
Die hun met ware deugd vercieren 
Stigten hun naesten in het goed. 

8. 

ô Violette, als ik beseffen, 
Uw schoon h eyd leggen plat op daerd'; 
Ik leer d'oodmoedigheyd betreffen, 
Die 't waer geluk en vrede baert. 

9. 

De sonnebloem omglanst 't onfangen. 
Keert haer gestadig naer de son; 
Dus is tot u, myn ziel verlangen, 
ô Eeuwig ligt, Ô vreugdebron! 

10. 

Veel werk beluygt van Christus lyden, 
Toont ons de passiebloem heel bloot; 
Op dat wy zouden tallen tydcn 
Denken op syn bittere dood. 

11. 

Men ziet den aloca maer bloeijen 
Schier eenen keer in honderd jaer; 
Die van jonks af in boosheyd groeijen, 
Ach! hun bekeeringe is zoo raer. 

12. 

De blauwe bloemtjes, schoon van verven, 
Die schier maer dueren eenen stond : 
Die leeren dat ik haest kan sterven 
Schoon ik nog fiïsch ben en gesond. 



ito 



ZEDEI.YKE ES STICBTELYKE LIEDEBEN. 



15. 

Uwe schoon heyd, ó zoete bloemen, 
Behaegl een ieder mensch die leeft; 
Maer veel meer is nog te roemen 
De schoone lesse die gy geeft. 



LES FLEURS. 

O douces fleurs de nos jardins, en vous voyant je m'écrie : Combien doit être 
beau le Seigneur d'en baut de qui procèdent tant de belles choses! 

2. 

Les petites marguerites, dans la saison d'bivcr, ne craignent ni le froid, ni la 
neige, ni les vents. Ainsi doit être une âme forte, au milieu des tentations. 

3. 

La pâquerette prodigue ses fleurs à l'apparition du printemps. Ainsi un 
enfant doit montrer des vertus sitôt qu'il connaît son créateur. 

4. 

Le lis nous montre avec Gerté plus d'éclat que jamais Salomon sur son 
trône. Quand la grâce de Dieu orne une âme, elle est mille fois plus belle encore. 

8. 

La rose, quoique belle et de grand prix, fait craindre l'approche de ses épines. 
Le bonheur et toutes les jouissances de ce monde renferment bien de l'amertume 
pour l'Ame. 

6. 

L'œillet d'Inde à la tige élancée renferme une mauvaise odeur. L'orgueil 
s'élève bien haut, mais répugne à Dieu qui connaît les cœurs. 

7. 

Les auricules cl les œillets ont de la beauté et une suave odeur. Celui qui est 
orné de vertus en communique le parfum à son proebain. 

R. 

O violette, quand je contemple ta beauté cachée sous le gazon, j'apprends à 
aimer l'humilité qui donne la paix et le véritable bonheur. 

y. 

Le tournesol se tourne constamment vers le soleil qui le dore; ainsi mon âme 
se tourne vers toi, o lumière éternelle, source du bien. 



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lIBAJISONS MORALES ET MYSTIQUES. ||1 
10. 

La grcnadillc aux pétales nues nous montre le mérite des souffrances du 
Christ , pour qu'en tout temps nous méditions sur sa mort douloureuse. 

11. 

L'aloès ne montre sa fleur qu'une fois tous les cent ans. Ceux qui dès leur 
jeunesse suivent le chemin du vice se convertissent rarement. 

12. 

Les clochettes bleues, qui ne durent qu'un instant, m'apprennent que je puis 
bientôt mourir, quoique encore dans la force et la vigueur de l'âge. 

13. 

Vos beautés, ô douces fleurs, plaisent a tant de monde; mais elles sont 
encore préférables les belles leçons que vous nous donnez. 



Cette chanson, l'une des plus populaires non seulement dans noire Flandre, mais encore 
dans toute la Belgique, se chante ici sur deux airs différents que nous venons de rapporter. 
Le premier est ancien, l'autre moderne. 

Willcms a donné cette chanson dans ses Oude VlaemKhe Liederen, page mais 
sans air. Il y est dit qu'elle se chante aux environs de Gand. 



GEEST VERLIGTEiNDE LIEDEKEN. 



Poco allegro. 



Jt±± 



Waer is er ker-ke son -der sanck of ker-mia aon-der keel-ge 



m 



— V 



klanck; waer is er menach die vreugdig leeft en som-tyds 



:5: 



niet een lied en 



lii-cft .' 



Waer is er kerke sonder sanck, 
Of kermis sonder keelgeklanck; 
Waer is er mensch die vreugd ig leeft 
En somlyds niel een lied en heeft? 



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H2 



ZEDELYKE EN STICHTELYKt LIEDEREN. 



2. 

Waaneer de vreugd de menschen dwinckt, 
Men hoort strackx dat de keele klinckt. 
Den sanck is teeken van de vreugd, 
En is ook moeder van veel deugd. 

3. 

Singt nu dan eens een geestig lied, 
En sorgt van daeg voor morgen niet. 
Die kleyne sorge maeken groot 
Die leven hier erger als dood. 

4. 

Een treurig mensch is vol verdriet; 
Een treurig mensch en deug dog niet. 
Wat is het dat den treurder doet 
Als te verleiren vleesch en bloet. 

5. 

Looft God en doet u werk verblyd, 
En met een lied gebenedyd; 
Den heer die 't al beschikken moet 
En al naer zynen wille doel. 

6. 

Wel mensch, hebt gy wel gesien 
Dat naer u schikken zal geschien, 
Dus looft den heer met sanck en spel, 
Zyt vreugdig en doet altyd wel. 



CANTIQUE JOYEUX. 

Est-il église où Ton ne chante, est-il kermesse où l'on ne fasse resonner le 
gosier ; est-il un homme qui aime la joie et n'ait sa chanson? 

2. 

Quand le plaisir réunit les hommes, aussitôt retentissent de chants joyeux. 
La chanson marque l'allégresse, elle est la mère du bonheur. 

3. 

Chantez donc une joyeuse chanson, aujourd'hui ne songez pas ù demain. Ceux 
qui augmentent leurs soucis sont plus malheureux que les morts. 



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illASSONS MORALES ET MYSTIQUES. 



H3 



4. 

Un homme soucieux est iosupportablc, un tel iiommc n'est bon à rien ; que 
produit la tristesse? Elle appauvrit la santé. 

5. 

Louez Dieu, et faites joyeusement votre besogne, en l'assaisonnant d'une 
chanson. C'est Dieu en effet qui pourvoit à tout, et qui règle tout h sa volonté. 

6. 

Et si vous voyez que tout réussit selon vos vœux, louez le Seigneur par vos 
chansons, soyez gais et faites toujours le bien. 



Cette chanson a la même origine et le même caractère que la précédente. L'air n'offre 
rien de bien remarquable; on y reconnaît cependant un cachet de simplicité qui explique 
la popularité dont a joui celte pièce 



LOF VAN DE BIEN. 



i 



* 



Allegro. 



ô Heer, wilt myn stem ver - lich - ten , en my ge-ven goed ver - 





r g i j ~n r ■'^ 








een lied mag dich-ten rai 


t dci 


i zoe - ten 



=3 



3^3 



wm 



mey plai — saut. 



al - les ziet ver — mae - keu , 



2 



jonck en oud , al wat er leefd , 



ÉËÉ 

•V zae 



ji J 



fv N j\ — \ J 



en veel aen-ge 

i 




4 

p- 



- ken die den zoe -ten mey ons geeft. 

ô Heer, wilt myn stem verlichten 
En my geven goed versland, 
Op dat ik een lied mag dichten 
Met den zoeten mey plaisant. 



13 



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114 



ZKDELYKE EN STICIITELYKE LIEDEIIE.N. 



Daer men alles ziel vermaken. 
Jonk en oud, al wal er leeft: 
En veel aengename zaken 
Die den zoeten mey ons geeft. 

2. 

De blaedercn ziel men spruylen 

En de bloemtjens worden groen. 

De vogeltjes hoort men fluyten 

In het edel meysaizoen. 

De lammetjes ziel men springen 

By den herder mei plaisier. 

En den puyl die hoord men zingen 

In de schoone klaer rivier. 

3. 

Als de zonne geefl haer stralen 
Die ons hcrl veiblyden doet, 
Dan koml 't biedljen nederdalen 
Op de bloemen met er spoed. 
En hel komt daer uyl te trekken 
Voor ons was en honing djend; 
Het en zal de bloem niel plekken : 
Zy blyfl altyd ongeschend. 

4. 

Als hel biedljen heeft gezogen 

Voor ons was en honing zoet, 

Dan is 't biedljen weggevlogen 

Die de bloem geen kwaed en doet. 

Loft de bien na Gods vermogen, 

Door haer komt Gods werk te geschien ; 

Want niemand en kan beloogen, 

De minste schaede van de bién. 



ÉLOGE DES ABEILLES. 

Seigneur, éclairer mon esprit, animez ma voix, pour que je rime une chanson 
à l'entrée de ce doux mois de mai. C'est ce beau mois qui vient égayer tout ce 
qui existe, jeunes et vieux ; c'est lui qui nous donne mille jouissances. 



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CHANSONS MOIIALKS ET «YSTIOUfcS. 



115 



2. 

On y voit les fleurs renaître, les feuilles reverdir; les oiseaux font entendre 
leur ramage. L'agneau bondit avec joie auprès du berger; et, dans l'onde des 
clairs ruisseaux, l'on entend les grenouilles chanter. 

3. 

Quand le soleil lance ses rayons qui nous réjouissent le cœur, alors l'abeille 
s'élance sur les fleurs; elle y recueille pour nous un miel salutaire; elle ne 
souille pas la fleur, mais la laisse intacte. 

4. 

Quand l'abeille a sucé la cire et le miel, sans nuire à la fleur, elle s'envole. 
Louez Dieu dans les abeilles, qui montrent ainsi la beauté de son œuvre; car 
personne ne saurait dire, en quoi les abeilles sont nuisibles. 

Celle chanson de mai est particulièrement répandue dan* l'arrondissement de Dunkcrque. 
C'est là que nous l'avons recueillie avec l'air que nous venons de rapporter. Cet air a un 
certain cachet d'originalité qu'il puise dans la disposition de quelques-unes de ses phrases 
mélodiques. Sa tonalité pourtant indique qu'il ne remonte guère au-delà de la fin du dernier 
siècle. 



JESLiKEN EN JA^NEKEN. 



Allegretto. 



V Lt*t,stma*'I 



— — - - ' r f w • — W W ■ — ■ — r r p— 

Letsttnael, op cc-nen zo - tnerachen dag , maer boord wat ik be - 




rag, van Je -bu -ken en Jan -ne -ken, 



die 



act een lam - me - ken 




al in dat groc-ne ge- 



kla-verd land met een pap - schotel-ken in hun hand. 



Letstmacl, op eenen zomerschen dag, 
Maer hoortl wat ik bevallig zag. 
Van Jesuken cn Jannckco, 
Die speelden met een lammeken 
Al in dal groene geklavcrd land. 
Mei een papschotelken in hun hand. 



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ZEDELYkE E* STICHTELVKE IIËUEIU.N. 

2. 

Die witte voetjens die waren bloot; 

Hun lippekens als coracl zoo root; 

Die zoete vette paterkens 

Die zaten by de waterkens; 

Het zonnekcn scheen daer al zoo heet; 

Zy deen malkaer in 't melksken beschecd. 

5. 

D'ccn troetelde het lammeken zyn hoor 

En d ander kittelde het onder den poot. 

Het lammeken ging springen 

En Janneken ging zingen, 

En huppelde en trappelde door de wey 

En dees krolle-bolleken dansten all' bey. 

\. 

En als het dansen nu was gedaen, 

Zoo moest het lammeken eten gaen ; 

En Jesus gaf wat broeyken, 

En Jan'ken gaf wat hooyken. 

Ter wereld was'cr nooyt meerder vreugd 

Als des twee cozynljes waren verheugt. 

5. 

Janneken zyn klein neef ken nam, 
En zette hem boven op het lam : 
Schoon mann'ken gy moet reijen; 
Ik zal u nacr huys leijen : 
Want moederken die zal zyn in pyn, 
Wacr dat wy zoo lang gebleven zyn. 

6. 

Zy zalen, en reden al overhand, 

En rolden en tuy melden in 't zand, 

En dees twee kleync jongskens. 

Die deden zulkcn sprongskens, 

En al dc kinderkens zagen 't aen. 

Tol datzc len lesten zyn l'huys gegaen. 



CHANSONS MORALES ET MYSTIQUES. 



117 



7. 

De moeder maekle op staendc voet 

Van snvker en melk cru papp'ken zoet. 

Daer zaten die pap-baerkeos ; 

Dacr aten die slabbacrkens, 

En waren zoo vrolyk en zoo bly, 

Met hun moederken aen hunne zy. 

8. 

Naer tafel dankten zy onzen Heer, 

En vielen beyd' op hunne kniekens neer, 

Maria gaf een kruysken, 

Daer toe een suyker-huysken, 

En zong hun stillekens in den slaep 

En nae het stalleken ging hel schaep. 



PETIT JÉSUS ET PETIT JEAN. 

Dernièrement, par une journée d'été, écoutez les gentilles choses que je vis : 
C'étaient petit Jésus et petit Jean qui jouaient avec un petit agneau, sur un vert 
gaion de trèfles, ayant une écucllc à la main. 

2. 

Leurs blancs petits pieds étaient nus; leurs petites lèvres étaient rouges 
comme le corail. Ces petits amis, doux et polelcts, étaient assis auprès d'un 
ruisseau. Le soleil brillait si chaudement; ils se barbouillaient l'un l'autre avec 
le laitage de leur écucllc. 

3. . 

L'un tirait l'agneau par son oreille, l'autre le chatouillait à la patte. Puis 
l'agneau sautillait, puis petit Jean chantait, et gambadait et se roulait dans la 
prairie; et l'on voyait leur chevelure bouclée s'agiter avec eux. 

k. 

Et quand la danse fut finie, le petit agneau dut aller manger; petit Jésus lui 
donna du pain; petit Jean lui donna du foin. Jamais on ne vit joie pareille à 
celle de ces deux petits cousins. 

9. 

Petit Jean prit son cousin et le mit sur le dos de l'agneau. Petit homme, tu 
dois te laisser porter; je veux te conduire à la maison, car petite mère sera 
inquiète de notre si longue absence. 



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un 



ZEDELYkE EN STICHTELVkE LIKDEREX. 



0. 

Ils se faisaient porter à tour de rôle; ils roulaient et cabriolaient dans le 
sable. Et ces deux petits enfants allaient ainsi en sautant, a la vue des autres 
petits garçons, jusqu'à ce qu'ils vinrent à la maison. 

7. 

La mère leur fit ù l'instant une bonne bouillie de sucre et de lait. Là s'assi- 
rent, là mangèrent ces deux petits enfants aux joues grassouillettes. Ils étaient 
si joyeux, si contents, ayant leur petite mère à leur côté. 

8. 

Après le repas, ils remercièrent le Seigneur et tous deux tombèrent à genoux. 
Marie leur donna sa bénédiction et puis encore un morceau de sucre. Elle 
chanta tant qu'ils s'endormirent tout doucement et le petit agneau fut conduit à 
l'établc. 



Cette pièce, pleine de naïveté, est une des plus populaires que nous ayons rencontrées. 
Nous l'avons cutenduc chanter depuis la Lys jusqu'à Dunkcrquc, dans les villages comme 
dans les villes. L'air que nous reproduisons a été recueilli par nous à Baillcul, où l'on nous 
a dit que ce chant a eu une grande vogue dans les écoles et dansles ouvroirs de dentellières. 
Ce chant parait ancien ; on trouve dans le Nicttw Licdlboeck ghenacmt den Macghde-kran$, 
imprimé chez P. Labus, à Dunkcrque, au commencement du XVIII e ' siècle une chanson sur 
l'air de -. Jetmcn 'IJtmnrkrn. Ce qui démontre que cette chanson avait un air original, qui 
avait été composé exprès pour elle. Elle est insérée dans le recueil de Willcms, p. 321, avec 
un air différent, mais évidemment plus moderne que le notre. 



CARMELÏS-BERG. 



Andantino. 





...TT~ 




1 


» — 

















p- 



gaen, en wilt in den lusthof gaen.cn Car — me- lis-berg op - 
J- 



*J tre-den: dacr staen liloemkens zoe 




tre - den; daerstaen hlocinkens zoet vau ze-den in Car - me -lis zoe-te 



dal ; daer is 



1— fg-q 



1 



het te vin-den 



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CHASSONS MORALES ET MYSTIQUES. 

Koml hier, menschen, wys beraen, 

En wilt in den lusthof gaen 

En Carmelis berg optreden ; 

Daer staen bloemkens zoel van zcden. 

In Gnrmelis zoete dal, 

Daer is het te vinden al. 

2. 

Komt hier, myn beminde bruyt, 
Daer spruyten veel bloemkens uyl. 
Will die al le saeme vergaeren, 
Want die aen ons openbaeren : 
Ziet dat gy die wel vergaert; 
Plukt vry en geen moeyte en spaert. 

ô. 

Plukt de schoonste die daer groeyl; 
Plukt de beste die daer bloeyl; 
Plukt de gulden afrikanen; 
Plukt de leliën wit als zwaencn; 
Plukt genofels goet van geur 
En van alderley couleur. 

4. 

Plukt wat van den englantier; 
Plukt wat lacxkens van laurier: 
Plukt, ô ziele, met genugten, 
Van Carmelis zoele vruglcn, 
Die bevryd ons t' allen kant, 
Zelfs van den helschen vyand. 

5. 

Plukt narcissen, wit van roem; 
Plukt de gulden zonnebloem; 
Plukt tulppaenen, akcleyen, 
Eer dat gy hier komt Ie scheijen: 
Ziet dat gy dien schat bewaert, 
Daerom al geen moeyl en spaerl. 



ZF.DELYKE EN STICMTELVKE LIEDEREN. 



6. 

Elias is de fonteyn 

Vao Car mei is lusthof reyn, 

Die de bloemkens komt besproeijen 

En in liefde le doen groeijen. 

Tot den schepper van de blom, 

Jesus, mynen bruydegom. 

7. 

De fontcyne, die daer sproeyt, 
Daer uyt melk en honing vloeyt; 
Is uyt Marias borst gezonden, 
En uyt Jesus dierbaer wonden : 
Zoo lang als Carmelis leeft, 
Zyn sprinkaders allyd geeft. 

8. 

De zonbloemme, die daer slael, 
Zoo men in den lusthof gaet, 
Gaet den hemel op verheven, 
Zoud 't wel Petrus Thomas wezen, 
Acrtshertog van Gordia 
En broeder van Maria. 

9. 

Zoo men in den lusthof gaet, 
Daer zien ik akeleyen staen. 
't Is acn Simon Slok verheven 
Die Maria quam te geven, 
't Heylig kleyd en schapulier, 
t Lost de zielen uyt 't vagevier. 

10. 

Van de bloemkens uyt den hof 
Krygt den genoffel den lof. 
Zy is rood in liefde tecre 
Tot Maria en ons Hccre. 
Corsenus in deugden leeft 
Koleur aen genoffels geeft. 



I 



CHANSONS MORALES ET MYSTIQUES. 121 
11. 

Zy is wit in zuyverheyd 
En blauw in ootmoedigheyd ; 
Zy is rood in liefde teere 
Tot Maria en ons Hccre. 
Den genoffel staet geplant 
In het hemels vaderlant. 

Theresia ziet men daer slaen 
Met den vlammenden tulpaen. 
Maria kwam die besprocijcn 
En in liefde te doen groeijen. 
Voor haer liefde endc deugd, 
Zy is nu in 's hemels vreugd. 

13. 

De goudbloemme staet daer by 
Magdalcna de Pazzi. 
Jésus kwam die af le plukken 
En van d'aerde zoo te rukken. 
Haren wortel is op d'aerd, 
Zy haer lichaem hier bewaert. 

Laet ons al de bloemkens zien, 
En gaen vliegen met de bien. 
En daer uyt zuygen den honing, 
Om te schenken aen den koning 
Eenen schoonen honigraet 
Die daer in den hemel gaet. 

LE MONT CARMEL. 

Venez ici, si vous comprenez la sagesse, entrez dans ce jardin de plaisance, 
montez le mont Carmel. Là sont des fleurs d'une vertu rare ; vous les trouverez 
sur ses coteaux délicieux. 

2. 

Viens, chère épouse de mon cœur, voir toutes ces belles fleurs qui croissent 
ici. Cueille et assemble-les toutes; car chacune d'elles est pour nous un 
emblème; vois si tu les réunis toutes, cueille bien, n'épargne aucun soin. 

16 



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122 /EOKLYkl en stichtelike liederen. 

3. 

Cueille les plus belles; cueille les meilleures. Cueille l'africaine dorée; cueille 
le lis blanc comme le cygne; cueille la giroflée à l'odeur suave; cucilles-cn de 
toutes couleurs. 

4. 

Cueille quelques églantines; cueille des brandies de laurier; cueille, ô âme, 
avec courage, ces doux produits du Carmcl, qui nous garantissent mêmes des 
atteintes de l'infernal ennemi. 

5. 

Cueille encore le blanc narcisse; cueille le tournesol doré; cueille les tulipes 
et les ancolics, avant que tu ne parles de ces lieux. Tâche de bien conserver ce 
trésor, ne néglige aucun soin. 

6. 

Elie est la fontaine limpide des jardins du Carmel. C'est cette source qui 
arrose les fleurs et les fait croître pour l'amour de celui qui les a créées, Jésus, 
mon époux. 

7. 

L'autre fontaine, qui jaillit là bas et qui verse du miel et du lait, est sortie 
du sein de Marie et des plaies précieuses de Jésus. Tant que le Carmel existera, 
ces source» seront toujours ouvertes. 

8. 

Le tournesol, qui est là à l'entrée du jardin, et dont la tige s'élance vers le 
ciel, ne serait-ce pas Pierre Thomas, archiduc de Gordia, ce dévdt serviteur de 
Marie. 

9. 

En avançant dans le jardin, j'aperçois l'ancolie; elle est l'emblème de Simon 
Stock. Marie lui donna le saint habit du scapulaire, qui délivre les âmes du 
purgatoire. 

10. 

Parmi les fleurs du jardin se distingue la giroflée; elle est rouge en signe du 
tendre amour pour Marie et notre Seigneur, ce sont les vertus de Corsini qui 
lui donnent cette vive couleur. 

11. 

Elle est blanche en signe de pureté ; elle est bleue en signe d'humilité ; clic 
est rouge en signe de tendre amour pour Marie et notre Seigneur. C'est la fleur 
qui croit dans la céleste patrie. 

12. 

Dans la tulipe aux formes flamboyantes, je vois Thérèse. Marie elle-même 
l'arrose et la fait croître en amour. C'est celte vertu d'amour qui l'a conduite 
aux joies célestes. 



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chassons «orales et ■vstiqces. 



123 



13. 

Non loin de là, le souci doré représente Magdcleincdc Pazzi; Jésus l'a cueillie 
cl l'a détnehée de sa tige. Sa racine est resiée dans la terre auprès du corps de 
la sainte. 

14. 

Examinons donc toutes ces fleurs et, comme les abeilles, voltigeons parmi 
elles pour en recueillir le parfum et en faire des rayons de miel que nous 
présenterons au Roi du Ciel. 

Nous avons recueilli cette chanson mystique à Bailleul, dans l'école dominicale et chez 
les Sœurs noires. Elle y est populaire, ce que l'on peut attribuer, en partie du moins, à la 
mélodie charmante sur laquelle elle est chantée. Cette mélodie, par la contexture de cer- 
taines phrases et par ses cadences, appartient à la fin du XVII e ou au commencement du 
XVIII e siècle. 



JESUS DOOD. 



Allegretto. 




ee - nen wit - ten don-der - dag, 'b nachte om-trent 




m 



N N N N N N 



ê é é ê 



u — ren, dat d' Heer Je -sub ge -van -gen 



; de bit -ter 




m 



dood moest hy be — 



ren. 



Op eenen witten donderdag, 

's Nachts omtrent op den twaelf uien, 

Dat d'Heer Jesus gevangen was ; 

De bitter dood moest hy bezuren. 



2. 



Zy leyden Jesus de poorten uyt 
En hy keek zoo dikwyls om me, 
Als zyn moeder niet achter en kwam ; 
Ja van verren zag hy zc komen. 



124 



ZCÜELYKt: t> ïTICIITELYkE LIEDEREN. 



Ô. 

Moeder, zeyd hy, moeder van ray 
Al droefheyd en kan niet balen, 
Ik moet sterven de bitter dood 
Om alle mensch zalig te maken 

4. 

AU hy op den berg Calvarius kwam, 

Hy liet zyn kruys nedcrzinken; 

Zyn aderdjes basten in tween; 

Zyn dierbaer bloed zag men daer schinken. 

5. 

Waer zyn zy al die dustig zyn; 
Waer zyn zy nu die dustig wezen. 
Zeg dat zy komen drinken wyn, 
Het vyfde wondetje ligt ontleken. 

6. 

Waer is de jeugd, waer is de vreugd, 
Waer is het dansen, waer is hel springen: 
Het is al vergaen in niet * 
G'lyk de sneeuw voor de zonneschingen. 



MORT DE JÉSUS. 

Cc fut le Jeudi-Saint, vers minuit, que le Seigneur Jésus fut pris par ses 
ennemis pour aller souffrir une mort cruelle. 

2. 

Ils conduisirent Jésus hors des portes et il regardait souvent en arrière pour 
voir si sa mère ne le suivait pas. Il la vit venir de loin. 

3. 

Ma mère, dit-il, ma mère à moi, voire douleur ne peut servir de rien, je doi? 
mourir d'une cruelle mort, pour sauver tout le genre humain. 

I. 

Quand il fut arrive au Mont Calvaire, il déposa sa croix. Ses veine* s'ouvri- 
rent et on vil rouler son sang précieux. 



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CHANSO.NS MORALES ET MYSTIQUES. 



i2î> 



b. 

Où sont ceux qui ont soif? qu'ils viennent ici boire ce vin désaltérant; la 
cinquième plaie est ouverte. 

6. 

Où est la jeunesse? où est la joie? où sont les plaisirs et les fêles? tout s'est 
évanoui, comme la neige au rayon du soleil. 



La contexturc de cette chanson indique suffisamment son caractère populaire. Elle est 
connue dans toute notre Flandre, mais elle parait avoir été principalement en usage à 
Casscl. L'air sur lequel se chante celle pièce est la mélodie du mittrere. Nous l'avons dis- 
posé en mesure moderne, ainsi que nous l'avons entendu chanter, mais nous prévenons 
les lecteurs que cette mesure n'est pas très rigoureuse; elle est indiquée plutót pour mar- 
quer les inflexions rhythmique que pour donner une mesure proprement dite. 



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DRUIDIRSCHE HERINNERINGEN. 



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EXPLICATION DES SUJETS DE LA PLANCHE CI-CONTRE. 



Monument druidique 
du nord de la France. 



Monument druidique Monument druidique 

du nord de la France. du nord de la France. 



Minionnairc chrétien 
prêchant 
l'Évangile «mjt Morins. 



Monument druidique Monument druidique 

de la Bretagne. de la Bretagne. 



Monument druidique 
de la Bretagne. 



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■ 



IIIU'IDIKSCHE IIEIUNJtEniiyCE?». — SOLVEMHS OHWDIOI ES. 



129 



DE TWAELF GETALLEN. 



Allegretto. 

U Eeuw cc- nc, ee-neu Godal-lce - ne, een ia God al-leen, eu dat ge- 



" loo- ven wy. 



Allegretto. 



(variante du canton de wormhout.) 



v Een is ee-ne, cc-nen God al -lee -ne 



Een is ee-nê, cc-nen God al - lee - ne, óp den berg van Sy-iia - ï, 



• ■ • — W 



m 



? — 



JÉ=il: 



A 



Hee-re Je-sum Chriatum dat ge — loo -ven wy. 

(variante du canton de bourbourg.) 



Allegretto. 



ne, Jc-sum Christian g' loovcn 



Een is ec-ne, ee-nen God al - lee - 



Eeü is eene, 
Eenen God alleene, 
Een is God alleen. 
En dat gelooven wy. 

2. 

Twee is twee, 
Twee testamenten; 
Eenen God alleene, 
Een is God alleen, 
En dat {jclooven wy. 

5. 

Drie is drie, 
Drie patriarchen; 
Twee testamenten, 
Eenen God alleene, enz. 



17 



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MUriDIKSCHG nËBINfCEniPfCBf». — SOUVENIRS DRUIDIQUES. 

4. 

Vier is viere, 
Vier evangelisten ; 
Drie patriarchen, enz. 
Eenen God allecne, enz. 

5. 

Vyf is vyve, 

Vyf boeken van Moyses; 
Vier evangelisten, enz. 
Eenen God alleene, enz. 

6. 

Zes is zesse, 
Zes kruiken van Canaa; 
Vyf boeken van Moyses, enz. 
Eenen God alleene, enz. 

7. 

Zeven is zeven, 

Zeven sakramenten; 

Zes kruiken van Canaa, enz. 

Eenen God alleene, enz. 

8. 

Acht is achte, 
Acht zaligheden; 
Zeven sakramenten, enz. 
Eenen God alleene, enz. 

9. 

Negen is negen, 
Negen kooren der engelen; 
Acht zaligheden, enz. 
Eenen God alleene, enz. 

10. 

Tien is tiene, 

Tien geboden Gods ; 

Negen kooren der engelen, enz. 

Eenen God alleene, enz. 



DRUIDIKSCHE HERm.lERIMCEN. — SOUVENIRS DRUIDIQUES. 131 



11. 

Elf is elve. 

Elf duyst maegdetjes; 
Tien geboden Gods, enz. 
Eenen God alleene, enz. 

12. 

Twaelf is Iwaelve, 
Twaelf apostelen, 
Elf duyst maegdeljes, 
Tien geboden Gods, 
INegen kooren der engelen, 
Acht zaligheden, 
Zeven sak ra m en ten, 
Zes kruiken van Canaa, 
Vyf boeken van Moyscs, 
Vier Evangelisten, 
Drie patriarchen, 
Twee testamenten, 
Eenen God alleene, 
Een ia God alleen, 
En dat gelooven wy. 



LES DOUZB NOMBRES. 
Un c'est un, un seul Dieu, un Dieu unique, voilà noire foi. 

2. 

Deux c'est deuz, deus testaments; un seul Dieu, etc. 

3. 

Trois c'est trois, trois patriarches; deux testaments, etc., un seul Dieu, etc. 

4. 

Quatre c'est quatre, quatre évangélistes ; trois patriarches, etc., un seul 
Dieu, etc. 

5. 

Cinq c'est cinq, cinq livres de Moïse; quatre évangélistes, etc., un seul 
Dieu, etc. 

6. 

Six c'est six, six cruches de Cana; cinq livres de Moïse, etc., un seul 
Dieu, etc. 



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132 DRtïOIKSCHE HERIN'NUWNCEN. — SOUVENIRS DRl'IDIQCES. 

7. 

Scpl c'est sept, scpl sacrements ; six cruches de Cann, etc., un seul Dieu, etc. 

8. 

Huit c'est huit, huit béatitudes; sept sacrements, etc., un seul Dieu, etc. 

9. 

Neuf c'est neuf, neuf chœurs d'anges; huit béatitudes, ctc.,un seul Dieu, etc. 

10. 

Dix c'est dix, dix commandements de Dieu; neuf chœurs d'anges, etc., un 
seul Dieu, etc. 

11. 

Onze c'est onze, onze mille vierges; dix commandements de Dieu, etc., un 
seul Dieu, etc. 

12. 

Douze c'est douze, douze apôtres, onze mille vierges, dix commandements de 
Dieu, neuf chœurs d'nngcs, huit béatitudes, sept sacrements, six cruches de 
Cana, cinq livres de Moïse, quatre évnngélistcs, trois patriarches, deux testa- 
ments, un seul Dieu, un Dieu unique, voilà notre foi. 



Celle chanson qui, au premier aspect, ne semble pas présenter grand intérêt, mérite 
pourtant de fixer l'attention à cause de certains souvenirs druidiques qui s'y rattachent. 
Sous le titre de : Ar rannou (Les Séries), M. de la Yillcrnarqué a inséré, dans le premier 
volume de ses Citants populaires de la Bretagne, un dialogue entre un druide et un 
enfant, où l'écolier apprend du mallrc en combien de branches se divisent les connais- 
sances humaines. M. de la Villcmarqué, qui considère cette pièce comme une des plus 
anciennes de la poésie bretonne, explique les rapports qu'elle a avec l'ancien culte druidi- 
que. Mais ce qui donne à ce chant une grande importance, comme le remarque le même 
auteur, c'est qu'il en existe une contre-partie latine et chrétienne, qu'on peut, sans crainte 
d'erreur, faire remonter aux premiers temps de l'introduction du Christianisme dans la 
Gaule. Cette contrepartie a été évidemment composée dans le but de substituer dans 
l'esprit du peuple les principes de la religion chrétienne aux idées druidiques. Fidèles aux 
préceptes du Pope Saint Grégoirc-Ic-Orand, las missionnaires n'hésitèrent pas à emprunter 
au chant druidique sa forme, son rhylhmc, sa méthode, afin de mieux combattre les doc- 
trines qu'ils étaient appelés a anéantir. Voici le texte de cette contrepartie latine : 



— Die mihi quid unus ' 

— Unus est Deus 

Qui régnai in cœlis. 

— Die mihi quid duo? 

— Duo sunt testamcnla; 
l'nus est Deus, 

Qui régnai in ccclis. 

— Die mihi quid sunt lrr> ' 

— Tres sunt palriarrha : 
Duo testamcnla. 



Unus est Deus 

Qui régnât in cœlis. 

— Die mihi quid quatuor? 

— Quatuor cvangelistœ ; 
Très sunt patriarche, etc. 
Unus est Dcus, etc. 

— Die mihi quid quinque.' 

— Quinque libri Moysis; 
Quatuor evangelist^.», cl» 
Inus esl Dcus, etc. 



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DRtlDIKSCUE DCniN.XCntNGEN. — SOUVENIRS DRUIDIQUES. 



133 



— Die mihi quid sunt scx? 

— Scx sunt hvdriot 
Positœ 

la Cana Galilcaj; 
Quinquc libri Moysis, etc. 
I nus est Deus, etc. 

— Die mihi quid septem? 

— Septem sacramenta; 
Scx hydriae, etc. 
Unus est Deus, etc. 

— Die mihi quid octo? 

— Octo bcatitudincs; 
Septem sacramenta, etc. 
l'nus est Deus, etc. 

— Die mihi quid novem' 

— .Novem angclorum chori; 
Octo bcatitudincs, etc. 
Unus est Deus, etc. 

— Die mihi quid dcccm? 



— Dcccm mandata Dei; 
Novcm angclorum chori, etc. 
Unus est Deus, etc. 

— Die mihi quid undccimi* 

— l'ndccim steils 
A Joscpho visa»; 
Dcccm mandata Dei. etc 
Unus est Deus, etc. 

— Die mihi quid duodccim? 

— Duodecim apostoli; 
L'ndccim stclla- 

A Joscpho visa;, 
Dcccm mandata Dei . 
Novem angclorum chori, 
Octo bcatitudincs, 
Septem sacramenta, 
Scx sunt hydriœ 
Positœ 

In Cana Galilco*, 
Quinque libri Moysis. 
uatuor evangclistoc, 
res sunt patriarche, 
Duo sunt testamenta, 
Unus est Deus 
Qui régnât in ccclis. 



Notre chanson flamande, comme on le voit, est la traduction littérale de la pièce 
latine. Elle est très populaire dans toute notre Flandre. Il n'est pas d'école, pas d'ouvroir 
où elle ne soit chantée. A quoi attribuer la présence de ce chant dans nos contrées, sinon 
à des circonstances analogues à celles qui sont signalées par M. de la Villcmarqué. Il est 
probable qu'en Flandre, comme en Bretagne, on aura eu à combattre des influences drui- 
diques qui avaient survécu à l'expulsion des Gaulois et après l'invasion des peuples du 
Nord. Dien des faits démontrent que les idées druidiques n'avaient pas été complètement 
anéanties; on en trouve encore des traces. Nous avons entendu et recueilli dans la partie 
de notre Flandre qui avoisine le Pas-de-Calais, une chanson française qui semble avoir 
une grande analogie avec le chant breton rapporté par M. de la Villcmarqué. Il en a la 
forme et jusqu'à un certain point le rhylhmc. La voici : 




Allegretto 



LES DOUZE MOIS. 



0 



Ê 



P=3 



m 



Le premier jour d' l'an née, que me doun'rez vous ma mi — c? 



Un' perdrix so — le qui va, qui vient, qui vo — le, qui 



vo - le dans les bois. 



Le premier jour dTannéc, 
Que me donn'rez vous ma mie? 
Un' perdrix sole 
Qui va, qui vient, qui vole, 
Qui vole dnns les bois. 



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DRL'IDIKSCUE HERINNERINGEN. — SOUVENIRS DRCIDIQÜES. 



2. 

Le deuxième jour dTannée, 

Que me donn'rez vous ma mie? 

Deux tourterelles, 

Un' perdrix sole 

Qui va, qui vient, qui vole, 

Qui vole dans les bois. 

3. 

Le troisième jour dTannée, 
Que me donn'rez vous ma mie? 
Trois rameaux des bois, 
Deux tourterelles, 
Un' perdrix sole, etc. 

4. 

Le quatrièm' jour dTannée, 
Que me donn'rez vous ma mie? 
Quat' canards volant en l'air, 
Trois rameaux des bois, etc., 
Un' perdrix sole, etc. 

». 

Le cinquièm' jour de l'année, 
Que me donn'rez vous ma mie? 
Cinq lapins courant par terre, 
Quat' canards volant en l'air, etc., 
Un' perdrix sole, etc. 

6. 

Le sixièm' jour d'I'année, 

Que me donn'rez vous ma mie? 

Six chiens courants, 

Cinq lapins courant par terre, etc., 

Un' perdrix sole, etc. 

7. 

Le septièm' jour dTannée, 
Que me donn'rez vous ma mie? 
Sept moulins à vent, 
Six chiens courants, etc., 
Un' perdrix solo, etc. 

8. 

Le huitième jour dTannée, 
Que me donn'rez vous ma mie? 
Huit vaches moudanU, (sic.) 
Sept chiens courants, etc., 
Un' perdrix sole, etc. 



DRUIDIKSCUE HERINNERINGEN. — SOUVENIRS DRUIDIQUES. I3.'i 



9. 

Lo neuvièra' jour dTannéc, 
Que me donn'rez vous ma mie? 
Neuf bœufs cornus, 
Huit vaches moudants, etc., 
Un' perdrix sole, etc. 

10. 

Le dixièm' jour dTannéc, 

Que me donn'rez vous ma raie? , 

Dix pigeons blancs, 

Neuf bœufs cornus, etc., 

Un* perdrix sole, etc. 

il. 

Le onzièm' jour dTannde, 
Que me donn'rez vous ma mic? 
Onze plats d'argent, 
Dix pigeons blancs, etc., 
Un' perdrix sole, etc. 

Le douzièm' jour d'I'année, 
Que me doon'rez vous ma mie? 
Douze coqs chantants, 
Onze plats d'argent, etc., 
Un' perdrix sole, etc. 

Il est évident que cette chanson, dans son état actuel, est défigurée à un point extreme. 
Telle qu'elle est néanmoins, il suffit de la comparer avec la pièce bretonne pour être con- 
vaincu de l'analogie qui existe entre les deux. On doit donc la considérer comme un 
vestige, corrompu sans doute, mais traditionnel de la doctrine druidique dans notre pays. 
Sous ce rapport, elle méritait de trouver place ici. 

Pour en revenir à notre chanson flamande, nous ferons remarquer que nous eussions pu 
donner d'autres variantes de la mélodie et du texte; mais elles ne nous ont pas paru assez 
importantes pour être rapportées. 

Celte chanson parait avoir donne naissance à plusieurs pièces sur les douze heures, 
dans lesquelles on explique, sous chacune des heures, un certain nombre de vérités 
religieuses puisées dans l'ancien et le nouveau testament. Plusieurs de ces chansons ont été 
imprimées sur des feuilles volantes sorties des presses de Gand, d'Ypres et de Dunkcrquc; 
d'autres sont manuscrites. Toutes ont été populaires, la plupart mêmes sont encore chan- 
tées aujourd'hui. 



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SCANDINAVISCHE HERINNERINGEN. 

SOUVENIRS SCANDINAVES. 



18 



EXPLICATION* DES SUJETS DE LA PLAXCHE CI-CONTRE. 



Le Messager d'amour. 



Retour Départ 
du Due de Brunswick. du Duc de Brunswick. 



Procession du Reuze 
à 



Scène d'Halcwyti Autre seine d'Ilalewyn 

et le jeune enfant. et le jeune enfant. 



Hatewyn et la fille du Roi. 



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I 



.SCANDINAVISCHE UERINNERJNOEN. — SOUVENIRS SCANDINAVES. 139 



N° 1 

Allegro. 



REUZELIED. 

TE DlYNKKRKE. — A DUNKERQUE. 



*- Als de groo-te kluk-ke luyd, de klok-ke luyd, de Keu - ze komt 




J 1 1 



uyt. Keere u e'som, de Reuze, de Reu-zc, kcerc u e's om Reu-ze-kom. 

N* 2. TE BELLE. A BAILLEUL. 

AllcCTO. 





. » » 


■ 




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i 


-fi-fi 










— 


~r z 







Als de groo-te klok-ke luyd, de klok-kc luyd, de Reu-zc komt 



1 N — — j -\ — 


— i 


















33 


A- 







N° 3. 

Allegro. 

-f- 



ztf: 



OORSPRONKELYKE WYZE. AIR PRIMITIF. 



Eu als de 



groo-te klok-ke luyd.de klok-ke luyd.de 



Reu-ze komt uyt, Kee - re u e's om, de Reuz, de Reuz, kee - re u e s 





i- 


ÏE*E- r ^J- = 


*J oui ] 




- ze - kom. 



Als de grootc klokke luyd (•) 

De Reuze komt uyt. 

Keere u e's om, de Reuze, de Rcuze; 

Keere u e's om, 

Reuzekom. 



(I) Variante (Dunkcrquc) : 

Al die zrggcn : de Reuze kom', 
Zy liegen dacrom. 

Keere wéeroro, «le llcuzc, de Rcuzr. 
Kccrc wcërom, 
(;> srhoonc hl«m 



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140 



5CASDIMAVISCHE UEWSSEAIKCE* . 



2. 

Moeder, hangt den pol op 'l vier. 
De Reuze komt hier. 

u e's om, de Reuze, de Reuze, 
Keere u e's om, 
Reuzekom. 

5. 

Moeder, snyd een boteram, 

De Reuze is gram. 

Keere u e's om, de Reuze, de Reuze, 

Keere u e's om, 

Reuzekom. 

4. 

Moed'r, ontsteekt het beste bier O, 

De Reuze is hier. 

Keere u e's om, de Reuze, de Reuze, 

Keere u e's om, 

Reuzekom. 

5. 

Moeder, stopt al ras het vat, 
De Reuze is zat. 
Keere u e's, enz. 

6. 

Moeder, geeft maer kaes en brood, 
De Reuze is dood. 
Keere u e's, enz. 



CHANT DU REUZE. 

Quand la grosse cloche sonne, Ie Reu re sort. Relournc-toi, Rcuic, Reuze, 
retourne-toi, gentil Reuxc (2). 

2. 

Mère, mets le pot au feu, Ie Reuze vient ici. Retourne-toi, etc. 



(1) Ces trois derniers couplets nous ont clé donnés pnr M. E. Ronse, de Furnes. 
(S) Variante de Dunkcrquc : 

Tous ceux qui disent le Reuze vient, en ont menti. Retourne-toi, Reuze, Rcune. 
re«ournc-toi, belle fleur. 



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SOUVENIRS SCANDINAVES. 



lil 



3. 

Mère, coupe une tartine, le Reuze est en colère. Retourne-toi, etc. 

4. 

Mère, tire la meilleure bière, le Reuze est ici. Rctournc-toi, etc. 

5. 

Mère, bouche vite le tonneau, le Reuze est ivre. Reloui ne-loi, etc. 

f». 

Mère, donne du pain et du fromage, le Rcuzc est mort. Retourne-toi, etc. 



Ce chant, très populaire dans toute la Flandre et le Brabant, a eu une vogue particulière 
à Dunkcrque, à cause de la procession du géant (Reuze) qui s'y faisait tous les ans et dont 
l'usage remonte à un temps immémorial. De semblables processions avaient lieu d'ailleurs 
dans plusieurs autres villes et l'on y chantait également le Reuzelicd. 

Quelques écrivains pensent, et avec raison scion nous, que cette chanson cl celte 
cérémonie se rattachent à des souvenirs Scandinaves. En effet, quand on interroge l'Edda, 
on y trouve divers passages où il est question des guerres entre les Reuzes ou lotes cl les 
Ases ou Guds. Les Reuzes qui, suivant certains auteurs, n'étaient autres que les Finois, 
avaient fait a plusieurs reprises des tentatives d'invasion sur le tcrriloirc-occupé par les 
Ases. Ceux-ci avaient fini par les repousser dans les déserts. De la une antipathie de 
race qui parait avoir survécu chez les descendants des Ases, les Saxons et les Flamands- 
Saxons. C'est ce qui explique l'aversion exprimée contre les Reuzes, dans le lieuzelied, 
par celte variante rapportée dans Willcms : 

Die zeid : wy zyn van Reuzen gekomen, 
Zy liegen dacrom. 

- Ceux qui disent : nous descendons des Reuzes, en ont mcnli. » 

C'était pour le peuple le représentant d'un ennemi que ses ancêtres avaient eu à com- 
battre plus d'une fois et à refouler dans leur désert. 

Le texte de ce chant a été corrompu à diverses époques et l'on n'en possède plus aujour- 
d'hui qu'un reste informe. Quoi qu'il en soit, il est 1res répandu dans toute la Flandre ; 
il se chante sur les côtes depuis Anvers jusqu'à Gravclines, avec plus ou moins de va- 
riantes. 

Mais une chose des plus remarquables, c'est que ce texte se chante sur un air dont la 
première partie est la reproduction exacte, avec un mouvement plus vif, du chant de 
l'hymne chrétienne, Creator aime siderum, et dont la seconde a dù être primitivement aussi 
la même que la dernière phrase musicale de la même hymne. Ce qui nous le fait penser, 
c'est que dans les deux premiers airs que nous rapportons et dans celui que donne Wil- 
lcms, cette seconde partie y est différente, tandis que, dans les trois airs, la première partie- 
est semblable. Pourquoi, admettant la première partie de la mélodie chrétienne, aurait-on 
répudié la seconde pour y substituer une phrase assez molle et peu nette? Cela ne semble 
pas rationnel. Il est probable que primitivement l'air entier du Creator aime siderum 
aura été adapté au texte du Reuzelied, et que la deuxième partie aura été peu à peu 
corrompue. C'est le seul moyen, croyons-nous, d'expliquer les différences que nous 
avons signalées. Nous avons indiqué, sous le N° 3, la mélodie telle que. suivant nous, 
elle a été primitivement chantée. A Casscl, le peuple parodie la chanson ainsi : 

» Al die zeggen dal Titika kom' 

» Ze liegen dacrom. 

• Tilika rydt te pcirde. te pcirde, etc 



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142 



SCASDIXAVISCBE HEIUNKEMSCEX. 



HALEWYN. 



P 



Andantino. 



JÊ M W. 



lie - de - kyn ; al wie h« 



1 



Heer Ha - Ie - wyn zonk een lie - de - kyn ; al wie het hoor - de 



i 



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4=± 



wou by hem zyn, al wie het hoor -de wou by hem zyn. 



of wel : 
Andantino. 



ou bien : 



Ha - le — wyn zoi 



m 



Heer 



wyn zonk een lie - de — kyn ; al wie het 



V hoor - de wou by hem zyn, al wie het hoor -de wou by hem 



zyn. 



Heer Halewyn zonk een liedekyn; 

Al wie het hoorde wou by hem zyn. 

2. 

En dat vernam een koninkskind, 

Die van haer ouders zoo werd bemind. 



Zy gink al voor haer vader slaen : 

« Och, vader, mag ik naer Halewyn gaen? » 

4. 

— « ô ISeen, myn dochter, neen, gy niet; 
» Die derwaerls gaen en keeren niet. » 

5. 

Zy gink al voor haer moeder slaen : 

" Och, moeder, mag ik naer Halewyn gaen'» 



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SOUVENIRS SCANDINAVES. 
6. 

— « ô Neen, myn dochter, neen, gy niel; 
)» Die derwaerts gaen en keeren niel. » 

7. 

Zy giok al voor haer zuster staen : 

« Och, zuster, mag ik naer Halewyn gaen? » 

8. 

« — Och, neen, myn zuster, neen, gy niet; 
» Die derwaerts gaen en keeren niet. » 

9. 

Zy gink al voor haer broeder staen : 

« Och, broeder, mag ik naer Halewyn gaen? •> 

10. 

— « 't Is my al eens waer dat gy gaet. 
» Als gy uw eer maer wel bewaert, 

» En gy uw kroon maer regt en draegt. 

11. 

Zy is al op hacr kamer gegaen; 
Zy deed hacr beste klcederen aen. 

12. 

Wal deed zy aen haren lyve? 
Een hemdeken fynder als zyde. 

13. 

Wat deed zy aen haer schoon korslyf? 
Van gouden banden stond het slyf. 

14. 

Wat deed zy aen haren rooden rok? 
Van steke lot sleke eenen gouden knop. 

15. 

Wal deed zy aen haren kerel? 
Van sleke tot steke een perel. 



SCANDINAVISCHE HEWN.XERIHr.KN. 

16. 

Wat deed zy aen haer schoon blond hair? 
Een kroone van goud en die woeg rwaer. 

17. 

Zy gink al in haer vaders slal, 
En koos daer 'l beste ros van al. 

18. 

Zy zette haer scherlings op hel ros: 

Al zingend' en klingend' reed zy door '1 bosch. 

19. 

Als zy 'l midden bosch mogt zyn, 
Daer vond zy mynheer Halewyn. 

20. 

« Gegroet, zeyd hy, en kwam lol haer. 

» Gegroel, schoon raaegd, bruyn oogen klaer. » 

21. 

Zy reeden mei elkander voort, 
En op den weg viel menig woord. 

22. 

Zy kwamen al by een galgeveld; 
Daeraen hong menig vrouwenheld. 

25. 

— « Mits gy de schoonste maget zyl, 

» Zoo kiest uw dood, hel is nu lyd. » 

24. 

— « Wel, als ik dan hier kiezen zal, 
» Zoo kies ik t zweert nog boven al. 

25. 

» Maer trekt eerst uyl uw opperst kleed, 

» Want maegdenbloel dal spruyt zoo breed. » 



SOI VENinS SCASDIXAVtS. 



26. 

En eer zyn kleed gelogen was, 
Zyn hoofd al voor zyn voelen lag, 
Zyn long nog deze woorden sprak : 

27. 

« Gael gy mi daer in het kooien, 

» En blaesl daer op mynen horen, 

» Dal alle myn vrienden dal hooien, h 

28. 

— « Al in dal kooren en gaen ik niel; 
» Op uwen horen en blaes ik niel; 

» Moordenaer.s raed en doen ik niet. •» 

29. 

— « Gael gy nu dan onder de galge. 
» En neemt daer een polje met zalve; 

». En slrykt dat aen myn rooden hals. »» 

50. 

— « Al onder de galge en gaen ik niel; 
» Uw rooden hals en slrvk ik niet; 

» Moordenaers raed en doen ik niet. *• 

51. 

Zy nam dat hoofd al by hel hair, 
En waschtet in een bronne klaer. 

52. 

Zy zette haer scherlings op haer ros, 

Al zingend en klingend reed zy door 't bosch. 

55. 

En locn zy was 1er halver baen, 

Kwam Halewyn's moeder daer gegaen : 

« Schoon maegd, zaeggy myn zoon niet gaen? » 

54. 

— « Uw zoon, heer Halewyn, is gaen jagen; 
» Gy en ziel hem weder u levens dagen. 



146 



SCASIUVISCHE UERINW.RINCKN . 



5i5. 

» U zoon, heer Halewyn, is dood; 
» Ik heb het hoofd in mynen school; 
» Van bloet is myne voorschoot rood. •> 

36. 

En toen zy aen de poorte kwam, 
Zy blaesde de horen als een man. 

57. 

En als haer vader dat vernam. 

't Verheugde hem dat zy weder kwam. 

38. 

Uaer wierd gehouden een banket, 
Dal hoofd wierd op de tafel gezet. 



HALEWYN. 

1. Sire Halewyn chantait une chanson; tous ceux qui l'entendaient vou- 
laient être près de lui. 

2. Elle fut entendue par une fille de roi, qui était beaucoup aimée de ses 
parents. 

3. Elle alla se placer devant son père : * père, puis-je aller près d'Holcwyn? » 

4. — O non, ma fille, non, n'y vas pas. Ceux qui vont là ne reviennent 
guère. » 

î>. Elle alla se placer devant sa mère ; « mère, puis-je aller près d'Hnlewyn? » 

G. — « O non, ma fille, non, n'y vas pas; ceux qui vont là ne reviennent 
guère. 

7. Elle alla se placer devant sa sœur : « sœur, puis-je aller près d'Halewyn? » 

8. — .1 O non, ma sœur, non, n'y vas pas; ceux qui vont là ne reviennent 
guère. » 

9. Elle alla se placer devant son frère : « frère, puis-je aller près d'Halewyn? < 

10. — « Il m'importe peu où tu ailles, pourvu que lu conserves bien ton 
honneur et portes droit ta couronne. » 

11. Elle monta à sa chambre; clic mit ses plus beaux habits. 

12. Que rail-elle d'abord? une chemise plus fine que la soie. 

t3. Que mil-elle à son beau corsage? des bandes d'or en relevaient l'éclat. 
H. Que mit-elle à sa robe rouge? de point en point un bouton d'or. 



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SOUVENIRS SCANDINAVES. 147 

15. Que mit-elle à son kerel? de point en point une perle. 

16. Que mit-elle sur ses beaux cheveux blonds? une couronne d'or bien 
pesante. 

17. Elle alla dans l'écurie de son père, et y choisit le meilleur coursier. 

18. Elle monta sur le coursier. En chantant et en donnant du cor, elle 
chevaucha à travers le bois. 

19. Quand elle arriva au milieu du bois, elle rencontra sire Halcwyn. 

30. « Salut, lui dit-il, en allant au-devant d'elle; salut, belle vierge aux 
yeux bruns et brillants. >• 

21. Ils chevauchèrent ensemble cl en chemin plus d'une parole tomba de 
leurs lèvres. 

22. Ils arrivèrent près d'un gibet où pendaient maints cadavres de femme. 

23. Sire Halcwyn lui dit alors : « Puisque tu es la vierge la plus belle, 
choisis ta mort : le moment est venu. •> 

24. — u Eh bien! puisque j'en ai le choix, je choisis le glaive de préférence. 

25. » Mais ôte d'abord ta tunique, car le sang d'une vierge jaillit bien loin ; 
s'il te mouillait, j'en serais triste. » 

26. Et avant qu'il n'eut ôlé sa tunique, sa téte roula à ses pieds. Sa langue 
prononça encore ces mots : 

27. « Vas dans le champ de blé et fais y sonner mon, cor pour que tous 
mes amis l'entendent. » 

28. — a Je ne vais pas dans le champ de blé; je ne fais pas sonner ton 
cor ; je ne suis pas le conseil d'un meurtrier. ■ 

29. — « Vas donc au pied du gibet, et prends-lù un onguent pour en frotter 
mon cou rouge de sang. » 

30. — « Je ne vais pas au gibet, je ne frotte pas ton cou ensanglanté, je 
ne suis pas les conseils d'un meurtrier. » 

31. Elle prit la téte par les cheveux et la lava dans la claire fontaine. 

32. Elle monta sur son coursier. En chantant et en sonnant du cor, elle 
traversa la forêt. 

33. Quand elle fut à moitié de son chemin, la mère d'Ualewyn vint à passer. 
— « Belle vierge, n'as tu pas vu mon fils? • 

34. _ „ Ton fils Halcwyn est allé chasser ; tu ne le verras plus de la vie. 

35. « Ton fils Halewyn est mort; j'ai ici sa téte dans les plis de ma robe; 
elle est toute rougic de son sang. > 

36. Et quand elle arriva à la porte du château, clic sonna du cor comme 
l'aurait fait un homme. 



148 



SCANDINAVISCHE HEWNKEMSGE!». 



37. Et quand son père apprit cette nouvelle, il fut dans la joie de son retour. 

38. On fil un festin; la tétc d'Halewyn fut placée nu milieu de la table. 



Ce chant, l'un des plus populaires de la Flandre et du Brabant, est en même temps un 
des plus anciens qui nous soient parvenus. Selon Willems, qui l'a Inséré dans ses Oude 
Vlaemtche Liederen, ce petit poëme remonte aux temps les plus antiques de notre histoire. 
• Halcwyn, dit-il, fils d'un roi ou d'un jarl, attire par son chant les plus belles jeunes 
filles pour les pendre au gibet. Ce poème nous transporte au temps où les pays habités 
par divers peuples étaient séparés les uns des autres par des déserts ou des forêts. • 

M. Kervyn de Lettcnhovc n'hésite pas à voir dans ce chant un souvenir historique de 
quelque jarl, dont les fils cessèrent de régner en cessant de combattre. En lisant la con- 
version de Saint Ravon, qui était un de ces farouches guerriers Saxons du nom d'AHowyn, 
on est tenté de se demander si ce chant ne rappelle pas les aventures de ce terrible jarl. 

• Parmi les Karlings, dit H. Kervyn de Leltenbovc (I), il en était un qui avait conservé 
toute l.i féroce énergie de sa race, de telle sorte que ceux qui écrivirent sa vie lui ont donné 
le surnom d'Allowin (qui prend tout) et l'épilhètc de brigand redoutable. Il se nommait 
Adhilek et était fils d'Eclolph. Il ne put résister à l'éloquente parole d'Amandus (Saint 
Amand), et s'élant rendu à Gand auprès de lui, il le supplia de le recevoir au nombre 
de ses disciples, afin qu'à jamais lié par la règle du cloître, il put repousser avec plus 
de force les tentations de sa vie passée. Amandus le conduisit dans l'église de Gand, et 
là, après avoir fait tomber sa barbe et sa chevelure au pied de l'autel de Saint Pierre, 
il l'admit dans la milice chrétienne. Le farouche Allowin devint le doux Bavon : Mel- 
Ifluo, vocitalus nomine Bavo. » 

Quoi qu'il en soit, le chant d'Halewyn est très connu chez les Flamands de France. 
On en trouve de nombreuses variantes dans la bouche du peuple. A Bailleul, on sub- 
stitue au nom d'Halewyn celui d'Abram. 

Willems a fait observer que ce poème se chante sur l'air du Credo, mais la mélodie 
qu'il en donne n'a qu'un rapport très éloigné avec ce chant d'église; la tonalité en est 
même tout-à-fail dénaturée par l'adjonction d'un bécarre au ri de l'avant-dernière mesure. 

Les deux airs que nous donnons ici sont tels que nous les avons recueillis de la bouche 
du peuple. Ni l'un ni l'autre ne reproduisent intégralement toutes les notes du Credo de 
la messe duplex. Mais la phrase mélodique ne permet nullement de douter que ce ne soit 
le chant de ce Credo qui ait servi de thème aux airs d'Halewyn. Ces airs démontrent une 
fois de plus que, lorsque des mélodies de plainchant étaient adaptées aux chants popu- 
laires flamands, elles étaient soumises à un rhythme musical en harmonie avec le rhythme 
poétique. 

Disons aussi que le nom d'Halewyn s'est conservé au milieu de nous, comme nom appli- 
qué à des lieux et à des familles. 

Les variantes du texte sont si considérables dans tout notre pays que nous nous sommes 
déterminé à donner celui de Willems comme le texte auquel se rapportent le mieux les 
nombreuses variantes que nous avons entendues. Willems cite un grand nombre de texte 
allemands de ce chant, qui prouvent combien il est populaire dans les pays germaniques. 
Le lecteur aura déjà remarqué que c'est ici le deuxième chant Scandinave, qui a pour mé- 



lodie un air ecclésiastique. Comment expliquer ce fait? N'csl-il pas singulier que ce soient 
précisément des textes d'origine Scandinave qu'on chante sur des airs chrétiens? 



Il- Mit. rf# FUndrt, | I, M. 




SOUVENIRS SCANDINAVE». 



149 



HALEWYN EN HET KLEYNE KIND. 



Andantino. 



v Een kind, en een kind, en een kley - ne kind, en een 



kind van ze- ven ja — — ren, 't dat in een ko - nings wa - 




Kris 



te 



randet-je ge - weest waer dat al - le de ko-nyntjes wa — ren. 

Een kind, en een kind, en een kleyne kind, 
En een kind van zeven jaren, 
't Had in een konings warandetje geweest , 
Waer dat alle de konynlje* waren. 

2. 

Een kind, en een kind, en een kleyne kind, 

En dat kind die hadde een boogje; 

En dat boogje was gespande('); 

Het schoter bet schoonste konyntje dood 

Die daer was in de g'heele warande. 

5. 

— « Mynheere, mynheere van brussel en kasleelen, 
En uw kleyne kind moet hangen. 

Hy moeier hangen aen den hoogsten boom 
Die daer slaet in de g'heele warande. >» 

4. 

— « ô Koning, ó koning, ô koning Halewyn, 
Lael myn kleyne kind nog leven. 

Ik heb menig tonnen vol rood en fyn goud : 
Wil ye z'hebben, ik zal ye ze geven?» 

5. 

— « Uwe tonnen vol goud en willen ik niet hen; 
En uw kleyne kind moet hangen ; 

Hy moeter hangen aen den hoogsten boom 
Die daer slaet in de g'heele warande. »> 



(i) Cc vers se chante sur In melodie du vers précédent. 



tîiO 



SCANDINAVISCHE HERINNERINGEN. 



6. 

— « ó Koning, ô koning, ô koning Halewyn, 
Laet myn kleyne kind nog leven. 

Ik hebbe nog zeven schoon dochteren t'huys: 
Wil ye z'hebben, ik zal ye ze geven, n 

7. 

— « Uw zeven dochters en willen ik niet h'en, 
En uw kleyne kind moet hangen ; 

Hy moeier hangen aen den hoogsten boom 
Die daer staet in de g'heele warande. » 

8. 

'l Eerste traptje dat 't kind op de leere klom. 
Het keek zoo dikwyls omme, 
Als 't van verre zyn moeder niet en zag; 
En van naren zag hy haer komen. 

9. 

— « Liefste moeder, zeyd hy, ende moeder van my, 
En uw kleyne kind moet hangen, 

En had gy nog een uertje langer weg geweest, 
Myn jong leventje die wasser gelaten. » 

10. 

't Tweede traptje dat 't kind op de leere klom, 

Het keek zoo dikwyls omme, 

Als 't van verre zyn vader niet en zag; 

En van naren zag hy hem kommen. 

11. 

— « Liefsten vader, zeyd hy, ende vader van my, 
En uw kleyne kind moet hangen, 

En had gy nog dry kaerljes langer geweest 
Myn jong leventje die wasser gelaten. » 

12. 

't Derde traptje dat 't kind op de leere klom, 
Het keek zoo dikwyls omme 
Als 't van verre zyn broeder niet en zag; 
En van naren zag hy hem kommen. 

13. 

— «Liefste broeder, zeyd hy, ende broeder van my, 
En uw broedertje moet hangen, 

En had gy nog een half uerlje weg geweest 
Myn jong leventje die wasser gelalen. » 



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SOUVENIRS SCANDINAVES. 



14. 

t Vierde traplje dal l kind op de leere klom, 

Het keek zoo dikwyls omme 

Als 't van verre zyn zuster niet en zag; 

En van naren zag hy haer kommen. 

15. 

— « Liefste zuster, zeyd hy, ende zuster van ray, 
En uw broedertje moet hangen; > 
En had gy nog een kaerelje weg geweest 
Myn jong leventje die wasser gelaten. » 

16. 

'l Vyfde traptje dal 't kind op de leere klom, 

Het keek zoo dikwyls omme, 

En het zag Maria kommen, 

En het ging Maria groeten: 

Het woordje was schaers uyt zynen mond 

En zyn hoofdclje viel voren zyn voelen. 



HALEWYN ET LE PETIT ENFANT. 

f . Un enfant, un enfant, un tout petit enfant, un petit enfant de sept ans 
était entré dans le parc du roi, peuplé de petits lapins. 

2. Un enfant, un enfant, un tout petit enfant, et cet enfant avait un petit are, 
et ce petit arc était tendu ; il tua le plus joli petit lapin qui fût dans le parc. 

3. — « Seigneur, seigneur de forêts et de châteaux, votre petit enfant 
doit être pendu; il doit être pendu à l'arbre le plus haut qui se trouve dans 
tout le parc. » 

4. — « ô Roi, ô roi, ô roi Halewyn, laisses mon petit enfant vivre encore. J'ai 
maints tonneaux remplis d'or fin et brillant, les voulez-vous 7 je vous les don- 
nerai. » 

5. — « Vos tonneaux pleins d'or, je n'en veux pas. Et votre petit enfant doit 
être pendu; il doit être pendu à l'arbre le plus haut qui se trouve dans tout le 
parc. 

6. — « ô Roi, ô roi, o roi Halewyn, laissez mon petit enfant vivre encore. J'ai 
sept belles jeunes filles à ma maison, les voulez-vous? je vous les donnerai. » 

7. — «• Vos sept filles, je n'en veux pas ; et votre petit enfant doit être pendu ; 
il doit être pendu à l'arbre le plus haut qui se trouve dans le parc. 

8. Au premier échelon de l'échelle que l'enfant monta, il regarda souvent en 
arrière, s'il ne voyait pas sa mère de loin; et bientôt il la vit approcher. 



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152 SCiNOIMAVISCDE HER BIN NERIM! EX. 

9. Chère mère, dit-il, ma mère à moi, voire petit enfant doit être pendu ; 
si tous aviez tardé encore une heure, j'aurais déjà perdu ma jeune vie. » 

10. Au deuxième échelon de l'échelle que l'enfant monta, il regarda souvent 
en arrière, s'il ne voyait pas son père de loin ; et bientôt il le vit approcher. 

11. — •> Cher père, dit-il, mon père a moi, votre petit enfant doit être 
pendu ; si vous aviez lardé encore trois quarts d'heure, j'aurais déjà perdu ma 
jeune vie. » 

12. Au troisième échelon de l'échelle que l'enfant monta, il regarda souvent 
en arrière, s'il ne voyait pas son frère de loin ; et bientôt il le vit approcher. 

13. — <• Cher frère, dit-il, mon frère à moi, voire petit frère doit être 
pendu ; si vous aviez tardé encore une demi-d'heurc, j'aurais déjà perdu ma 
jeune vie. » 

f 4. Au quatrième échelon de l'échelle que l'enfant monla, il regarda souvent 
en arrière, s'il ne voyait pas sa sœur de loin, et bientôt il la vit approcher. 

15. — « Chère sœur, dit-il, ma sœur à moi, votre petit frère doit être 
pendu; si vous aviez lardé encore un quart d'heure, j'aurais déjà perdu ma 
jeune vie. » 

16. Au cinquième échelon de l'échelle que l'enfant monta, il regarda souvent 
en arrière et il vit venir Marie; il allait pour la saluer et sa parole était au 
moment de sortir de sa bouche que sa téle tomba devant ses pieds. 



Celte ballade, une des plus intéressantes parmi celles que nous avons recueillies, est très 
répandue dans les arrondissements de Dunkrrquc el d'Hazebrouck. C'est à Baillcul que 
nous en avons trouve le texte le plus complet. C'est là aussi que nous l'avons entendu 
chanter sur l'air que nous venons de rapporter. Cet air est simple et bien approprié 
an texte. Le fond de la pièce est très ancien. Le nom |d'Halewyn qu'on y trouve 
appliqué au personnage principal de cette légende, indique que c'est lu un des épisodes 
de ce farouche homme du Nord, dont il a été parlé plus haut. C'est ce qui nous 
porte à considérerer ce chant comme un souvenir Scandinave. Tel que nous le donnons, 
ce chant nous semble être conservé dans sa forme originale et primitive; mais le 
texte n'a probablement plus toute sa pureté première. Comme beaucoup d'autres, il se 
sera corrompu en passant par la bouche des nombreuses générations qui l'ont chanté. 
Cette corruption, comme le fait remarquer M. Ampère, dans ses Instructions sur les 
Poésies populaires, est elle-même une preuve de son ancienneté. 



DE* HERTOG VAN BIUJNSWYK. 



Allegretto. 



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Hoort toe, gy arm' en ry — ke, men zal u zin - gen 



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SOUVENIRS SCANDINAVES. 



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pu - re van dcu Hcr-tog van Brunswyk en van zyn a-von^ 



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hoe dat hy met ge - weid ten 



oor -lof 



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va - ren, en hoc dat hy ver -zeilde op zee met groot be - zwa - ren. 

Hooit loe, gy arme en ryke, men zal u zingen pure 
Van den Hertog van Bronswyk, en van zyne avonlure; 
Hoe dal hy met geweld ten oorlog wilde varen, 
En hoe dat hy verzeilde op zee met groot bezwaren. 

2. 

Den Hertog met goed verstand, die heeft doen maken reé 
Veel schepen wel bemand, en voer zoo over zee; 
Maer zyn huysvrouw beducht bade met groot verzeeren : 
Zoo haest als hy best kost, dat hy zou wederkeeren. 

3. 

Den hertog by dit beklag, sprak : Myn weerde vrouw, 
Blyf ik zeven jaren weg, geef vry een ander trouw; 
Ik geve u vry consent, maer bid den Heer der Heeren, 
Dat hy zyn gratie my zend, ik moge wederkeeren. 

4. 

De Hertoginne, ziet, geleydde haren man, 

Aen de schepen met verdriet, alwaer hy oorlof nam, 

Zy hem in haer arm ontfing, en sprak : Man geprezen, 

Bewaert d'hclft van dez' ring, en wilt my gedachtig wezen. 

5. 

Den Hertog door haer bidden nam d'helft aen van den ring; 
De Hertogin met ootmoed zeer bedroefd van hem ging, 
Al binnen haer paleys, met zuchten ende beven ; 
De Hertog voer op reys : hy had beter l'huys gebleven. 

6. 

Een grooten wind voorwaer verdierf hem op de zee; 
Zeylen, masten scheurden daer, het sneeter al in twee, 
Zy verdronken allegaer, behalven 's Hertogs schip verheven, 
Dat in dat groot gevaer ongeschend alleen is gebleven. 

20 



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SCANDINAVISCHE HEIUSMERINGE*. 



7. 

Den Hertog, onbeducht door dit verdriet aldaer, 
'l Welk hem niet baeten mogl, en voer met groot bezwacr, 
AI legen haer dank, want zy geen volk vernamen, 
Meer dan vier jaren lank, dat zy aen land noyt kwamen. 

8. 

Dit schip dat was zeer groot, van viclallie wel voorzien, 
Van bos-kruyd, meil en brood, en ander provisién, 
Tot oorlogs gebruyk met veel ossen-huyden onverdroten, 
Die men gebruyken moet als de schepen zyn doorschoten. 

9. 

Zy voeren met verdriet zoo menig langen dag, 

Den edelen Herlog, ziel, die sprak met groot geklag : 

« Myn lieve vrienden gewis, laet ons zeylen zonder staken, 

't Is even eens waer 't is, tol dat wy aen land geraken. » 

10. 

Den wind verhief nog meer, en de zee die wierd zoo slrank, 
Zoo dan met groot verzeer al tegen hunnen dank, 
Al in de zee kwaed cabels, ende zeylen moesten onlryven, 
Lieten 't schip op Gods geleyd en Gods genade dry ven. 

11. 

Zy voeren op Gods genade, meer als vier dagen lank, 
Nog en vonden geenen raed, de zee die was slrank, 
Hunn' mast sneel al in twee; loen moesten zy leed bestieren 
Nog in een ander zee, van wondeilyke avontueren. 

12. 

Dit was hun onbekend, is de Lever-Zee genaemd 
Daer geen schepen van hier konnen varen ongepraemd; 
Zy moeien daer blyven al die in deez' zee geraken; 
Den Herlog, met groot misval, moest daer zyn woonsle maken. 

13. 

Aen deze zee zyn sleenen groot van wonderlyken aerd, 

Die aen yzer, stael en loot blyven hangen ongespaerd; 

Zoo dat er geen schepen voort konnen varen met eencn ; 

Zy moeien blyven in 't verdriet, door het geweld dier steenen. 

14. 

Zy moesten blyven in nood, was het niet een groot geween? 
En moesten sterven de dood, behalvcn den Herlog alleen, 
Die kwam uyt dit krtijs; ten eynd* van even jaien, 
Kwam hy nog weder l'huys, met al zoo groot bezwaren. 



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SOl'VEKinS SCANDI.\AVE>. 



155 



15. 

By deze zee zeer wyd, ligt een wildernisse blool; 
Daer regneerde toen 1er tyd een feilen vogel groot, 
Die rond kwam, zonder falen, alle dagen gevlogen daer, 
Om zyn jongens aes le halen, toen hy het schip wierd gewaer. 

16. 

Dezen vogel groot van macht is genaemd den Griffioen; 
En vloog dag ende nacht, omtrent het schip zeer koen; 
Zoo dat zy hun niet derfden boven op 'l schip begeven, 
Of den feilen vogel fris zou 's hebben weg gedreven. 

17. 

Den vogel was zeer groot en vreezelyk om zien. 
'I Gebeurde eens by nood, dal een van 's Herlogs lién 
Boven 'l schip was gegaen ; den vogel kwam daer gevlogen, 
Eer hy hem wierd gewaer, heeft hem van 't schip gelogen. 

18. 

Den Hertog, hoort myn vermaen, sprak lot zyn heeren fyn : 
« Wy konnen de dood niet ontgaen, 'k wil des vogels spys zyn. » 
Doen sprak den Hertog : « 'l is beter een korte dood te sterven, 
Dan hier op de zee vol honger ellendig le moeten zwerven. » 

19. 

« Doet dal ik u zeggen zal, sprak den Hertog overluyd : 
't Is myn begeeren, naeyl my in den ossen-huyd; 
Legt my dan op 't schip, daer nevens myn zweerd verheven; 
Alsdan komt den griffioen, ik wil my voor hem begeven. »> 

20. 

's Morgens als 't_was schoon dag, den vogel wierd geware, 
Toen kwam alzoo hy plag, terstond opgevlogen dare; 
Heeft den edelen Hertog fris zeer vreezelyk opgenomen, 
En gebragl al zonder manquier by zyn jongen zonder schromen. 

21. 

Dezen vogel zeer schalk bragt den Hertog in zynen nest 
En vloog wederom van daer naer 'l zelve schip haer besl; 
Maer den Hertog, heel beroert, was benouwt in al zyn leden, 
Heeft terstond met zyn zwcird de huyd open gesneden. 

22. 

Hy vond zich daer alleen by deze griffioens bloot, 
Dees heeft hy mei verzeer met zyn zweird gesneden dood: 
En den edelen Hertog toen en dorst daer niet langer blyven, 
Hy dacht, komt den griffioen, hy mogl my ook onllyven. 



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INC. 



>ca.ndixayim:he hkki.nmebi.iceji. 



23. 

Hy ging terstond van daer, en was heel verblydt 
Dal hem God van dit bezwaer geholpen had subyt. 
Den Hertog door hongersnood, alzoo men wel mag weten, 
Heeft hy van ellende groot wilde kruyden moeten eten. 

24. 

Het gebiirde op eenen dag, den Hertog docht onbevryd, 
In de wildernis hy zag eenen wonderlyken slryd 
Van twee wilde dieren, eenen lintworm vreed van tochten, 
'l Ander eenen leeuw zeer groot, die legen malkaer vochten. 

25. 

Den Hertog zeer verzeerl en benouwt al toter dood, 
Hy en dorst voor dat gediert zich daer niet begeven bloot. 
Den leeuw heeft hem geweird, zoo hy zag den slryd begonnen, 
Den lintworm mei zyn sleirt den leeuw zou hebben verwonnen. 

26. 

Den Herlog zeer belaen die dacht met groot bezwaren, 
De dood kan ik niet ontgaen als zy my worden geware; 
Toen dacht den Herlog: 'k heb liever dal my den leeuw onllyve, 
Dan ik met dit fenynig dier hier alleen zou moeten blyven. 

27. 

Den Herlog weirde hem en heeft genomen zyn zweird, 
En zig op God betrouwt, den lintworm zynen sleirt 
Afgeslagen zeer koen. Doen dit zag den leeuw verheven 
Heeft den lintworm toen gebragl al om 't leven. 

28. 

Als den lintworm was dood, den leeuw met couragie styf, 
Die sprong van blydschap schoon al op 's Hertogs lyf, 
En den edelen Herlog ziet wierd bedroefd in alzoo flou wen, 
Den leeuw misle hem niet waer eenen hond hun kwam rouwen. 

29. 

Waer den Hertog ging den leeuw volgde hem naer, 
Hazen en konynen ving, en droeg ze den Herlog aldaer; 
Den leeuw met blydschap groot bleef by hem zonder Mouwen, 
Ging met hem in de dood, was hem altyd getrouwen. 

50. 

De Herloginne, hoord dit bedien, was benouwt in dil gespan, 
Zy en kosle niet hooren van den Hertog haren man : 
Zoo dat er veel heeren haer vervolgden zonder ophouden ; 
Zy meenden den Hertog vsas dood, elkeen wilde zc trouwen. 



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SOIVEMUS SCANDINAVES. 



157 



51. 

De Hertoginne was bedagt, heeft gcpeyst in dat gespan : 
ls myn heer nu dood, zoo zal ik trouwen een ander man, 
't Is niet goed te blyven alleen, dacht zy met groot bezwaren; 
't Is nu zeven jaren geleên, dat men hem van hier zag varen. 

52. 

Van een jonker van magt heeft zy ontvangen de trouwe. 
Den Hertog voor 't geklag, was toen met grooten rouwe; 
In de wildernis hy bleef, en straks zonder falen, 
Kwam daer aen de zee aenstonds een schip gevaren. 

53. 

Den Hertog was bedagt, hy riep den schipper aen kant : 
. Of hy mé varen mogt. Ja, riep hy zeer aillant, 
Den Hertog met kloek verstand heeft van blydschap gekreten. 
In dit schip was den vyand, dit heeft hy niet geweien. 

34. 

Toen zy kwamen aen 't land en den leeuw wierd dit gewaer; 
Zy riepen gelyker hand : Laet die felle beest daer, 
Of wy zullen u niet laten in. Toen sprak den Hertog koen : 
Och! myn vrienden, verslaet, den leeuw zal u niet misdoen. 

55. 

Zy namen den Hertog en den leeuw, hoort myn vermaen. 
Zy voeren over zee, maer den vyand kwam gegaen, 
By den edelen Hertog fier, en riep met groot vergrouwen : 
Alynheer, wal doet gy hier? uw vrouw zal morgen trouwen. 

56. 

Als den Herlog heeft gehoord van zyn huysvrouw zulk vermaen, 
Hy wierd geheel gestoord, en sprak zeer onbekwaem : 
'k En kan niet gelooven, zy beloofde hem zonder ophouden, 
Toen ik van haer oorlof nam, geen ander man te trouwen. 

57. 

Toen sprak den vyand snood : Herlog, dal is immers waer; 
Maer zy meynt gy zyl lang dood; dus, heeft zy zonder vaer 
Een ander in haer zin. En zal dat u niet rouwen, 
Dat een ander om gewin zal slapen by uw vrouwe? 

38. 

Het zou my verdrieten zeer, wist ik de waerheyd klaer. 
Wat zou my balen, heer, ik ben le verre van daer. 
Ik kan 'l belellen, ziel... sprak hy : hoorl myn bedieden : 
'l Is my een groot verdriet dal ik 'l moei lalen geschieden. 



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158 



SCANDINAVISCHE HERINNERINGEN. 



59. 

Den vyantl naer zyn geneir, sprak : wat zulde geven my, 
Dal ik u morgen vroeg, heer, al slapende brengen vry, 
Te Brunswyk in de slad, daer uw paleys is verheven ; 
Wilde beloven dat g'uw ziel aen ons zult geven? 

40. 

Den Hertog met verstand, sprak : Myn ziel geef ik niet, 

't Is al te dieren pand, alzoo te geven met vlyt; 

Nogtans is myn begeeren fris, al pro in myn land te wezen, 

Maer myn ziel van grooten prys hoort toe den Heer geprezen. 

41. 

Den Hertog zeer versaegt, heeft hem hier op bedocht 
Of my God de gratie gaev' dat doen ontslapen mogt; 
Den leeuw docht hy aldaer is my getrouw zonder staken ; 
Als hy 't land word gewaer, zal hy geruchte maken. 

42. 

Den Hertog met vrees bcnouwd, sprak lol den vyand satan : 
Wel aen! ik ben te vrê, maer den leeuw moet met my gaen 
En gy zult my beloven, ziet... te brengen zonder ophoiwe 
En slapen zonder verdriet voor hel paleys van myn huysvrouwe. 

43. 

Den vyand docht: 'l is goed profyt, hy heeft de reys aenveerd, 
Den Hertog met kloeken moed viel in slaep zeer ongedeerd; 
Dus meende den vyand, ziel, zyn ziele te benouwen, 
Maer hy kost volbrengen niet, want den leeuw bleef hem getrouwe. 

44. 

Op eencn korten lyd was den vyand over zee 
Met den Hertog heel bevryd, maer den leeuw al met onvree 
In zyn armen lag. Als nu hel land begonst te naken, 
Heeft hy zonder verdrag groot gerucht beginnen le maken. 

45. 

Met zyne klauwen groot heeft den leeuw gemaekl misbaer 
In 's Hertogs aenschyn bloot zeer gekrouwt aldaer 
Den leeuw door liefd' zeer groot om zyn' Heer wakker te maken, 
Heeft met zynen poot zeer gekwetst 's Hertogs kaken. 

40. 

Den Hertog aldus wierd zeer wakker op dal pas; 

Den leeuw nog langst hoe meer aen 'l huylen en tieren was, 

Zoo dat den Hertog ontsliep met grootc vreezen, 

Dal hy met luyder slemme riep : ó Heer! wilt my genadig wezen. 



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SOUVENIRS SCANDINAVES. 



459 



47. 

Den vyand was zeer kwaed, maer hy moest volbrengen gaen 
't Gene hy hadde beloofd aen den Hertog (wilt verslaen) : 
Hem te brengen van stonden aen voor zyn paleys verkoren, 
Maer had het den leeuw niet gcdaen, 's Hertogs ziel was verloren. 

48. 

Den Hertog was verblyd toen hy was uyl het verdriet. 
Hy heeft met g root en vlyt zeer neerslelyk bespied, 
Vraegde zoo overluyd naer zyn slede huysvrouwe; 
Elk zeyde : Zy is de bruyd en zal morgen trouwen. 

49. 

Als een bedelaer gewis ging hy met zwaer gepeys, 
Met dezen leeuw getrouw, liggen voor zyn paleys. 
Daer zag hy met verdriet veel jufvrouwen en heeren; 
Niemand en kende hem niet, 't was voor hem groot verzeeren. 

50. 

Het volk was bevreesd van dezen leeuw te zien; 
Elk riep: Wat een groote beest! wilt van dezen bedelaer vlién. 
Zoo dal men hem deed vertrekken van daer zeer sane; 
Want de Hertoginne moest aldaer naer de kerke gane. 

51. 

Den Hertog, hoort myn bedien, ging op de stralen ras 
Om de Herloginne te zien, die zyne huysvrouwe was; 
Maer denkt eens wal rouw liet den Hertog zonder flouwe, 
Als hy zyn vrouwe zag met een ander heer gaen trouwe. 

52. 

De Hertoginne wierd getrouwd, met veel deugden ras, 

Den Hertog zeer benouw, toen in zyn zeiven was; 

En sprak vry onbelaen sommige heeren uylverkoren; 

Elk hield hem voor bedelaer, niemand en wou hem hooren. 

53. 

Zyn kleèren toen aldaer, eylaes! en dochten niet, 
Want hy hadde zeven jaer, met pyn en zwaer verdriet, 
Gedoold met groot beklag le water en te lande, 
Alzoo men weten mag, dal was voor hem geen schande. 

54. 

Als dan, korts na den noen, de maeltyd op 't beste was, 

Veel edel heeren waren naer de feesl op 'l zelve pas; 

Den Hertog ging van daer, met zuchten ende kermen, 

Om een dronk wyn of bier; niemand wou over hem ontfermen. 



ICO 



SCANDINAVISCHE HERINNERI.N'GE.X. 



55. 

Maer korts daer nae kwam een die hy bad vriendelyk, 
Al om een dronk ter eeren den Hertog van Brunswyk. 
Zeg eens aen de bruyd, sprak hy, zonder verzeere : 
Zy my een dronksken zend, tot gedenkenis van haren heere. 

5G. 

Den knecht, met een klaer bescheyd, die ging al op dal pas, 
En heeft de zaek verbreyd aen de Herloginne ras : 
Myn weerde vrouw fris, daer is een arm man beneden, 
Tereere den Hertog van Brunswyk zoud my een dronk water geven. 

57. 

De Herloginne, zeer koen, sprak met woorden in dit gespan : 
« Dit wil ik geerne doen, want dat was eens mynen man, 
Die, eylaes! nu is dood! God wilt zyner ziel gedenken; » 
En uyt eene schael van goud gaf zy den man te drinken. 

58. 

Den knecht sprak overluyd den Herlog zonder verdriet, 
« Dezen wyn zend u de bruyd voor een gedenkenis, ziet... » 
Den Herlog den wyn ontBng, en heeft den zeiven stonde 
De helft van haren ring met de schael weêr gezonde. 

59. 

Toen d'Hertoginne, ziet... die zoo zag in dit gespan, 
En riep met groot dangier : « 't Is mynen eygen man ! » 
Zy heeft zonder verzet het sluk van den ring verheven, 
't Een tegen 't ander gezet, 't is vast aen malkaer gebleven. 

60. 

't Was een mirakel groot van den almogenden Heere 
De Herloginne was zeer benouwt, die was zonder verzeere 
Van tafel ras opgestaen, haren Heer ging zy ras inlaten. 
Den bruydegom was belaén, hy mogt by zyn bruyd niet slapen. 

61. 

Daer was een grool gekryt onder des bruydegoms vrienden, 
Die te voren waren veiblyd, en lieten hun daer vinden; 
De Herloginne met beklag viel met blydschap van haer zeiven, 
Toen zy haren Heere zag, haer herle scheen te overstelpen. 

62. 

Als een Herlog zeer fier wierd aenstonds gekleed, 
En zoo in alle kwartier voor een wonder zaek verbreed. 
Den Hertog met bezwaer zyn ryk wederom verworven, 
Maer korten lyd daer naer den Herlog is gestorven. 



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SOLVENinS SCASUUIAVES. 



161 



«3. 

Hoort, niet wat liefde groot dezen leeuw was nu hevaén, 
Als den Hertog was dood den leeuw wou van daer niet gaen. 
Toen men 't lyk 1er aerdc droeg, deze beeste ging ook mede; 
Bleef op 't graf spade, en bleef lijden met een groot onvrede. 

64. 

Met veel huylen en tieren bedreef hy grooten rouw, 

Dezen leeuw op 't zelve graf was zynen heer getrouw; 

Hy en wilde eten noch drinken, niemand kost hem verworpen, 

En zoo met groot verdriet is hy ten laetste gestorven. 

65. 

De Herloginne van Brunswyk liet komen in 'l openbaer, 
En schryven in de kronyk ende maken een schoon pilaer, 
Die ze by *l graf stellen liet met een leeuw dacrop gesneden, 
Tot gedachtenis zoo men ziel nog op den dag van heden. 



LE DUC DE BRUNSWYK. 

1. Ecoutez, pauvres el riches, on vous chantera les aventures du Duc de 
Brunswyk; comment il rassembla ses forces et ses compagnons pour faire la 
guerre sur mer. 

2. Il s'empressa de faire construire un grand nombre de vaisseaux bien équi- 
pas, et se mit ainsi n la mer. Mais son épouse alarmée le supplia avec angoisses 
de presser son retour autant qu'il le pourrait. 

5. Le Duc répondit : Ha digne épouse, si, après sept ans d'absence, tu ne 
me revois pas, prend un autre époux, j'y consens; mais prie le Seigneur des 
Seigneurs de me foire la grâce d'un heureux retour. 

4. — Et voyez — la Duchesse accompagna, en pleurant, son mari jus- 
qu'aux vaisseaux, où le Duc prit congé d'elle; elle le pressa duns ses bras et lui 
dit : Cher époux, conserve la moitié de cette bague en souvenir de moi. 

5. A sn prière, le Duc accepta la moitié de la bague, et la Duchesse s'éloigna 
de lui en pleurant et alla cacher ses soupirs et ses larmes au fond de son palais. 
Le Duc fit route; il eut mieux fait de rester dans ses états. 

6. Sur mer une tempête l'assaillit; mâts cl voiles furent mis en pièces; tout 
périt; le navire du Duc échappa seul au désastre. 

7. Le Duc, que celte perte n'iivait point abattu, continua résolument sa 
course, sans but aucun et contre Pu vis de son équipage. Ils voyagèrent pendant 
plus de quatre ans ne rencontrant personne et n'abordanl jamais à terre. 

8. Leur vaisseau était très grand, bien pourvu de vivres, de farine, de pnin, 
de poudre et autres provisions, ainsi que d'un grand nombre de peaux de 

21 



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ir.2 



m:A.\UINAVISCIIF. HERirNEntSiifcV 



l>œufs, servant à boucher les trous faits aux vaisseaux par les projectiles de 
guerre. 

0. Ils voguèrent pendant longtemps ; enfin, le noble Duc leur parla avec 
tristesse : Mes chers amis, continuons de voguer n'importe où, jusqu'à ce que 
nous atteignions la terre. 

10. Le vent souffla avec plus de violence encore et la mer devint si houleuse 
qu'ils furent obliges, pour surcroit de chagrin et malgré eux, de resserrer les 
cables et les voiles et de laisser voguer le navire à la garde de Dieu. 

11. Ils naviguèrent pendant plus de qualrc jours à la merci du Ciel, sans 
pouvoir prendre aucune résolution. Par l'impétuosité de la mer, le mât de leur 
navire fut brisé. Puis, dans une autre mer, ils eurent encore d'autres aventures 
à essuyer. 

12. C'était une mer inconnue; on In nomme Lcver-zce. Les vaisseaux de 
nos pays ne peuvent y naviguer. S'ils entrent dans celte mer, ils y restent. 
Le Duc, pour son malheur, dut y demeurer. 

13. Dans cette mer se trouvent des pierres remarquables par leur qualité 
merveilleuse; le fer, l'acier, le plomb s'y attachent, de manière qu'aucun 
navire n'y peut continuer sa route; tous doivent s'y arrêter par la force de ces 
pierres. 

14. C'en était donc fait du navire et de l'équipage. Tous, le Duc excepté, y 
périrent misérablement; lui seul échappa, au bout de sept ans, à tant d'infor- 
tunes et revint chez lui accablé par tant de malheurs. 

15. Près de cette mer immense se trouve un pays désert; là vivait un oiseau 
d'une force et d'une taille extraordinaire, qui tous les jours volait dans ces 
parages. Il cherchait la nourriture de ses petits, lorsqu'il aperçut le navire. 

16. Ce redoutable oiseau se nomme Griflîon ; il volait jour et nuit autour 
du navire. Pas un homme n'osait paraître sur le pont de peur de devenir à l'in- 
stant la proie du griflion. 

17. L'oiseau était très grand et affreux à voir. Il arriva une fois qu'un 
homme de l'équipage monta sur le navire au moment où le Griflion vint à 
passer ; avant que le malheureux ne l'eût aperçu, il fut enlevé. 

18. Le Duc — écoutez mon récit! — dit à son équipage: Nous ne pou- 
vons échapper à la mort ; je veux être la proie de cet oiseau ; il vaux mieux une 
prompte mort que de périr de faim sur mer. 

19. Faites ce que je vous dirai, leur dit le Duc à hante voix : je veux être 
cousu dans une peau de bœuf; placez-moi ensuite sur le pont, mon épéc à mes 
côtés; quand le Griflion se présentera, je veux me mesurer avec lui. 

20. Le lendemain matin et pir un beau temps, l'oiseau se lança comme de 
coutume dans les airs, et fondit sur le navire du noble Duc, qu'il enleva 
aussitôt et porta à ses petits. 

21. L'audacieux oiseau, ayant déposé le noble Duc dans son aire, s'envola de 
nouveau vers le navire; le Duc, tout troublé et tremblant, se hata de couper 
avec «on épee la peau qui l'enveloppait. 



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MM VI- M II S M:A*UI>AVLS. 



|f,3 



22. Se voyant seul auprès de ces jeunes griffions, le Duc les lua, mais il n'usa 
y rester plus longtemps de peur que l'nrrivée du Griffion ne mit fin à sa pro- 
pre vie. 

23. Il seloigna donc de ces lieux le cœur content de ce que Dieu l'eut retiré 
d'un aussi grand péril. Le Duc étant affamé, comme on peut bien le penser, 
devait se nourir de racines sauvages. 

24. Il arriva que le Duc, toujours errant dans ce désert, vit un jour un 
combat extraordinaire de deux animaux sauvages : l'un était un serpent à 
l'instinct farouche, l'autre un lion d'une taille prodigieuse. 

25. Le Duc, troublé et craignant pour sa vie, n'osa pas se présenter devant 
ces animaux. Il avait vu la terrible défense du lion contre son ennemi, qui 
l'élraignait de sa queue. 

26. Dans cette horrible position, il se dit en lui-même : Je ne puis éviter la 
mort, si ces animaux m'aperçoivent. Or, j'aime mieux cire la proie du lion que 
d'être réduit à demeurer dans la compagnie de cet animal véniracux. 

27. Là-dessus, il prit une épéc cl se confiant en Dieu, il trancha courageuse- 
ment la queue du reptile; ce que voyant, le Ber Lion se mit a achever son re- 
doutable ennemi. 

28. Le reptile ayant été tué, le courageux lion sauta de joie sur le Duc 
comme pour le caresser. Or, celui-ci était affaibli par la faim, et le lion lui 
devint un compagnon plus fidèle que le chien ne Test à son maître. 

20. Partout où allait le Duc, le lion le suivait; tout le gibier qu'il put 
prendre, il le lui apportait. Le lion, dans sa reconnaissance, était à ses côtés et 
lui restait lidèle jusqu'à la mort. 

30. Pendant tout ce temps-là, la Duchesse était dans l'anxiété, ne pouvant 
avoir aucune nouvelle sur le Duc son époux. Plusieurs seigneurs le croyant 
mort, recherchaient sa main cl voulaient l'épouser. 

31. Dans celte perplexité, la Duchesse se dit en elle-même : Puisque mon 
époux est mort, j'épouserai un autre seigneur. Pourquoi resterai je veuve? 
Voilà sept ans écoulés, depuis qu'on le vit partir d'ici: 

32. Elle reçul la foi d'un jeune cl puissant seigneur; quand pour son mal- 
heur, le Duc, pendant ce temps-là, restait accablé de chagrin dans le désert. 

33. Le Duc prit son parti et appela le capitaine, demandant s'il pouvait 
être pris à bord. Oui, répondit le capitaine. Le Duc pleura de joie; il ignorait 
que son ennemi était dans le navire. 

34. Quand le navire fut pris de la côte, le lion s'en aperçut. Des cris se firent 
entendre : Laissex-là ce cruel animal, ou vous ne vous embarquerez pas. Alors 
le Duc dit avec douceur : Oh ! mes amis, le lion ne vous fera aucun mal. 

33. — Écoutez mon récit. — On mit le Duc et le lion à bord ; on prit le 
large. Alors son ennemi satan s'approcha fièrement du Duc cl lui dit : Seigneur, 
que fais-tu ici? Ton épouse se marie demain. 

30. Le Duc, en apprenant une pareille nouvelle, en fut troublé et tout dé- 



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164 



KCiMDI.VtVfeCllE HKniMiNtBIÎiGLJf. 



concerté, il répondit : Je ne puis le croire; quand je pris congé d'elle, elle me 
promit fort résolument de ne point se marier & un autre homme. 

37. Alors son ennemi dit avec malice : Duc, c'est vrai, mais elle te croit mort 
depuis longtemps; elle porte sans doute son affection sur un autre. Ne regret- 
teros-tu pas qu'un autre partage le lit de ta femme? 

38. — Cela me ferait de la peine, si j'en étais convaincu. Mais qu'y faire? Je 
suis trop éloigné de ces lieux. — Je puis l'empêcher, dit l'autre : écoute mes 
conditions. — Il m'afflige heaucoup de ne pas pouvoir m'y opposer. 

39. Sur le désir du Duc, l'ennemi parla ainsi : Que me donneras-tu, seigneur, 
si demain, de bonne heure, je te porte, sans troubler ton sommeil, à Brunswyck 
dans la ville, où est situé ton palais? Veux-tu me promettre que tu me donneras 
ton âme? 

40. Le Duc répondit sagement : Mon âme ! je ne la donne pas; c'est un gage 
trop précieux pour s'en défaire de gaieté de cœur. Cependant je désire vivement 
revoir ma patrie, mais mon Ame, qui a coûté si cher, appartient à Dieu. 

41. Le Duc embarrassé réfléchit. Si Dieu, se disait-il, me faisait la grâce de 
m'éveiller, le lion, qui est constamment h mes côtés, fera du bruit, quand il sen- 
tira la terre. 

42. Le Duc, avec émotion, dit ù satan : lié bien! je suis d'accord, mais le 
lion doit m'accompagner, et tu me promets de me porter, sans tarder et dor- 
mant paisiblement, devant le palais de mon épouse. 

43. Le démon se dit : La conquête est bonne; il accepte le voyage. Le cou- 
rageux Duc s'endormit paisiblement; le démon pensa s'emparer de son âme, 
mais il ne le put, car le lion lui resta fidèle. 

44. En peu de temps, le démon avait passé la mer, portant le Duc sain et 
sauf; mais le lion, qui était couché avec inquiétude dans ses bras, se mit à faire 
du bruit, dès qu'il sentit qu'on approcha de la terre. 

4.1. Le lion Gt du bruit et promena ses lourdes pattes sur le visage du Duc 
endormi; tant était grand son désir d'éveiller le Duc. Il le blessa de ses griffes à 
la joue. 

46. Le Duc se réveilla; le lion ne cessa de rugir et de faire du bruit, jusqu'à 
ce que le Duc, complètement éveillé, s'écria à haute voix : Seigneur, soyez-moi 
propice. 

47. Le démon était irrité, mais il devait accomplir sa promesse envers le 
Duc. — Vous le savez. — II lui avait promis de le porter directement devant la 
porte de sou palais; mais, sans le lion , le Duc perdit son âme. 

48. Le Duc était content, quand il se vit délivré de son ennemi et de ses mal- 
heurs. Il se hâta de l'informer de tout, demandant avec instance des nouvelles 
de son épouse; chacun lui répondit : Elle est fiancée; demain clic se marie. 

49. Ayant l'air d'un mendiant et avec ses graves penséps dans le cœur, il alla 
avec son fidèle lion s'asseoir devant son palais ; il vit là avec bien du chagrin un 
grand nombre de seigneurs et de dame?; personne ne le reconnut, ce qui aug- 
menta sa tristesse. 



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S0L-VLNM1S SCA.NUI.XAVIS. 

50. Le peuple était épouvanté de voir le lion. Chacun s'écria : Quel énorme 
animal ! Fuyez ce mendiant : On le fit donc incontinent partir; car la Duchesse 
devait passer par là pour se rendre à l'église. 

51. Écoutez mon récit. — Aussilôt le Duc erra dans les rues pour voir In 
Duchesse, son épouse; mais imaginez-vous quelle peine dut éprouver sa grande 
Ame, quand il vit sa femme se disposant à se donner à un autre seigneur. 

52. La Duchesse fut mariée; le Duc en fut effrayé, quand il rentra en lui- 
même. Il s'approcha de quelques grands seigneurs pour leur parler; tous le 
regardèrent comme un mendiant; personne ne voulut l'écouler. 

53. Hélas! ses vêlements étaient en lambeaux ; rar, pendant sept ans, il avait 
traîné sa trisle existence sur terre et sur mer; et cela, on le sait bien, ne put 
être pour lui une honte. 

54. Lorsque qu'après midi le festin était dans tout son éclat, le Duc s'éloigna 
en soupirant. Personne n'avait voulu lui donner une coupe de vin ou de bière, 
personne ne voulut avoir pitié de lui. 

55. Mais, peu après, s'en vint quelqu'un qu'il pria amicalement de lui donner 
à boire en l'honneur du Duc de Brunswyek ; dis à la fiancée, sans crainte, qu'elle 
m'envoie a boire en souvenir de son époux. 

56. Le valet, se rendant à sa prière, alla sur-le-cliamp en faire part à la 
Duchesse : Noble dame, dit-il, ln-bns est un pauvre homme, qui vous demande 
à boire en l'honneur du Duc de Brunswyek. 

37. La Duchesse, avec affabilité, dit : J'y consens volontiers; car, autrefois, 
le Duc était mon époux; maintenant, hélas! il est mort. Que Dieu ait pitié de 
son aine. Elle fit donner à boire à cet homme dans une coupe d'or. 

58. Le valet revint près du Duc et lui dit : La fiancée t'envoie ce vin en 
souvenir de son premier époux. Le Duc accepta le vin et en même temps ren- 
voya la coupe, dans laquelle il avait placé la moitié d'une bague. 

59. A la vue de cet objet, la Duchesse s'écria avec force : Cet homme, c'est 
mon propre époux ! Elle plaça la moitié de la bague près de celle qui lui était 
resiée cl soudain les deux moitiés adhérèrent l'une à l'autre. 

60. C'élait un miracle du Tout-Puissant. L'innocente Duchesse était effrayée 
et quittant la table, elle alla introduire son époux; le fiancé fut désappointé de 
ne pouvoir rester près de son épouse. 

61. Il y eut grande clameur parmi les amis du fiancé, qui un moment aupa- 
ravant se trouvaient réunis en fête; mais l'émotion les gagna tous, quand lu Du- 
chesse, à la vue de son mari, sentit son cœur se briser et qu'elle s'évanouit. 

62. Le Duc mit d'autres habits; son arrivée fut annoncée dans toute la ville 
comme l'effet d'un miracle. Le Duc reprit la direclion de ses états, mais peu de 
temps après, il mourut. 

63. Écoutez combien le lion aimait son maître ! 11 ne voulut point même le 
quitter après sa mort. Quand on alla confier à la terre le corps du Duc, le lion 
l'y accompagna, resta constamment sur la tombe et s'y coucha accable de 
douleur. 



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ici; 



Scandinavische ncniNMtniMii.>. 



fii. Ses rugissements et ses cris ne firent que trop voir quelle était son nfflic- 
tion. Dans ce lieu de mort et de désolulion, le lion resta fidèle h son maître. Il 
ne voulut ni boire ni manger; personne ne put le consoler, il mourut ainsi sur 
la tombe du Duc, son maître. 

65. La Duchesse de Brunswyck fit annoncer partout celle aventure, In fit 
inscrire dans la chronique, et fit tailler une belle colonne surmontée d'un lion, 
qu'elle fil placer sur le tombeau de son époux, et qui nous rappelle encore au- 
jourd'hui ce merveilleux événement. 



Nous donnons ici celle pièce telle qu'elle est chantée dans tuulc noire Flandre, où elle 
est 1res populaire. KIlc est plus complète que dans Willcms, qui du reste semble en avoir 
connu une version plus développée que la sienne. 

Suivant M. le docteur Sncllaert, qui a accompagne le texte de Willcms d'une note 
intéressante, ce chant est très ancien et rappelle tant par sa forme que par sa composition 
intrinsèque les deux épopées des flïibdungrn et de Gaedroen. M. Sncllaert y signale d'une 
manière ralionncllc les rapports qui existent enlro le rhythme poétique des deux poèmes 
cilés et celui de notre chant. Il fait remarquer également l'analogie qui se rencontre de 
part et d'autre dans ces deux épisodes caraclérisliqurs. 

Quant au rhythme, on observera, comme une chose curieuse, que la mélodie donnée ici, 
a précisément le rhylhmc signale par M. Sncllaert, d'après Théodore Vernalckcn. Cette 
mélodie est évidemment ancienne. Suivant nous, elle remonte au moins au XV» siècle; ce 
qui nous donne celte conviction, c'est l'ensemble tonal de l'air, l'absence de toute note 
sensible cl l'emploi au contraire de la même note sans signe accidentel, de telle sorte que 
celte note se trouve à un ton inférieur de la tonique au lieu de n'en être qu'à un demi- 
ton, comme dans la musique moderne. 

Cette mélodie est une des plus remarquables de celles que nous publions dans ce recueil. 
Aussi nous félicitons nous d'avoir pu la trouver dans l'état où nous la donnons cl que nous 
regardons comme son étal primitif. 



XLVIII. 



DE MINNEBODE. 



Daer was een sneeuwwit vo - gel - tje, daer was een sneeuw- 




wit vo-gel - tje al op ccu ste-kend door-ne-tje. Dm don dey 



ne, al op cen ate-kend door-ne-tje, din don don. 

Daer was een sneeuwwit vogeltje, 
Al op ten stekend doornetje. 
Din don, enz. 



sorvr.xins scAxnmvEs. 



167 



2. 

— « Wilt gy niet mynen bode zyn? » 

— « Ik ben Ie kleyn een vogclkyn. » 
Din don, enz. 

5. 

— « Zyt gy maer kleyne, gy zyt .snel; 

Gy neet den weg? » — « Ik weet bem wel. » 
Din don, enz. 

4. 

Hy nam den brief in zynen bek, 
En vloog er meê tot over 't hek. 
Din don, enz. 

5. 

Hy vloog tot aen myn zoel liefs deur. 

— « En slaep yc, of waek ye, of zyt gy doodt? » 
Din don, enz. 

6. 

— « 'k En slape noch 'k en wake niet; 
Jk ben getrouwd al een half jaer. » 
Din don, enz. 

7. 

— « Zyt gy getrouwd al een half jaer; 
Het dochtc my wel duyzend jaer. » 
Din don, enz 



LE MESSAGER D'AMOUR. 

1 . Un petit oiseau, blanc comme neige, se balançait sur une brandie d opine. 

2. — « Veux tu être mon messager? « — « Je suis trop petit, je ne suis 
qu'un petit oiseau. » 

3. — « Si tu es petit, tu es subtil; tu sais le chemin? » — m Oui, je le con- 
nais bien. » 

4. Il prit le billet dans son bec, et l'emporta en s'envolant. 

3. Il s'envola jusqu'à la demeure de m'amie. — « Dors-tu, veilles-tu, es-lu 
trépassée? » 

6. — « Je ne dors ni ne veille, je suis mariée depuis une demi-année. » 

7. — « Tu es mariée depuis une demi-année. 11 me semblait que c'était 
depuis mille ans. » 

Cette pelile pièce, remarquable par sa naïveté et sa douceur, est peut-être un souvenir 
ou une imitation d'un épisode du poème Scandinave, intitulé : Coedroen, qui, selon le 



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iC8 



>CAM»l>AVIsCni: IIIHINNLIil.VÜI.N. 



• 

savant Docteur Snellaert, do Gand, appartiendrait plus particulièrement a la Flandre 
maritime. 

M. F.iekoiï — TnUcuu de la littérature du .Word au moyen-âge, p — est favorable à 
cette opinion. » Le sujet du poème de Gudrun, dit-il, est tiré des sagas du nord, quoiqu'il 
soit difficile de préciser sa source à la fois saxonne et Scandinave, il est probable toutefois 
qu'elle se rapporte aux exploits maritimes du IX' siècle, quand les rois pirates danois et 
frisons envahirent à la fois les côtes et fondèrent en Angleterre, en Irlande, en Belgique 
des colonies agressives et rivales. • Le même écrivain dit ailleurs : « A celle série plus 
curieuse qu'instructive, plus aventureuse que guerrière, plus calme et murale qu'émou- 
vante, se rattache une œuvre capitale de cette époque qui, avec maint défaut, offre de 
grandes beautés. Le poème de Gudrun qui, sous certains rapports, justilic son titre d'Odissée 
allemande, s'élève indubitablement par sa grâce naïve, et souvent par son énergie, au- 
dessus dos plus célèbres productions contemporaines, qu'il efface toutes, à l'exception d'une 
seule, enthousiaste et guerrière, comme l'Illiade. . 

Voici la seène qui semble avoir du rapport avec notre chanson. La belle Gocdroen, dont 
les brillantes qualités avaient frappé d'admiration tous les princes qui avaient visite la 
cour de son père, avait été fiancé à llervvig, après un combat où le jeune guerrier avait 
fait preuve d'une grande valeur. Mais l'alliance fut différée pendant un an. Ilarmoed, un 
des rivaux d'Herwig, profitant de l'absence du père de Gocdroen cl de son fiancé qui étaient 
allés combattre Sigfried, enleva la jeune princesse, et sur son refus de partager sa cou- 
ronne, la condamna aux travaux les plus pénibles de la domesticité. 

Ln jour que Goedrocn et sa compagne étaient à laver «lu linge sur la plage déserte, elles 
virent soudain sur les flots un oiseau qui nageait vers elles. 

« Mêlas, cher oiseau, dit la princesse, tu as donc pitié de mon sort? Alors l'oiseau céleste 
• fil entendre ces douces paroles. Je suis un messager du Christ, tu peux m'iuterroger sur 
« ceux qui te sont chers. • 

Elle fait des questions sur sa mère, sur son père, son fiancé, les amis de son père et elle 
apprend qu'elle va les revoir. 

Sans prétendre établir une similitude entre celte scène des plus attachantes et notre petite 
chanson toute simple, toute naïve, l'oiseau qui sert de messager dans les deux pièces n'in- 
dique t-il pas un certain rapport entre ces deux episode>? Cela nous a semble ainsi, et 
nous avons cru devoir faire remarquer ce rapprochement. 

Peut-être faut-il n'y voir qu'une imitation toute simple de la Colombe du vieillard de 
Théos, ou seulement une inspiration naïve du sentiment le plus naturel du monde. Du 
reste, cette chanson, à pari le refrain, est ancienne. M. Ph. Wakcrn.igel (llihliographie der 
deutschen Kireltrnliide* , p. MU) décrit un volume de chansons flamandes, intitulé: Een 
niuiw Liedcnhoeek, van alle nieuwe gedichte-lirdekenf, die noyt in druk en zyn ge- 
weest, etc., 1S62, et dans lequel se trouve une pièce sur l'air populaire : 

« llri >ii rrn «nfru.il loprlkm 
» Al op »)l> ftr»lr (.lujme » 

M. Sncllaerl (Willems. p. M6) cite la même chanson d'après M. Mfinc. 

Noire chanson se trouve dans le recueil de M. Willems, à qui nous l'avions envoyée 
en 1810. .Nous la donnons de nouveau ici d'une part, parce que c'est une chanson qui est 
particulièrement chantée dans notre pays et ensuite parce que la mélodie, que nous avons 
adressée à M. Willems. n'est pas très exacte. Nous témoignons ici le regrel de n'avoir pu 
la donner alors dans toute sa pureté. La raison en est qu'à cette époque nous l'avions 
recueillie d'une bouche accoutumée à la tonalité moderne. Depuis nous l'avons entendu 
chanter par d'autres personnes et nous n'avons pas eu de peine à remarquer que cet air est 
dans une tonalité particulière aux plus anciennes mélodies flamandes. 

Il y a ausssi une léuère différence dans le début de l'air; mais la différence essentielle, 
caractéristique réside dans l'absence de tout signe accidentel. Cette mélodie doit évidem- 
ment être rangée parmi les plus anciennes qui nous sont conservées. 

Le texte que nous rapportons diffère un peu de celui publié dans Willems; il est plus 
complet. 



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6. 



SAGAS, BALLADEN EN LEGENDEN. 



SAGAS, BALLADES ET LÉGEXDES. 



EXPLICATION DES SUETS DE LA PLANCHE CI-CONTRE. 



Les deux jeunes fiih-s du 



Les trois jeune* filh>. Trouvère 

au pied d'un tilleul. 



Lu fille du Soudan. 



Jeanne et ses enfants. Les t/uatre compagnon*. 



Tloris et Manche fleur. 



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SAGAS, IIALLADCS ET LÉGLNDCS. 



171 



DE TWEE KOMNGSDOCHTERKF^S. 



Andantino. 



hen ko- mui? 



«s 



en ko-ning die hnd -de twee dochter- keus. Zy wa- reu al -le 



bey - de zoo schoo - ne. Tocli die jong-ste spau-de de kroo 



3F 



ne. lie jông-ste die zey : Va -der, 'k ga naer de kerk. 



De 



» 1 il *r- 

— m — * — — 1 — ) V 



— • M I— » - / il 

twee -de die sprak : Al - leen kunt gy er gaen. En z'is dan op 



A -VI 



:=1 



haerslaep-ka - mer-ktu ge - gaen, eeu kroo -ne van goud op haer 



hoofd ge — daeii. Dan-scu en springen moest daer vo - ren, ja daer 



vu -ren, dan-seii en springen moest daer vo - ren gaeu. Zy 



— l l- T=l— q 



♦ - 



•=i: 



stier-ven al - le twee in ee-neu naeht. DYerste die stierf als de 



«■«--» ^- ^-1-) / _ ^ — , 



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t midden van den naeht. D'ou-de man moes te twee wa - gcn-tjes 



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uni er met zyu kiu-ders ten he-me-kn te gaen. Als hy 



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172 



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't jongste raaeg-de - ke had rc - vc - ren-tie gc 



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ik u mis-daeu, dat ik mvtmyn zus- ter niet ter he-mc-lcn mag 



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gaen? Uw zus -ter is naer de ker-ke ge - gaen, en gy zyt 



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naer uw slacp - ka- iner-keu ge - gaen, een kroo-ue van goud op uw 



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hoold ge - daen. Dan- se n en springen moest daer vo-ren, ja daer 



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vo-ren, dan-sen en springen moest daer vo-ren gaen. Zy 
*— r ^m— 1— , 1— zzfctaö: 



l' wrong haer han den in luid gc - tier, en riep toen : Doet o - pen, o 



lielseh por - tier, hier is er nog een' ver - lo - reu ziel. De 
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1 hel-sehe poor-tc wiert o - pin gc - daen, en zeis dner he-nen, daer 



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he-uen ge - gaen. Ten eer-Men, ze hrng- !en luier daer een 



Mooi; ten iwcedrn, ren kis sen /.on linrrl en r.«n koel; ten 



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SAGAS, BALLADES ET LtCKMDIS. 



173 



der-den, men mack- te ze daer ce-nen drank van sol - fer en 

•9 \ 



m. 



pek; niets heeft vuil -de- ren stank. Zy zet -te, zy zet - te dien 



drank aen haer mond ; zy dronk en ze dronk, maer en zag er in geen 



grond ! En ze zonk dacr - na in de hel - le, in de hel - Ie, zy 















É- 






^è=- 



zonk daer - na in der 



hel - le 



grond. 



Een koning die hadde Iwee dochlerkens. 
Zy waren alle beyde zoo sclioone ! 
Toch de jongste spande de kroone. 

De jongste «lie zey : « Vader 'k ga naer de kerk. » 

De I woede die sprak : « Alleen kunt gy er gaen. » 

En ze is dan op haer slaepka merken gogaen, 

Een kroone van goud op haer hoofd gedaen. 

Dansen en springen moest daer voren — ja daer voren, 

Dansen en springen moest daer voren gaon. 

Zy stierven alle twee in eenen nacht. 

D'eersle die stierf als de zon rees ten hemel — ten hemel. 
De tweede die stierf in 't midden van den nacht. 

D'oude man moeste twee wagentjes halen, 
Om <*r met zyn kinders ten hemelen te gaen. 
Als hy by de hemelsche pootte kwam, 
Wierd deze voor hem wyd open gedaen. 

Als 'l jongste maegdeken had reverentie gedaen, 

Is hare zuster ook naer binnen gegaen : 

Maer zy en vvierl er niet welkom onlfacn. 

« Ach, lieven Heer, wal heb ik u misdaen, 

Dit ik mei myn zuster niet ter hemelen mag flacnV » 



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174 s\«;a>, cauadin ix iix.txuts. 

— « Uw zusier is nacr de kerke gegaen, 
En gy zyt naer uw slaepkarnerken gegaen, 
Een kroonc van goud op uw hoofd gedaen. 
Dansen en springen moest daer voren gaen. 

Zy wrong hacr handen in luyd gelier, 

En riep loen : « Doel open^ gy heUch portier! 

Hier is er nog een verloren ziel. » 

De helsche pooi le wierd open gedaen, 

En ze is daer henen, daer henen gegaen. 

Ten eersier), ze braglen haer daer een sloel; 
Ten Iweeden, een kussen, zoo hard en zoo koel; 
Ten derden, men mackle ze daer eencn drank, 
Van solfer en pek; niets had vuyldcreu slank. 
Zy zette — zy zette dien drank aen heur mond, 
Zy dronk, en ze dronk, maer en zag er geen grond : 
En zy zonk daerna in de helle — in de helle, 
Zy zonk daerna in der hellen grond. 



LES DEUX FILLES DU HOI. 

l'n roi avait deux filles; elles étaient lotîtes deux fort belles. La plus jeune 
cependant l'emportait en beauté. 

La plus jeune dit : « Mon père, je vais à l'église. • L'autre dit : Tu peux y 
aller toute seule. » Et elle monta à sa chambre; elle mit sur sa tète une cou- 
ronne d'or. Pour elle, danser et sauter était préférable à tout. 

Elles moururent toutes deux dans une même nuit. La première mourut 
quand le soleil parut au ciel; l'autre, au milieu de la nuit. 

Le vieillard alla chercher deux chariots pour aller avec ses enfants au ciel. 
Quand il arriva à la porte du ciel, elle s'ouvrit pour lui toute grande. 

Après que la plus jeune eut fait >a révérence, sa steur entra aussi; mais clic 
n'y fut pas bien reçue. - Ah! doux Seigneur, quel mal ai-je fait pour ne pouvoir 
avec ma sieur entrer au ciel. ■» 

— «. Ta sœur est allée à l'église, et toi tu es montée à ta chambre pour le 
mettre une couronne d'or sur la tète. Pour loi, danser et sauter devait passer 
avant tout. < 

Elle se tordit les mains en poussant de hauts cris, puis s'éerin : < Ouvrez, 
portier de l'enfer, voici encore une àmc perdue. >. La porte de l'cnler s'ouvrit et 
elle y entra. 

D'abord on lui apporta un siège; ensuite un coussin aussi dur que froid. En 
troisième lieu, on lui prépara un breuvage île souffre et de poix d'une puanteur 



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SAiaS, BALLADES ET I.ÉOE.XDES. 



I7?> 



sans pareille. Elle porta le breuvage à la bouche; elle but, clic bul, mais sans 
voir le fond. Puis clic tomba dans l'enfer, dans l'abîme de l'enfer. 



M. Ronse, bibliothécaire à Furncs, en nous envoyant le texte et la mélodie de cette 
pièce, dit : » Le texte de cette saga ne nous est pas parvenu fidèlement ; on peut néanmoins 
reconnaître que le fond en est fort ancien » Celte remarque judicieuse se trouve confirmée 
par tous les renseignements que nous avons pu nous procurer sur celte pièce. L'Ile est 
connue dans plusieurs localités des arrondissements de Dunkcrquc et d'Hazcbrouck, mais 
seulement par fragments Nulle part nous n'avons pu la trouver aussi complète qu'elle 
est ici. Quant a la mélodie, il est facile de voir qu'elle est assez moderne. Llle nous semble 
appartenir à la fin du XVII* siècle. Si l'on en juge par quelques fragments décousus et 
incomplets que nous avons entendu chanter dans notre Flandre, les deux mélodies 
avaient un caractère dillcrent. 

La mélodie que l'on donne ici est bien adaptée au style et à la pensée de la légende; elle 
est simple et facile; elle a une certaine naïveté qui fait qu'on s'y attache et qu'on désire y 
revenir. Elle a été exactement et fidèlement relevée par M. Geva, de Fumes. Il l'a notée 
à fur et à mesure que la chantait l'ouvrière qui en a révélé l'existence à M. Ronse. Nous 
nous empressons de remercier MM. Ronse et Geva de leur obligeance envers nous. 



L. 

DORTHEA. 



Andante. 



V Al die wilt hoo-ren een nieuw lied, wat dat er te Gentm'tHc- 




gyn-hof i.s ge - schild, van Dor-thc - a, een' o - ver-schoone 



macgd, die Gods vrien-din-ne 




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V. , 1 


be - 


hacj;t, die 


lioil.S 1 


rien- 



din-ne-tje zeer wcl bc - baegt. 

Al die wilt hooren een nieuw lied, 
Wat dal er le Gent in 't Begynltof is jjeschied. 
Van Dorlhea, eenc overschoone maegd, 
Die'Gods ^vriendinnetje zeer wel behaegt {bis). 

2. 

Het fjebeurde op eenen feestdag groot 

Dat al de jonj^e nonnen moesten uytgaen om brood. 

En Dorlhea zen wislc niet waer jjaen , 

Zïs refjt naer d'cdelmccslrcss , toe gegacn {bis). 



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in 



Ô. 

Ze klopt zoo haesl'lyk op de deur, 

Die edelmeesleressc zy kwam zelve veur. 

— « 'K en weet niemand anders als God en gy. 

— » Koml binnen vriendinnetje en eet met my {bit). » 

4. 

Maer als de maeltyd wierd gedaen , 
Toen is Dorlhea zoo liaestelyk opgestaen. 
En ze dankte den Heer met een groot feest, 
Toen gaf Dorlhea haren blyden geest [hit). 

5. 

De klockjens die luydcn van klcen lol groot, 
En niemand en wiste van Dortheas dood. 
Ze liepen van verre, by en naer, 
Om Gods mirakel te zien voorwaer (bis). 



DORTIIEA. 

1. Voulez-vous lous entendre une chanson nouvelle de ce qui esl nrrivé 
dans le Béguinage de Gand. C'est de Dorothée, une toute belle vierge, qui 
aimait tant la meilleure amie du bon Dieu. 

2. 11 arriva, un jour de grande fête, que toutes les jeunes nonnes durent 
sortir pour chercher du pain, et Dorothée, ne sachant où se rendre, s'en 
alla trouver directement la très noble Dame. 

3. Elle frappa avec tant d'empressement à la porte; la noble Dame se 
présenta elle-même. — - Je ne connais en ces lieux que Dieu et vous. — 
Entrez, chère amie, cl mangez avec moi. » 

4. Mais quand le repas fut terminé, Dorothée se hâta de se lever cl elle 
remercia le Seigneur avec grande joie; puis Dorothée rcndil sa belle àmc. 

îi. Les cloches sonnèrent, grandes et petites, et personne ne savait la mort 
de Dorothée. On accourut de loin cl de près pour voir ce miracle de Dieu. 

Celte légende, que nous avons recueillie n Baillcul, y est connue dans presque lous 
les ouvroirs de dentellières; l'air, sur lequel clic se chante, a un caractère d'origi- 
nalité qu'il tire surtout du mélange des Ions relatifs. Ce mélange s'opère d'une manière 
douce et heureuse qui indique en son auteur un sentiment mélodique aus<i souple 
que naturel. 

Cette chanson, inconnue à (land, reproduit d'une façon obscure et incomplète la char- 
mante légende Maltltrkcn (la béguine .Matinée). Deux poètes flamands ont traité ce sujet, 
MM. ftlicck et Van Duysc. Le poème de ce dernier, traduit en allemand par Duller, a été 
inséré dans le premier volume, p. KO, des poésies nationales de l'auteur ( Yadvrlamhrlic 
Poi:y f A ce poème se rattache une note, portant que. sur l'un des autels du (Irand 

ltéguinage de (land, on Voit encore aujourd'hui une statue qui représente la so-ur Mntthée 
agenouillée au pied de la croix et embrassant le Christ qui l'avait consolée dans son isole- 
ment, tandis que les autres béguines se réjouissaient enlr'elles chez la grand'danie du 
iMguinage 



SACAS, BALLADES ET LÉGESDES. 



177 



LI. 

BLANCHEFLEUR. 



Andante non troppo 

2E3= 



mm 



Een stuk van liet'- de inoct ik u vcr-ha-ltrn, ge -trokken uyt een 



ko-ning-ly -ken süiin. E»n chnst'ne vrouw die woonde naer be - ta -men 




al op het hof van ec-nen ko-nings - diun ; maer zy moest kra-men 



daer naer bc - ta-men en baerde metter spoed een aer-dig meysken zoet. 

Een stuk van liefde moet ik u verhalen, 
Getrokken uyt een koninglyken stam. 
Een chrislene vrouw die woonde naer betamen, 
Al op het hof van eenen koningsdam, 
Maer zy moest kramen 
Daer naer betamen, 
En baerde metter spoed 
Een aerdig meysken zoet. 

2. 

Dat dochtertje werd Blanchefleur geheeten, 
Wierd meiter lyd de schoonste van het land. 
Den koning had een zoon, wilt weten, 
Zy wasten op in wysheyd en verstand, 
Deed presentatie 
En carressatie, 
En dat zonder gelreur 
Naer zyn lief Blanchefleur. 

Den prins zyn moeder begon te merken, 
Als dat Floris beminde Blanchefleur. 
Sprak tot den koning : « Man, wilt hier werken 
Eer dal zy raken beyde in gelreur : 



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StCAS, B\I.I.ADKN ES LEGENI»K> . 



Logt Blanchefleur schole, 
Eer dat zy dole; 
Dan zal de liefde straf 
Wel van haer trekken af. » 

4. 

— « Wel edel vrouw, gy hebt dat wel bevolen, 
Men zal dan Blanchefleur besteden gaeri, 
Leggen haer ten buyze, daer op hooge scholen. 
Dan zal dc liefde uyt haer zinnen gaen. 
Men zal Floris geven 
Een edel princes beneven. 
Die dient hem allerbest. >• 
Maer hoort eens op het lest. 

5. 

Als Blanchefleur te schole was gelegen, 

Men mackte Floris wys dat zy was ziek, 

Men zag zyn leden schudden ende beven : 

« Och, och! de min dryfl my lot zwaer verdriet. 

Komt, dood verheven. 

Rukt my uyt 'l leven, 

Al van de wereld af, 

Zoo in het duyster graf. » 

6. 

Men heeft aen Floris eenen brief geschreven 
Als dat zyn schoone Blanchefleur was dood. 
«Och, och! myn hert moet schudden en beven, 
Riep hy, dood! komt helpt my uyt den nood. 
Wel duyzend werven, 
Nu moet ik sterven, 
Myn hert is vol getreur 
Om lief Blanchefleur. » 

7. 

Men ging de schoone Blanchefleur begraven, 

En liet Floris bidden achter hel lyk. 

Met zoo veel prinsen, vorslen en graven, 

Elk kwam met groolen rouw habyl, 

Met grooter eere 

Om dees maegd te verecren, 

Te dragen met gclreur, 

Tn het graf dees Blanchefleur. 



SAGAS, DALI.AÜES ET LÉGENDES. 



179 



8. 

AU Blanchefleur ter aerde was gedragen, 
Toen maekte Floris eenen groolen rouw; 
Zey : « Daer leyd de glansslar van myn dagen, 
Daer leyd bloem en peirel van myn trouw. 
Och! och! wat plagen, 
Acn wie zal ik dat klagen, 
Die schoonste van het land 
Die leyd daer in het zand. »> 

9. 

Maer toen Floris van den zark af ging loopen, 
Docht in zyn hert, dat is maer valschheyd : 
Want Floris vader ging Blanchefleur veikoopen 
Al aen den Turkschen Keyzer heel subyt. 
Aen dry kooplieden, 
Men zal 't bedieden, 
Voor een goudmolen schoon, 
Verkocht men haer persoon. 

10. 

Zoo wierd dees dochter over zee gezonden, 

IVaer Conslanlinopelen die schoone stadt. 

Daer werd geen schooner maegd op de aerde gevonden, 

Waerin den Keyzer groot behagen had. 

Zy wierd ontvangen 

Met groot verlangen, 

Van zoo veel maegden schoon, 

By keyzer en by kroon. 

II. 

Floris nam oorlof van zyn vader 

Om 't achterhalen zyn lief Blanchefleur, 

Met zoo een edel afscheyd te gader : 

Want hy wou blyven haer serviteur. 

Muvlezels vele. 

Peircls, juweelen , 

Die nam hy nu op reys 

Om in die zaek te worden wys. 

12. 

Toen hy by den keyzer was gekomen, 
Aen hel kasteel daer zyn beminde was, 
Zoo heeft al door trouw en min vernomen, 
En sprak aldaer den voogl der toren ras. 



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>A(î AS , tULLADElf EJI 1.EGE.1DEN. 



« Torenwachter verheven, 
Ik zal u geven 
Al voor myn liefste schat, 
Een schoone goude nap. 

13. 

De torenwachter het goud wel deed behagen ; 

Hy zeyde : « Prins, komt, zet u wat néér : 

Ik zal morgen vroeg, met 't krieken van den dage, 

Maken dat een mand komt van boven neer. 

Dan kont gy publyke 

Den toren bekyken, 

Alwaer uw schoone bruyd 

Zal liggen de venster uyl. » 

14. 

Blanchefleur die zag Floris vol waerdc 

Subielelyk voor den toren staen ; 

Zy liet een brief neervallen op de aerde, 

Dat men hem in een mand zou leggen gaen. 

Hacr Floris vrome, 

Bedekt met blomen, 

Zy trokken hem zeer trouw 

Op den toren met een touw. 

15. 

Hy nam toen Blanchefleur in beydc de armen, 
En kuste haer dikwyls op haer rooden mond; 
En zey : « Myn waerde lief, 'k zal u beschermen, 
Gy maekt hel binnenste van myn hert gezond. » 
Zy gingen rusten. 
Beyde met lusten, 
Tot 's morgens scheen den dag. 
Hoort wat een droef gcklag. 

16. 

Den Turkschen Keyzer heeft den list vernomen, 
En kwam met een blank zwccrd al in zyn hand 
Loopen op haer slaepkamcr zonder schromen, 
Daer zy nog sliepen in het ledckanl. 
En vond hacr bevden, 
Wou hacr doorsnyden. 
Zy riepen : « Edel Heer, 
Vergeeft 't ons dezrn keer. .. 



SAGAS, BALLADES ET LÉGENDES. 



181 



17. 

Hy liet hun beydeo toen gevangen zeilen, 

En liet maken daer een treurtooncel; 

Zoo dat Floris daer voor zyn lief, naer wetten 

En door beuls handen, zal zvn onlkeell. 

Blanchefleur kwam geloopen, 

Heeft geropen : 

« Laet my sterven de dood 

Voor Floris liefde groot. » 

18. 

Men zag de groole liefde van haer beyden; 

Een ieder kreeg aldaer medoogendticyd : 

« Heer Keyzer, wilt toch de liefde niet scheyden; 

Geeft haer pardon met groot eerbiedigheyd. 

Wilt haer vergeven, 

Schenkt haer het leven, 

En vergunt haer de trouw 

Als man en vrouw. » 

19. 

Den Keyzer heeft haer toen pardon gegeven; 
Hy liet haer trouwen 't samen in de kerk, 
Dal Floris met zyn Blanchefleur zou leven 
In vroyelykheyd, al tot een zalig werk. 
Speelt op bas, violen, 
Houd geen snaer verholen 
En maekt een zoel geluyd 
Voor Floris en zyn bruyd. 



BLANCHEFLEUR. 

\. Je vois faire ici un récit d'amour, je l'ai tire d'une histoire de Rois. 
Une femme chrétienne vivait à la cour; elle devait accoucher, et mit ou 
monde une fille douce et charmante. 

2. Cette fille fut appelée Blonchcfleur; elle devint avec le temps \a plus 
belle du pays. Or, le Roi avait un fils. Les deux enfants grandissaient 
ensemble en sagesse et en intelligence; cl le jeune prince, en maintes cir- 
constances, avouait l'amour qu'il ressentait pour la belle Blanchefleur. 

3. La mère du prince remarqua bientôt que Floris aimait Blanchefleur. 
Elle dit au Roi : « Ayons soin de prévenir, pour ces enfants, un malheur 
commun. Appliquez l'esprit de la jeune fille à l'étude avant qu'il ne s'égare; 
l'amour s'en ira bientôt de son cœur. ■■< 



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SACAS, DALUDO ES LEGENDES. 



4. — u Noble Dame, le conseil est bon; nous enverrons Blanchcfleur dans 
les écoles : elle y oubliera son amour. Nous donnerons à Floris , pour com- 
pagne, une jeune et noble princesse qui lui conviendra mieux. . — Mais 
écoutez ce qui va suivre. 

Ji. Quand Blanchefleur fut aux écoles, on Ot accroire à Floris qu'elle était 
malade. On le vit alors ému et trcinblnnt. . Ah! dit-il, l'amour aussi me 
rend bien malheureux. O mort ! viens m'arracher de ce monde et m'entrainer 
au tombeau ! » 

C. On envoya à Floris une lettre qui lui apprit que la belle BlanchcUcur 
était morte. — « Ah! mon amc se fend de douleur! ó mort, s'écria-t-il de 
nouveau, viens me délivrer de mes peines! mieux vaut raille morts que de 
perdre ma chère Blanchefleur! * 

7. On alla mettre en terre la belle Blanchcfleur; on laissa Floris suivre le 
cercueil. H marchait en priant, entouré de Princes et de nobles Comtes. 
Chacun était venu, en grand deuil, pour rendre les derniers honneurs à la 
jeune fille, et l'accompagner jusqu'à son tombeau. 

8. Quand Blnnchefleur fut enterrée, Floris laissa éclater sa douleur. « Là, 
s'écria-t-il, là repose la brillante étoile de ma vie, la perle, la fleur de mon 
amour. Ah! quel tourment! Qui recevra mes plaintes! La plus belle de la 
contrée est là couchée dans la terre! - 

9. Mais à peine Floris avait-il quitté le tombeau, qu'il réfléchit et se dit 
en lui-même : u C'est peut-être une tromperie. » Son père en effet était allé 
vendre Blanchcfleur à trois marchands, pour la livrer au Sultan de Turquie. 
Qui le croirait? il échangea ln belle jeune fille contre un moulin d'or. 

10. Blanchcfleur fut envoyée oulrc-mcr à Constanliuoplc , la superbe ville. 
Jamais on n'avait vu beauté pareille; elle plut au Sultan qui la reçut avec 
distinction au milieu des femmes de sa cour. 

11. Floris prit congé de son père pour aller rejoindre sa chère Blanche- 
fleur dont il voulait rester le bien-aimé. Il part avec un grand nombre de 
mulets charges de bijoux et de pierreries pour réussir dans son projet. 

12. Quand il fut arrivé près du château du Sultan, où se trouvait sa bien- 
aiméc que son amour lui avait fait découvrir, il s'adressa au gardien de la 
tour : «Gardien, dit-il, je te donnerai une coupe d'or si je puis voir ma 
bien-aimée. > 

13. Le gardien, séduit par l'appât de l'or, lui répondit : <■ Prince, venez 
vous asseoir ici. Demain, au lever de l'aurore, je ferai descendre un panier 
du haut de la tour, alors vous pourrez regarder, sans crainte, la fenêtre où 
se montrera votre belle fiancée, n 

H. Blanchcfleur, qui vit lout-à-coup Floris devant la tour, laissa tomber 
à terre une lettre par laquelle elle dit de le mettre dans le panier. Le 
noble Floris, caché sous des fleurs, fut bissé dans le panier jusqu'en haut 
de la tour. 

15. Il prit alors Blanchcfleur dans ses bras et déposa un baiser sur sa bou- 
che vermeille. • Digne amie, dit-il. je le défendrai; lu fortifies mon courage. • 



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SAGAS, BU.LAUti ET LÉGENDES. 



183 



Ils allèpcnt se reposer jusqu'au lendemain au point du jour. — Mais écouter 
ce qui arriva. 

16. Le Sultan avait appris le stratagème. Il accourut, un glaive à la main, 
dans la chambre où dormaient les deux amants. Il voulut les tuer, oui ils 
s'écrièrent : Noblo Seigneur, pardon pour cette fois ! 

17. II les fit mettre en prison et ordonna qu'on élevât un éctiafaud où 
Floris, en présence de sa fiancée, dût être décapité par les mains du bour- 
reau. Mais Blanchcfleur se présenta à lui, en s'écriant : Laissez-moi subir I.-i 
mort en place de Floris, mon bien-aimé. 

18. L'amour de ces deux jeunes gens excita la compassion générale. « Noble 
Sultan, disait-on, ne séparez pas ce que l'amour a uni; pardonnez-leur, soyez 
clément. Accordez-leur la vie et achevez le bienfait en les unissant tous deux. • 

19. Le Sultan leur pardonna cl leur permit de s'unir dans l'église, afin 
que Floris et Blanchcfleur pussent vivre pour leur salut. Jouez bosses et 
violons; que pas une corde ne reste en repos; qu'une douce harmonie célèbre 
Floris et Blancheflcur. 



Le sujet de cette légende est tire d'un ancien poème français , ayant pour titre : 
Flore et Blanchcfleur. il en a été fait, au XIII** siècle, une traduction allemande par 
Konrad l-'lcck, d'après une leçon plus ancienne que le poème qui subsiste. Diederic 
Van Assenedc Ta traduit en langue flamande; sa traduction, qui a été faite aussi sur 
un tcxlc français aujourd'hui perdu, a été publié par M. Hoffmann von Fallerslcben dans 
ses f/orœ Mgicte, P, II, avec des notes et un glossaire. Notre chant est une imitation 
moderne de ce poème; ce qui démontre que cette aventure est restée populaire dans 
notre Flandre. Nous l'avons entendu chanter, dans plusieurs localités de l'arrondisse- 
ment de Dunkerquc, sur l'air que nous reproduisons ici. Celle mélodie est encore une 
de celles où la septième noie de la gamme est placée non a un demi-ton, mais à un 
ton de l'octave tonique; ce nui lui donne un caractère particulier d'originalité. 



LU. 



\llegrctto. 



DE LINDEBOOM. 




de groc-nc lin -de daer ley cen kreb-be- Vmg, 



daer ley een kreb-be- ling ; zoo verr' al» dat ik ging en myn 



*/ lief en un 



lief en wns daer niet , en myn lief en vus daer met. 



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SAGAS, BALLADEN EN LEGENDEN. 



Onder de groene linde 
Daer ley een krebbeling; 
Zoo verre als dat ik ging 
En rayn lief en was daer niet. 

2. 

Heb ik myn lief verloren, 
Spelen gaen ik nu doen. 
Wy gingen te samen wandelen 
En wy mieken daer een hoed 
Van roozen al zoo zoet. 

3. 

D'eene van winter-roozen, 

D'ander van win ter-sneeuw. 

— Wy gingen te samen wandelen! — 

En van Parys over zee. 

4. 

Wat zond hy wederom me? 
Een Parys-brieveljc, 
Met twee vergulden letters, 
En van binnen een liedetje. 

5. 

Wat stoeger in geschreven ? 
Medegezellen leest den brief : 
« Al zyn de knechten schoone 
En bemint ze dacrom niet. » 

6. 

« Al zyn de knechten schoone 
Z'hebben een loozen zin. 
Den appel die in den bogaert staet, 
Hy hevel de wormen in. » 

7. 

» Den appel die in den bogaert staet 
Hy heeft de kaken rood; 
Van buylen is hy schoon 
En van binnen is hy loos; 
Zoo zyn de knechten boos. » 



SAGAS, DAI. I.ADES ET LÉGENDES. 



I8.'i 



LE TILLEUL. 

1. Sous le vert tilleul était une couchette vide, et si loin que j'allais, je ne 
pus trouver mon amie. 

2. Puisque j'ai perdu mon amie, je veux aller aux tournois Ensemble 

nous faisions des promenades et nous tressions des couronnes de roses. 

3. C'étaient des roses d'hiver blanches comme la neige. — Nous nous pro- 
menions ensemble! — Et de Paris, par de là la mer 

4. ^ Que ra'envoya-t-elle? » Un petit billet orné de deux lettres d'or et con- 
tenant une chanson. » 

î>. Qu'exprimait le billet? — « Compagnons, venez lire avec moi. » : 
. Quoique les jeunes gens soient beaux, ne les aimez pas. » 

6. •> Quoique les jeunes gens soient beaux, ils ont l'esprit trompeur. Ainsi, 
la pomme du verger renferme des vers. » 

7. « La pomme du verger a un extérieur rouge et séduisant, mais en dedans 
elle est gâtée. II en est de même des jeunes gens, ils sont pleins de malice. » 



Parmi les ballades que nous avons pu recueillir, voici certainement une des plus popu- 
laires. Texte cl mélodie sont très anciens. 11 est facile de voir que le texte est corrompu et 
qu'il s'y trouve diverses lacunes; mais c'est là précisément une preuve de son ancien- 
neté, ainsi que nous l'avons déjà fait observer et que le remarque fort judicieusement 
M. Ampère (Instruction* sur les Poésies populaires). Quant à la mélodie, clic a un cachet 
d'originalité très prononcé qu'elle puise dans sa contexture tonale et rhythmique. 

Le texte et la musique, tels que nous venons de les donner, sont ceux qui se chantent à 
Baillcul et dans les environs. 



ONDER DE LINDEBOOM GROENE. 



Allegretto. 



On - der de Ûii-debooro. groe - ne Daer ry - deik naer myn 



3 



23 



* — 



lief, Daer ry-de ik naer myn lief. Eu of ik ry - de of 



=t 



3 



•* 



daer 



ty - de Myn lief en was daer niet, Myn 



lief 



nier. 



•1A 



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SAGAS, BALLADES ES LEÜE5DE*. 

Onder een lindeboom groene 
Dner ryde ik naer myn lief {bis). 
En of ik ryde of tyde, 
Myn lief en was daer niel (bis). 

En of ik ryde of lyde, 
Verdroogd moel gy zyn (bis). 
Wy zullen tavond wand'lcn 
En maken eenen hoed, 
Ja maek'n een roozenhoed. 

5. 

Een roozenhoed van bloemen, 
Met een kroonelind of twee (bis). 
Wat kwam myn lief te zenden, 
Van Parys over zee, 
Ja, van Parys over zee* 

4. 

Wal kwam myn lief le zenden? 
Een Parysbrievelje (bis). 
Winne stael er in geschreven 
Van binnen myn brievelje (Am)? 

Winne stael er in geschreven? 
Jongvrouwe, leest den brief (bis) 
Al spreken de jongmans schoone 
En geloofl ze daerom niet (bis). 

6. 

Al spreken de jongmans schoone, 
Zy hebben een loozen zin (bis). 
Den appel die op den bogaerl slael, 
Hy hevel wormen in, 
Ja. hy hevet wormen in. 

7. 

Den bogaerl is gesloten, 
Daer en komt niemand in (bis). 
Niet anders als 'l nachlegaellje, 
Het vliegl van boven in (bis). 



SACAS, BALLADES ET LÉliE.IDES. 



187 



SOLS LE VERT TILLEL'L. 

1 . Sous un vert tilleul, je cherchais ma mie ; vainement je la cherchais, 
ma mie n'était pas là. 

2. Oui, je cherchais en vain! — puisse ce tilleul se dessécher! Nous nous 
promènerons ce soir et nous tresserons une couronne, oui une couronne de roses. 

3. Une couronne de fleurs, liée de rubans. — Que m'envoya ma mic de 
Paris, par de là la mer? 

4. Que m'envoya ma mie? — Un petit billet. — Que contient ce billet? 

5. Que contient-il? — Jeune fille, liscz-Ic. — « Quoique les jeunes gens 
disent de helles paroles, ne les écoutez pas. ■ 

6. Malgré leur beau langage, ils ont l'esprit trompeur. Ainsi, la pomme du 
verger renferme des vers. 

7. Le verger est fermé, personne n'y entre, sinon le petit rossignol qui vole 
par dc»sus l'enclos. 



Cette chanson, qui, au fond, est la même que la précédente, nous a paru digne 
d'être reproduite à cause des variantes du texte et de la mélodie nui sont une nou- 
velle preuve île son ancienneté. Cette version se chante a Dunkerque. Elle y faisait 
autrefois partie du Roozttihocd, dont il a été parlé dans l'introduction de ce volume 
et dont il est encore parlé plus loin au\ chansons de danse. 



LIV. 

DE TWEE KONINGSKINDEREN. 



I 



Andanti ik 
f=5 



À 



3 



- r — ' 1 — ■— > ■ y W ¥ 1- — *— 1 ! ^ 

Het wa- ren twee ko-uiugs-kinde-ren, Zv hadden mal-kan - der zoo 



V lief; Zy kou-den hy 



3=t 



een niet ko 



Het wa ter «as veel 



Al i 



diep. Wat deed zy ? Zy stak op dry 



AU s'avonds het 



V da -ge-licht zonk. Och! lief- ate, komt, zwemt er o - ver! l)at 

V de( ■ 



deed \« koriiiii:* 



m - ne. was 



jonk. 



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188 



SAGAS, BALLADEN EN LEGENDEN. 



Ander wyzk : 



Autre air : 



Andante. 



^5 S 
* é ■ é— û é 



Het va-ren twee ko-nings-kin 



kin -de-ren, Zy 



had-den mal -kan-der too 



P 



lief : Zy kon-den by-een niet ko - men. Het wa-ter waB al te 
% 1 I ■ ■ ; — B5- 



• ♦ 



1ÏH 



diep, Het va - ter was al te 



diep. 



Het waren twee koningskinderen, 
Zv hadden malkander zoo lief: 
Zy konden byeen niet komen, 
Het water was al te diep. 
Wat deed zy? zy slak op drie keersen. 
Als 's avonds hel dagelicht zonk. 
«Och! liefste , komt, zwemt er over! » 
Dal deed 's konings zone; was jonk. 

2. 

Dit zag daer een oude kwene, 
Een alzoo vilynich vel. 
Zy gink er dat lichl uytblazen. 
Doen smoorde den jongen held. 
« Och ! moeder, myn liefste moeder , 
Myn hoofdjen doet mynder zoo wee ! 
Mogl ik er een wyle gaen wandelen. 
Gaen wandelen al langs de zee. » 

5. 

— « Och! dochter, myn liefste dochter, 

Alleen en moogl gy daer niet gaen. 

Maer wekt uw jongste zuster, 

Lael die met u wandelen gaen. » 

<« — Och ! moeder, myn jongste zuster 

Is nog een zoo kleine kind: 

Zy plukt er wel alle die hluemekeiis. 

Die zy onderwege vind. 



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SAGAS, BALLADES ET LÉGENDES. 



4. 

Zy plukl er wel alle die bloemekens, 

Die bladerkens laten zy staen. 

Dan klagen die lieden en zeggen : 

Dal hebben 's koniogs kinderen gedaen. » 

— «Och! dochter, myn liefste dochter, 
Alleen en naoogt gy daer niet gacn; 
Maer wekt uwen jongstcn broeder, 
Laet hem met u wandelen gaen. » 

5. 

— « Och ! moeder, myn jongste broeder 
Is nog een zoo kleine kind; 

Hy loopt er naer alle de vogels 

Die hy onder wege vind. » 

De moeder ging naer de kerke, 

De dochter ging haren gank , 

Tot zy er by 'l water een visscher, 

Haers vader visscher, vanl. 

6. 

« Och! visscher, zoo sprak zy, visscher, 

Myns vader visscherken, 

Gy zouJ er voor my eens visschen, 

Het zal u geloonet zyn ! » 

Hy smeet zyne netten in 't water, 

De loodekena gingen te grond; 

In 't korte was daer gevisschet 

s' Konings zone, van jaren was jonk. 

7. 

Wal trok zy vau haren hande? 
Een vingerling roode van goud. 
«< Houd daer, zeyde zy, goede visscher, 
Dees vingerling roode van goud ! » 
Zy nam doen haer lief in haer armen. 
En kuste hem aen zynen mond. 
« Och! mondekun, kost gy nog spreken 
Och! herteken, waert gy gezond! » 

8. 

Zy hiell haer lief in haer armen 
En sprong er met hem in de zee. 
*« Adieu, zeyde zy, schoone wereld, 
G y ziet er m y nimmermeer. 



190 



SAGAS, BALLADEN I > LfcGENDE.N. 



Adieu, ô myn vader en moeder. 
Myn vriendekens alle fjelyk. 
Adieu, mvn zuslcr en broeder. 
Ik vare naer 'l Hemeliyk. » 



LES DEUX ENFANTS DE ROI. 

1. Deux enfants de rui s'aimaient d'un mutuel amour. Us ne pouvaient s'ap- 
procher l'un de l'autre, Tenu étnit profonde. Que fit la jeune fille? Elle alluma 
trois flambeaux le soir quand le jour eut disparu. « Mon ami, dit clic, viens à 
moi à la nage. » Ainsi fit le jeune fils de roi ; il était bien jeune. 

2. Une vieille matrone s'en aperçut. — Elle était bien méchante. — Elle alla 
éteindre les lumières et le jeune homme périt dans les flots. — « Ü mère, mère 
chérie, je souffre tant de la tétc, laissez-moi me promener le long du rivage 
de la mer. « 

3. — O fille, fille chérie, seule tu ne peux aller là bas. Mais éveille la jeune 
sœur, pour qu'elle t'accompagne. « - «0 mère, ma jeune sœur est encore si 
petite enfant; elle cueille toujours toutes les fleurs qu'elle trouve sur son chemin. » 

4. Elle cueille toutes les fleurs, clic laisse les feuilles. Alors les gens se plai- 
gnent et disent, les enfants du roi ont fait cela. — «■ 0 fille, fille chérie, seule tu 
ne peux aller; mais éveille ton jeune frère, pour qu'il l'accompagne. « 

ii. — « 0 mère, mon jeune frère est encore si petit enfant; il court après les 
petits oiseaux qu'il rencontre sur le chemin. >• — La mère alla à l'église; la 
fille sortit pour sa promenade; elle alla tant qu'elle rencontra près de l'eau un 
des pécheurs de son père. 

6. — Oh ! pêcheur, dit-elle, pêcheur de mon père, vas une fois pécher pour 
moi, je l'en récompenserai. » — Il jeta ses filets ; les plombs allèrent au fond de 
l'eau et bientôt il prit dans ses filets le fils du roi si jeune encore. 

7. Que délacha-t-elle de ses doigts? un brillant anneau d'or. ■ — « Reçois 
dit-elle, reçois, brave pêcheur, ce brillant anneau d'or. » Elle prit alors son 
bien-nimé dans ses bras et l'embrassa tendrement. — « Oh ! si cette bouche 
pouvait parler, si ce cœur pouvait vivre ! >• 

8. Elle serra son bien-aimé dans ses bras et s'élança avec lui dans In mer. 
— • Adieu, dit-elle, ô monde, adieu, tu ne me verras plus jamais. Adieu, mon 
père et ma mère; adieu, tous mes amis; adieu, ma sœur et mon frère, je vais 
aux lieux. » 

Cette charmante ballade est très populaire dans tous les pays germaniques Un en 
trouve des versions : en haut allemand : dvr Knnben Wundrrhorn, t. Il, p. 2.'i2, 
et Yolkslicder, par Rusching et Ycm der Hagen, p. ISO et 40-2; en bas allemand : 
Deutsche Yolkslicder, par l'hland, t. I, p. tO'J; en frisien : ticrmanieris Yolkrr- 
>(i»imcn, par Firmenieh, t. I, p. |:; ; en danois : Udvnly of rf«n.«/.r viser fru midtrn 
nf de IGj" uurh, par Hamossen et Nycriip, t. I, p. il; en suedu s ; Swemka vnlk- 
>,sar fràn fronliden , par V.c\ cr cl Afzel-'us. t. I, p. in.". |06 . et t. II. p t> I f * . 



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SAGAS, BALLADES ET LÉGE. IDES. 



191 



en allemand et en suédois: Deutiehe Yotkilieder, par Krctischmer, t. I, »V 23, 2*, 
23, 26 et 27, t. II, N° H. Elle n'est pas moins connue en Hollande, en Belgique et dan* 
notre Flandre. Hoffmann Von Fallcrslebcn, flora Belgicœ, t. II, p. Ili, dit l'avoir 
trouvée dans tous les dialectes germaniques. La version que nous avons recueillie 
est en tout semblable à celle de Willcms, Owle Vlaemtchc Liederen, p 142. La 
première de nos mélodies est aussi la même que celle rapportée par Willcms. L'autre 
ressemble presqu'en entier à l'une des mélodies allemandes, publiées par M. Krclzschmer. 
On remarquera seulement que cette dernière exige la division des strophes par quatre 
vers. « 



LV. 

HET SOUDA ENS-DOCHTERTJE. 




Andante. 



Een son-daen had een doch-ter - tje, Zeer Bcboon van groo-ten 



lo - ve : Zv pluk-te *a morgens bloe-me - rie» Al in haere va - dere 



ho - ve. 



1 



Een soudaen had een dochterken, 
Zeer schoon van grooten love; 
Zy plukte 's morgens bloemekens 
Al in haers vaders hove. 

2. 

Toen zy die schoone bloemkens zag, 
Zy zocht in hare zinnen : 
Wie mag die schoone bloemraaker zyn, 
Ik zond' hem geerne minnen? 

3. 

Hy moet wel een abel kunslenaer zyn. 
Een heer v^n grooler weerden, 
Die de schoone bloemekens 
Doet spruyten uyl er eerden. 

4. 

Ik heb hem in myn hert zoo lief, 
Mogt ik hem eens aenschouwen, 
lk zond' er om lalen myns vaders ryk. 
En hem geven myn trouwe. 



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I!>2 



SAGAS, IUU.ADE.1 EJ» LEGENDE*. 



's Nachts, omtrent middernacht, 
Jesus kwam voor haer venster staen : 
« Slaet op, wel schoone zuyver maegd, 
Ik ben met uwer minnen bevaén. >» 

6. 

Die maegd stond op zeer haestelyk, 
Zy was met schrik bevaén. 
Zy zag eenen schoonen jongeling 
Zoo vriendelyk al voor haer staen. 

7. 

Zy zag haer lief zoo minnelyk aen, 
Zy neygde haer neder ter eerden, 
Zy bood hem vriendelyk goeden dag, 
Met alzoo grooter eerweerden. 

8. 

u Myn allerliefste jongeling schoon, 
Van waer komt gy gegangen? 
Uws gclyken en zag ik nooyt 
In al myns vaders landen. »> 

9. 

— « Schoon maegd, ik heb u lang bemind, 
Om u ben ik gekommen, 

Ik kome al uyt myns vader» ryk, 
Ik ben den maker der blommen. » 

10. 

— " Zyt gy den maker, zoete lief, 
Naer u is myn verlangen. 

Ik volg u waer gy henen wilt; 
Zoel lief, ik volg uw gangen. » 

11. 

— « Schoon maegd, zoo gy met my wilt gaen, 

Uw ryk dat moet gy laten; 

Ik kom al uyt myns vaders ryk, 

En dat lot uwer baten. » 

12. 

Myn aldei liefsten jongeling schoon, 
U eygen wil ik wezen. 
Nu leyd my uyl myns vaders ryk, 
Myn trouw zal ik u geven. » 



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SAGAS, HALLAGES ET I ÉOENDES. 



13. 

Hy nam de schoone maegd by d'hnnd. 
Hy leydde ze alzoo verre, 
Thien honderd duyzend mylen lang. 
Al uyt haers vaders erve. 

14. 

Zy spraken zoo menig vriendelyk woord. 
Zy gingen beyde te samen. 
« Nu, zegl my, edel jongeling schoon, 
Hoe is toch uwe name? » 

1Î5. 

— « Myncn naem die is zoo wonderlyk, 
H y slaet zoo hoog geschreven , 

Al in myns vaders koningryk 
Is my dien naem gegeven. 

16. 

» Schoon maegd, mint gy mei herten reyn, 
Geefl my uw trouw alleene; 
Myn naem zy u alleen bekend, 
Jesus van Nazarenen. >» 

17. 

Zy zag haer lief zoo minnelyk aen, 

Zy neygde haer neder 1er aerden : 

« Schoon lief, ik geef u myn hert en trouw, 

Van ii wil ik niel scheyden. » 

18. 

Zy spraken zoo menig zoele woord, 
Zy gingen beyde te samen. 
« Nu, zegt my, edel jongeling schoon. 
Wie is er uwen vader? » 

19. 

— <i Myn vader is zoo ryken man, 
Zyn ryk gael alzoo verre; 

Hemel en aerde heefl hy gcmaekl, 
De zonne, de rua ne. de sterren. 

20. 

Hetgeen gy ziel, en niel en ziet, 
Dat is van hem gekomen; 
Tien honderd duyzend engelen schoon 
Staen om zyn hoogen Iroone. » 



SUÇAS, BAI.LAOKIX li S I.Cr.EXDE*. 



21. 

— « Schoon lief, zyt gy een koningszoon, 
En alzoo ryk van goede, 

Nu, zegt my, edel jongeling schoon. 
Wie is dan uwe moeder? 

22. 

— « Myn moeder is zoo reyne maegd; 
Van haer zoo slaet geschreven : 

« Zy heeft my maegd ter wereld gebragl, 
En maegd is zy gebleven. » 

23. 

— « Is uwe moeder een reyne maegd, 
Zyl gy een koningszone, 

Nu, zegt my, edel jongeling schoon, 
Van waer zyl gy gekomen? » 

24. 

— « Al uyt myns vader» koningryk, 
Daer is 't zoo vol vreugden pure, 
Honderd duyzend jaren lang 

En schynl daer niet een ure. »> 

25. 

— « Myn alderliefsten jongeling schoon, 
Ik heb zoo groole verlangen 

Al naer uws vaders koningryk; 
Laet on* naer binnen gangen. » 

26. 

— « Schoon maegd, dient my met herle reyn 
Myn ryk zal ik u geven; 

Dan zult gy ecuwig by my zyn, 
In groole vreugden leven. » 

27. 

Zy gingen daer zoo langen weg, 
Al door de groole weyde; 
Zy kwamen voor een klooslerken: 
Jesus wou van haer scheyden. 

28. 

« Myn alderliefsten jongeling schoon, 
Wilt gy van my gaen scheyden? 
Nooyl en hoorde ik droever woord ; 
Van rouw zoo moet ik schreyen. » 



SAias, DAM.AUES ET LKGESUEs». 



29. 

Hy nam die maget by haer hand; 
Hy sprak met zoete zinnen : 
h Schoon maegd, vertoefd een luttel tyds; 
Ik moet eens gaen hier binnen. 

30. 

Schoon maçet, laet I1W weenen slaen, 
Ik zal haest neder kommen; 
Dan zal ik u in myn ryk onlfaén, 
Dan zult gy plukken blommen. 

51. 

Jesus is van haer gegaen; 
Die maegd bleef in 'l verbeyden slaen; 
Zy weende menigen droeven Iraen, 
Dat Jesus van haer was gescheyden. 

32. 

Toen den dag ten avond kwam, 
Vermeerderde haer verlangen, 
Om wéér haer lief te mogen zien; 
Hy bleef er weg zoo lange. 

33. 

Zy klople aen des kloosters poort; 
Zy klople droef van zinnen. 
« Doet open : want myn zoete lief, 
Myn bruydegom is hier binnen. » 

34. 

Die poort die wierd daer open gedaen ; 
Den poortier die kwam tlaer voren ; 
Hy zag die maget voor hem staen, 
Zoo schoon en hooggeboren. 

«>5. 

« Zeg my, schoon maegd, wat gy begeert; 
Hoe komt gy hier alleene? 
Zeg my, schoon maegd, wal of U deert, 
Waerom zoo moet gy weenen? » 

36. 

— « Och! poorlier, myn lief, die ik bemin, 

Is in dit huys gegangen; 

Gaet, zeg hem dat hy weder komt: 

Ik beyd' hem hier zoo lange. » 



SAGAS; BALLADEN EN LEGENDEN. 



37. 

— « Schoon maegd, uw lief, die gy bemint, 
En heb ik niet vernomen; 

Hy is hier binnen niet gekend. 
Hy en is hier niet gekomen. » 

58. 

— «Och! poortier, hoe moogt gy zeggen dal!' 
De jongling, dien ik beminne, 

Het laelste woord, dat hy my sprak, 
Hy zeyde : Ik ga hier binnen. » 

39. 

— n Zeg my, schoon maegd, hoe heel uw lief, 
Daer gy my wilt van spreken? » 

— «< Och! pater, dat en weet ik niet; 
Den naem is my vergelen. 

40. 

>• Hy is zoo wonderlyk en schoon; 
Zyn ryk gael alzoo verre; 
Hy is gecierd met hemels blauw, 
Omzet met guide sterren. 

41. 

» Zyn aenschyn blinkt van vei wc wil. 
Gelyk de lelie schoone; 
Zyn wangen zyn zoo schoon en rood, 
Vercierd gelyk de roozen. 

42. 

» Zyn oogjes zyn zoo vriendelyk : 
Hy is zoo zoet van sprake; 
Hy kwam al uyt zyns vaders ryk, 
Om my zyn bruyd te maken. »» 

43. 

— « Schoon maegd, uw lief is alzoo schoon, 
En alzoo hoog geprezen; 

Al waer' hy uyt den hemels troon, 
Hy en mogl niet schoonder wezen. 

44. 

» De Heer, Jesus, zy mei u! 
Zoo is geen man hier binnen. » 

— « .la, Jesus heet myn zoete lief, 
Hy is 't dien ik beminne! » 



SACAS, DALLAUtS KT LÉGENDES. 



197 



45. 

— « Is dat «Ie naem, gelyk gy zegt. 
Dan kan ik hem u wyzen. 

Hy is hier binnen wel bekend, 
Gy moet niet verder reyzen. » 

46. 

— « O myn lief vriend, dien ik bemin : 
Mogt ik eens by hem wezen; 

Al ware hemel en aerde myn, 
Om hem wil 'l ik al geven. » 

47. 

Men leerde die maegd volkomelyk 
Al in een klooster leven; 
Men dede haer in een klooslerken ; 
Reyn maegd is zy gebleven. 

48. 

Die dit liedeken heeft gedicht. 
God wil hem gratie geven, 
Dat hy des Soudaens dochlerken 
Ontmoet in 't eeuwig leven!.. Amen. 



LA JEÜiNE FILLE DU SOUDAN. 

1. Un Soudan avait une jeune fille très belle, de grand renom; elle cueillait 
un malin des fleurs dons le jardin de son père. 

2. En les voyant si belles, elle pensait en elle-même : qui peut être le 
créateur de ces fleurs? Je voudrais bien le connaître. 

3. Il doit être un habile artiste, un seigneur de grand mérite, celui qui fait 
sortir de terre tant de belles fleurs. 

4. Il est si cher à mon cœur. Ah ! que je voudrais le voir ! Oui, je lui donne- 
rais tout mon bien, je lui donnerais même mon amour. 

5. Une nuit, vers minuit, Jésus vint devant sn fenêtre : « Lève-toi, belle cl 
jeune vierge, je suis captivé par ton amour. » 

6. La jeune fille se leva aussitôt, toute saisie de frayeur; elle vit un beau 
jeune homme plein d'affabilité devant elle. 

7. Elle le regarda avec tendresse; elle le salua en s'inclinant profondément, 
lui souhaita amicalement le bon jour; elle l'appela maintes fois le bien-venu cl 
lui témoigna beaucoup de respect. 

8. .. O beau jeune homme ! ô bien-aimé! D'où cst-lu donc venu ? Je n'ai jamais 
vu ton semblable dans toutes les terres de mon père. • 



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il' H 



SAGAS, BALLADEN E* LEGENDE*. 



9. — « Belle vierge, depuis longtemps je t'aime ; c'est pour toi que je suis 
venu et que j'ai quitté le royaume de mon père; je suis le créateur de ces 
Meurs, h 

10. — » Tu es celui qui fait les fleurs; doux ami, c'est pour toi que je sou- 
pire. Je suis prête à te suivre où tu veux aller. Doux ami, je suis tes pas. » 

11. — « Belle vierge^ puisque tu veux m'accompagner, il faut quitter ton 
royaume, je viens aussi du royaume de mon pire, et cela pour toi. >• 

12. — ► 0 bel et bien aimé jeune homme, je veux être ton épouse. Maintenant 
conduis-moi hors du royaume de mon père; je veux te donner mon amour. » 

13. Il prit la jeune vierge par la main cl l'emmena si loin : bien un million 
de lieues hors des étals de son père. 

H. Il se dirent mainte douce parole en voyageant ensemble. « Dis-moi, ó 
noble et beau jeune homme, dis-moi donc ton nom. > 

lîf. — » Mon nom est si merveilleux ; il est écrit bien haut dans le royaume 
de mon père où ce nom m'a été donné. 

16. » Belle vierge, m'nimes-tu d'un cœur pur, donne à moi seul ton amour; 
tu sauras seule quel est mon nom : je suis Jésus de Nazareth. ■> 

17. Elle regarda si tendrement son doux ami, et s'inclinant profondément : 
- Bel ami, je te donne mon cœur et ma foi ; je ne veux plus me séparer de toi. » 

18. Ils se dirent mainte douce parole en marchant à côté l'un de l'autre. 
■ Maintenant, dis moi, ô noble jeune homme, quel est ton père? « 

19. Mon père est un riche seigneur; son royaume s'étend au loin ; il a 
tout créé, le ciel, la terre, le soleil, la lune et les étoiles. 

20. « Ce que tu vois cl ne vois pas provient de lui. Un million de beaux 
anges se tiennent debout devant son trône élevé. <> 

21. — « Mon bien aimé, puisque tu es fils d'un roi si riche en biens; dis- 
moi, ô noble et beau jeune homme, quelle est ta mère? ■■> 

22. — « Ma mère est une vierge pure; il est écril d'elle que vierge elle m'a 
mis au monde et que vierge elle est testée ■■< 

23. — < Puisque ta mère est une vierge pure cl que tu es fils d'un roi, dis- 
moi, ô mon noble et beau jeune homme, d'où es-tu donc venu? ■< 

24. — « Du royaume de mon père; là il y a tant de joie qu'une durée de 
cent mille ans ne parait pas y être une heure. • 

23. — « 0 beau jeune homme, bien aimé, j'ai un bien grand désir de voir 
le royaume de ton père, bâtons-nous d'y entrer? » 

26. — •• Belle jeune vierge, sers moi avec un cœur pur, et je te donnerai 
ce royaume; alors lu seras éternellement près de moi; tu vivras dans une 
grande félicité. » 

27. Ils firent encore une longue route au-delà des vertes bruyères, ils 
nrrivèrent devant un couvent; là Jésus voulut la quitter. 

28. — .-. Mon doux et bel ami, dois-tu le séparer de moi? Jamais je n'en- 
tendis de plus amères paroles ; la douleur me fail pleurer. » 



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SAGAS, BALLADES 1.T l.tfCEXDKS. 191» 

29. Il prit la jeune fille par la main et dit avec douceur : « Attends un peu, 
ô vierge! Il me faut quelque peu entrer ici. 

30. .. Belle vierge, arrête tes pleurs, je reviendrai bientôt, alors je te recevrai 
dans mon royaume, alors tu cueilleras des fleurs. » 

SI. Jésus s'éloigna d'elle. La jeune fille l'attendit. Elle versa maintes larmes 
amères de se voir abandonné par lui. 

32. Quand le jour arriva vers son déclin, son désir de voir son bien-aimé 
augmenta encore ; il restait absent si longtemps. 

33. Elle frappa à la porte du couvent ; elle frappa le cœur plein de tristesse. 
« Ouvre, dit-elle, car mon bien aimé, mon fiancé est ici. » 

54. La porte lui fut ouverte; le portier se présenta, et vit devant lui une 
jeune fille aux traits nobles et gracieux. 

35. « Dis-moi, jeune fille, que veux-tu? Comment esl-tu venue seule ici? 
Dis-moi, jeune vierge, ce qui te tourmente et te fait verser des larmes. » 

50. — « Oh ! portier, un jeune bomme que j'aime est entré dans celle 
maison; va lui dire qu'il revienne, je l'attends depuis longtemps. » 

37. — « Belle vierge, le jeune bomme, que tu aimes, je ne l'ai pas aperçu; 
il n'est pas connu ici et il n'y est pas même venu. » 

38. — « Oh! portier, comment peux-tu parler ainsi? Le jeune bomme que 
j'aime vient de me dire cette parole : Je veux entrer ici. » 

39. — « Comment s'appellc-t-il donc, jeune vierge, celui dont tu viens de 
me parler? » — « Hélas! mon père, je n'en sais rien ; j'ai oublié son nom. 

40. » 11 est merveilleusement beau ; son royaume s'étend au loin ; il porte 
un habit bleu de ciel, parsemé d'étoiles d'or. 

4!. » Sa figure, semblable au lis, brille de la plus pure blancheur; sa bouche 
et ses joues ont la couleur des plus belles roses. 

42. >• Ses yeux sont pleins de douceur; il a la parole si suave; il est sorli 
du royaume de son père pour faire de moi sn fiancée. < 

43. — « Belle vierge, ton bien-aimé est si beau et d'un si haut mérite, que, 
vint-il du royaume des cieux, il ne saurait être plus beau. 

44. « Que le Seigneur Jésus soit avec toi ; il n'y a pas de semblable per- 
sonnage ici. » — « Oui, Jésus, c'est le nom de mon doux ami; c'est lui que 
j'aime. » 

41). — « Si c'est là son nom, comme tu le dis, je puis te le désigner. Il 
est bien connu ici, il ne fout pas aller plus loin. » 

4fi. — « 0 mon ami, que j'aime tant! Puissé-je être près de lui! Si ciel 
et terre étaient à moi, pour lui je donnerais tout. >• 

47. On instruisit la jeune fille dans la pnrfailc vie religieuse. On la recul dans 
le couvent, où elle demeura vierge cl pure. 



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200 



SAGAS, BALLADEN EN LÉGENDE*. 



48. Puisso celui qui a rimé celle chanson recevoir de Dieu la grâce de 
rencontrer dans le ciel In fille du souilnn. 



Cette légende, une des plus délicieuses du moyen-Age, est très répandue dans notre 
Flandre et dans la Belgique. Elle a été imprimée plusieurs fois; on la trouve dans la 
collection de Van Paerael et dans le recueil de Lcjcune, avec quelques variantes dans le 
texte et dans le nombre des strophes. Kous donnons ici le texte tel que nous l'avons 
entendu chanter dans ce pays; nous le donnons avec l'air que nous avons été assez 
heureux de recueillir de la bouche d'une personne qui nous a dit avoir été bercée aux 
sons de cette douce mélodie et d'autres non moins suaves. C'est une de ces mélodies vrai» 
ment populaires, c'est-à-dire simples, faciles et bien adaptées au sens des paroles. C'est 
aussi une de celles dont le caractère s'éloigne de la tonalité moderne ; la phrase musicale 
du premier vers cl celle du dernier semblent avoir du rapport avec une des phrases 
mélodiques d'une litanie de la Vierge. Nous signalons ce rapprochement, parce qu'on 
peut y voir, de la part de l'auteur de l'air, une intention d'imitation. Peut-être et pro- 
bablement même n'est-ce qu'un souvenir involontaire. 

D'après MM. J. et L. Albcrdingk-Thijm, qui ont publié cette chanson dans le volume, 
intitulé : Oud m Nieuwe Kent- Liederen, p. 284, elle aurait pour auteur Toxis Harmaiusz 
Van Wervebsboef. L'air, rapporté par MM. Albcrdingk-Thijm, est totalement différent 
du nôtre; il n les allures tout-à-fail modernes. 

Cette pièce est aussi populaire en Allemagne cl en Suède que dans les pays flamands 
M. le docteur Sncllacrl a publié, dans le recueil de Willems, les versions allemandes et 
suédoises, qui ne sont que des traductions ou des imitations du texte flamand. 



LVI. 



DE DRY MAEGDEKENS. 



Allegretto. 





<4>- 



t'y klommen op hoo - ge ber - gen en wy ke ken te 



~dry 




in; wy za-geu een schipken va — ren; 



maegde - kens 



3 



za - ten er in, en ee - ne was nacr myn 



zin. 



Wy klommen op liooge bergen, 
En keken le zeewaerl in: 
Wy zagen een schipken varen : 
Dry maegdekens zalen er in. 
En eene was nner myn zin. 



Die 



SAC.AS BALLADtS ET I lUit.NDES. Jl I 

Deze allerschoonste jonkvrouwc, 
Die in hel schipken was, 
Die hoodt acn my te drinken, 
Uit een klaer kristalen glas, 
Ken wyn die edel was. 

Ô. 

I Glas bragl ze ook aen haer mondje, 
En dronk het 't hal ven uit. 
« Myn trouw hoort u, u myn jonker : 
Myn harte die klopt voor u : 
Ja, myn trouwe die is u. .» 

4. 

— « Wat zal ik er toch mvè maken <•>? 
Gy hebt noch slot noch goed : 

Gy zyt een haveloos mcysken: 
En schoon gy zyt zoo zoet. 
Ik u Jaerom laten moet. » 

5. 

— « Ben ik een haveloos meyskeu? 
Men vind er zoo vele meer. 

'k Ga in een kloosterken treden, 
En dienen God den Heer, 
Ja, dienen God den Heer. » 

6. 

— « Vaerwel, myn schoone jonkvrouwc! 
Zoo gy in 't klooster gaet, 

Lacl by een woordje my weten 

Als gy de wyding nntfaet, 

Hoe ge in die kleedinge staet. » 

7. 

Als 't was acht dagen geleden, 
Haer vader en moeder was dood. 
Men vondt geene rykere vrouwe 
In zeven steden groot : 
Zy was nu van haven niet bloot. 



(I) Wat lou my uw liefde loch baton. 

U6 



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SAGAS , BALLADEN I.FX.EISDEN. 



8. 

De ruiter heeft het vernomen ; 
Hy sprak : « Ras, zadelt myn peerd! 
Dat zy in 't klooster moest komen, 
Is 't geen die 't meeste my deert; 
Zy was wel de moeite weerd. » 

9. 

Als hy nu kwam aen 't klooster, 
Hy klopte met dyzeren ring : 
« Waer is het jente nonneken, 
Die laelst de wyding onlfing? 
Hael hier dat schoone kind. » 

10. 

Het allerjongste nonneken 
Kwam voor de traliën staen: 
Haer hairken was afgesneden, 
Ze zei : « 't Vryen die is gedaen; 
Jonker, wil toch henen gaen. » 

11. 

Hy slak zyn peerd met sporen 
Tot onder den lindeboom groen. 
« God, 'k heb ze my zelve verloren 
En hy doorstak zich koen, 
Om geen hcrlzeer te voèn. » 

12. 

Ten twee ure na de noene, 
De nonne ging uit om brood, 
En onder den lindeboom groene 
Vond zy heur schoon zoetelief dood 
In 't bloed dat hy vergoot. 

13. 

Zy kuslege en zy weendege. 
En zy nam hem op haer schoot; 
En zy riep zoo menig werven : 
« Schoon zoetelief, zyt gy dood? 
In uw eigen bloed versmoord! » 



SAGAS, BAI. LAD! S ET LÉUENOES . 



'203 



14. 

Zy dede een huyzeken bouwen 
Op haer schoon zoeleliefs graf, 
En zy ging er in gaen woonen 
Tol dat ze den adem gaf: 
Ja, tot dat ze sterven mag! 



LES TROIS JEUNES FILLES. 

t. Nous montâmes sur de hautes montagnes et nous- regardâmes du cólc de la 
mer, nous vîmes voguer une nacelle; trois jeunes filles y étaient assises, l'une 
d'elles me plaisait beaucoup. 

2. Celle jeune fille si belle, qui était dans la nacelle, m'offrit ù boire dans 
une coupe de cristal pur un vin délicieux. 

3. Elle-même porta la coupe à ses lèvres et la vida à moitié. « Ma foi l'ap- 
parlient, ô gentilhomme, mon cœur bal pour toi, oui, ma foi l'appartient. « 

4. — « A quoi te servirait mon amour; lu n'a ni biens ni maison ; tu es une 
pauvre fille, et quelque aimable que tu sois, je dois te délaisser. « 

5. — « Ne suis-je qu'une pauvre fille, on en trouve bien d'autres. Je vais 
dans un couvent pour servir le Seigneur, oui, pour y servir le Seigneur. » 

6. — « Adieu donc, belle demoiselle, puisque tu entres dans un couvent, 
qu'un mot de toi me fasse connaître quand tu seras professée, comment tu le 
trouves sous cet habit. » 

7. Huit jours s'étant à peine écoulés, son père et sa mère moururent; l'on 
ne vil poinl plus riche dame dans sept pays d'alentour; elle n'était plus pauvre 
fille. 

8. Le chevalier apprit cela, il dit : « Vite qu'on selle mon coursier. Quoi elle 
se mellrait dans un couvent; cela me tourmente. [Elle a pour moi une autre 
valeur. ». 

!). Quand il arriva au couvent, il branla l'anneau de fer : « Où est la jolie 
nonne, qui la dernière a été professée ; qu'on m'amène celte belle enfant. » 

10. La toute belle nonne vint se présenter devant la grille. Sa chevelure était 
coupée. Elle dit : « L'amour est fini, gentilhomme, éloigne-toi donc. » 

H. Il piqua son coursier jusques sous le vert tilleul. «< Dieu! je suis cause 
de mon malheur ! « Et il se perça le cœur pour n'avoir plus à souffrir. 

12. Deux heurrs après midi, la nonne sortit pour chercher du pain, cl 
sous le vert tilleul elle trouva son bien aimé étendu mon et baigné dans son 
sang. 

13. Elle l'embrassa; elle le retourna et le mil sur ses genoux. Elle s'écria 
maintes fois : Mon bien aimé, cs-lu donc mort et noyé dans ton propre sang! « 



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204 



SIOAS, BALL4DE.V t> LtOK.MUt.V 



14. Elle fit bâtir une maisonnette sur le toml>cau de son bien aimé, et elle 
alla y habiter jusqu'à ce qu'elle rendit le dernier soupir, oui jusqu'à sa mort. 



Cette charmante chanson est très connue dans toute noire Flandre. Cependant nous 
n'en avions pu recueillir que des fragments épars jusqu'au jour où M. Ronsc, de Furncs, 
nous a adressé la transcription du texte et de la mélodie que nous donnons ici. 

D'après M. Hoffmann Von Fallcrsloben, I/orœ btigiccr, I. Il, p. 178, cette pièce était 
déjà chantée au XV» siècle. Cet auteur signale plusieurs versions allemandes et sep- 
tentrionales, auxquelles Willcms ajoute deux autres publiées par Erlach et Uhland. 
M. Krctzschmcr, t. I, p. 106 et suiv.. en publie aussi divers textes et mélodies. 

Le texte que rapporte Willcms a été tiré par lui en partie de Jean Rouland, Liede- 
kcns-lœk, iUi, et en partie de : Haarlem» Oudl Lùdt-boek. Willcms fait connaître en 
même temps un texte chanté aux environs de Court rai. 

M. Firrncnich, Gtrmanirnt Yotkerstirntnrn , t. Il, p. III, donne, sous le titre de 
Dei Xunne, la même chanson dans le dialecte usité à llauau. 

Le même chant est encore, aujourd'hui même, très populaire en Hollande. Notre ami, 
M. J. A. Albcrd>ngk Thijm, en nous en adressant un exemplaire, imprimé sur une petite 
feuille volante, nous dit : « Cette chanson avec ses nombreux couplets a une vogue im- 
mense. Elle se chante partout. Sa forme un peu antique, ses couplets nombreux, le sujet 
catholique, rien n'y rebute notre population. On ne peut pas faire deux pas par nos 
villes sans entendre la chanson Der Ruiterijen. Tout le monde la sait, on la joue sur le 
violon et sur la flûte; on la chante à deux et à trois voix. - La mélodie que M. J. A. Alber- 
dyngk Thijrn a eu l'obligeance de nous envoyer, a le plus grand rapport avec l'ancienne 
mélodie de la chanson Het Looze Vit/chtrtjc, rapportée par Willcms, p 276. L'air nou- 
veau de cette chanson, un peu défiguré dans Willcms, est de M. P. Van Duysc. 

Nous donnons ici la chanson hollandaise avec sa mélodie, ne doutant pas qu'il no soil 
agréable au lecteur de posséder cette variante 



Allesrro 



DE DRY RUITERTJES. 




Toen ik op Ne-der-lands ber-gen stond, keek ik bet zee- gat 



i 



m 



m. 



Daer zag ik een schip je zei - len ; Kr za-ten dry rui-ter-tjes 




=<t=[ 



w~» — ft 



van de jongste was nnermijn zin, een van de jongste was noeruiijn 



I 



Toen ik op Nederlands bergen stond, 

Keek ik bet zeegnt in. 

Daer zap ik een scbipje zeilen, 

Er zaten cl rij ruitertjes in; 

Een van dc jongste was nacr mijn zin (/»»>■). 



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SAGAS, BALLAUtS ET LÉGENDES. Ü05 

Het allerliefste ruitertje, 

Dat in der dat schuitje zal, 

Die bood my eens te drinken, 

Het was koele wijn uit een vat, 

Het was de beste wijn dien bij bezat (bis). 

Ik brngt bet glaesje aen mijn mond, 
Ik dronk bet lustig uit met zijn, 
Ik sprak : « Mijn heer, stout ruiterje! 
Hier hebt gy een trouwring van mijn, 
En dien trouwring schenk ik jou >< (bis). 

— « Wat ik met dien trouwring doen? 
Wal zal ik daerinee doen? 

Gij zijt een zcedcrloos dienstmaegd, 

En ik een graaf zijn zoon, 

En wat zou ik dacrmeé doen? * (bis). 

— « Wilt gij mij dan niet hebben ! 
't Is goed, dacr zijn er nog meer; 
Dan ga ik het klooster dienen, 
Daer dien ik mijn lieven Heer, 

En dan ziet gij mij nooit meer > (bis). 

Toen het nonnetje half verwegen was, 

Haer vader en moeder was dood ; 

Daer was geen rijker nonnetje, 

Op zcederloos dorp zoo groot; 

Ja, haer vader en moeder was dood (bis). 

De ruiter sprak, toen bij 't te hooren kwam: 

« Kom, knecbl, zadel mijn peerd, 

Dan ga ik nner 't klooster loe rijden, 

Dat is wel een kansje weerd ; 

Jn, kom knecht, kom, zadel mijn peerd » (bis). 

Toen de ruiter aen het klooster kwam, 
Toen schelde hij lustig aen, 
Toen vroeg bij aen het begijntje : 
m Of dacr niet een nonnetje was? 
Jn, die dacr pns gekomen was » (bis). 

— .: Ja, hier is wel een nonnetje, 
Macr zij komt er niet voor u uit; 
Zij is den Heer gaen dienen, 

Zij is des Hccren bruid, 

En /ij komt cr niet voor u uil » (bis). 



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-2W\ 



SAGA», UAL LADEN EN LEGENDE*. 



— •< Als gij hncr niet lact komen, 

Sprak deze looze guit, 

Zal ik het klooster in brand gaen steken 

Met zwavel en met kruid, 

En don zal zij komen er uit » {bis). 

Toen het klooster stond in vollen vlam, 

Kwam het nonnetje voor mij stacn, 

Met opgestroopte mouwtjes, 

Ilaer nonnenkleed had zij acn 

En zoo kwam zij voor mij stacn (bis). 

Zij sprak : >< Mijn heer stout ruitertje, 
Wat doet gij mij voor een schand? 
Onlangs toen ik u dien trouwring bood, 
Toen weigerde gij mij hand, 
Ga en vertrek macr uit mijn land » {bis). 

De ruiter keerde zich ommc, 
En sprak geen enkel woord ; 
Toen hij acn het fonteintje kwam, 
Daer schoot hij zich zeiven dood, 
Hij lag verslagen, hij was dood {bis). 

Het was eens op een donderdag, 
De Non die zou gaen halen brood, 
Toen zij acn het fonteintje kwam, 
Daer vond zij hacr zoete lief dood, 
Hij was verslagen, hij was dood {bis). 

Zij sprak : « Mijn heer, stout ruitertje! 

Is dat om de wille van mijn? 

Dan zal ik u laten begraven 

Hier onder de rozemarijn, 

Alwacr die stoute ruitertjes zijn {bis). 

■ Dan zal ik bloempjes plukken, 

En strocijen op uw graf ; 

Dan zal ik tulpjes planten, 

Tot acn den jongstcn dag, 

Alwacr ik mijn lief wcér zag •- (bis). 



Cette chanson, comme les variantes que nous avons ci tres plus linut, contient une 
différence importante avec la nôtre. Dans celle-ci ce sont trois jeunes filles qui sont 
dans le navire, dans les autres au contraire ce sont trois chevaliers. Quelle est la bonne 
leçon? On serait tenté de donner la préférence à celles qui concordent |>our donner la 
place dans le navire aux chevaliers. 



s.uas, ium.ades kt légendes. 



LVIL 



DE DRY HERDERKENS. 



5 



Poco allegro. 



■9.- 



1 



Dacr gin-gcn dry her - dcr-kcns uyt om te 



gen 



Buy -ten de poor-te van Berg-op - Zoom. Ter - wyl zy daer stonden, Zy 



daer ge — 



heb ben daer ge — von - den, zy héb-ben 



von - den een 

m 



nieuw ge - bo - ren kind, zy heb-ben daer ge — von - den een 



















— « 







nieuw ge - bo -ren kind. 



Daer gingen dry herderkes uyl om le jagen 
Buylcn de poorte van Berge-op-Zoom . 
Terwyl zy daer stonden, 
Zy hebbeu daer gevonden 
Een nieuwgeboren kind. 

2. 

Zy hebben het kleyne kind opgenomen; 
Zy zyn daer meê naer dherberge gegaen. 
« Bazinne van de Viere, 
Tapt ons ecne kanne biere; 
Wy hebben daer gevonden 
Een nieuwgeboren kind.» 

3. 

De bazin heeft de kanne in haer hand genomen, 

Zy is daer mee in den kelder gegaen. 

't Bier was geschonken, 

Maer 't was nog niel gedronken , 

Hel biertje was verandert in rooden bloed. 



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208 SAl.AS, BAtl.ADFN f.N LEGCMlEtt. 

4. 

De herderkens die in de kanne keken, 

Zy zeyden : « Gy houdt den zol mei ons. » 

— « Wel Hceren ! zeyd zy, Heeren , 

Gy moet alzoo niet zweeren : 

'l Is een teeken van ons groolen God. » 

5. 

Zy hebben het kleyne kind aengesproken : 

« Zyt gy van God, spreekt tegen my. 

Of zyt gy van den boozcn? 

Wilt loch by ons niet spooken. » 

't Kind heefl zyn mondje wyd open gedaen. 

6. 

't Sprak dry woordekens achter malkander : 
« Menschen, bekeert u, 't is meer als tyd; 
Want God die zal ons zenden 
De straffe van ellenden : 
Oorlog, peste en dieren lyd. »> 

7. 

's Nachts, omirent den elven of ten l wel ven, 

Daer kwamen dry mannen in het lochtgedruys : 

Den een' met een roede, 

Den and'ren mei zyn zweepe, 

Den derden met zyn dierbaer kruys. 

8. 

God wilde de straffe in de locht verkonden. 
Groole hagelsteenen zynder gevallen , 
Tusschen regen en snee we. 
De hagels die daer Icên, 

Ze woegen ze in de schale; ieder wocg een vierendeel. 



LES TROIS BERGERS. 

\. Trois bergers sortirent pour chasser hors des portes de Bcrg-op-Zoom. 
Là ils trouvèrent un enfant nouveau-né. 

2. Ils prirent le petit enfant cl le portèrent dans une auberge. « Hôtesse, 
sers nous un pot de bière, nous venons de trouver un enfant nouveau-né. «• 

3. L'hôtesse prit le pot pour s'en aller à la cave. La bière fui versée, mais 
on ne la but pas, elle était changée en sang. 



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SAGAS, BALLADES ET LÉGENDES. 



209 



4. Les bergers regardant dans le pot, lui dirent : « Tu te moques de nous. 
— ■ Mais, Messieurs, dît-elle, Messieurs, ne faites pas tant de bruit: c'est un 
miracle de Dieu. » 

5*. Us s'adressèrent à l'enfant : « Vicns-tu de Dieu, dis-le nous, ou viens-tu du 
démon, éloigne-toi? » L'enfant ouvrit sa bouche toute grande. 

6. Il prononça ces paroles : « Hommes, convertissez-vous, il est plus que 
temps ; car Dieu nous enverra de grands malheurs : guerre, peste et famine. » 

7. La nuit d'après, entre onze heures et minuit, trois hommes parurent 
dans les airs, l'un tenait une verge, l'autre avait un fouet, le troisième était 
chargé d'une croix. 

8. Dieu voulut manifester son châtiment dans les airs. Une greïc terrible 
tomba, entremêlée de pluie et neige; les gréions, mis dans la balance, pèsaienl 
un quart de livre. 



Cette légende populaire, que nous donnons ici d'après les versions que nous avons pu 
recueillir à Baillcuil, à Caestrc et dans quelques autres villages de l'arrondissement 
d'Hazcbrouck , où elle est particulièrement répandue , semble incomplète. On y re- 
marque des lacunes qu'il serait intéressant de pouvoir combler. La mélodie que nous 
reproduisons est celle qui se chante à Baillcul, dans les rues et sur les places publiques, 
les jours où se réunissent les jeunes dentellières pour fêter le mois de mai ou leur 
patronne. Celle mélodie a un caractère d'ancienneté qu'indiquent d'une manière non 
équivoque certaines tournures de phrases et notamment celle commençant sur ces mots : 
• Tcrwyl zy t tonden, etc. • Celle phrase mélodique rentre dans la catégorie de celles que 
nous avons déjà signalées et d'où se trouve exclue la note sensible. 



LVIII. 

TJ ANNE. 



Andantino. 






tl 4 J J 

U Achllîannc, 


zey - de hy, Tjan-ne, 


waer-ora en zing - de gy 



liet. Ach! wat zou-der ik gaen zin - gen, binst dry da -gas en 







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SAGAS, DALLADEN EN LEGENDEN. 



« Ach! Tjanne, zeyde hy, Tja n ne. 
Waerom en zingde gy niel? » 

— « En wat zonder ik gaen zingen, 
By dry dagen en bender ik niet. » 

2. 

Tjanne was schaers in d'aerde, 

Jan trouwde met een ander lief. 

En zy gaf dc kinderen slagen, 

En zy zeyd' : « Waerom zoekt gy niel. 

5. 

's Morgens ten negen uren, 
Zag men de dry kindjes gaen, 
Naer hel graf van huider moeder 
En zy bleven daer stille slaen. 

4. 

Zy lazen en zy baden, 
Zy vielen op huider knién ; 
Op 't gebed dat zy daer lazen, 
Het graf sprong open in drien. 

5. 

Zy nam het middelste zoontje, 
En zy ley 't op haren schoot. 
En zy nam het jongste zoontje 
En zy ley 't aen haer borst bloot. 

6. 

En zy gaf 't nog eerst te zuygen, 
Gelyk al de moeders kuisch. 
« Ach! kinders, zeyde zy, kinders, 
Wat doet uwen vader al fhuys? » 

7. 

— « Ach! moeder, zeyden zy, moeder, 
Myn honger is wel te groot. 

Slaet op en gauwe gy mede, 

Wy zullen tsaem vragen ons brood. » 

8. 

— « Ach! kinders, zeyde zy, kinders, 
'k En kan voorwacr niet opslaen, 

En myn lichacm ligt onder d'aerde, 
En den geest doet mv hier slaen. >» 



SAGAS, BALLADES ET LÉGENDES. 211 

JEANNE. 

1. « Ah! Jeanne, disait-il, Jeanne, pourquoi ne chante tu pas? » — « EL.' 
que chanterai-je, dit-elle, dans trois jours, je ne serai plug. » 

2. Jeanne était à peine en terre, Jean se maria à une autre femme. Et 
celle-ci donna des coups aux enfants, en disant : « Pourquoi n'allez-vous pas 
chercher votre pain. » 

5. Le lendemain, à neuf heures, on vit aller les trois petits enfants vers le 
tombeau de leur mère et s'y arrêter tous trois. 

4. Ils prièrent beaucoup et se mirent à genoux ; et sur la prière qu'ils 
y firent, la tombe s'ouvrit en trois endroits. 

3. Elle prit son deuxième enfant et le plaça sur ses genoux, et elle prit son 
plus jeune et le porta à son sein. 

6. Et elle lui donna de son lait, comme font les mères chastes. « Ah ! enfants, 
dit-elle, enfants, que fait votre père à la maison? » 

7. Ah ! mère, dirent-ils, mère, notre faim est bien grande. Levez-vous et 
venez avec nous, nous irons ensemble mendier notre pain. » 

8. « Ah! enfants, dit-elle, enfants, je ne puis vraiment me relever; mon 
corps est couché sous terre ; c'est mon âme que vous voyez ici. » 



Voici encore une saga bien belle, bien touchante; clic est très connue dans toute notre 
Flandre. Elle est surtout populaire à Casscl et h Baillcul. Malgré cela nous n'avons pu 
nous en procurer un texte bien pur; nous avons dû nous contenter de celui que nous 
venons de rapporter et qui est évidemment incomplet. Cette pièce est très ancienne. Quant 
à l'air, nous le croyons aussi fort ancien, d'après certaines tournures mélodiques. On 
remarquera que chaque période rhythmique ne se compose que de trois mesures; ce qui 
donne à cet air un caractère particulier. Cette sogn offre des points de comparaison avec 
celle de la Belle-mère (de Stiefmoeder) et celle qui retrace le refour d'une mère, traduite 
des chants du nord de Marinier par Pr. Van Duyse, dans le Klaverblad, Bruxelles, 1848, 
p. 22t et 288. 



DEN VERLOREN ZOON. 



Allegro. 



Hoort al te sa-men een ver - maen, Wat w'in de Schrif- 



fm ^.j» ! j i r c^m^p^ i 



tu-re vin-den staen : Vanee-nen va- der ge - pre - zen, Hoe 



*J dat hem zyn zo - ne de - de gc - kwel, Zy - ncn va - der as 



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212 



SAGAS, BAI.LADEK EN LCCEJSDE.x. 



pâ ^T^ T Tl Y i r et i"r J i 



hy al - tyda heel re — bel. Hy en wou niet gc - hoor 



*J wc-zen. Hv en wou niet ce - hoor - zaem we-teu. 



■wc-ien. Hy en wou niet ge - hoor - mem we -«en 

Hoort al le samen een vermaen, 
Wat w'in de Schrifture vinden slaen : 
Van cenen vader geprezen, 
Hoe dal hem zyn zone dede gek wel. 
Zynen vader was hy altyd heel rebel, 
Hy en wou hem niet gehoorzaem wezen. 

2. 

Den zone sprak al meiter spoel : 
« Nu, geef my al myn patrimony goed, 
lk wil reyzen uyl den lande. » 
Hetwelk zynen vader heeft gedaen; 
En liet zyn zoon in voyagie gacn; 
Zyn moeders deel gaf hem in handen. 

3. 

Den vader heeft zyn zoon le peerde laten gaen, 
Met goud en zilver zwaer gelaón, 
Met gouden kelens, ringen en kleeren. 
« Adieu, sprak den zone, myn vader koen. » 
— « Adieu, sprak den vader, myn lieven zoon! 
Wil u toch wysselyk regeren. » 

4. 

Den zoon is blydelyk ryden gegaen; 
Zynen vader liet zoo menigen traen, 
Zyn herte was vol rouwen; 
Dat en achte zynen zone niet een kaf; 
Want hy om zynen vader niet veel en gaf. 
Maer 't is hem wel berouwen. 

5. 

Zynen zone is gereden den verloren pad, 
Zyn vaders leere hy haest vergat : 
Hy stelde 'l al in hel wilden. 
Men dronk er den wyn, men spaerde 't bier; 
Tapte m 'er een de weerdin schreef er vier, 
Met de vrouwkens van de gilden. 



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SAGAS, BALLADES ET LÉGENDES. 



213 



C. 

Zoo heeft hy nacht en dag gedomineert, 

Zoo lange als zyn geldeken heeft gefloreert, 

Met dansen en met springen, 

Op harpen en fliiylen; niemand heeft daer geirem l 

Zoo lange als zyn geldeken heeft geduerd. 

De vrouwkens hem vriendelyk ontvingen. 

7. 

Dus hevel den verloren zoon gesteld; 

Hy gaf ten besten, hy zaeide zyn geld, 

Zyn gouden ketens, ringen en kleeren 

Trokken hem de boeren, lot zyn hemde toe uyt; 

Zy sloegen hem buyten als een schavuyt, 

Dat was voor zyn domineren. 

8. 

Doen kwam daer een zoo groolen duren lyd; 
Den verloren zoon was geld en kleeren kwyt. 
Hy klaegde menigwerven : 
« Och! had ik ook myn vaders wil gedaen, 
Nu moet ik als een huerling dienen gaen 
Of van honger moet ik sterven. » 

9. 

Een huysman te dienen heeft hy geavonlucrl ; 
Om verkens te hoeden heeft hem verhuert, 
Om zynen nooddrift te krygen; 
Maer, och! laeg van grooten honger doch. 
Zoo at hy met de verkens aen den trog, 
Om zynen honger te verdry ven. 

10. 

Hierom was den huysman zoo zeer gestoord, 

Hy gaf hem zoo menig spytig woord, 

Hy sloeg hem uyt de schuren. 

Den verloren zoon klaegde met menigen traen, 

o Och ! ik heb gezondigd ende zeer misdaen , 

Verkensdraf en mag my niet gebeuren. » 

11. 

Den verloren zoon, van honger desperaet, 
Hy ging tot zynen vader om genaed; 



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2li 



SAGAS, BALLADE?! E> LEGEXDEV 



Hy bad met grooten verlangen : 
« Om te zyn uw zoon of kind bekwaem. 
Heb ik, och! vader, al te veel misdaeo. 
Wilt my als een huerling ontvangen. » 

12. 

Zyn vader die schreyde van blydschap zeer : 
« 't Is u vergeven, en zondigt niet meer. 
SU op, myn zoon verkoren; 
Trek keten, ringen, kleeren weder aen. 
Myn gemeste kalf zal ik voor u doen slaen. 
Zonder my gy bleeft heel verloren. » 

IS. 

Gy, jonge gezellen, neemt hier een spiegel aen, 
Hoe 't den verloren zoon deerlyks is vergaen; 
Wilt vader en moeder eeren. 
Reyst gy uyt het land, bewaert uw geld en goed; 
Dat gy niet als den verloren zoon en doet; 
Zoo raoogt gy vrolyk wederkeeren. 

14. 

Men vindt nu menig zoon en dochter fyn, 
Die vader of moeder niet gehoorzaem en zyn. 
Zy reyzen uyt den lande, 
Dan gaen zy ook, gelyk den verloren zoon, 
Haer geldeken met hoeren en boeven verdoen: 
Daerna komen zy tol schande. 

15. 

Gy, zondige menschen, allegaer, 

Komt al tot Chrislum den hemelschen Vaér, 

En bid hem met verlangen; 

Al hebt gy gezondigd en zwaer misdaen. 

Wilt al tot Christum om genade gaen : 

Hy zal u al zoo vriendelyk ontvangen. 



L'ENFANT PRODIGUE. 

1. Écoulez tous un récit édiûanl qu'on trouve dans l'Écriture; comment 
un |ktc respectable avait un mauvais fils, qui lui était rebelle et qui mé- 
prisait son autorité. 



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SACAS, BALLADES ET LEGESDFS. 



215 



2. Cc fils lui dit un jour : ■ Donnez-moi mon patrimoine, je veux sortir du 
pays. » Son père se rendit à ses désirs et lui donna sa part de biens de sa mère 
et le laissa partir. 

3. Le père vil son fils partir avec un cheval chargé d'or, d'argent, de chaînes, 
de bracelets et de superbes habits. « Adieu, mon père, dit le fils. » — « Adieu, 
mon cher fils, dit le père, conduis-toi sagement! » 

4. Le fils partit tout joyeux ; son père cependant laissait échapper bien des 
larmes; son cœur était rempli de tristesse. Le fils n'y fit nulle attention, car 
il faisait peu de cas de son père, mais il eut bien & s'en répentir. 

3. Le malheureux jeune homme en s'éloignant oublia la leçon de son père. 
Il vécut dans le désordre; on buvait le vin, on laissa la bierre. Quand on tirait 
un broc, l'hôtesse et les filles de la compagnie en marquèrent quatre. 

6. Ainsi passèrent les nuits et les jours. Tant que l'argent dura, c'était 
danser, sauter, jouer de la harpe et de la flûte ; personne ne s'ennuyait. Aussi 
longtemps que la bourse fut garnie, les femmes lui faisaient bon accueil. 

7. L'enfant prodigue vécut ainsi dans le désordre. H répandit l'argcut h pro- 
fusion. Il donna sans discernement ses chaînes d'or, ses anneaux cl ses habits. 
On lui arracha jusques sa chemise. On le mit à la porte comme un misérable. 
Cétait là le châtiment de ses excès. 

8. Vint alors une grande famine, l'enfant prodigue n'avait plus ni argent, ni 
habits. Bien des fois il disait en soupirant : « Oh! que n'ai-jc fait la volonté 
de mon père. Maintenant je dois servir comme un mercenaire ou mourir de 
faim. » 

0. Il s'adressa à un fermier pour obtenir du service et se loua enfin pour 
garder les pourceaux, afin d'avoir de quoi manger. Mais hélas! sa faim fut si 
grande qu'il se mit à l'auge des pourceaux pour l'apaiser. 

40. Le fermier s'en irrita contre lui, l'accabla de durs reproches, et le chassa 
hors de l'établc. L'enfant prodigue répandit maintes larmes. « Oh! que j'ai 
péché et mal agi, se disait-il; on me refuse la nourriture des pourceaux. » 

11. Fatigué d'endurer la faim, il retourna chez son père implorer sa miséri- 
corde. Il le supplia avec instance : « Recevez-moi, lui dit-il, comme voire en- 
fant, ou si je vous ai trop offensé, acceptez-moi comme scrvileur. » 

12. Son père pleurant de joie : « Tout est pardonné, dit-il, ne tombe plus 
dans tes anciennes fautes; relève-toi, mon fils chéri; revets-toi de nouveau 
de tes habits, de tes anneaux, de tes chaînes d'or. Pour loi je ferai tuer le 
veau gras. Sans moi tu étais perdu. » 

13. Jeunes gens, prenez leçon de ceci; rappelez-vous comment l'enfant 
prodigue est arrivé à sa perle. Honorez vos père et mère. Faut-il quitter le 
pays, ne prodiguez pas vos richesses. Si vous n'imitez pas l'cnfnnt prodigue, 
vous retournerez gais et contents. 

H. On trouve aujourd'hui bien des fils et des filles qui n'obéissent pas a 
leurs parents. Ils quittent leur pays, ils s'en vont comme l'cnfanl prodigue 



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21 G SAGAS, BALLADEN EN LEGENDEN. 

dissiper leur argent avec des compagnons de débauche, et après ils tombent 
dans la honte et le mépris. 

Vous tous pécheurs, revenez à votre père céleste, et priez-le avec espoir, 
quels que soient vos crimes et vos méfaits; allez à lui, implorez sa miséricorde , 
il vous recevra ausbi avec amour. 



La parabole de l'enfant prodigue est un des épisodes les plus populaires de l'Évangile. 
Le chant que nous venons de rapporter est ancien et très répandu dans notre Flan- 
dre. Nous l'avons entendu chanter dans les arrondissements de Dunkcrquc et d'Haze- 
brouck, sur l'air que nous avons recueilli et que nous reproduisons comme un de ceux 
qui méritent de fixer l'attention, à cause de certaines tournures originales résultant de la 
manière dont on semble avoir voulu y éviter l'emploi de la septième sensible. 



DE VIER GASTEN. 



Allegro non troppo. 



SI 



É 



7* — 



iy, chrw- 



Hoort, vrieu-den, laya-tert naer dit lied, G y, chris-te - ly - ke 



L Beha - ren, Wat dat vier gas - ten is 



m 



in 



ge - Bchied, Die ka 



i 



5 



ra -den wa - ren. Zy maekten 't sa - 



band 



ken 't Hei - lig Laud, En niet weer - om te 



te be - zoe 



tJ kee - ren üf za-gen 't Graf dea Hee - ren. 



za-gen 't Graf dea Hee - ren. 

Hoort, vrienden, luyslerl naer dil lied, 

Gy, chrislelyke scharen, 

Wat dal vier gasten is geschied, 

Die kameraden waren. 

Zy maekten t'samen eenen band 

Om te bezoeken 't Heilig Land, 

En niet weérom te keeren 

Of zagen 't Graf des Heeren. 



>\i;AS, 1HLI.ADES ET I.KCE.XDES. 



2. 

Hun blydschap is haest vergaen 
In groole tribulatie; 

Want eenen schrik kwam hun daer aen 

Het was duyvels tentalie. 

Twee lygers maekten groot gelier; 

Dees gasten riepen alle vier : 

« 0 Godt, wat komt ons legen 

Op dees bedroefde wegen. 

5. 

» Zou hier iemand vol zonden zyn, 
Die aen Godt zou mishagen? 
Maria, zuyver raaget reyn, 
Wil zorge voor ons dragen ; 
Want deze reys is onze wit. » 
Maer eenen van de vier zweeg stil, 
En liet veel tranen leken, 
Toen zey hy zyn gebreken. 

4. 

« Laet my alleen op deze baen, 
Sprak hy met groot bezwaren : 
'k En heb te biechte niet gegaen 
Den tyd van negen jaren. 
Voorwaer, myn zonden zyn zoo groot ; 
Rcysl gy u lié met u dryen voort: 
Want Godt die mogt ons plagen 
Voor myn voorleden dagen. » 

5. 

Toen spraken d'ander dry getrouw : 

« En wilt niet droevig wezen; 

De litanie van onz' Lieve Vrouw 

Zullen wy voor u lezen, 

Dat zy aen God vraegl om genaed 

Voor ons zonden en ons misdaed; 

En drymael alle dagen 

Aen God ons ziel opdragen. » 



218 



SAGAS, BALUnf.X KX LEGENDE*. 



G. 

De tygers zyn verdwenen ras; 
Ze Irokken voort te samen 
Gelyk het haer begeerte was. 
Tot Jérusalem zy kwamen; 
En zagen daer het Heylig Graf, 
Dat Joseph voor Christus gaf. 
Twee Minderbroeders kwamen, 
Die haer de biecht afnamen. 

7. 

Zy kregen op den staenden voet 
Het vleesch en bloed des Heeren, 
En hun berouw, opregt en goed. 
Bleek ook in 't wederkeeren : 
Want dezen gast, vol zonden groot, 
Die bleef in Barcelonen dood, 
Zeer naekt en bloot van leden. 
Een vrouw kwam daer getreden. 

8. 

En sprak terstond : « Vrienden, te saêm 

Wilt dit lichaem begraven; 

Maer doel hem eerst dat schoon hemd aen. 

Reysl dan langs bosch en hagen. 

En vreest toch voor geen ongeval; 

Ik weet wie u bewaren zal; 

De litanie blyfl lezen 

Gelyk gy deed 't voor dezen. » 

9. 

Zy hebben dan met groot geklag 

Het dood lichaem begraven; 

En korts naer den derden dag 

Zy eenen herder zagen; 

Hy had dry schaepkens, dezen vriend, 

Hield nog een vast met een rood lint. 

Daer en was niet te weijen 

AU steenen ende keijen. 



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SAGAS, UALLAUES ET LÉGENDES. 

10. 

Zy vraegden dan met goed versland : 

« Wat geeft g'u schapen l'eten? 

Hier en is kruyd noch gras in 't land; 

Wy zouden 't geerne weten. » 

Den herder heeft aen hun verklaerd : 

« Zy zyn door God en ray hewaerd. 

Dat is een uyl verkoren; 

't Was negen jaer verloren. 

11. 

■> En is nu in den regten stal. 

Onthoudt dit al uw leven, 

Wie dal er was in uw getal 

En op den weg gebleven. » 

Den man verdween op staenden voel. 

Zy reysden voort met groot gemoed, 

En waren zeer verslagen. 

Straks eenen geest zy zagen. 

12. 

Die sprak : « En zyt toch niet versteld, 

Dat ik my kom verloonen : 

G'hebt my begraven in het veld, 

En dat zal God u loonen. 

Gy deedt my ook dit schoon hemd aen. 

En wilt Gods Moeder nooyt afgaen, 

Die heeft pardon gekregen 

Voor g'heel myn zondig leven. 

13. 

» Ik ben nu in de ceuwigheyd 
Geraekl door uw gebeden. » 
Den geesl heeft hun adieu gezeyd, 
Die toen haer reys voldeden; 
En dankten Gode vroeg en laet 
Voor 'l zien van hunnen kameraed. 
Zondaers, wilt hier uyl leeren, 
IJ met berouw bekeeren! 



220 



SAGAS, BALLADEN LPf LEGEJCDLN. 



LES QUATRE COMPAGNONS. 

1. Amis chrétiens, qui m'entourez, écoulez le récit de ce qui est arrivé n 
quatre jeunes compagnons. Ils avaient fait entre eux la promesse de visiter la 
Terre-Sainte et de ne pas revenir qu'ils n'eussent vu le tombeau du Cbrist. 

2. Mais leur joie se changea bientôt en tristesse ; car le démon essaya de 
leur livrer un formidable assaut. Deux tigres firent entendre d'effrayants 
rugissements. Les quatre compagnons s'écrièrent à la fois : « 0 Dieu, quelle 
rencontre terrible dans ces tristes parages. » 

3. — h Quelqu'un parmi nous serait-il en état de péché et dans l'inimitié 
de Dieu ! Marie, ô Vierge pure, venez à notre secours ; car c'est de plein gi é 
que nous faisons ce pèlerinage. » L'un d'eux cependant gardait le silence; il lais- 
sait échapper des larmes , puis avoua sa faute. 

4. — « Laissez-moi seul sur ce chemin, dit-il, en soupirant. Je ne me suis 
pas confessé depuis neuf ans, malgré l'énormité de mes péchés. Vous trois con- 
tinuez votre voyage ; car Dieu pourrait nous châtier tous à cause de mes crimes 
passés. » 

5. Les trois autres lui répondirent : ■ Ne vous affligez pas; nous allons 
réciter pour vous les litanies de la Sainte Vierge, afin qu'elle implore la miséri- 
corde divine pour vos péchés cl les nôtres. Chaque jour aussi, et trois fois par 
jour, nous élèverons notre âme à Dieu. » 

G. Les tigres disparurent aussitôt; les compagnons continuèrent leur roule; 
selon leurs désirs, ils arrivèrent à Jérusalem. Us y virent le tombeau sacré où 
le Christ fut déposé en présence de sa mère. Deux Frères Mineurs entendirent 
leur confession. 

7. 11b reçurent en même temps le corps et le sang de notre Seigneur. Leur 
contrition fut si parfaite qu'on en vit une preuve à leur retour ; car le com- 
pagnon qui avait été si grand pécheur, mourut, pauvre et nu, h Barcelone. 
Une femme vint & passer. 

8. « Amis, dit-elle, veuillez enterrer ce corps. Mais auparavant, rcvétcz-lc 
de cette blanche chemise. Puis continuez votre roule le long des bois et des 
haies et ne craignez aucune fâcheuse rencontre. Je sais qui vous protégera. 
Continuez & réciter les litanies comme vous le faites tous les jours. » 

9. Us enterrèrent le corps de leur ami en versant des larmes. Trois jours 
après, ils virent un berger conduisant trois brebis. Il en avait une quatrième 
attachée par un ruban rouge. On ne voyait point de pâturages, il n'y avait que 
sable el rochers. 

10. Us lui demandèrent:.. Que donnez-vous donc à manger a vos brebis? 
Nous désirerions le savoir, car il ne croit ici ni herbe, ni verdure. Le berger 
leur repondit : « Us sont sous la garde de Dieu cl sous la mienne. Celle-ci est 
une brebis chérie; elle a été perdue pendant neuf ans. » 

11. » Il est maintenant rentré au bercail celui qui fut voire compagnon cl 
qui resta en chemin. Retenez bien ceci. >» Le berger disparut aussitôt. Us con- 
tinuèrent leur roule, tristes et abattus. Bientôt après, ils npcrourcnl un fan- 
tôme. 



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SACAS, DALLADES ET LÉGENDES. 



sim 



12. Il leur dit : « Ne soyez pas effrayé de mon apparition. Vous avez mis 
mon corps en terre, vous m'avez revêtu de cette blancbe chemise, Dieu vous 
en récompensera. N'oubliez jamais la mère de Dieu, c'est eUc qui a obtenu le 
pardon de ma vie criminelle. » 

13. « Maintenant je suis, grâce à vos prières, rentré dans l'heureuse éternité. » 
Le fantôme leur dit adieu, lis continuèrent leur chemin, remerciant Dieu jour 
cl nuit d'avoir vu leur compagnon. Pécheurs, profitez de cet enseignement pour 
faire pénitence. 



Cette chanson, l'une des plus populaires de noire Flandre, se trouve rapportée dans le 
recueil de Willcms, p. 316; mais abrégée et avec un aulrc air que celui que nous donnons 
ici. Nous nous sommes fait chanter notre mélodie par diverses personnes, cl nous croyons 
pouvoir assurer que cette versiou musicale est Lien celle désignée sous le nom de • Stemme ; 
Van de vier gatten. » Cette mélodie est remarquable par certaines inflexions tonales cl 
surtout par son rhythme qui lui donne une physionomie tout-à-fait originale. C'est encore 
là un de ces airs qui n'a pas eu pour auteur un musicien arlislc. C'est un air populaire 
dans toute l'acception du mot. Quant au tcxlc, nous le donnons tel qu'il est chanté daus 
l'arrondissement de Duukerque. 



LZI. 



DE VOERMAN. 



P 



Andantino. 



Mcu hoc 



I 



God toont zyn wer-ken won-der-baer. 



en hoort hier ee - ne 



•> vreemde ma 



i0- 



vreemde macr Door g'heel ons Chris-ten - land, Waer-op het ver 



I 



stand Stil moet staen en zwy - gen 



Ee - uen voerman, op d'Ar- 



aen, Bleef ver - Bteld met zy - uen wa - fçca sta< 



ra - Bche baen, 
3 I — N 



geo staen. 



Of hy zyn peer-den sloeg Of met de zweep aen - joeg, 't En was 



=q — 1_ 

niet gc-noeg. 



i 



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SAGAS, BALLADEN EK LEGENDES. 



God toonl zyn werken wonderbaer. 

Men hoorde hier eene vreemde maer, 

Door g'heel ons Christenland, 

Waerop het versland 

Stil moet slaen en zwygen. 

Eenen voerman, op d'Arrasche baen, 

Bleef versteld met zynen wagen staen. 

Of hy zyn peerden sloeg 

Of met de zweep aenjoeg, 

'l Rn was al niet genoeg. 

2. 

De peerden trokken byna lam, 

Den wagen die niet voort en kwam; 

Nu vloekt hy om zyn lot, 

Dan riep hy op God 

Om bystand en hulpe. 

Daer kwam een ouden man by hem, 

Lang gebaerd, met eene lieve stem, 

En zeyde : « Vriend, vloek niet: 

Bid God in uw verdriet; 

Peynsl dal Gods wil geschied. 

3. 

» Springt op uw peerd, zeyde den man; 

Ik zal voor u doen wal ik kan. 

Ik hoop, in Jesus naem, 

Dat wy zullen l'saem 

Uyt den poel geraken. » 

Den voerman op zyn peerden sprong; 

Zoo dal hy hun met den toom bedwong. 

De peerden hielden string, 

De wagen straks voortging. 

'I Was een verwondering. 

4. 

« Ik danke God en Maria, 

Zeyd den voerman, ouden papa, 

lk danke God en u, 

Dat wy zyn lol nu 

Uyt den druk geholpen. 

Voor uwen dienslwilligen arbeyd. 

Uw raed en behulpzacmhcyd, 



SAGAS, BALLADES ET LÉGENDES. 



Zult gy nu gaen met my 
In dees herberg hier by. 
Gy zyt van onkost vry. » 

5. 

Den ouden man zey : « Lieven vriend, 

Dees herberge my niel en dienl. 

'k Heb daer logist gevraegd, 

En ik ben weg gejaegd 

Om myn slechte kleeren. 

Zy zeggen dat ik een luyzaert ben, 

Dat zy geen arm volk en willen ken 1 . 

Zy dreygden my te slaen. 

Men sprak my barbaersch aen. 

'k En durf niet mede gaen. » 

6. 

Den voerman zeyde : « Vriend, komt stout, 

Gy zyt een armen mensch g'heel oud; 

Schoon den weerd u veracht, 

Gy zult dezen nacht 

Aen myne zyde slapen. » 

Den voerman is naer d'herberg gegaen : 

Hy nam een beleefde stoutigheyd aen, 

En vraegde eerlyk en vry : 

« Is er logist, Mary. 

Voor dezen man en my. » 

7. 

Dees weerdin sprak trots ende fier : 

« Voor u is er goed logist hier; 

Maer dien onnuttigaerd, 

Of vuylen gryzaerd, 

Zal ik niet logieren. » 

Den voerman die zeyd : « Vuyl of net, 

Hy zal by my slapen in een bed; 

Indien hy onkruyd laet, 

Weerdin, ik zyn in staet 

Te betalen de schaed. » 

8. 

De weerdin sprak geheel verstoord : 

« 't Is wel als gy voor hem antwoord. » 



SAGAS, BALLADEN EX LEGEKDE*. 

Dan ging den ouden man 
Met den voerman dan 
l'Saem eten en drinken. 
Als de avondmaellyd was gedaen, 
Zyn zy vreedzamelyk naer bed gegaen : 
Zy spraken van den tyd, 
Van vrede en van slryd, 
En wal dat 't menschdom lydt. 

9. 

Den voerman zeyde : « Lieven man. 
Ik nu geensins meer leven kan. 
'k Heb een zoon afgekocht, 
En ook vry gebrogt 
Van de requisilie; 

En myn tweeden die moet ook daerin; 
lk verlies myn goed en ook myn zin; 
Ik leev' in groot bezwaer : 
Ach! dat het vrede waer, 
lk waer uyt het gevaer. » 

10. 

— « Troost u, zeyde den ouden man, 
En denkt dat God alles kan; 

Treurt niet, maer weest verblyd : 

In vier raaenden tyd 

Zal het vrede wezen. 

Gy zult de wereld g'heel anders zien, 

En met de zoete vrede haer verblyen. •> 

Den voerman zeyde : « Maer 

Gryzaert, gy spreekt zoo raer; 

Is het voorzeker waer? » 

11. 

— « Zoo waer, zey den gryzaert geacht, 
Als dal dees wcerdin onbedacht 

Met haer onnoozel kind, 

Schoon z'haer gezond vindt, 

Dezen nacht zal sterven. 

Gy zult haer nimmer levende zien. » 

Den voerman vraegde : « Hoe kan dit geschién? 

Dat is een los gedacht. » 

Den voerman nam geen acht, 

En sliep gerust dien nacht. 



"AGAS, BALLADES ET LÉGENDES. 

12. 

Maer 's morgens, mei den vroegen dag, 

Hoort men een jammerlyk geklag : 

O Jesus en Maria, 

Onze lieve mama 

Is subit gestorven. » 

— « Jesus, Jcsus, myne vrouw is dood, 

Riep den baes : Ach! wat een harden sloot ! 

Den voerman liep terstond, 

Zoo ras als dat hy kond. 

Hy dees weerdin dood vond. 

13. 

« O wonder boven wonderheyd ! 

Den ouden man heeft het voorzeyd 

Dat dees trotschc weerdin, 

Of herberg-bazin, 

Dezen nacht zou sterven ; 

En ik zien haer voor myn oogen dood, 

Met haer kind van het leven ontbloot ; 

Ik denke voor gewis 

Dat dien man weerdiger is 

Als iedereen wel giss'. » 

14. 

Den voerman naer zyn kamer liep; 

Meende dat den gryzaerd nog sliep; 

Maer hy stond al verplet 

Als hy vond in 't bed 

Eenen gouden Jesus, 

Met zyne armen open aen een kruys. 

Elk stond versteld door hel huys 

Van le zien blinken schoon 

Hel beeld van God den Zoon 

Met eene doorne kroon. 

15. 

Elk viel voor hel kruysbeeld te voel. 
En riepen : « Goeden Jesus zoet, 
Nooyl zullen wy voortaen 
D'arme lièn versmaên, 
Maer eerlyk logieren. » 



Vt<;.\9, HU.IADhX tN Lt.CtMJb.N. 



Daerom, ù mcnsch, doel toch bermhei tigheyd' 
Dal God (Jen goeden weg voor n bercyd'. 
Op dal de deugd er bloeyt, 
En hel kwaed word' vcrfoeyd. 
Ell 'l waer geloof aengroeyl' 



LE V01TURIEH. 

1. Dieu nmnifeste parfois ses œuvres miraculeusement. Il vient d'arriver dans 
notre pays chrétien un fait étrange, devant lequel l'intelligence humaine duit 
se taire. Sur la route d'Arras , un voilurier vit son chariot s'engager dans 
une ornière et s'arrêter. Il avait beau frapper ses chevaux a coups de fouet, 
c'était peine perdue. 

2. Les chevaux tiraient à perdre haleine, le chariot n'avançait pas. Le 
voilurier commence par blasphémer, puis il invoque Dieu pour en obtenir 
secours. Voilà qu'un vieillard s'approche de lui; il portait une longue barbe 
et sa voix était douce. Il dit : « Ami, ne blasphème pas, prie Dieu dans ton 
embarras; pense bien que c'est sa volonté. » 

5. — « Monte sur ton cheval, je ferai, pour l'aider, ce que je peux. 
J'espère, au nom de Jésus, que nous parviendrons à sortir de l'ornière. - 
— Le voilurier monte à cheval; à peine a-t-il saisi les rênes, les chevaux 
lircnl, le chariol marche; c'csl merveille. 

4. — ' Je remercie Dieu et la Vierge, dit le voilurier; je remercie Dieu 
cl loi aussi, vieillard, de ce que, pour le moment, je me trouve hors de 
peine. Pour tes services empressés, ton bon conseil et ta peine, tu vien- 
dras avec moi dans celle auberge où tu seras exempt de tout frais. » 

5. — « Cher ami , répondit le vieillard , celle auberge n'est pas faite pour 
moi. Je viens d'y demander logis, et on m'a renvoyé, parce que je suis 
mal velu; on m'y a traité de mendiant; ajoutant qu'on ne loge pas de 
pauvres. Ils m'ont menacé de coups et accablé d'injures; non, je n'ose 
t'y accompagner. * 

0. Le voilurier lui dit: «Ami, viens sans crainte, tu es un pauvre 
vieillard, et quoique l'hôtesse te rcbulc, lu dormiras cette nuit à mes côlés. • 
Le voilurier se rendit à l'auberge; et d'un Ion décidé, il demanda poliment : 
« Y a-t-il logement pour cet homme et pour moi? » 

7. L'hôtesse répondit avec fierté : « Il y a bon logis pour vous, mais je 
neveux pas recevoir ce vieillard mal propre.» — «Sale ou propre, reprit 
le voilurier, il couchera dans mon lit. S'il occasionne quelque dégal , je 
suis à même de le payer. >» 

8. L'hôtesse toute surprise répondit : « C'est bien, puisque vous répondez 
pour lui. « Alors le vieillard cl le voilurier se mirent à prendre le repas 
du soir; le souper fini, ils allèrent amicalement se .coucher. Ils parlèrent 
dos affaires du temps, de ln paix, de la guerre cl des malheurs de l'hu- 
manité. 



SAGAS, BALLADES LT Lttil.MJES. 



227 



9. — «Cher compagnon, dit le voiluricr, je ne suis plus en ét;it de ga- 
gner ma vie. J'ai racheté mon fils aîné de In milice; et maintenant on 
réclame mon second fils ; j'y perds mon argent et mon esprit. JJo vis dans 
des inquiétudes continuelles ; ah ! si la paix se faisait , je serais délivré de 
tous ces maux. >• 

10. — « Console-toi, dit le vieillard, et pense que Dieu peut tout.'JVc pleure 
pas, mais réjouis- loi plutót; dons quatre mois, nous aurons ia paix. Tu 
verras le monde, complètement changé, jouir de ses douceurs.» — «Mais, 
ô vieillard, dit le voiturier, tu parles si admirablement! La chose serait-elle 
vraie? « 

1 I. — « Aussi vrai, dit le vieux, que cette hôtesse effrontée, toute bien por- 
tante qu'elle était, mourra cette nuit ainsi que son enfant. Tu ne la verras 
plus en vie. » — « Comment cela peut-il se faire? demanda le voiluricr. 
Voilà une singulière idée. » Sans y faire plus d'attention il se mit à dormir 
toute la nuit. 

12. Mais le lendemain, à la pointe du jour, l'on entendit des cris doulou- 
reux :« O Jésus et Marie! notre bonne mère est morte subitement. » — « Jésus! 
ma femme est morte, s'écria l'hôte, quel horrible malheur! » Le voiluricr 
accourut aussi vite qu'il put ; il trouva l'hôtesse sans vie. 

13. « O miracle des miracles! le vieillard a prédit que cette Gère hôtesse 
mourrait celte nuit : je la vois là sous mes yeux morte, ainsi que son enfant. Je 
crois en vérité que ce pauvre étranger est d'une nature supérieure. > 

14. Il retourna à sa chambre croyant que le vieillard dormait encore; mais 
il resta frappé de stupéfaction, quand il trouva dans le lit un Christ en or, 
attaché à une croix. Chaque habitant de la maison partagea son émotion en 
voyant luire l'image du Fils de Dieu avec sa couronne d'épine. 

13. Chacun tomba à genoux devant ce crucifix, et s'écria : « O bon Jésus ! 
jamais dorénavant nous ne rebuterons les pauvres gens, mais nous les logerons 
convenablement. » Ainsi, ô hommes, faites des œuvres de miséricorde pour que 
Dieu vous lienne dans le bon chemin, pour que la vertu refleurisse, que le 
mal soit extirpé et que la vraie foi se propage. 



Celte légende, dont les uns placent l'événement ù Arras, d'autres à Casscl, est très 
répandue cl très populaire dans loutc notre Flandre. Quelques passages démontrent qu'elle 
ne remonte pas au delà de la lin du dernier siècle, car il y est question de guerre et de 
conscription. Ce qui ne saurait s'appliquer qu'au temps de la première république ou 
de l'empire. Celte légende a une double portée, religieuse et morale : elle démontre d'un 
côlé que la confiance en Dieu nous apporte souvent un secours inespéré ; et de l'autre qu'il 
est bon de ne pas refuser même à des gens qui ne semblent pas la mériter, l'hospilalilc , 
celte vertu si familière de nos ancêtres. 

La mélodie sur laquelle se chante cette pièce est connue sous le nom de Stemme : Van 
den Uandcl. Elle esl à la fois simple et originale. 



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228 



SAGAS, HALLADE* e* legexden. 



GENEVOVA. 



Allegro. 




3 



— ^ — J"- £ 



f ' P— 



Daer was een e - del Palz-gra-vin, Den Graef die stond naer 



die haer deugd be - ny - de Was Go - lo, Die uyt 



1—4 -4-9- 



ha -ren «in; Maer die haer deugd 



gei - le min Haer 



BEE* 




meende te ver - ley - den, haer meen-de te ver- 



1 



ut 



ley - den. 



Daer was een edel Pallzgravin, 
Den Graef die slond in haren zin: 
Maer die haer deugd benyde, 
Was Golo, die uyt geile min 
Haer meende te verleyden. 

2. 

Na veel geweld en tegenstand, 

Gaf zhem een kaekslag van haer hand ; 

Doen wierd zyn bloed ontsteken: 

Hy sprak : « Dees onverdraegbaer schand, 

Ik zweer, ik zal die vreken. » 

5. 

Twee snoode dienaren van 'l hof 

Verlcyde hy en dat zoo grof, 

Om de Gravin te schenden, 

Haer deugd, haer trouw, haer eer en lof, 

Te brengen in ellenden. 

4. 

Daer kwam eenen edelman in; 
Zy leydcn hem by de Gravin, 
In de salet geweken; 
Daer Golo, boos en dol van zin. 
Heeft dezen held doorsteken. 



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SAGAS i BALLADES ET LÉGENDES. 

5. 

Hy riep geluygen kleyn en groot, 

En sprak : « Ik stak dien booswicht dood, 

Om dat ik hem heb bevonden 

Met de Gravi nne snood 

In trouwclooze zonden. » 

6. 

Hy schreef den Graef een brief vol rouw. 
Dat zyn huysvrouw de echte trouw 
Verlaten had vol schande. 
Dan kwam den Graef van 't leger gouw, 
En wou zyn hof verbranden. 

7. 

« Neen, sprak hy voort, ten kan niet zyn, 
't En is misschien maer valschen schyn, 
Door Golo's boos pratyken. » 
Daerop sprak Golo g'heel vileyn : 
« Ik zal het u doen blyken. » 

8. 

Hy had een toov'res omgekocht 

En heeft die by den Graef gebrogt, 

Die daer hem kenbaer maekle 

Hoe de Gravin, tot schand van 't hof, 

Deed grouwelyke zaken. 

9. 

De toovery den Graef verblind : 

Hy deed zyn vrouw, met haer kleyn kinJ, 

Naer eenen bosch toe Icyden. 

Hy sprak : « Myn dienaers, g'heel gezwind, 

Vermoord haer aen een zyde. » 

10. 

Maer ziet hoe God haer deugd bemind; 

De knechten spraken g'heel gezwind : 

« Mevrouw, en wilt niet beven! 

Blyft hier in 't bosch met uw kleyn kind : 

AVy schenken hun het leven. » 



SAGAS, BALLADEN RN LEGENDES. 



II. 

Toen docht den Graef : myn vrouw is dood; 

Maer de Gravin, vol druk en nood, 

Scheen in het bosch te sterven, 

xMel haer kleyn kindje in den schoot; 

Zy kuste 'l menigwerven. 

12. 

Zy riep: « Ach! God, wilt my bystaen, 
Of myn kind moet van dorst vergaen, 
Myn borsten die verdroogen; 
Ik heb geen zog om te verzaón. 
O Heer! heb toch meêdoogen. » 

15. 

Onder een boom Ieyd zy hel neer; 
Haer hert verging van droefheyd zeer, 
Mits zy niet kon verwerven. 
Zy zeydc : « Adieu! myn kindje leer! 
Ik kan u niet zien sterven. » 

14. 

De eng'len kwamen uyl de locht, 
Hebben haer een bly maer gebrogt : 
c« Gravinne, wilt opreyzen, 
Uw kind wordt van een hert gezocht, 
Die 't met zyn melk zal spyzen. » 

15. 

Zy dankte God met groot erweerd, 

ging by dezen wilden hert, 
Waeraen haer kind nog zuygde: 
Zy kuste 't beestje overveerd. 
Voor hem z'haer nederbuygde. 

10. 

Als haer kind zyn lust had voldaen, 
Zy sprak hel beestje nog eens aen : 
« Ach! liefste beestje schoone, 
Wyst ons con hol om in te gaan. 
Waor \\y te «arm ftnen wonnen. 



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SAGAS, Il ALLA DES ET LÉGENDES. 



17. 

Het vee ging voort; zy volgde naei 
In cenen kuyl zonder gevaer. 
Zy loofde God vol waerde; 
Zy alen wortels met malkaer 
En kruyden van der aerde. 

18. 

Hel was op eencn avond laet, 
Den Graef met Golo, zonder bael, 
Gingen van Drogan spreken , 
Den edelman, die hy met smacd 
Zoo schandig had doorsteken. 

19. 

Maer, ziet! lerslond het hof van Trier 
Scheen te vergaen in vlam en vier, 
Met felle donderslagen; 
Toen kwam den geest van Drogan hier. 
Zy vreesden voor Gods plagen. 

20. 

Den geest die wenkte met zyn hand, 
En leyd den graef aen eenen kant 
Daer zyn doodsbeenders lagen; 
Den graef viel neder in het zand. 
Hy riep : « Ik word verslagen. »> 

21. 

Den geest verdween met groot getier, 
Met donder en met bliksemvier. 
Den Graef lag in onmagte; 
Daer kwam den edelman nae manier 
Zyn droef onheyl verzachten. 

22. 

Maer God die 't al regtveerdig doet, 
Zal hun trois en hoog gemoed 
In eenen dal doen zinken 
En de Gravinn' haer deugden goed 
In heldVcn glans doen blinken. 



j.lÜAS, BALLADEN E5 LEGENDEN. 



23. 

Als de Gravin nu zeven jaer, 

Met haer zoon in 't bosch le gaèr, 

Den Heere had gebeden, 

Toen toonde God in 't openbaer 

Haer deugd en zuy verheden. 

24. 

Tervvyl den Graef was op de jagl, 
Werd hem van Trier een brief gebragt, 
Al door cenen expresse; 
Hoe daer verbrand was met beklagt 
Eene oude tooveresse. 

25. 

Zy had al stervende beleyd, 
Dat zy door Golo aengeleyd , 
Den Graef hadde bedrogen; 
Het kvvaed van de Gravin gezeyd 
Was al te mael gelogen. 

26. 

Den Graef die schoot in gramschap groot, 

Hy slak dezen verrader dood, 

En d'ander twee gevangen; 

Tot Trier voor 't hof met schande groot 

Hebben z'hun loon ontfangen. 

27. 

Met ossen van malkaer gerukt 
Die de Gravin hadden verdrukt. 
Verraders wilt hier uyt leeren 
Hoe 't verraed allyd mislukt 
Door straffe van den Heere. 

28. 

Den Graef verging in tranen zeer, 
Hy riep : « Ontfermt u myner, Heer, 
lk heb myn vrouw doen sterven, 
Myn eygen zoon, myn kindje teêr : 
Waer zal ik troost verwerven ? » 



S AG iS, BALLADES KT LÉGENDES. 

29. 

Maer God verhoorde zyn geklagt : 
Terwyl den Graef was op de jagl, 
Den edeldom afgeweken, 
Hy zag zyn zoontje onverwacht; 
Zyn hert docht hem te breken. 

50. 

Hy liep hem na, terwyl hy vingt, 

By zyn moeder vol ongenugt, 

In haren kuyl van binnen. 

Zy sprak : « Wat hoor ik voor gerugt? 

Wat zal ik gaen beginnen? » 

31. 

Den edelen Graef riep overluyd : 

« Ach! waerde vrouw, ach! komt eens uyt, 

Uyt uwen kuyl van binnen; 

Ik hoor het aen uw zoet geluyd, 

Gy zyt de Palzgravinne. » 

32. 

— « Ik ben te naekt; het doet m y leed, 

Anders ik was hiertoe gereed, 

By u, myn Graef, te treden. » 

Hy sprak : « Daer is myn jagerskleed, 

Bedekt daer meê uw leden. » 

33. 

Zy kwam te voorschyn met haer kind, 
Het beestje volgde g'heel gezwind, 
Waeraen het had gezogen. 
Hy sprak : « O God! 't is onverdiend, 
Dat gy my wilt gedoogen. » 

34. 

Hy viel 1er aerde voor haer neêr; 

Hy sprak : « Myn liefste, uyt liefde teér, 

Wilt myn misdaed vergeven. » 

Zy sprak : « Sta op, myn Graef, myn heer! 

G y hebt my nooyt misdreven. » 



234 



SAGAS, BALLADEN EN LEGENDEN. 



35. 

» Zie hier ons zoontje voor u si aen. » 

H y zag hem alzoo minzaem aen, 

Hy kuste hem aen zyn wangen. 

« Kom, lief; laet ons naer t hof toe gaen. 

Wat doen wy hier zoo lange? » 

06. 

Hy slak zyn trompet in 't bosch, uaerin 
Zyn magl Teranderde bly Tan zin, 
En kwamen hun straks tegen. 
Zy wenschten aen de Palzgravin 
Veel heyl, geluk en zegen. 

37. 

Nooyt blyder dag heeft Trier gehad : 
Geheel het hof, geheel de stad 
Waren verblyd zoo zeere. 
Den Graef zyn min en trouw hervat. 
Looft God den Heer der Heeren! 

38. 

In de bosschagie in het woud 
Hebben zy een kapel gebouwd; 
Tot eeuwige memorie 
Blinkt Genevova in het goud. 
Dit is eene ware historie. 



GENEVIÈVE DE BRABANT. 

1. Il y avait une noble Comtesse palatine qui aimait beaucoup son mari. 
Mais sa vertu excita l'impure passion de Golo, qui résolut de la séduire. 

2. Après avoir résisté par toute sorte d'efforts, elle lui donna un soufflet 
humiliant. Dans l'excès de sa fureur, il s'écria : « Je le jure, je me vengerai de 
cet affront. » 

3. 11 suborna deux vils serviteurs de la cour et les poussa à diffamer la 
Comtesse et a réduire à rien son honneur, sa vertu, sa foi et sa réputation. 

4. Vint un noble seigneur; ils le conduisirent au salon auprès de la Com- 
tesse. A peine y fut-il, Golo, plein de rage et de furie, lui perça le cœur. 

3. Il appela des témoins et dit:- J'ai tué cet infâme après l'avoir surpris 
Avec la Comtesse. 



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SAGAS, BALLADES ET LÉGENDES. 



6. Il écrivit en termes hypocrites au Comte que son épouse avait honteuse- 
ment manqué à sa fol. Le Comte partit du camp, arriva en toute hâte et 
voulut brûler son château. 

7. . Non, se dit-il ensuite, cela ne peut être; ce n'est sans doute qu'une 
fausse apparence, une machination du méchant Golo. » filais Golo répondit : 
« Je vais vous en fournir la preuve. » 

8. Il amena près du Comte une sorcière qu'il avait soudoyée et qui raconta 
que la Comtesse, a la honte de toute la cour, avait manqué à son devoir. 

9. Le Comte, aveuglé par ces perfides paroles, fit conduire la Comtesse et 
son enfant dans une forêt, et dit a ses serviteurs : - Hâtez-vous de les faire 
mourir. ■ 

10. Mais, voyex comme Dieu protégea son innocence. Ses serviteurs dirent 
aussitôt : Madame, no tremblez pas; restez ici dans ce bois avec votre enfant; 
nous vous laissons la vie. » 

H. Le Comte crut son épouse morte. La Comtesse, accablée de tristesse 
et de besoin, pensa en effet mourir dans la forêt avec son jeune enfant qu'elle 
tenait dans ses bras et qu'elle couvrait de baisers. 

12. Elle s'écria : « Mon Dieu, venez moi en aide, ou mon enfant doit mourir 
de soif. Mes seins se dessèchent; mon lait se târit; mon Dieu! ayez pitié de 
moi! » 

13. Elle le coucha au pied d'un arbre, le cœur navré de douleur de ce qu'elle 
ne pouvait plus le nourrir. ■ Adieu, mon enfant, dit-elle, je ne saurais te voir 
mourir. » 

44. Mais des anges descendant du ciel lui apportèrent une bonne nouvelle : 
« Comtesse, retourne sur tes pas, ton enfant a une nourrice : une biche lui 
donne ses mamelles. » 

4 5. Elle remercia Dieu avec effusion de cœur et s'approcha de la biche qui 
faisait téter son enfant. Elle se pencha sur le cou de l'animal et l'embrassa avec 
reconnaissance. 

46. Quand son enfant eut calmé sa soif, elle s'adressa à la biche : « Char- 
mant petit animal, dit-elle, montre nous une grotte où nous puissions demeurer 
ensemble. » 

47. L'animal marcha devant; elle le suivit jusqu'à ce qu'elle aperçut une grotte 
abritée. Après avoir remercié la bonté divine, ils mangèrent ensemble des 
racines et des herbes. 

48. Un soir, le comte vint & s'entretenir avec Golo de Drogan, le noble 
seigneur qu'il avait tué d'une manière aussi infâme. 

49. Mais voyez : aussitôt la cour de Trier sembla en proie aux flammes d'un 
incendie accompagnées de coups de tonnerre. Alors leur apparut l'esprit de 
Drogan. On craignit la colère de Dieu. 

30. L'esprit fit signe au Comte de le suivre; il le conduisit à l'endroit où 
étaient ses ossements. Le Comte tomba par terre en s'écriant : « Je suis perdu. » 



■ 



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236 



SAGAS i BALLADER E!t LEGENDEN 



21. L'esprit disparut, en jetant des hurlements, au milieu du tonnerre et des 
éclairs. Le Comte demeura évanoui. Les courtisans accoururent pour le se- 
courir dans son effroi. 

22. Hais Dieu, qui veut la justice en tout, abattra leur orgueil et leur fierté, 
et fera briller au grand jour les vertus de la Comtesse. 

23. Car après sept ans saintement passés dans la forêt avec son enfant, Dieu 
fit connaître ses vertus et son innocence. 

24. Pendant que le Comte était à la chasse, on lui remit à la hâte de Trier 
une lettre qui lui apprit qu'une vieille sorcière avait été brûlée. 

25. Avant de mourir, elle avait déclaré que, sur les excitations de Golo, 
elle avait trompé le Comte et que tout le mal dont on avait charge la Comtesse 
était mensonge. 

26. Le Comte, transporté de fureur, tua le traitre sur le coup; on enchaîna 
les autres qui subirent à Trier, devant toute la cour, la punition de leurs 
méfaits. 

27. Ceux qui avaient perdu la Comtesse furent écartelcs par des bœufs. 
Traîtres, apprenez ici que la trahison ne réussit jamais et reçoit sa punition de 

28. Le Comte fondit en larmes. Il s'écria :« Mon Dieu, j'ai fait périr mon 
épouse et mon propre fils, mon tendre enfant; où trouverai-je de la consola- 
tion? » 

29. Dieu écouta ses gémissements. Un jour que le Comte était à la chasse, 
loin de sa suite, il aperçut tout-à-coup son fils. Cette vue bouleversa son cœur. 

30. Il voulut s'en approcher, mais l'enfant s'enfuit tremblant près de sa 
mère, au fond de la grotte. Elle s'écria : « Quel bruit entends-jc, que va-t-il 
m'arriver? » 

31. Le noble Comte cria de toutes ses forces :« Noble et digne femme, hélas ! 
sors, sors de cette grotte. Je te reconnais à la douce voix, tu es la Comtesse. <• 

32. — « Je suis privée de vêtements, j'ai honte de paraître. Autrement je serais 
déjà dans vos bras. » — « Voici mon manteau de chasse, dit-il, lu pourras t'en 
envelopper. 

33. Elle apparut avec son enfant; la biche qui l'avait nourri de son lait les 
suivit aussitôt. Le Comte s'écria :« Je ne mérite pas un aussi grand bonheur! >• 

34. Il s'agenouilla devant elle et lui dit : « Ma bien aimée, pardonne moi 
mon crime. » — « Relevez-vous, mon seigneur, dit-elle, vous ne m'avez ja- 
mais offensé. 

35. « Voyez devant vous notre fils. » Il le regarda avec lendressc et l'em- 
brassa sur ses joues. « Allons, chère amie, allons à notre palais; que res- 
tons nous ici! n 

36. Il fit retentir la forêt du son de son cor. Sa suite vint joyeusement 
à sa rencontre ; on salua la Comtesse Palaline, en lui souhaitant bonheur et 
longue vie. 



SAGAS, BALLADES KT LÉG ES DES. 



i>37 



37. Jamais Trier no vit un jour plus heureux; toute la cour, toute la ville 
furent dans la joie. Le Comte retrouva son amour et ses premiers sentiments, 
et loua Dieu, le Seigneur des Seigneurs. 

38. Au milieu de la forêt, on éleva une chapelle où la mémoire de Géne- 
viève, retracée sur l'or, brille pour la postérité. Et cette histoire est véritable. 



Rien de plus populaire dans notre Flandre que la légende de Geneviève de Brabant. 
Drames ou tragédies en vers et en prose, livres à l'usage des enfants dans les écoles, 
chansons, presque toutes les formes littéraires se sont emparées de cette touchante his- 
toire. Il est peu de sociétés de rhétorique, chez les Flamands de France, qui n'aient con- 
couru à la représentation d'une pièce théâtrale ayant pour sujet l'innocence de Geneviève 
(voir les Annales du Comité flamand de France, Vol. 18:>3). 

La chanson que nous venons de rapporter est très répandue. Elle ne parait pas très 
ancienne, quoique l'auteur ait cherché à lui conserver quelques tournures propres aux 
vieilles légendes. 

La mélodie a un caractère original qui s'éloigne tout-à-fait de la musique moderne. 
Cela tient à ce que son auteur, qui évidemment n'était pas un artiste dans le sens ordi- 
naire du mot, s'est peu préoccupe de la tonalité, ainsi que nous l'expliquerons plus ample- 
ment dans notre introduction. 



>»< — ■■ 



m 



Allegretto. 



DEN WANDELENDE JODE. 



God heeft zyn won-der - wer-ken En hemela-hoo-ge kracht In 




veel - der - ley - e uier-ken Den mensch in 't licht ge - bragt ; Ben 



\. .J>. 



goe-den konit hy loo-ncn Met vuor-spoed en ge - luk; Den 



i 





boo zen straf te too - nen vol droc-ven her-tens-druk. 



God heeft zyn wonderwerken 

En hemelshooge kracht 

In veelderleye merken 

Den mensch in 't lichl gebrajjl : 



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SACAS, BALLADEN EN LEGENDEN. 

Den goeden komt hy loonen 
Met voorspoed en geluk; 
Den boozen straf te toonen 
Vol droeven herlensdruk. 

Men hoort nog in dees dagen, 
Zoo vol van droevig klagen, 
En schromelyk misbaer, 
Den joodschen wandelaer; 
Wat groole wonderheyd, 
Die kortelings geleden 
In Duynkerk kwam getreden, 
Zeer zeldzaem in 't habyl. 

3. 

Elkeen op dezen Jode 
Met haest zyn oogen sloeg 
Om al te vreemde mode 
Van kleeren die hy droeg. 
Een burger stond verslagen 
Dat zoo een man bejaerd 
Een voorschot kwam te dragen 
Met langen gryzen baerd. 

4. 

Den burger, g'heel verslagen. 
Riep vrouw en kinders aen, 
En zegde met behagen : 
« Ziet daer dien gryzaerd gaen; 
Ik kan myn lust niet laten, 
Ik loop hem achternacr, 
En wille met hem pralen 
Van eenig vreemd gevaer. »> 

5. 

Hy riep : « Gy ouden vader, 
Vergeef dal ik u sloor : 
Myn huysgezin te gader 
Aenzoekt u tot gehoor. 
Dus will hier binnen treden; 
Komt ras, en toeft niet lang; 
Want ik wil u op heden 
Voorzien van spyze en drank. 



SAC AS, BALLADES ET LÉGENDES. 

6. 

Den Jode zey : a Wilt weten, 

Mynheer, en stoor my niet. 

'k En vraeg noch drank, noch eten 

Ik ben vol hertsverdriet ; 

Daerom wilt excuseren 

Dat ik met u niet gaen; 

Ik moet weêr doormarcheren, 

'k En mag niet stille slaen. » 

7. 

Den burger bleef wel kwellen 
Om in zyn huys te gaen; 
Hy dacht uyt zyn Tertellen 
Wat wonders te verstaen. 
Dien Jode die gaet binnen. 
Hy zey : « 'k Zal weynig tyd 
Met 't vreemd verhael beginnen 
Van myn ellendigheyd. » 

8. 

Den burger, nouw gezeten, 

En bleef niet lange stom; 

En sprak : « 'k Zou geerne welen 

Uw hoogen ouderdom; 

lk zou durven verklaren, 

Naer dat ik gissen kan, 

Gy zyt wel honderd jaren, 

Spreekt eens, gy ouden man? » 

9. 

Den Jode zey : « Myn vrienden, 

Als ik u reden speur, 

Gy praet gelyk den blinden 

Van eenig vreemd koleur. 

\ Ben achttienhonderd jaren, 

Aireede gepasseert; 

Denkt nu eens wat gevaren 

Dat my zyn g'arriveert. 

10. 

» En zyt gy niet indachtig 
Hoe 't booze joodsgespuys 
Den Godszoon hoog almaglig 
Verwezen tot het kruys? 



SAGAS, BALLADEN ES LEGENDEN. 



Dan heb ik g heel vermeten 

Dat heylig Jesses lam 

Veel laster nagesmeten 

Als hy ter slaglbank kwam. » 

li. 

Den burger zey : « Kan 't wezen, 
Zyt gy denzelven held, 
Waervan ik heb gelezen 
En menig schrift van meld? 
Nu slaen ik schier verslagen 
Van zoo een man t'aenzien. 
Ach! wil, tot myn behagen, 
Deez wonderheyd bedién. » 

12. 

Den Jode, op die reden, 
Vertelt hem metter daed 
Nog vele wonderheden, 
Zyn afkomst, ende staet. 
Ook komt hy hier bcneven, 
Met een bedroefde stem, 
Zyn naem in 't licht te geven : 
Isaac Laquedem. 

13. 

« In mynen naem, wilt hooreo, 
Ik ben van by de stad 
Te Jérusalem geboren; 
Waerdoor, eylaes! ik dat 
Ik ben in deez' droefheden 
Gekomen, en getraen, 
Zoo gy zult uyt myn reden 
Bemerken en verstacn. 

14. 

» Als Jesus kwam getreden, 
Met 't heylig hout gelaén, 
En neergedrukte leden, 
Wou hy wat stille staen 
En rusten aen myn woone; 
Waerop ik heb gezeyd, 
Dat zoo een boos persoone 
Dient regt van daer geleyd. 



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SAGAS, BALLADES ET LÉGENDES. 



15. 

» Gods doodbeverfde oogen 
Belonkten rayn misdaed; 
Hy sprak : « Gy zull gedoogen 
Dal gy uw rust verlaet; 
En zoo lang aerd' en wolken 
Op hunner plaets zal staen, 
Zult gy door alle volken 
Tot 's laelslen treurdag gaen. 

10. 

» Van in die zelve stonden 
Dal God my dit gebied, 
Heb ik geen rust gevonden, 
Maer lyden en verdriet : 
Geen poel of donker golven, 
Of oorelogs tempeest, 
Geen tiger, beer of wolven 
Verscheyden my den geest. 

17. 

» Ik Leb my dan begeven 
In vlammen, vu er en lood, 
En nooyt en kreeg myn leven 
Den minsten tegenstoot. 
Zelfs door de woeste baren 
En diep onstuyme zee 
Daer ben ik dóórgevaren, 
Doch 'l leven kreeg geen wee. 

18. 

» Ben ik niet zwaer bepereld 
Van raynen God en Heer? 
'k Doe 't ronde van de wereld 
Nu voor den vyfden keer. 
Al ander ziet men sterven, 
Elk op zyn uer en tyd, 
En ik blyf allyd zwerven 
In rouw en bilterheyd. 

19. 

» 'k En heb ook, wilt bevatten, 
Noch huys, noch goed, noch geld 
Vyf sluyvers zyn myn schallen, 
Allyd gelyk geteld. 



S»C4S, BALI.tDEX EX I.EGEMDF..1. 



Kom ik die uyt Ie geven, 
Hel zy dan vroeg of spa, 
Alwacr ik gaen of zweven, 
Die somme volgt my na. 

20. 

» Noglans moei ik voorl reyzen, 
Ja dag en nachten gaen; 
Mei *t herle vol gepeyzen, 
Dat zonder stille staen. 
Ach! waer myn kwaed vergeven, 
Na al myn smert en pyn, 
Na den loop van myn leven 
Ik zou gelukkig zyn. 

21. 

» Daerom 'k moet al myn dagen 
Belreuren die misdaed, 
Kn zyn in onbehagen 
Zoo lang de wereld slael. 
Kn als den dag van weenen 
Verschynt, van vuer en rook, 
Vergact met aerd' en sleenen, 
Vergaet myn leven ook. 

22. 

» Adieu, sprak dezen Jode, 
Ik slel my weer 1er baen; 
Zyt sladig op uw houden, 
W il t regie wegen gaen; 
Vreest Gods reglveerdig oordeel, 
En slrcnge zonden slraf, 
En Ireedt, lot zielens voordeel, 
Gelukkig in het graf. »> 



LE JUIF ERRANT. 

1. Dieu n mainte fois donné k l'homme «les preuves éclatantes de sa toute 
puissance admirable. Il récompense les bons par de divines largesses et remplit 
le cœur du méchant de peines et de douleur. 

2. Aujourd'hui encore l'on parle avec effroi du triste sort du Juif errant. On 
monte les choses merveilleuses arrivées depuis quelque temps : comment il 
entra ;i Dunkerquc avec son étrange costume. 



SAGAS, BALLADES ET LÉGENDES. 



243 



3. Chacun voulut contempler nvec avidité ce Juif, dont le curieux habille- 
ment frappa tous les regards. Un bourgeois remarqua d'abord cet homme si 
âgé, qui portait un tablier et une longue barbe. 

4. Dans son étonnemcnl, il appela sa femme et ses enfants. « Mais voyez 
donc, leur dit-il, voyez ce singulier vieillard. Je ne puis retenir ma curiosité; je 
cours après lui, je veux apprendre de lui des aventures extraordinaires. » 

î>. Il cria : •> ça, vieux père, pardonnez-moi, si je vous arrête. Ma famille 
désire causer avec vous; daignez entrer ici; hntez-vous et ne tardez pas; je 
veux aujourd'hui vous offrir h boire et à manger. » 

C. Le Juif répondit : « Apprenez, monsieur, qu'il ne faut pas m'arrélcr. Je 
ne demande ni nourriture, ni boisson. J'ai le cœur rempli de chagrin; excusez- 
moi donc, si je ne vois pas avec vous : je dois marcher en avant cl ne puis 
rester en place. >» 

7. Le bourgeois continua à le presser pour qu'il entrât chez lui. Il pensa que 
le récit du vieillard lui apprendrait quelque merveille. Le Juif finit par entrer 
et dit : « Je vais vous faire, en peu de mots, le récit de mes mi.-cres. » 

8. Le bourgeois, assis près de lui, ne resta pas longtemps silencieux. « Je 
voudrais connaître, dit-il, votre grand agc. Si j'en crois mes conjectures, vous 
avez bien cent ans, dites vieillard? >» 

9. Le Juif répondit : « Mes amis, quand j'écoute vos raisons, vous me sem- 
blez parler comme l'aveugle des couleurs. J'ai dix huit cents ans passés. Jugez 
maintenant quelles aventures j'ai essuyées! 

10. » Ne savez-vous pas comment les Juifs impies ont condamné à \a croix 
le Fils du Dieu tout-puissant. Et moi aussi, j'ai outragé cet agneau innocent; 
je l'ai accablé J'injurcs lorsqu'il se rendit ii la montagne du sacrifice. • 

11. Le bourgeois dit : Se peut-il que vous soyez ce même personnage dont 
j'ai lu l'histoire et dont parle maint écrit. A présent, je me sens tout boulversé 
de voir près de moi un homme comme vous. Veuillez donc, pour me satisfaire, 
me raconter quelques détails, m 

12. Sur cette invitation, le Juif lui raconta encore bien des choses surpre- 
nantes, sa naissance et sn condition; et avec une voix lamentable, il finit par 
dire son nom : /.s<i«c Laquedem. 

13. « Écoutez : je suis né près la ville de Jérusalem. C'est l.\ que me sont 
arrivés, hélas! tous ces malheurs que mes paroles vont vous faire connaître. 

14. ■> Quand Jésus vint à passer, chargé de sa sainte croix et tout courbé 
sous le fardeau, il désira s'arrêter un peu et s'asseoir dans ma demeure. A quoi 
j'ai répondu qu'un criminel, comme lui, devait cire éloigne nu plus vite. 

ili. « D'un œil presque mourant, Dieu fixa ma face impie. Il dil : « Tu as 
mérité de perdre le repos. Tant que le ciel et la terre resteront dans Vcur 
place, lu marcheras à travers les nations jusqu'au dernier jour de dcu'd. » 

10. >• Depuis l'heure même où Dieu me donne cet ordre, je n'ni trouvé 
aucun rrpos; je n'ai que souffrances et chagrins. Ni abîmes, ni mers profondes, 
ni guerres, ni tempêtes, ni tigres, ni ours ne peuvent m'nrrachcr In vie. 



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2U 



SAGA-», BALLADt.N £> LfcÜCSDLX. 



17. • Et pourtant, je me suis exposé aux flammes de l'incendie, au feu de 
la guerre, et jamais ma vie n'a prouvé la moindre atteinte. J'ai affronté les périls 
de la mer sans que mes jours aient été en danger. 

18. » Dieu ne m'a-t-il pas donne une lourde tâche; pour la cinquième fois, 
je fais le tour du monde. Les autres meurent à l'heure et au moment qui leur 
sont assignés ; moi seul, j'erre partout dans la douleur et les angoisses. 

1U. <> Je n'ai, remarquez-le bien, ni demeure, ni bien, ni argent. Cinq sous 
forment tout mon trésor; celte somme me sera toujours comptée. Soir ou 
malin, quand je l'ai dépensée, clic est toujours avec moi quelque part que 
j'aille ou me trouve. 

20. * Cependant, je dois avancer; je dois marcher nuit et jour, le cœur 
plein de pensées, et cela sans jamais m'arrèter. Hélas! si du moins après 
mes chagrins et mes douleurs mon crime était pardonné à la tin de ma vie, 
je serais heureux. 

21. » Je dois tous les jours déplorer mon crime et vivre dans le tourment, 
tant que le monde subsistera. Et quand le jour de deuil apparaîtra avec ses 
flammes et sa fumée, ma vie s'évanouira avec la terre et les rochers. 

22. >• Adieu, dit le Juif, je me remets en marche; soyex sur vos gardes, 
suivez le droit chemin. Craignez les justes jugements de Dieu et la punition 
qu'il réserve aux pécheurs; et pour le salut de votre àmc, marchez sagement 
vers le tombeau. » 

l.a saga du Juif errant est chantée dans toutes les langues et dans tous les paj s. 
A part de légères variantes de détail, le fond est toujours le même. Celle que nous donnons 
ici est particulière à notre pays; le texte lui-même le démontre. Elle ne diffère d'ailleurs 
pas beaucoup avec une autre qui se chante dans le Brabant. 

yuant à la mélodie, sans offrir quelque chose de bien remarquable, on peut dire qu'elle 
est gracieuse et facile. 




ZEEVAERTLIEDEREN. 

CHANTS MARITIMES. 



EXPLICATION DES SIJETS DE LA PLANCHE CI-CONTRE. 



Marins agenouillés devant Foye ou banquet d'adieu 

la chapelle des marins 

de AT. D. des Dunes. parlant pour l'Islande. 



Départ 
des bateaux de péchr 
pour l'Islande 



Jean Bart à l'abordage 



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lEKVACHTLILbEHEN. 



CHANTS «AHITIMKs. 



247 



Allegro. 

pfe 

«7 In 'liaei 



REYS NAER ISLAND. 



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Î 



In 't jaer ze - Ten - tien hondert, Gy moet niet zyn ver - wondert, Wy 



- I J f f I 1/ 1/ 



*2 



V Ir Ir 



gaen al uaer Nieuwpoort Om tc alaen een ak-koord. Het is in de maend van 



m- 



maert Dat min 't klaer maekt tot den vaert ; al» 't klaer ma-ken was ge - 



daen, Wilt ver - staen, 't Zal wel gaen, Moet'n wy naer de foy-e gaen. 



In 't jaer zeventien hondert, 

G y moet niet zyn verwondert, 

Wy gaen al naer Nieu poort, 

Om te slaen een akkoord. 

Het is in de maend van maerl 

Dat men 't klaer maekt tot den vaert; 

Als 't klaer maken was gedaen, 

Wilt verstaen, 

't Zal wel gaen, 

Moet'n wy naer de foye gaen. 

2. 

Elk met zyn lief geprezen 
Moet in de foye wezen; 
Speelman, al tot besluyl, 
Speelt dat matlotjen uyl. 
Daer wierd al zoo menig meyd 
Dezen nacht adieu gezeyd. 
Als de foye was gedaen, 
Wilt verstaen, 
't Zal wel gaen. 
Moeten wy dan zeylen gaen. 



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ZEEVAEflTL IEDER EN. — CHAJITS MARITIMES. 



3. 

Vooreerst moesten wy zeyleu 
Dry hondert zestig mylen; 
Zoo passeeren wy 't zand, 
Lustig, geestig, plaisant. 
Onze coers is 't Kleyngat deur, 
En wy loopen zonder gelreur; 
Wy krygen Fayerelle in 't zigt, 
't Is niet sligt. 
G'heele ligt, 

Dat men 't eyland Fulot zwigl. 
4. 

D'Oceaensche zee, wilt weten, 
Daer is geen grond te meten. 
Wy zeylen dan wéér Toort 
En laten Feroe aen stierboord; 
En zetten ons coers alsdan 
Regie naer de Westermans. 
Dan zeylen wy metter spoed, 
Met gemoed 
Al zoo zoet, 

Tot men den berg Hecla groet. 

5. 

Toen by de Vogelscharen 
De koude is men ge ware; 
En weest toch niet belaên, 
Ziet voor u den Jokel slaen. 
Wy varen wederom voort 
Naer den hoek van Bredefiort. 
Haell op u karegador. 
Met een woord, 
Zoo 't behoort, 

Haelt den visch maer binnen boord . 

6. 

Matroozen, schept couragie. 
Ja, met half equipagie, 
Knuver en stagsel in, 
Dat gaet naer ons gewin. 
Als de maend Mey is verschinl. 
Wachten wy den wcstcwint. 



ZBBVAERTLIEDERLN. — CHANTS MARITIMES. 249 

Wy vischlea met goeden moed, 
Akoo zoet, 
Ed met spoed, 

Tol wy krygen den wind goed. 
7. 

De bogt en geeft geen visch meer; 
Hel is voor ons een hertzeer. 
Wy loopen van daer voort 
Tol den hoek van Direfiort. 
De vischerie voorlaen 
Is nu aen de west gedaen; 
Wy zeylen van daer wéér voort 
Met akkoord, 
Zoo 't behoort, 

Tot wy komen lot Kaep Noord. 
8. 

De maend July geprezen, 
Die komt dan ingetreden. 
Wy zeylen van daer voort, 
Zeggende adieu Kaep Noord. 
Wy loopen Grim in 't gemoed. 
En wy zeylen metter spoed 
Naer den Rooden Hoek gezogl, 
En toen nog 
De Blauw' Bogt 
Heeft veel kabeljauw gebrogl. 

9. 

Ougstmaend komt aengedreven, 
Elk wenscht zyn lief geprezen 
Wy loopen langst de Suyd, 
Alsdan is 't kollen (•> uyt. 
Als den vyflienden dag draeyt, 
• En de wind van noorden waeyl, 
Elk denkt op zyn lief matress. 
1 Dient al best 
Voor een les. 

Elk zegl : adieu, Langenes. 
10. 

Zoo lael hel nu macr loopen 
En voor de winden stroopen. 

(f) Kollen, hameçons. - Cc mot marque ici l'action de jeter les hameçon*. 



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250 



/.tKVAKRTLIKOKHKN. — CHANTS MARITIMES. 



Het groot marszeyl in top. 
Schipper, brengt de bottel op! 
Men roept : stierman, aen bakboord. 
Ziel de haven van Nieupoort. 
Dan loopen \vy weder voort, 
Met een woord, 
Zoo 't behoort. 

Langst de kust tot Duynkerk voort. 



VOYAGE EN ISLANDE. 

1. En l'an dix-sept cent, n'en soyez pas surpris, nous allons tous à Nieu- 
port pour prendre un engagement (1). C'est dans le mois de mars qu'on 
se prépare pour le voyage, quand tous les préparatifs sont faits; nous faisons 
foye (2), cela va sans dire. 

2. Chacun doit s'y trouver avec sa bien aimée; ménétrier, pour finir, joue 
nous encore cette matelotte (3). Plus d'un couple se dit adieu cette nuit. 
Quand la fotje est terminée, nous devons, bien entendu, mettre à la voile. 

3. D'abord nous devons faire trois cent soixante milles pour passer le 
banc de sable (4) que nous évitons joyeusement. Nous niions par le petit 
détroit (5); nous voguons sans crainte jusqu'à ce que Faycrel (fi) se présente 
à notre vue. Nous fuyons rapidement l'île Fulo. 

4. L'Océan, sachez-le bien, n'a pas de fond. Nous continuons notre voyage 
laissant Féroé (7) à tribord; et nous poussons notre course droit aux îles 
Westermans. Nous voguons avec courage cl gaité, jusqu'à ce que nous sa- 
luions le mont Hécla. 

î>. Puis ce sont les îles de mauves ; là le froid se fait sentir; ne le craignez 
pas. Regardez le mont Jokcl se dresser devant nous. Nous poussons ensuite 
jusqu'à la pointe de Brcdcfiort; larguez les voiles, et s'il y a chance, com- 
mencez à pêcher. 

6. Matelots, prenez courage! que l'équipage se divise en deux; rentrez le 
foc et la voile d'été; nous avons du succès. Quand apparaît le mois de 
mai, nous attendons le vent d'ouest; jusqu'à ce qu'il se fasse sentir, nous 
péchons avec bon courage. 

7. La baie ne donne plus de poisson; cela nous chagrine. Nous voguons de là 
vers la pointe de Dircliorl; la pèche est désormais terminée à l'ouest. Nous met- 
tons de nouveau à la voile et, d'un commun accord, nous arrivons au cnp nord. 



(I) A cotte époque, il existait une association pour la pèche de la morue entre les ville- 
de Duiikerque. Ostcndc et Nieuport. C'est dans cette dernière ville que se contractaient les 
engagements. — (2) Faire foyt ou foi/i/na/s, expression qui équivaut à faire Ijnmhana . 
Çt) I)an<.e de l'époque. ({) Son nom est Doq^rbanc. - Ç->) La Maiiihc. — (»'m Ile 
II" 



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/.EEVAERTLIEDEHE.N. — CHAMS MARITIME». 



Vil 



8. Vient le mois de juillet tant désiré; alors nous faisons voile pour partir, 
disant : adieu, Cap nord. Nous rencontrons avec bonheur l'île de Grimsey et 
nous voguons en hâte vers la pointe rouge ; et de là, à la baie bleue qui nous 
donne beaucoup de cabillau. 

!). Le mois d'août arrive ensuite ; chacun songe à sa bien-aiméc ; nous cou- 
rons vers le sud, la pèche est finie. Quand le quinzième jour approche et que 
le vent souffle du nord, chacun de nous, pour qui l'absence a été une leçon 
d'amour, dit : adieu, Langucncsse. 

i0. Laissez donc aller le navire; qu'il fasse écumer les vagues; déployez 
le humier. Matelot, apporte-nous la bouteille! Pilote, à bâbord! regarde, voila 
Nieuport. Puis, d'un commun accord, nous tenons la côte jusqu'à Dunkerque. 



Dans les recherches auxquelles nous nous sommes livre, nous avions espéré recueillir 
quelque chant ou souvenir de Seekongart, ces farouches envahisseurs maritimes des 
premiers siècles, dont une partie de uotre population côtière descend en ligne directe; 
mais nous n'avons rien trouvé sous ce rapport. Toutes les chansons que nous avons 
entendues sont plus ou moins modernes. La plus ancienne ne semble pas remonter au- 
delà de la fin du XVII e siècle. La plupart ont trait à la poche d'Islande qui forme 
une des principales branches du commerce de Dunkerque. Celle que nous venons de 
rapporter est curieuse en ce qu'elle retrace toutes les circonstances du voyage; le départ, 
la route, la pêche, le retour. On y trouve les détails qui accompagnent les incidents de 
ces entreprises. 

Cette chanson xst très populaire à Dunkerque parmi les marins habitués à faire ln 
pèche de la morne; l'air a un caractère original et bien approprié au texte. Chantée 
avec énergie et avec une certaine rudesse, propre aux gens de mer. cette chanson 
offre de l'intérêt comme peinture de mœurs. 



LXV. 



VERTREK ÎVAER ISLA<\D. 



Allegro. 



t=g — I — K 




Al - le die wil - leu mur ls - land gacn, on» 



i~9 



ka - l»il-jauw te 

* : 



van-gen Kn te visschen met ver - lan-gen. Nacr I - se -land, nacr 



r-m- 



I- se -land, nacr I - se -land toe. Tot drie - cn-der - tig rcy-zen zy zyn 



ZBBVASITLIEDEREN. — CHAWTS KABIIIBFS. 



Alle die willen naer Island gaen , 

Om kabeljauw te vangen 

En te visschen met verlangen. 

Naer Iseland (bis), naer Iseland toe; 

Tot driendertig reyzen zy zyn nog niet moé. 

2. 

Als den lyd van de fbye komt aen , 

Wy dansen met behagen 

En me weten van geen klagen. 

Maer komt den tyd (bis) van naer zee te gaen, 

Iedereen is al met een zoo zwaer hoofd belaên. 

5. 

Alser de wind van het noorden waeyl, 

Wy gaen naer de herberge 

En wy drinken zonder erge. 

Wy drinken daer (bis) al op ons gemak 

Tot dal den lesten sluyver is uyt onzen zak. 

4. 

Alser de wind van het oosten waeyt, 

Den schipper, bly van herten, 

Zegt : « Wat willen wy laveren? 

't Zal beter zyn (bis), ja 't zal beter zyn 

Te loopen voor de wind regt de canele in. » 

5. 

Langs de Leezaers en de Schorels voorby ; 

Van daer al naer Cap Claire , 

Die niet weet, hy zal wel leeren. 

Toen komter by (bis) onzen stiereman, 

En hy geeft ons de coers regte naer Iseland. 

6. 

Dan loopen wy 't eyland Rookol voorby; 

Al naer de Vogelscharen 

Dan kan ieder openbaren, 

En van daer naer (bis) den hoek Bredefiorl 

Daer smeten wy de kollen al buyten bord. 



7.EEVAERTI.IEDEREN. — CIIANT> MARITIMES. 



283 



DÉPART POUR ISLANDE. 

1. Tous ceux qui veulent prendre des cabillauds et foire bonne pèche, s'en 
vont en Islande; oui, en Islande, en Islande! nprès trente-trois voyages, ils ne 
se sont pas encore fatigués. 

2. Quand vient le moment de faire la foyc (1), on danse et l'on s'amuse; per- 
sonne ne se plaint. Mais vienne le moment de s'embarquer, alors chacun se sent 
la tclc lourde. 

3. Si le vent souffle du nord, nous allons au cabaret pour y boire sans souci. 
Nous buvons à loisir tant qu'il reste de l'argent dans le gousset. 

4. Dès que le vent tourne à l'est, le marin, d'un air joyeux, dit : pourquoi 
louvoyer? mieux vaut aller droit avec le vent par la Manche. 

5. Nous doublons le cap Lézard et les îles Serlingues; de là nous marchons 
au cap Clare. Ceux qui ignorent la roule apprendront à la connaître. Vient 
alors le pilote qui nous dirige droit à Islande. 

6. Puis nous doublons l'Ile Rokolel Pile des mauves. De là nous entrons dans 
le Brcdefiort où nous jetons les hameçons. 



Le voyage d'Islande se fait par deux voies différentes : quand le vent est favorable 
on prend directement la mer du Nord en laissant les Iles britanniques à la gauche. 
Mais quand le vent est à l'est, pour ne pas retarder leur arrivée sur les lieux de la 
pechc. plusieurs marins prennent la route opposée; ils traversent la Manche, pren- 
nent le canal de S»-Georgcs, la mer d'Islande et le canal du nord; ils entrent dans 
la mer du nord en longeant les léxards. Celle chanson retrace le voyage fait par 
cette voie. Elle nous a été dictée par un capitaine de navire de pêche, habitué à la 
chanter à bord avec ses hommes d'équipage. Elle offre, comme la précédente, un 
certain caractère d'originalité qu'elle doit en partie à sa mélodie dont le rhythme est 
bien marque 



LXVI. 

HET AFSCHEYD. 



Andaule. 




P 



Het win-det-je die uyt den ooa - ten waeyt, Lief, en waeyt niet ten 



al -ten ty — de. 



Al» ik in myn zoe - te 



1 



t7 lag, Het was- ser roo bedroeft om te achey-den. Lief-ate, won-der 



(I) Voir la note p. 250. 



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2îi4 ZEEVAERTLIEDEM.V. — CHANTS MARITIMES. 





» — 
















i — 






— 




=fc 





*^ eenling zoet, Het was zoo be-droeft, roo be-drocft om te Bchcy-den. 



Het windelje die uyt den oosten waeyl, 
Lief, en waeyt niet ten allen tyde. 
Als ik in myn zoete liefs armen lag, 
Hel was zoo bedroeft om te scheyden. 
Liefste wonder eenling zoel! 
Het was zoo bedroefd om te scheyden. 

2. 

's Nachts, het was omtrent middernacht, 
Ik ging kloppen aen myn zoele liefs deure : 
« Slaept gy of waekt gy, myn overzoetc lief, 
Stael op, en later my toch binnen. 
Liefste wonder eenling zoet! 
My denkt dat ik hoore uw stemme. » 

o. 

— « 'k En slape, noch 'k en wake niet vast, 
Noch 'k en lig in geen zware droomcn. 

Gy zoude veel beier naer huys toe gaen. 
Naer huys al om te gaen slapen: 
Liefste wonder eenling zoel! 
Want ik en zal u niet binnen laten. » 

4. 

— « Staet er een ander lief in 't hert van u, 
En wordt ik dan door u versteken? 

Dat gy maer wisle wal ween hel my doet, 
Ik zoude het zoo dikwyls verweten. 
Liefste wonder eenling zoel! 
Ik heb menig tyd voor u versleten. » 

5. 

— « Jongman, schepler moed ende bloed, 
l Is een matroos zeer jong van jaren ; 

Hy ligter te Rotterdam op de ree, 

Naer staet moet hy gaen varen. 

Liefste wonder eenling zoet, 

En zyn jong hertje die leefl in bezwaren. » 



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/tEVAERTLIEDËREX. — CHA.MTS MAniTIJIi:>. 255 

6. 

Die dit liedeken heeft gedicht, 

't Is een zeeman, jong van jaren; 

En als de liefde van een komen moet, 

Hel is zoo zwaer om te dragen. 

Liefste wonder eenling zoel! 

Ja, het is zoo zwaer om te dragen. 



LA SÉPARATION. 

* 

C'est le vent d'est qui souffle, chère amie; il ne souffle pas en tout 
temps. Quand je suis dans les bras de ma douce amie, il est si cruel de partir. 
Chère et unique amie de mon cœur, il est si cruel de me séparer de toi. 

2. La nuit, vers minuit, j'allais frapper à la porte de mon amie. « Dors-tu 
ou veilles-tu, ma douce amie, lève-toi et laisse-moi entrer. Chère et unique 
amie de mon cœur, il me semble que j'entends ta voix. » 

3. — « Je ne dors ni ne veille tout-à-fait et je ne lais pas de rêves tristes; tu 
ferais mieux de t'en aller à la maison et te coucher. Cher et unique ami de 
mon cœur, je ne veux pas le laisser entrer. » 

4. — «i Y aurait-il un outre qui possède ton cœur, et serais-je rebuté de toi? 
Si tu comprenais seulement quelle peine cela me fait, je t'accablerais de repro- 
ches. Chère et unique amie de mon cœur, j'ai passé bien du temps pour 
toi. « 

5. — « Jeune homme, prends courage et ne te désole pas. C'est un marin; il 
est dans la rade de Rotterdam; bientôt il doit naviguer. Cher et unique ami de 
mon cœur, son jeune cœur vit dans l'atlenle. » 

6. Celui qui a rimé cette chanson est un marin jeune d'années. Quand l'amour 
n'est pas partagé, il est bien dur à supporter. Chère et unique amie de mon 
cœur, oui, il est bien dur à supporter. 



Cette chanson, qui représente une scène d'adieu d'un matelot à la jeune fille qu'il 
aime, mais dont il n'est pas paye de retour, contient un fond d'ironie qui semble 
aller à l'esprit du peuple Dunkcrquois. Le texte n'offre rien de remarquable. Il n'en 
est pas de même de la mélodie : celle-ci est très-originale par la tonalité dans laquelle 
se trouve le refrain commençant par ces mots : Liefste wonder, ent. On peut remar- 
quer aussi l'analogie des deux premières phrases avec les deux premières de l'air de la 
ballade : Het daget in den oosten. 

Willems, p. 191, rapporte une chanson presque identique avec la nôtre, qu'il a tirée 
d'un volume intitule : Tlnrsit mhmerwit. Les variantes de notre texte prouvent que la 
chanson est originaire de Punkerquc ou que lus marins de celle ville se la sont appro- 
priée par la popularité qu'ils lui onl donnée. 



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2.S0 



/KtVAthTLItDUiE*. — CHA.HTs MARITIME. 



HET AFZYIS. 



Allegro non troppo 




\\el Is - land, gy*n be- droef-de 



kust, Gy doet er me • nij 



her - te 



ly - den; Gy maekt de meis-jes g'heel on - g* rust 



in dtf be- droef 



mm 



de zo 



ty - den. Om dat zy bun 



%T lief plai - sant Vyf groo-te maenden moe-ten der — ven. 




Wel Island, gy'n bedroefde kust, 

Gy doeter menig herte lyden; 

Gy maekt de meisjes g'heel ongerust 

In de bedroefde zomerlyden. 

Om dat zy hun lief plaisant 

Vyf groole maenden moeten derven. 

Ze zyn gevaren naer Island, 

De meisjes zyn al ora te sterven. 

2. 

Me zien ze gaen al langst de slraet, 
Met huider hoofd nedergebogen , 
En huider hertje zwaer gelaên, 
Met de tranen in huider oogen. 
Huider hertje vol minnepyn, 
Dat me ze zouden geirne klagen. 
Cupido, wil hun trooster zyn . 
En wil zorgen voor huldcr dragen! 



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ZËËVAtHTLIEDKIIkV — CIMYIS JIAIIITIMtS. 



257 



3. 

Nu geven zy daer zucht op zucht 
In de lange zomersche dagen. 
'I Kapelletje is huider toevlugt : 
Wie gaen ze daer al gaen maken. 
In hel sermoen al van den Heer 
Men zie ze komen by heele hoopen. 
Waren de jongman* maer gemeen, 
Ze zoén liever ten danse loopen. 

4. 

Den een vergaert om een gouden kruys. 
Den and'ren om een gouden kelen. 
Daer gaen veel meisjes proper en kuys, 
Hoe gael dat? den duyvel moeten weten. 
Zy zeggen dat zy eerelyk zyn, 
Al moesten z'haer zei ven rouwen. 
Die roet zoo meisjes gezeirl zyn, 
Ze moeten huider ooren k rouwen. 



L'ABSENCE. 

1. O Islande, tristes parages, tu fais souffrir bien des cœurs! Tu mets les 
jeunes filles dans l'inquiétude pendant les tristes jours de l'été. Durant cinq 
grands mois, elles doivent rester séparées de leurs amants. Les marins sont 
partis pour l'Islande; les jeunes filles meurent de tristesse. 

2. On les voit marcher le long des rues la tête baissée, le cœur gros de 
tristesse et les yeux pleins de larmes; leur cœur est si plein de chagrin d'amour 
qu'on serait volontiers disposé à les plaindre. Cupidon, sois leur consolateur, et 
daigne-les protéger ! 

3. Elles poussent soupirs sur soupirs pendant les longs jours d'été. Elles ont 
recours à la Petite Chapelle; que vont-elles y faire? On les voit en foule au 
sermon. Si les jeunes gens étaient moins rares, elles iraient plutôt & la danse. 

•4. L'un conserve ses épargnes pour acheter une croix d'or, l'autre pour une 
chaîne d'or. Bien des jeunes filles vont coquettement parées; d'où cela vient-il? 
le diable le sait peut-être. Elles se disent honnêtes, lors même qu'elles devraient 
avoir le remords au cœur. Ceux qui s'unissent à de telles filles, doivent h la fin 
s'en repentir. 

Cette chanson retrace un des épisodes du voyage a la pèche d'Islande : In séparation 
des jeunes filles de leurs amants On trouve dans cette pièce un fond sntyriquc qui n'a 
pas peu contribue peut-être à la rendre populaire parmi 1rs marins. Elle nous a été 



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/CEVAERTUEDEItElV. — CUAHTS MAHITIMES. 



chantée par la mère d'un niatelol faisant tous les ans le voyage d'Islande. L'air a un 
caractère d'originalité qu'il puise dans sa tonalité. On y remarque, ce que nous avons 
déjà fait observer plusieurs fois, avec quelle facilité et quel succès l'emploi de la notr 
sensible y est évité. 



LXVIII. 

ZEEMANSLEVEN. 



Allegretto. 



1 Luj-8-tert al toe, die op de ba - ren 



Van Nep - tu - nus steur- 




ren, Ve - le lau-den om bet koopmaus - goed. Ileb-bcu 



-r m 






















-1 




' — • 


— 4 

















p 



Zoo - wel als de lands - lie-den vol roem, Zyn wy o-ver- 



m 



ni wcl-le - koom. 



Luyslerl al loc. die op de baren 
Van Neptunes steuren pekel vloei 
Trachten le zeylen om wel te varen . 
Vele landen om het koopmans goct. 
Hebben wy somtyds lyden of pyn, 
Wy mogen ook wel eens vrolyk zyn; 
Zoo wel als de landslieden vol roem. 
Zyn wy overal wellekooni. 

2. 

Het geld doel ons grool behagen; 
Matroosje dies menig reysje doel; 
Lyden wy storm of hagelvlagen. 
In ons reysje dit alles verzoel : 



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Ztl.VAEHTI.IEUEntM. — CIIA.MTS NAIUTIMF.S. 



■2M 



Zoo hacst wy komen al aen den wal 
Vergeten wy druk en ongeval, 
Door het acnzien van menige zaek 
Die ons dient tot meerder vermaek. 

3. 

Al h'èn wy een onrustig leven, 
Voor ondieper of leeger wal , 
Zeylen beslaen, knoopen of reven 
'l Gonn 1 by dag of nacht voorvallen zal, 
Alles passeert en vervliegt metter lyd, 
In de conversatie van een meyd, 
Waermeè men wandelt zoo menigen keer : 
Men denkt dan op geen onweder meer. 



LA VIE DE MARIN. 

1. Écoutez, vous tous qui voguez sur les flots amers de Neptune, pour 
transporter les marchandises dans les pays lointains. Éprouvons-nous parfois 
peine et chagrin, nous avons aussi nos moments de plaisir. Partout on nous 
accueille aussi bien que les gens du pays. 

2. La paye vient réjouir le marin après ses voyages. Si nous essuyons la 
grêle et l'orage, la paye encore fait oublier tout cela. Aussitôt que nous arri- 
vons à terre, nous oublions angoisses et dangers ; les mille choses que nous y 
voyons nous réjouissent le cœur. 

5. Quoique les écucils et les rafales nous fassent vivre dans l'inquiétude, 
quoique nous devions nuit et jour ferler les voiles et nouer les rubans de ris, 
tout cela passe et s'envole avec le temps. Les doux propos d'amour, les pro- 
menades font oublier tous ces tourments. 



La vie de marin, malgré ses dangers et ses fatigues, a un attrait particulier pour 
nos populations côlières. Dans la chanson que nous venons de rapporter, on a cherché 
à retracer les avantages du métier de marin. Tout cela n'est pas très poétiquement rendu. 
Telle qu'elle est néanmoins, cette pièce jouit, chez les marins dunkerquois, d'une cer- 
taine vogue qu'on peut sans contredit attribuer, pour la plus grande partie, au rhythme 
franc et bien marqué de la mélodie toute moderne. 



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■2G(i 



/.EF.VAF.BTI.IEDERE.N. — CHANTS MARITIMES. 



KAPERSLIED. 



Allegro. 



m 



Al diewil-lcn te ka- p* ren va - ren, Moe - ten man-ncn met 




Al die willen te kapren varen, 
Moeten mannen mei baerden zyn. 
Jan, Pier, Tjores m Corneel, 
Die hebben baerden (6i>), 
Jan, Pier, Tjores en Corneel 
Die hebben baerden, zy varen meê. 



CHANT DE CORSAIRES. 

Tous ceux qui veulent faire la course, doivent élrc des hommes à barbe. 
Jean, Pierre, George et Cornil, ceux-là ont de In barbe; ils navigueront 
avec nous. 



De tout temps à Dunkcrque on a aime la course. C'est dans ces périlleuses entre- 
prises que se sont du reste formes ses meilleurs et ses plus célèbres marins. C'est à 
cette école que Jean Bart a fait ses premières armes ; c'est comme corsaire qu'il s'est 
fait le plus redouter par les ennemis de la France. Dans les courses contre les Espagnols, 
les Hollandais et les Anglais, les marins Dunkcrquois ont vaillamment soutenu le beau 
nom de Jean Bart, dont l'intrépidité est devenue proverbiale. Un corsaire devait être 
un marin éprouvé; force cl courage étaient des qualités indispensables. Cela se trouve 
exprimé en termes énergiques dans notre chanson dont l'air bien rhythme aide singu- 
lièrement à donner du relief aux paroles. 

Le texte que nous venons de rapporter est le plus populaire, mais nous l'avons 
entendu avec la variante qui suit : 

« Al die willen te kapren varen. 
' Moeten mannen met baerden zyn. 
' Jau, Pier, Tjores en Corneel 
- Die hadden boerden (bis), 

Jan, Pier, Tjores en Corneel 
• Die hadden baerden, ze varen vri-c 



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ZCh VAER7LIEDERE.1. — CHANTS MARITIMES. 261 

Celte version ferait croire qu'on y aurait eu en vue de citer |M)ur exemple aux 
corsaires la famille Bart dont plusieurs membres ont été des marins m.n moins 
intrépides que l'illustre Jan. 



Allegro. 



KAPITEYN BART. 




Dat Mel-po - me - na de - ze droe-ve dood be - schrey t De-zer tyd, Dat 



Mel-po - me - na de -ze droe-ve dood 



be-schrcyt. 



Mner Cli - o nioct be- 



.1 u„» t.„ ^ ..f tt; . — 



Bchry-ven het kloek en vroom be - dry - ven Van d'hecr ad - mi - rael 




Bart ver - maertl, Zeer vroom van aerd. 

Ander vyze. — Autre air. 



Allegro. 

t' Dat Mcl-po-me-na de - ze droc- ve dood bc-schrevt De-zer tyd, Dat 



ï 



5 



s — 




Mel-po-me-na dc - ze droe-ve dood be-«chreyt. AÏaer Cü-o moet be 




schry-vcn Het kloek eu vroom be - dry-ven Van d'heer ad mi-rael Bart ver- 



m 

1/ mae 



ÉH 



maerd , Zeer vroom van nerd. 

Dal Melpomena deze droeve dood beschreyl 
Dezer lyd ; 

Dal Melpomena deze droeve dood beschreyl. 
Maer Clio moei beschryven 
Hel kloek en vroom bedryven 
Van d'heer admirael Barl vermaerd 
Zeer vroom van aerd. 



34 



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262 



ZEEVAEIITLIEDEHE.N. — CHAHTS MARITIMES 



2. 

In maert zeventien hondert vyflig negen jaer 
Maekt Bart klaer; 

In maert zeventien hondert vyftig negen jaer. 
De Danaë verheven, 
Juwcyn Larmon beneven, 
Om te varen naer 't eylandia 
Van Canada. 

5. 

Zoohaest zy waren weggevaren van de ree 
In de zee; 

Zoohaest zy waren weggevaren van de ree, 
Twee Engelsche fregatten 
Kwamen hun aen te vatten W; 
Ieder met 't zestig stukken gelaén 
Vielen hem aen. 

4. 

Hy en was niet ontstelt, ons nederlandschen leeuw 
Door 't geschreeuw; 

Hy en was niet ontstelt, ons nederlandschen leeuw. 
Hy heeft zyn maet geroopen; 
Maer hy was weggedroopen , 
Gelyk een vogel in de lucht 
Die henen vlugt. 

5. 

Bart sprak dan zyn soldaten met een kloek moed aen : 
Lael ons slaen ; 

Bart sprak dan zyn soldaten met een kloek moed aen. 
Laet ons te samen vechten 
Als vroome oorlogsknechten. 
Zoo lang als Bart het leven heefl 
IS ooit overgeeft. 

6. 

Van wederzyden hoort men ronken 'l grof kanon 
Dat begon; 

Van wederzyden hoort men ronken 't grof kanon, 
't Scheen dat de lucht ging scheuren ; 
Maer 't en kon niet lang duren. 
Onz' admirael die wierd gedood, 
't Was al in nood. 



(I) Var. « Zoo men dat kwam tc tchatten. - 



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ZEEVAERTUEÜEREN. — CHANTS MARITIMES. 



7. 

Zyn zoon als een tweeden troyschen Eneas 
Op het pas; 

Zyn zoon, als een tweeden troyschen Eneas, 

Heeft 't zweerd in d'hand genomen 

En is op 't dek gekomen. 

Hy wilt volgen zyn vader naer 

In dit gevaer. 

8. 

Maer ziet de Engelschen vielen te dapper acn 
In het alaen; 

Maer ziet de Engelschen vielen te dapper aen. 
Zoohaesl hy was gekomen, 
Heeft 's vaders plaets genomen. 
Dan zag men hem vol edelen moed, 
Versmagt in 't bloed. 

9. 

Het volk en konde dat niet langer wederslacn, 
't Was gedaen; 

Het volk en konde dal niet langer wederslacn. 

Tot behoud van hun leven, 

Moesten zy overgeven. 

Schoon het was tegen hunnen dank, 

Maer door bedwank. 

10. 

Nu hoort men ronken het kanon der Koutermans 
Vol van glans; 

Nu hoort men ronken het kanon der Koutermans 
Om dat zy voerden mede, 
Door d'ander laf herligh eden, 
Den peirel van Neptunus strand 
Naer Engeland. 

11. 

Laet ons God bidden Allemagtig en zyn naem. 
Al le saem ; 

Laet ons God bidden Allemagtig en zyn naem. 
Dat hy 't geslacht wilt sparen 
Van Bart nog menig jaren, 
En ook onlfangl ons admirael, 
In 's hemels zael. 



/.H VAEÜTLIKOfREX. -- til AM S MARITIMfcS. 



LE CAPITAINE BART. 

1. Laissons Mclpomène pleurer un douloureux trépns, Clie doit chanter le 
courage et la bravoure du célèbre amiral Bart. 

2. En raars dix-sept cent cinquante-neuf, Bart fait appareiller la Danaé , 
vaisseau renommé, pour se rendre aven Juin Lanuon au Canadn. 

3. A peine cntra-t-il en pleine mer qu'il fut aborde par deux frégates anglaises 
armées chacune de soixante conons. 

4. Notre héros flamand ne fut pas épouvanté par les cris des ennemis. Il 
appela son compagnon Juin, mais celui-ci s'était éloigné comme un oiseau qui 
s'envole au loin dans les nirs. 

3. Bart parla avec fermeté à ses compagnons. Frappons, dit-il, combattons 
ensemble comme de courageux soldats; aussi longtemps qu'un Bart conserve la 
vie, on ne se rend pas. 

6. Des deux côtés on entend gronder le canon. On dirait que le ciel est sur 
le point de se déchirer. Mais cela ne peut durer longtemps; notre amiral est 
tué; tout semble perdu. 

7. Son fils, comme un autre Enéc, monte sur le pont et prend le comman- 
dement; il veut dans celle circonstance imiter son père. 

8. Mais voici que les Anglais le serrent de près ; à peine a-t-il la place de son 
père qu'on le voit tomber noyé dans 6on sang. 

9. Ce fut fini ; l'équipage ne put résister plus longtemps. Pour avoir la vie 
sauve, il fallut se rendre. Ce ne fut pas de gré, mais de force. 

10. A l'instant on entend résonner le canon du triomphe. On amène avec 
orgueil la perle du royaume de Neptune vers l'Angleterre. 

11. Invoquons ensemble le Tout-Puissant et son saint nom. Qu'il daigne 
conserver encore longtemps les descendants de Bart et recevoir notre amiral 
dans sa céleste demeure! 



I*a chanson du combat de la Danaé, bien que rentrant dans la classe des chant* 
historiques, dont uous comptons faire une publication à part, doit avoir place ici à 
cause de la popularité dont elle jouit encore aujourd'hui chex les marins dunkerquois. 
Contrairement à beaucoup de chants de ce genre qui, en général, n'ont d'autre popularité 
que celle du moment et des circonstances qui les ont fait naitre, celui-ci est resté gravé 
dans la mémoire du peuple, comme s'il avait voulu ainsi conserver le souvenir d'une 
famille dont le nom glorieux a jeté un lustre si brillant sur la marine flamande. 

On ne doit point chercher de mérite littéraire dans cette pièce; on voit que son auteur, 
peu lettré sans doute, n'a eu d'autre prétention que de raconter les faits dans leur sim- 
plicité. On y remarque néanmoins une certaine énergie qui n'existe pas dans l'imitation 
française qu'on en a faite et qui n'est pas moins populaire que la chanson flamande. 

Elle se chante sur les deux mélodies que nous donnons plus haut. Ces deux airs ont 
un cachet particulier d'originalité. L'on est plus gracieux , l'autre a plus d'énergie. 
Le premier semble néanmoins avoir joui d'une popularité plus grande que l'autre, car il 
se jouait encore sur le carillon de Dunkerquc au commencement de ce siècle. Il est 
probable que c'est ce premier qu'on a en vue dans cette indication Stemme >'<#n cnpitryn 
Bnrt, placée en tète de certaines chansons composées sur le même rlnthmc 



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KLUGTLIEDJES, 

IS Dît 11) 2 IE V J SB $IEÛ.1S^23» 



CHANSONS COMIQUES ET DE GENRE. 



EXPLICATION DES SLJETS DE LA PLANCHE CI-CONTRE. 



Vieille (ileuse. 



l'n mari l t mmn du peuple 

romplaitant. le Mardi gras. 



de 

foires et marche». 



Piihettic Pnytan et paysanne 

de firenade. allant au marche. 



Krrmrtse flamande. 



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KLl'GTLIEDJES. — CHANSONS COMIQDKS. 



267 



MOOY BERNARDYN. 



Allegretto. 



V Wat doet gy al in 't groene veld, Mooy Bernardyn, Mooy ex - a - fyn ? 



v Ik toek hier gel 



Ik zoek bier geld, Mc 



bier geld, Mooy meysje. 



geld, Fier mooy meys-je, 

« Wat doet gy in het groene veld, 
Mooy Bernardyn, 
Mooy Exafyn? » 

— a lk zoeke hier geld, 
Fiere mooy meysje, 

Ik zoeke hier geld, 
Mooy meysje. » 

2. • 

— « En wat zal gy met dal geld doen, 
Mooy Bernardyn, 

Mooy Exafyn? » 

— « Koopen een koeye, 
Fiere mooy meysje, 
Koopen een koeye, 
Mooy meysje. » 

3. 

— « En wat zal gy met de koeye doen, 
Mooy Bernardyn, 

Mooy Exafyn? » 

— « 'k Zal ze melken, 
Fiere mooy meysje, 

'k Zal ze melken, 
Mooy meysje. »> 

— « En wat zal gy met de melk doen , 
Mooy Bernardyn, 

Mooy Exafyn? » 

— « Maken bloempap, 
Fiere mooy meysje; 
Maken bloempap, 
Mooy meysje. » 



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268 kl.l'c;TI.IM>JRS. — ClUNsOfS CUMIUIKS. 

— «Waermeô zal fjy den bloempap roeren. 
Mooy Berna rclyn, 

Mooy Exafyn? » 

— «Met den koesteerl. 
Fiere mooy meysje; 
Met den koesteerl. 
Mooy meysje. <> 

GENTILLE BERNARDINE. 

1. « Que fais-tu dans ton champ fleuri, gentille Bernardine? > — « Je gagne 
de l'argent, belle jeune fille, je gagne de l'argent. » 

2. — •< Et que feras-tu de cet argent, gentille Bernardine? » — » J'achè- 
terai une vache, belle jeune fille, j'achèterai une vache. » 

3. — « El que feras-tu de celle vache, gentille Bernardine? • — « Je la 
trairai, belle jeune fille, je la trairai. * 

*. — .. Et que feras-tu du lait, gentille Bernardine? * — . J'en ferai de In 
bouillie, belle jeune fille, j'en ferai de la bouillie. » 

3. — « Et avec quoi lourncras-lu la bouillie , gentille Bernardine? • — 
- Avec la queue de la vache, belle jeune fille. » 



Nous avons recueilli cette gentille chansonnette dans In environs de Bcrgues. Elle est 
aussi bixarre dans son texte que dans sa mélodie dont on remarquera surtout l'inflexion 
finale terminant en la mineur. 



TTT.n 

MAVROUWE. 



Allegretto. 







s 


-AL.1 ■ ^— !— d 


t) 'k Passeer- de 


i.. d. i 

voorde via-scb 
: _J JLjI i 


e- 


merkt, 'k Zag daer 
- - \ ■ 1 


een ma-vrou-wc 


' staen; 'k passeer-de 
•M - -, ^ 


voor de vin -se 


he 


=i— 1=* — f~ 

' — — k-i 

- merkt, 'k zag daer 

~— .> n 


een ma-vrou-we 


*■> staen; Ma-vrou-we prop'r en 


— " 

net. Bloe-me- U - 


-la, tra - dri - 



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KMÜTI.IF.OJKS. CHANSONS CONIQt'l S. 



ra, Mavrouwc pro-p'r eu net, Met een tuyt-je wel op- ge -zet. 

'k Passeerde voor de visschemcrkl, 
'k Zag daer een mavrouwe staen; 
Mavrouwe prop'r en nel, 
Bloemelala, l rad rira. 
Mavrouwc prop'r en net, 
Mei een luylje wel opgezet. 

1. 

k Zey : « Mavrouw, ye zyt myne vriend, 

Weel ye nicl van waer ik zyn'r' 

Hebt gy logisl voor my? 

Bloemelala, trad rira, 

Hebt gy logisl voor mv. 

Dat ik weze wel konlent. •> 

ö. 

Slraks de tafel wierd gezel, 

Met wat lekkers opgezet : 

Suyker, citroen en wyn, 

Bloemelala, tradrira, 

Suyker, citroen en wyn; 

Wal kon er nog veel beter zyn? 



I/IIOTESSE. 

1. Je passai devant le marché au poisson, là je vis une hôtesse coquettement 
vélue d'un honncl bien monté. 

2. Je dis : « Hôtesse, vous êtes mn pnrcnlc, ne savez-vous pas d'où je suis? 
avez-vous pour moi un logis convenable? <• 

5. Aussitôt la table fut mise et remplie de choses friandes : du sucre, du vin 
et du citron; que peut-il y avoir de mieux? 



Cette chanson est incomplète et peut-être corrompue. Faut-il y voir un reste défiguré 
d'un chant qui aurait été en usage autrefois à Courtrai k l'occasion de la promenade de la 
géante : Mevrouwtt van Amazonie. Nous n'oserions l'affirmer. Ce qui porterait à le croire, 
ce sont moins les paroles de la chanson que l'air qui a un caractère fort original et qui 
ne semble pas avoir été composé pour des paroles aussi insignifiantes. L'originalité qu'on 
y remarque provient principalement de la tonalité dans laquelle il est conçu, tonalité qui 
lui donne un cachet particulier de grâce et de douceur. Qu'on essaie d'y substituer la 

35 



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•270 



Ki l i;TI Itim s. — CHANSONS CONIOt »S. 



tonalité moderne par l'addition de diczes aux sols, et à l'instant même disparait ce cachet 
d'originalité pour faire place à une mélodie plate et commune. Cet air, qui parait étrange 
quand on l'entend pour la première fois, acquiert à une audition répétée un charme 
attrayant. 



LXXIII. 

WARME GARNARS. 

Allegro. 



















vtv— ti — — ' 
*J Moe-dt 

m= 


r, ik 1 


ril 


E- 

heb-ben e 
P m - 


y r~ 

en man, 


AVar-me g 


jar 
• 


- nara 


srao - ry, Die 


*J my den k 


OBt wel 
L-» | 


> 


n - non kan, W ar-mc gar - nars 

rzr-i- u_...- 


1 

, gar-n 


an», gar - nar», 








-—H 











war-me gar - nars «mo - ry ! 



Moeder, ik wil hebben een man, 

— Warme garnars, smory! — 
Die my den kost wel winnen kan. 
Warme pâmais, smory! 

2. 

Wel myn dochler, gy zyt 1c jong, 

— Warme garnars. smory! — 

Gy moei nog waglen een jaer rond. 
Warme garnars, smory! 

Moeder, ik ben oud genoeg. 

— Warme garnars, smory! — 
Myn Jan is knap en wel beproeft. 
Warme garnars, smory! 



GRENADES CHAUDES. 

1. Mère, je veux avoir un mari, — Grenades (t) chaudes, smory! — qui 
puisse fnirc aller mon ménage. — Grenades chaudes, smory! 

(f) r.Ysi le nom qu'à Dunkciqttc on donne aux crevettes 



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KLUGTLIEDJES. — CHANSONS CONIQUES. 



2. Ma fille, tu es trop jeune, — Grenades chaudes, sniory ! — lu dois at- 
tendre encore une année. — Grenades chaudes, sniory ï 

3. Mère, j'ai l'âge, — Grenades chaudes, sraory! — Mon Jean est brave cl 
gaillard. — Grenades chaudes, smory! 



Les crevettes sont eu grande abondance dans les parages de la Manche. La pèche en est 
très facile, mais en revanche peu lucrative; elle est exercée prcsqu'cxclusivcmcnt par les 
femmes et les enfants. Dunkerque, Gravclines et Mardick possèdent maintes familles qui, 
pendant une partie de l'année, ne vivent guère d'autre chose que du produit de cette 
industrie. On vend les crevettes au marché ou dans les rues. La vente dans les rues se 
fait au cri : Warme gaman , imory! 

On a des cris pour les autres poissons qui se vendent dans les rues. Nous avons 
recueilli les suivants : — Yauch» levard, levant, alwarl de Blankeman t — Harengs frais. 
— Kow/if plaeljes, iou, iou I — Plies fraîches. — Eter nome, iou, iou! — Huîtres. 
-• Vatithe macrel, iou, iou / — Maquéraux frais. 

Pour se faire une idée exacte de ces cris, il faudrait pouvoir les noter ; mais cela n'est 
pas possible. 

H y a chez les ouvriers du port de Dunkcrquc une chanson française, dont l'air a la plus 
grande analogie avec celui-ci. La langue flamande étant autrefois à Dunkerque la langue 
exclusive des marins et des ouvriers, il y a tout lieu de croire qu'il existait sur cette mé- 
lodie un texte flamand, mais nous n'avons pu le retrouver. Nous donnons ici la i 
française, surtout a cause de la mélodie qui est loul-à-fail locale. 



Allegro. 
Un seul. 



ALI, ALO. 



Eu chœur avec énergie. 



±2 




— h, a - lo, pour Ma-sche-ro! 



Un seul. 



- li. 
Tous. 



li, a - 



Il mang' la vi-ande et nous donn' lea os, 



li, 



li, a 



3 



ï 



li. 



lo. 



Ali, alo, pour Maachcro! 

Il mang' la viande et nous donn' les os. 

Ali, ali, alo! 

2. 

Ah, alo, pour Maschcro ! 

Il boit le vin et nous donn' de l'eau. 

Ali, ali, alo ! 

Cette mélodie est du reste tellement populaire qu'elle sert d'air sur lequel les ouvriers 
improvisent des textes en travaillant. 

Notre chanson flamande a un air de parente avec le .V 13£ que M Hoffmann Von l-'al- 
lerslebcn a publié dans ses Stedtrlandsche Volkslieder, édit., p. 2lî>, d'après un i 
<ris de 1ü57, appartenant a la bibliothèque ducale de Wcimar. 



272 



kltCTIItOJKS. — CIU>»0.\S (OJHQt'ts. 



HET GARNARSMEYSJE 



Poco allegro. 



v Daer was een meysken zoo jonk en gezond, zoo jonk en ge-zond; Ze 



*/ lien in den avonc 



Gar 



liep in den avond met gar - nar - sen rond. 



nar-sen, nep zy, zoo 



; 



de me? 



sprak er de meyd. Wie koop ze, wie koop ze, daer ra 



kwyt ; wie 



Ê=* 

*J koe 



ra - ken-ze kwyt, fa la de ra la la la la 



koop ze, wie koop ze, daer 



•T fa la 



ra la la la la , wie koop ze, wie koop ze, daer 



V ra - ken-ze 1 



ra - ken-ze kwyt. 

Daer was een uieysken zoo jonk en gezond : 
Ze liep in den avond mei garnarsen rond. 
Garnarsen, riep zy, zoo sprak er de meyd. 
Wie koop ze, nie koop ze, daer rakenzc kwyt. 
Fa la de ra la la, fa la de ra la la, 
Wie koop ze, wie koop ze, daer rakenze kwyt. 



LA PETITE MARCHANDE DE GRENADES. 

11 était une jeune fille fraîche et grntillc; elle allait le soir vendre ses guer- 
nades. Grenades! criait-elle, qui en achète, qui en achète? Il n'y en a presque 
plus. Fa la de ra la la, fa la de ra la In, qui en achète, qui en achète, il n'y en 
a presque plus. 

Ottc chanson, comme la précédente, est toul-à-fait particulière a Dunkcrquc. Elle est 
populaire surtout dans la classe des pêcheurs, dont clic retrace les habitudes. I.'air est 
moderne; il n'offre rien de saillant, mais il est bien approprié aux paroles. Olte pièce a 
d'autres couplets, mais on ne chante guère que le premier, el on n'a su nous indiquer les 
autres que d'une manière trop incomplète pour pouvoir les donner ici 



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kLll-TLIKhJEb. 



— CUAXSO.Ns COMIQUfcS. 



HAINEN EN ROCHEN. 



Allegro. 

1 Daer waB-aer een meya-je van Duynkerk ge-laên ; Zy had -de heur 



— F- 



i 

1/ i 



ts 1 



mandet-je met viach belaên. Zy riep voor ge-wia ; Wie koopter myn viach.'kH'én 




\ n r> 



m 



P 



ha - nen en ro-chcn die Ie - ven-dig 



Daer wasser een meysje van Duynkerk gelaén ; 

Zy haddc heur mandelje mei visch belaèn. 

Zy riep voor gewis : 

« Wie koopter myn visch, 

'k H'é» hanen en roclien die levendig is. » 

2. 

Een snackje die buylen zyn venstertje lag, 
Hy nikle dat meysje wel den (joeden dag. 
Hy riep vol plaizier : 
« Zeg, zusje, hoort hier, 

Verkoopt ray & scheulelje twee, drie of vier. » 

5. 

— Ik wil wel verkoopen, maer ye vraegl mae schui n. 

— Wel meysje, he' ye daer you mandelje nie vul. 

— Ja, haen ende roch, 
Dat heef 1er ik nog; 

Gelooft my, signorlje, 'k en hen niet verkogl. 



ROUGETS ET RAIES. 

1 . Il y avait une jeune fille de Dunkerque chargée de son panier rempli de 
poisson. Elle criait par les rucs:< Qui achète mon poisson, j'ai des rougrts cl 
des raies fraîches. . 

2. Un jeune gars, penche sur su fenêtre, lui souhaita bon jour par un geste 
aimable. Il l'appela : > Dis, pelile, vends moi deux, trois ou quatre petites 
limandes? ■ 



274 



KLIGTLItDJES. — CHANSONS COMIQIF.S. 



3. — • Jc veux bien vendre, mais vous me demandez des limandes. •■ — •> Eli 
bien, jeune fille, ton panier n'est-il pas rempli? * — « Oui, mais ce sont des 
rougets et des raies; croyez-moi, mon beau monsieur, je n'ai rien vendu. » 



Voici encore une chanson qui appartient à la classe des deux précédentes et qui pro- 
vient de la même source. Elle a un cachet de simplicité qui plaît. La mélodie charmante 
qui l'accompagne a dû contribuer à sa popularité. Cette chanson appartient au dernier 
siècle. Elle est connue en Hollande. 



ANNE MARIE. 




Allegro. 



An-ne Ma- rie, waer gae-ye nae toe? An-nc Ma -rie, 



waer gae-ye nae 



1 N— N - \ 




toe?'kGanae de kaeye Om net - ten te nae -yen, Hoep sa sa, fa 



P — (•> 



ï 



-P — =?- 



Z- K 



An-ne Ma - rie. 



Anne Marie, waer gaeyc nae loe? 

— k Ga nae de kaeye, om nellen le naeyen, 
Hoep sa sa, fa la la, 

Anne Marie. 

2. 

Anne Marie, hebl gy er geen man? 

— Heb ik geen man, 'k en kryge geen slagen. 
Hoep sa sa, fa la la, 

Anne Marie. 

ó. 

Anne Marie, hebt gy er geen kind? 

— Heb ik geen kind, 'k moelcl nicl bezorgen. 
Hoep sa sa, fa la la, 

Anne Marie. 



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KLUGTMEDJKS. — CHANSONS COMIQUES. 



27.'i 



ANNE MARIE. 

1. Anne Marie, où vas tu? — Je vais au port pour coudre des filets. Oup 
sa sa, fa la la, Anne Marie. 

2. Anne Marie, tu n'as pas de mari? — Si je n'en ai pas, je ne reçois pas de 
coups. Oup sa sa, Ta la 1a, Anne Marie. 

3. Anne Mari, tu n'as pas d'enfant? — Si je n'en ai pas, je ne dois pas les 
soigner. Oup sa sa, fa la la, Anne Marie. . 



Celte chanson est très populaire à Dunkcrquc en lemps de Carnaval. Elle se trouve dans 
Willems, p. 280, mais avec des différences dans le texte et avec une autre mélodie. Elle 
est connue en Allemagne; M. G. de Zuccamnglio, le continuateur du Deutsche Yolkiliede- 
rm par Krctzschuicr, donne, t. Il, p. 623, une chanson autrichienne qui a quelque rapport 
avec noire chanson flamande. 



DE BAZINNE. 



Allegro. 



N Es 



m 



:8: 



'tU de ba - zin -ne van al de ba - zin-nen, 't is de ba 



rf: 



zin -ne van bo - vcn. En ze drinkt zoo gei -ren een druppel- tje. 



SB 



dat ze valt ach-t'r om hoo — — ge, tra la la la la la la la 




0-r 



1 



m 



tra Ift 



#■ 



1 



la. 



t ls de bazinne van nl de bazinnen; 

't ls de bazinne van boven. 

En ze drinkt zoo geiren a druppeltje, 

Dat ze valt afjt'r om booge. 

Tra la la, enz. 



27IÏ KLU6TLIEDJIS. — CHANSONS COHIQIIS. 

LA BAZINNE. 

C'est la bazinnc de toutes les bazinnes, c'ost la bazinne d'en baut. Elle boit h 
volontiers un petit verre, qu'elle tombe sens dessus dessous. Tra la la, etc. 



Cette chanson est tout-à-fai! particulière à Dunkerque. Elle y est 1res populaire, surtout 
au temps du Carnaval. I.e mot bazinnc s'applique a la femme d'un patron de navire 
de pêche. La bazinne jouit dan> son quartier et parmi les pécheurs d'une considéra- 
tion proportionnée à la position du mar^ et à m fortune. Autrefois, la bazinne avait 
un costume particulier. Ce costume dispendieux par les dentelles, les chaînes d'or, la 
croix de diamant et autres accessoires était mis les jours de fêles. Aujourd'hui, il est 
remplace par le vêlement moderne. Quelques vieilles bazinnes possèdent encore leur 
ancien costume, mais elles ne le portent plus. Il a même fnllu employer une certaine 
diplomatie pour parvenir a décider quelques bazinne» à s'en revêtir, lors du passage de 
l'Empereur et de l'Impératrice des Français à Dunkcrquc au mois de septembre 18S3. 



rtUeifretto 




KEN FHAF.YE MAN. 



Daer was ee-nen tnaii, Ee-nen fraeyen man, Ee-nen man van 




V \--\ 



En hy wiegt bet kiud, Eu hy roert den pap. En hy laet zyn vrouwtje 



v dan -se n- 



Daor was eenen man. 

Konen fraeyen man, 

Renen man van complaisanlie. 

En hy wiegl het kind, 

En hy roerl den pap, 

Kn hy lael zyn vrouwtje dansiMi. 



LE MARI COMPLAISANT. 

Il y avait un mari, un brave mari, un mari plein de complaisance; il berce 
l'enfant el il prépare la bouillie, et laisse danser sa femme. 



Le mari complaisant est peint ici en deux coups de pinceau, de façon à faire deviner 
toutes ses tribulations conjugales. Cette chanson est très populaire dans toute notre 
Flandre. En certaines localités, on chante des variantes, que nous ne rapportons point, 
paree que les ronvciimires n'y sont pas assez respectées 



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KI.I'GTLIEDJES. — CHASSONS COMIQUES. 



277 



S AVONDS. 



Allegro. 



En chœur. 



En '» av 



avonds, en 's avonds, en 's avonds is het goed. 



En 



Senl. 

*s avonds, en 's avonds, en 's a-vonds i» het goed. En 



4P 



s a-vonds heb-ben 



'b a-vonds heb-ben wy geld by hoo-pen, En 's morgens geen om 



brood te koo-pen. En 's avonds, en 'a avonds, en 's avonds is het 



goed. 



En s avonds, en 's avonds, 

En 's avonds is het goed. 

En 's avonds hebben wy geld by hoopen, 

En 's morgens geen om brood te koopen. 

En 's avonds, en 's avonds, 

En 's avonds is het goed. 

2. 

En 's avonds, enz. 

En 's avonds zouden wy geernen trouwen, 
En 's morgens nugtens vroeg berouwen. 
En 's avonds, enz. 

5. 

En 's avonds, enz. 

En 's avonds zullen wy koeken bakken, 
En 's morgens tegen uw ooren plakken. 
En 's avonds, enz. 



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278 



KI.IGTI.IEDJES. — CHASSONS COMIQUCS. 



LE SOIR. 

1 . Le soir, le soir, le soir tout va bien ; le soir nous avons de l'argent en 
masse. Le lendemain nous n'en avons pas suffisamment pour du pain. Le soir, le 
soir, le soir tout est bien. 

2. Le soir, le soir, le soir tout va bien. Le soir nous voulons nous marier, 
mais le lendemain malin de bonne beure nous le regrettons. Le soir, le soir 
tout est bien. 

5. Le soir, le soir, le soir tout va bien. Le soir nous faisons des gAtcaux et 
le lendemain nous vous les jetons à la figure. Le soir, etc. 



Celte chanson passe dans le pays pour être très ancienne. C'est une peinture de 
mœurs franche, énergique et pleine de vérité. L'air est parfaitement adapté au texte; 
son rhythme entraînant lui prête un caractère toul-à-fait populaire. 



T CARILLON VAN DUYNKERKE 



Ail" non troppu. % 



f\ î j j j i j ^ e lj^j^ 



Een ka - le - man-den rok, Een wit mantlyn-tjen d'rop. En 



N N fs N 



vreet ye waer da'k weu-nen? Al in Sint Gil - lis dorp. 



lyn-wa - den ka — zak -je, Een bie - ze — boo-men rok: En 



P 



rok ; En 



i 



I 



zou 'kdaermeê niet la-chen, De fruytpan op zyn kop. 

Een kalemanden rok, 

Een wit mantlyntje d'rop. 

En weel ye waer da'k wennen? 

Al in Sinl Gillis dorp. 

Een lyn waden kazakje, 

Een biezeboomen rok; 

En zon 'k daermeé niel lachen? 

De fruytpan op zyn kop. 



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KLUCTLIEOJES. — CHASSONS COMIQUES. 



27i) 



LE CARILLON DE DUNKERQUE. 

Un jupon de Calemande et par -des* us on maotclet blanc ; sais-tu où je de- 
meure? dans le quartier S'-Cilles. — Une casaque de toile, un jupon de nattes. 
Qui ne rirait aux éclats. Il est coiffé d'une poêle à frire. 



Le Carillon de Dunkerquc est connu partout comme un des airs populaires les plus 
caractérisés. Au milieu du XVIII" siècle, il était déjà tellement en vogue qu'on le dan- 
sait au bal de l'Opéra. Le recueil, publié à La Haye en {761, sous le titre de : Amusement 
des compagnies, contient, t. Il, p. 163, le carillon de Dunkcrque à peu près tel qu'il se joue 
dans cette ville, et plus loin, page 16», le recueil reproduit le même air tel qu'il a été 
dansé au bal de l'Opéra. Celui-ci renferme des variantes dans la deuxième partie. L'air que 
nous donnons est celui qui se chante et se joue encore actuellement sur le carillon. II 
serait curieux d'en connaître l'origine. Appartient-il véritablement à Dunkerquc, c'est-à- 
dire, a-t-il été composé par un Dunkerquois ou bien est-ce simplement un air qui a 
été adopté et rendu populaire par quelque carillonneur du temps? Il serait peut-être diffi- 
cile de décider la question en l'absence de tout document historique. Ce qui pourrait faire 
pencher la balance vers la dernière de nos hypothèses, c'est la grande aualogie qu'on 
remarque entre l'air du carillon de Dunkcrque et le premier air contenu dans un volume 
très rare, intitulé : De Carnaval van Room en, of de Vattenavonds Vermaakelykheden. Te 
Harlem, gedrukt by de Wed: H: van ffulkenroy, aan de Markt, in de letter A. 1718. 
Cet air et les autres du même volume ont tous un caractère original et présentent des 
rapports avec d'autres mélodies que l'on entend à Dunkcrque au temps du carnaval. Il ne 
nous parait pas douteux pourtant que ces mélodies soient hollandaises. 

Le carillon de Dunkcrque est également une danse particulière, qui est en usage à Dun- 
kerque et à Bergucs, et qu'on exécute ordinairement à la fin d'un bal. 



T CARILLON VAN EKELSBEKE. 



Allegro. 



3: 



m m w 

A - dieu, E - kela 



if 



I i | 



, A-dieu, gy achoo-ne ca - ril - Ion ; 





— 




— i -r— r 


i 1 i 

— *4 — p— 














_3 4 




— 1 



heer den ba-rou ; Al met zyn e - del com-pa-gny Wy le - ven dacr 



te sa -men in me - lo - Hy. 



i 



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280 KLLÜTLIEDJBS. — CHANSONS COMIQUES. 

Adieu, Ekelsbeke, 

Adieu, gy schoone carillon. 

Ik ga naer vreemde streke 

Al met mynheer den baron; 

AI mei zyn edel compagny, 

Wy leven daer le samen in melody. 

2. 

Adieu, Ekelsbeke, 

Adieu, gy schoone carillon. 

Ik ga naer vreemde slreke 

Al met mynheer den baron; 

Met zyne commandanten meê, 

Zync soldalen en sergeanten bley. 



I.E CARILLON D'EKELSBERE. 

1. Adieu, Ekelsbeke, adieu, beau carillon, je pars pour des contrées lointai- 
nes avec Monsieur le Baron et sa noble compagnie. La nous vivons si heureux. 

2. Adieu, Ekelsbeke, adieu, beau carillon, je pars pour des contrées loin- 
taines avec Monsieur le Baron, avec ses commandants, ses soldats et ses ser- 
gents. 



L'air du carillon d'Ekelsbcke n'a pas obtenu la vogue de celui de Duukcrque; il n'a guère 
franchi le rayon que peut parcourir le tintement des cloches ; mais il est très populaire 
dans la localité. Nous n>n roulons d'autre preuve que les deux chansons, l'une flamande 
et l'autre française, qui ont clé faites sur cet air. Nous venons de rapporter la chanson 
flamande, voici la française : 

Dragon pour boire. 

On dit que vous avez le nom ; 

Mais pour combattre, 

On dit que non. 

On dit que vous avez été 
Au combat sans avoir tire 
Ni coup de sabre. 
Ni coup de pistolet 

Dragon pour boire. 

On dit que vous avez le nom ; 

Mais pour combattre, 

On dit que non. 

La chanson française n'est pas moins populaire que la chanson flamande. Ce qui peut 
paraître singulier attendu qu'à Ekelsbeke la langue flamande est parlée presque exclusive- 
ment. Faut-il voir dans cette chanson une satire à l'adresse de quelque habitant du château 
ou de tout autre du lieu qui aurait manque courage? Nous ne le savons, mais on serait 
tenté de le croire. Personne de la localité n'a pu nous donner de renseignements à cet 
égard. 

Dans chaque ville, qui possédait un carillon, il parait y avoir eu un air favori qui 
prenait le nom de la ville; c'est ainsi qu'on appelait carillon de Dunkerque, carillon 
d'Ekelsbckc, les airs favoris qu'on jouait sur les carillons de ces villes. Il y avait aussi le 
< arillon de Baillcul, le carillon de Casscl. Nous avons trouve des chansons avec indication 
de ces airs, mais nous n'avons pu nous procurer les airs. 



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KLl'GTLIEDJES. — CHANSONS COMIQUE». 



28 i 



KERM1SL1ED. 



Allegro. 

fe - ^-r g 1 P ^TTTrrHf=FR 

%f Wel 'e - ko-men, ker-re -mis volk, Wan-neer ga ye deu — re? 



v Als de kockei 



m zvn. Al bleef ik maer een ne ■ — re. 



Als de koeken en taertcn op zyn, Al bleef ik maer een ue — 

Wel 'ekomen (*>, kermis volk, 
Wanneer ga ye <*) deure? 
Als de koeken en taerten op zyn, 
Al bleef ik maer een uere. 

2. 

Adieu, goe bier, adieu, goe wyn, 
Adieu, goe koeken en taerten; 
We zullen morgen vrolyk zyn. 
En overmorgen lang slapen. 



CHANSON DE KERMESSE. 

1. Uien venus, gens de Ia kermesse, quand partez-vous? — Quand les gâteaux 
et les tartes seront mangés; dussé-je n'y rester qu'une heure. 

2. Adieu, bonne bière, adieu, bon vin, adieu, bons gâteaux et bonnes tartes. 
Demain, nous nous réjouirons encore; après-demain, nous dormirons long- 



Ottc chanson est connue dans toutes les localités situées entre la I-ys et la mer. Il n'y 
a de différences ou de variantes que dans le dernier vers du premier couplet qui, à Dun- 
kerque cl à Bourbourg, se chante : 

Met de barge van Ycurnc. 

L'air est compose dans la tonalité moderne. Il n'offre aucune trace d'ancienneté. II est 
simple, mais caractéristique. 



(1) Gekomen. 

(2) Gact gy ; yc en flamand de France, you en anglais. 



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282 



KLU6TLIEDJBS. — CHANSONS COMIQUE». 



Lxxxni. 

JÜBILATE. 



Maestoso. 



Ju - bi - la - te glo - ri — a vi - ve 



la me - mo - ri 
J j ]— 



a per se - eu - li per se - eu - la vi - ve la me - mo - ri - 
Allegro 



^ a. Vuy-le Ca - to, vuy-le Mi 



Ma - ro, Mortjes ho - ven zul - len wy 



ro- ven. Vuy-le Ga - to, vuy-le Ma - ro. Mor-tje, waa neer gae'tzouda 



m 



zyn. Dat gy my 't zondags maer en za-ge, 'k zyn al veel schoon der als 



P 



2: 



« é- J — — 1 é 1 , 

da-ge. Met een tuyt-je fyn, en wat gaet nog al zyn, jofvrouw van 



v- — \ 



't Pa - le - ryn. Eenen rok van een pond groote, daerop een gebloemde 



ar* n a*. A«vn A *» A. * & a . . . . 1 



schoo-te, en een tuyt - je fyn, en wat gaet nog al zyn, jofvrouw van 











— • 


-~*= 



Jubilale gloria, 
Vive la memorin. 
Per sectilï. 
Per secula, 
Vive la memoria! 
Vuyle Cato, 
Vuyle Mato. 



KLUGTL1EDJES. — CHAHSOKS COMIQUES. 



Morljes oven 
Zullen wy roven. 
Vuyle Calo, 
Vuyle Maro, 

— « Mortje, wanneer gaet zondag zyn? »> 

— « Da ye me 'tsondags maer en zage, 
'k Zyn al veel schoonder als van dage. 
Met een tuytje fyn, 

En wal gaet nog al zyn, 

Jofvrouw van 't Paleryn. 

Eenen rok van een pond groote. 

Daerop een gebloemde schoole. 

En een tuytje fyn, 

En wat gaet nog al zyn, 

Jofvrouw van 't Paleryn. » 



JUBILATE. 

Jubilate, gloria, vive la memorie, persécuta, per seculi, vive la mémorial 
Sale Cato, sale Margot, nous allons piller le four de la grand'mère. Sale Cato, sale 
Margot; dis, mère, quand sera-ce dimanche? — « Si tu me voyais le dimanche, 
je suis bien plus belle qu'aujourd'hui. J'ai un bonnet fin et bien autre chose, 
Mademoiselle du Pilori. Un jupon d'une livre de gros et là-dessus un tablier à 
fleurs ; et un bonnet fin et bien autre chose, Mademoiselle du Pilori. ■ 



Cette chanson, qui est très populaire à Baillai 1 au temps de la fétc de S te Anne, est une 
des plus originales que nous ayons pu recueillir. Le texte, probablement tronqué, offre 
un spécimen de ce style burlesque que Vadé a voulu, mais en vain, faire entrer dans la 
littérature française. 

La mélodie n'est ni moins originale, ni moins ancienne que le texte. Après avoir com- 
mencé d'une façon solennelle, elle prend tout-à-coup un caractère vif, analogue avec les 
paroles, mais qui forme un contraste assez frappant avec la première partie. La phrase 
mélodique, placée sur ces paroles : met ten tuytje fyn, et qui se trouve dans le relatif 
mineur du ton principal, y entre et en sort brusquement et sans préparation, ce qui donne 
à cette partie de l'air un caractère singulier, sans être toutefois choquant. 

» 



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28- i 



Kl.lüTLIEDJES. 



CHANSONS COMIQUES. 



ZOETE MARITON. 



Allegretto. 



mm 

tJ Ziel 



SI 



P> IS 

» i 



Ziet de ar -me peer -de - bees-ten, Die daer langs de «tra - te 



EZ 



7 y E 



gaen ; Zy en heb-ben schier geen stee - nen om naer Cas-scl 



te Ma - ri — ton, Ma - ri — ton, Ma - ri 



toe te gaen. Zoe 




ton, ton ton. 



Ziet de arme peerdebeeslen, 
Die daer langs de slrate gaen; 
Zy en hebben schier geen sleenen 
Om naer Cassel toe le gaen. 
Zoete Mariton, Mariton, Marilaine, 
Zoete Mariton, ton ton, 



DOUCE MARITON. 

Voyez les pauvres chevaux se trainer le long de la route ; ils n'ont presque 
pas de pavé pour aller jusqu'à Cassel. Douce Mariton, Mariton, Maritaine, 
douce Mariton, ton, ton. 



Il est à croire qu'on ne possède ici qu'un fragment de la chanson primitive. Nous en 
avons vainement cherché le complément. Ce que nous en reproduisons est très populaire 
à Baillcul. La mélodie n'offre rien de remarquable, sinon son rhythme, qui est pour 
nous un indice certain de son origine populaire. 



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KLUCTLICDJES. — CHANSONS COMIQUES. 



28a 



T SPINNEWIEL. 




Allegro. 



^ ^~ mr~r r I r r J-iW-f-j j 



Vrienden, 'k heb hier bc - schreven 'tgon my lestmael in d' hersens viel, hoe 



-f» — p- 

— » 1 



ü 



er veel menschen Ie - ven a - lom door 't spinne - wiel. 



1 



Ik 



■ — gr 



vind het spin- ne - wiel vandocn om vlas en kemp, wolle en ka-toen, zoo 



V vroee als lact. te spin-ncn en koophan-del te voêi 




vroeg als lact, te spin-ncn en koophan-del te voen. 

Vrienden, 'k heb hier beschreven 
't Gon my leslraael in d'hcrsens viel, 
Hoe er veel menschen leven 
Alom door 't spinnewiel. 
Ik vind het spinnewiel vandoen 
Om vlas en kemp, wolle en katoen, 
Zoo vroeg als lael, te spinnen 
En koophandel Ie voên. 

% 

Het spinnewiel naer wenschen 
Is een nutbaer vinding, 
Schoon dal by vele menschen 
Is in een kleyn achting. 
En schoon dat het is wat gemeen, 
Nogtans en vinden wy geen een, 
Die zonder 't wiel zyn lichaem 
Zoude konnen bckleên. 



Eer den wever gaet weven 
Eenige sloffe, grof of fyn, 
't Garen die zy hem geven 
Moet eerst gesponnen zyn. 



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KLl'GTLIEDJES. — CHANSONS COMIQUES. 

Geen uaeyer nog naeyster men vond, 
Al zogt men g'heel de wereld rond, 
Die zoude konnen naeyen 
Dat 't spinnewiel slil stond. 

4. 

Als wy het wiel bemerken, 

Men vond geen creatuer in 't land 

Die zoude spel Ie werken 

Dat 't spinnewiel waer' van kant. 

Zael makers en die maken hoén, 

Ook die maken leerzen en schoen, 

Daertoe is er al garen 

Voor 't spinnewiel van doen. 

5. 

Wel dat er dan geen garen 
En tauwewerk gesponnen wier, 
Geen schepen zoude varen, 
Dat zweer ik op myn ziel! 
Geen maelder zouder 't meel en graen, 
Geen stampers konden olie slaen. 
Men zou niet konnen breyen 
Dat 't spinnewiel stil kwam staen! 

C. 

Immers alle kleedingen, 

Die 't vrouw- en mansgeslachte draegt, 

En meer duyzende dingen 

Worden door 't wiel geschraegt. 

Het spinnewiel dient ook gewis 

Tot vangen aller Leyevisch, 

Want 't garen tot de netten 

Ook eerst gesponnen is. 

7. 

Wie 't spinn'vvicl zou verachten, 

Ware eenen mensch van kleyn versland; 

Want boven alle ambachten 

Het wiel de kroone spant. 

Het spinnewiel, voor die het vat, 

Maekt dat de menschen te land en slad 

Veel koophandel bed ry ven 

Door 't spinnen dit of dat. 



KLICTLIEDJBS. — OU5S0SS COM»Ql/KS. 287 
8. 

Dus spinners en spinetten, 

Zoo van 't zuyden, oost, west of noord, 

Wilt elk uw wiel aenzetlen, 

En spint maer dapper voort. 

Volgt niet den raed van Pier en Jan, 

Maekt dat den wever weven kan, 

En doet uw wiel maer ronken; 

Want daer komt drinkgeld van. 



LE ROUET. 

1. Amis, je viens décrire cc qui me passa dernièrement dans le cerveau; 
comment bien des gens gagnent la vie avec le rouet, en filant pour le commerce 
du lin, du chanvre, de la laine el du coton. 

2. Le rouet est certes une belle invention, quoique bien des gens l'estiment 
peu. Sans être un objet fort rare, personne sans lui, néanmoins, ne pourrait 
se vêtir. 

3. Avant que le tisserand puisse tisser une étoffe grosse ou fine, le fil qu'il 
doit employer doit être filé. Ni tailleurs, ni couturières ne sauraient coudre 
si le rouet cessait de tourner. 

4. En examinant la chose de plus près, on voit que môme les dentellières ne 
sauraient travailler, si le rouet ne fonctionnait pas. Selliers, chapeliers, bot- 
tiers et cordonniers, tous ont besoin de fil filé par le rouet. 

5. Sans le fil qui fait la toile, les navires ne pourraient voguer. On ne pour- 
rait moudre le grain, ni battre l'huile; on ne saurait tricoter, si le rouet ne 
tournait pas. 

6. Habits d'hommes et de femmes et mille autre choses sont préparés par le 
rouet. Le rouet sert aussi à prendre le poisson, car sans lui on no saurait con- 
fectionner des filets. 

7. Celui qui mépriserait le rouet ferait preuve de peu de bon sens : car le 
rouet l'emporte sur tous les outils. Pour quiconque réfléchit, il est évident que 
le rouet fait aller le commerce à la campagne et à la ville. 

8. Ainsi donc, filcurs et fileuscs de tous les coins du monde, vite à l'ouvrage; 
ne suivei point les conseils de Pierre et de Jean. Faites en sorte que le tisserand 
ait de quoi tisser; fuiles ronfler vos fuseaux, car il en vient des pourboires. 



L'auteur de cette chanson qui, d'après son texte même, a dû vivre au 
ment de ce siècle, était loin de se douter que le temps do la disparition du rouet 
était si proche de lui. Il en est de ceci d'ailleurs comme de bien des choses. Bateaux 
a vapeur, chemins de fer, télégraphe électrique, métiers à la Jacquart, qui eut pu 
se douter alors qu'on était si près de voir se produire ces merveilles! 

.Notre chanson a été tellement populaire que nous n'avons eu aucune peine à la 
recueillir; quant à l'air, nous l'avons entendu jouer maintes fois par l'ancien canl- 
Jonncur de Baillcul. 



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288 



kLIGTI.IEDJES. — CIIA.fSONS COMIQUES. 



JAN DE MULDER. 



Allegro. & 



3m 



mm 



Jan de mui-der, met zy-ncn lee - ren kul - der en zyn lee-rcn 



broek-jen aen, zou - de zoo gei - ren zon - der lan - te - ren, 

Eyndc. 



- ft— r 



Z £=£=Ê=* : 

fc-i — b-y 



m 



zou 



m 



200 gel - ren te vry - en 



Hier » het vkesch en 



5 



**=2-çj — ~-cr 

daer is het visch, en daer is het Man - ne-ken-pis. Vleesch en-de visch, 







s — 1 














NI 




— « 


— ri 


— 






ê=c=- 









Jan de mulder, 

Met zynen Ieeren kulder 

En zyn Ieeren broekjen aen, 

Zoude zoo {je ire 11 

Zonder lanteren, 

Zoude zoo geiren 

Te vry en gaen. 

Hier is het vleesch en daer is het visch, 

En daer is het manneken pis. 

Vleesch ende visch, 

Mannekenpis, 

En daer is 

Den vogel die bedriegelyk is. 
Jan de mulder, enz. 

2. 

Daer is de zon en daer is de inaen. 
En daer is den kraeyenden haen. 
n ende maen. 



7 f 



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KLUfiTLIEDJES. — CHANSONS COMIQVtS. 



Kracy enden haen, 
En daer is 

Den vogel die bedriegelyk is. 
Jan de mulder, enz. 

3. 

Daer is het glas en daer is de kan, 
En daer is den dronken Jan. 
Glas ende kan, enz. 
Jan de mulder, enz. 

4. 

Daer is den hond en daer is de kal. 
En daer is d'Ooslindsche rat. 
Hond ende kal, enz. 
Jan de mulder, enz. 



JEAN LE MEUNIER. 

1. Jean le meunier, avec sa jaquette et sa culotte de cuir, aurait si grande 
envie d'aller foire l'amour sans lanterne. 

Voici la viande, et voilà le poisson, et voilà le Mannckenpis ; viande et pois- 
son, Mannekcnpis; et voilà l'oiseau trompeur. 
Jean le meunier, etc. 

2. Voici le soleil, et voilà la lune, et voilà le coq chantant ; soleil et lune, 
coq chantant; et voilà l'oiseau trompeur. 

Jean le meunier, etc. 

3. Voici le verre, et voilà la canette; et voilà Jean l'ivrogne; verre, etc. 
Jean le meunier, etc. 

4. Voici le chien, et voilà le chat, et voilà le rat d'Inde ; chien, etc. 
Jean le meunier, etc. 



L'exéculion de celle chanson, très populaire dans loule notre, Flandre, est ordi- 
nairement accompagnée de certains gestes qui donnent au texte , en apparence insi- 
gnifiant, un sens malicieux que les paroles n'indiquent pas. La mélodie que nous 
donnons nous a clé dictée par un habitant de Baillcul où la chanson est très en 
vogue ; elle a un caractère franc, décidé et bien approprié au texte. 



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290 



KLICTLIEDJES. — CHANSONS COJUQCES. 



Vivace. % 



a/ Kort en lan 



DE VOGEL. 



I 



— ■» — »i ■ i t i - i i -■ j— .,, m . — — i \- « 

Kort en lang en de snydere- bank, en den wa-gen die ryd 



3 



V Hier 



-m — » 



I I 



« — é 



is de vo-gel, de vo-gel, de vo-gel, en daer is het 



J — ■ » 



is. Hier 



die be - drie-ge-lyk 



ia de veêl en daer is de 




sa -vel, en daer is den ver-achen ka -vel. Veèl en eav'len den 



vcr-echen ka- vel. Korten 



Kort en lang 
En de snydersbank, 
En den wagen die ryd. 
Hier is de vogel, 
De vogel, de vogel, 
En daer is hel visch 
Die bedriegelyk is. 

2. 

Hier is de véél, 
En daer is de savel, 
En daer is den vcrschcn kavel. 
Kort en lang, enz. 

3. 

Hier is de zon, 
En daer is de maen, 
En daer is den schooncn hacn. 
Kort en lang, enz. 



kLUGTLIEDJES. — CHANSONS COMIQUES 

4. 

Hier is de schup, 
Dacr is de rooster, 
Ed daer is de maegdenlroostcr. 
Kort en lang, enz. 

5. 

Hier is de pot, 
En daer is de kan, 
En daer is de dronken man. 
Kort en lang, enz. 

6. 

Hier is de man, 
En daer is de vrouw, 
En daer is de luyzekrauw. 
Kort en lang, enz. 

7. 

Hier is het schip, 
En daer is de mast, 
En daer is den schippersgast. 
Kort en lang, enz. 

8. 

Hier is den aep. 
En daer is de zot, 
En daer is de schytpot. 
Kort en lang, enz. 

9. 

Hier is de meyd, 
En daer is de stier, 
En daer is een tonne bier. 
Kort en lang, enz. 

10. 

Hier is de tafel, 
En daer is den wyn, 
En daer is het vette zwyn. 
Kort en lang, enz. 

11. 

Hier is de kerne, 
En daer is de pap, 
En daer is de boer die gaept. 
Kort en lang, enz. 



KI.CCTLIEDJES. — CHANSONS COMIQDE>. 



L'OISEAU. 

1 . Court et long, et 1 établi du tailleur ; — et le chariot qui marche, — voici 
l'oiseau, et voilà le poisson trompeur. 

2. Voici le violon, et voilà le sabre, et voilà le cabliau frais. 
Court et long, etc. 

5. Voici le soleil, et voilà la lune, et voilà le superbe coq. 
Court et long, etc. 

4. Voici la pelle, et voilà le grille, et voilà le consolateur des filles (la 
chauffrette). 

Court et long, etc. 

5. Voici le pot, et voilà la canette, et voilà l'homme ivre. 
Court et long, etc. 

6. Voici l'homme, et voilà la femme, et voilà le peigne. 
Court et long, etc. 

7. Voici le navire, et voilà le mat, et voilà le matelot. 
Court et long, etc. 

8. Voici le singe, et voilà le fou, et voilà le pot de chambre. 
Court et long, etc. 

9. Voici la servante, et voilà le taureau, et Toilà une tonne de bière. 
Court et long, etc. 

10. Voici la table, et voilà le vin, et voilà le porc gras. 
Court et long, etc. 

ff. Voici la barctte, et voilà le lait battu, et voilà le paysan qui baille. 
Court et long, etc. 

Comme la précédente, avec laquelle clic a le plus grand rapport, cette chanson a 
de la popularité qu'elle doit en grande partie au lalcnt du chanteur et à la finesse 
qu'il déploie dans les allusions plus ou moins piquantes qu'il sait tirer du trxte. 
L'air, sans être très original, a de l'entrain et de la facilité. 



Lxxxvm. 

DEN UYL. 

Allegretto. 

1 Den uyl die op den peer-boom zat, den uyl die op den 

*' peer-boom zat, en ho -ren zyn hoofd daer zat er een kat, van 



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293 



m 



-me don dai- ne, van fa - ri - lon-la, en bo - ven zyn hoofd 



tat er een kat, den uyl vi - vat, den uyl vi — vat 

Den uyl die op den peerboom zat, 
Ed boven zyn hoofd daer zat er een kat, 
Van simme dondaine, van farilonla, 
En boren zyn hoofd daer zat er een kal, 
Den uyl vivat. 

2. 

't Was daer dat hy zyn pootje brak; 
Men prommelde al hem in eenen zak. 
Van aimme, enz. 

3. 

Men droeg hem dan naer den dok tooi , 
En jofvrouw die kwam zelve voor. 
Van simme, enz. 

4. 

Mem trok hem wel zes oneen bloed, 
't Is jatamer dat hy sterven moet. 
Van simme, enz. 



LE HIBOU. 

4. Le hibou était assis sur un poirier; au-dessus de lui se trouvait un chat. 
Vive le hibou! 

2. Ce fut là qu'il se cassa la patte ; on l'entortilla dans un sac. Vive le 
hibou! 

3. On le transporta chez le médecin; madame vint ouvrir elle-même. Vive 
le hibou! 

4. On lui tira à peu près six onces de sang; c'est dommage qu'il doive 
rir. Vive le hibou! 



Quelque singulière que puisse paraître cette chanson, elle est très répandue dans toute 
notre Flandre; ce qu'il faut probablement attribuer à sa mélodie franche et à son rhythme 

décidé. 



38 



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2114 



KLUCTLIEDJES. — CHASSONS COMlylES. 



LXXXIX. 

JAN PLOMPÀERT. 



Allegro. 









* - 


















t=3 


— 


— • 









op; 



Jan Plompaert en ay wu-vet-je ee stougen a keer Troeg 



- J 1 i 



ucrt-jc8 voor den da- ge, 



op. 



Drie 



ja van 



ert-ies voor den da- 



£a - dri - ra ; drie uert - jes 

~ h N K I — 




op, xy gin-gen de merktweg op. 



Jan Plompaert en zy wuvelje 
Ze stougen à keer vroeg op. 
Drie ucrljes voor den dage, 
Ja, ja, van farlala; 
Drie ucrljes voor den dage, 
Zy gingen de merktweg op. 

2. 

Als zy de merkt halfwegen kwam, 

De beutcr viel in den gracht. 

Toen braken al de eyers, 

Ja, ja, van farlala; 

Toen braken al de eyers ; 

De beuter viel in den gracht. 

3. 

« Maer Plompaert, zeyde zy, Plompacrt, 

Gaet huyswacrl, hack een nel. 

Wy zulln de beut'r uyllrekken, 

Ja, ja, van farlala; 

Wy zullen de bulV uyllrekken, 

Vóór datze in grondo gaet. 



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4. 

» 't En is wel om de beuter niet, 
'l En is macr om den doek. 
'k En scheurd' hem maer gistr' a ven, 
Ja, ja, van farlala; 

'k En scheurde hem maer gistr' avcn 
Van Plompaerts beste broek, n 

5. 

— « Hebt gy van myne beste broek 

Een beu terkleed gemaekl? 

'k En heb myn levensdage, 

Ja, ja, van Farlala; 

'k En heb myn levendage 

Een zulk bot vruf gehad. » 



JEAN LOURDAUD. 

1 . Plompacrt et sa femme sont partis pour le marché, trois heures avant le 
jour. 

2. Quand ils Turent à mi-chemin, le beurre tomba dans le fossé; tous leurs 
œufs furent cassés. 

3. « Plompaert, dit-elle, Plompacrt, cours à la maison chercher un filet; 
nous retirerons le beurre avant qu'il n'aille au fond. 

4. <• Ce n'est pas du beurre que je me soucie, mais de son enveloppe. Je l'ai 
arrachée seulement hier soir à la culotte de Plompaert. » 

5. — « Quoi, tu as fait servir ma plus belle culotte à envelopper ton 
beurre; j'avoue que jamais de ma- vie, je n'ai trouvé femme aussi stupide. 

• 



On voit ici que les chansonnettes où Pon se moque de la simplicité du paysan normand, 
et qui ont une certaine vogue depuis quelques années dans les salons de Paris, n'ont rien 
de nouveau. 11 y a longtemps que le caractère simple et naïf du paysan flamand a prêté aux 
plaisanteries des habitants des villes et a donné lieu à des chansons plus ou moins popu- 
laires. Celle-ci est une des plus répandues. Nous la donnons ici telle qu'elle est chantée 
à Baillcul et dans les environs. 



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29f> 



RLUGTLIEDJES. 



CHASSONS COMIQUES. 



PLOMPAERT. 



Allegretto. 

a I ^ 



-à- 



r ' \ itii \ tm 



Plompaert en zy wu-vet-je ie zyn te merkt a - gaan 



drie 



uert-jea voor den da - ge, da - ge, 



ge, drie uert-jee voor dea 




da - ge ze xyn te merkt à - gaen. 



Ploropaert en zyn wuvetje 
Ze zyn te merkt agaen, 
Drie uerljes voor den dage, 

Dage, dage, dage, 
Drie uertjes voor den dage 
Ze zyn te merkt gegaen. 

2. 

Als ze te Burburg kwamen, 
Te Burburg op de merkt, 
Ze braken al de eyers, 
Eyers, eyers, eyers, 
Ze braken al de eyers, 
De bulter viel in het slyk. 

3. 

<( Plompaert, zeyde zy, Plompaert, 
Loopt huyswaert, baelt den haek : 
Wy zullen de butler uyltrekken, 

Trekken, trekken, trekken, 
Wy zullen de butler uyltrekken 
Voor dalzc in gronde gaet. 

4. 

» 'l En is wel om de butler niet, 

'l Eu is maer om den doek : 

'k En schcurd' hem maer gistcr'u avcn, 

Aven, avcn, aven, 
k En scheurd' hem maer gistcr'n avcn 
Van Plompacrls beste broek. » 



KLIGTLIEDJES. — COASSONS COMIQUEs. 



207 



5. 

— « Hebt gy van myne beste broek 
Een bullerklecd gcmaekt? 
'k En heb myn levensdage, 

Dage, dage, dage, 
'k En heb myn levensdage 
Een zulk bot wuf gehad. » 



PLOMPAERT. 

1. Plompaert et sa femme sont partis pour Ie marché trois heures avant le 
jour. 

2. Quand ils vinrent à Bourbourg, à Bourbourg au marché, ils cassèrent 
leurs œufs; et leur beurre tomba dans le ruisseau. 

3. « Plompaert, dit-elle, Plompaert, cours & la maison chercher le crochet, 
nous retirerons le beurre avant qu'il n'aille au fond. 

4. » Ce n'est pas du beurre quo je me soucie, mais de son enveloppe ; je l'ai 
arrachée seulement hier soir à la culotte de Plompaert. »» 

B. — « Quoi, tu as fait servir ma plus belle culotte à envelopper ton beurre! 
j'avoue que jamais de ma vie, je n'ai trouvé femme aussi stupide. » 



Cette chanson n'est qu'une variante du numéro precedent, mais la mélodie est entière- 
ment différente. Elle se chante à Bourbourg et à Bergucs, où clic n'est pas moins popu- 
laire que ne l'est la précédente à Baillcul. 



HET WYF DIE SPOiN. 



Allegro. 



Daer was ü wuf die sp 



m 



â wuf die spon, daer was à wuf die spon, 



%) op een houten spin - ue-wiel, daer was geen toorteltjen aen. Vi-ve la 



p g g g l ^Fk^-^ rN^ ^ ^ 

*J pc- per-bus- se, vi-ve Ia spa, tra ln la la, gy - te ga - se 



i 



rf= t-t-UJ=Ui 

gou-ie, ron flon flou -zc, fa - de - ra - ro — ra. 



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KLtGTLIEDJES. — CBÀÎtSOMS COMIQUES. 



Daer was à wuf die spon 

Al op een houlen spinnewiel; 

Daer was geen toorleljeu aen. 

Vive la peperbusse, 

Vive la spa, 

Tra la la la, 

Gyze, gaze, gouze. 

Ron flon flouze, 

Traderadera. 

2. 

Haer mulze sloeg verdraeyd, 
Gelyk een hollandsch moleken 
Die met alle windekc draeyl. 
Vive, enz. 

3. 

Dat wuf had eenen zin: 

Als zy 's nugtens buyteo kroop, 

's Avonds kroop zy in. 

Vive, enz. 

4. 

Dat wuf had eenen man; 
'l Zondags heel hy Pieler, 
En 's maendags heet hy Jan. 
Vive, enz. 



LA F ILE USE. 

t. Il y avait une femme qui filait avec un rouet qui n'avait pas de fuseau. 
Vive, etc. 

2. Son bonnet était mis de travers comme un moulin de Hollande qui tourne 
à tout vent. Vive, etc. 

3. Celle femme était capricieuse; quand elle sortait le malin, elle rentrait 
le soir. Vive, etc. 

4. Cette femme avait un mari; le dimanche il se nommait Pierre et le 
lundi Jean. Vive, etc. 



Nous donnons ici celte chanson telle qu'elle est chantée à Bailtcul, mais clic est connue 
dans toute notre Flandre avec des variantes. Celte pièce est encore une de celles qui onl 
leur analogue dans les contrées gcrmatiit|ucs. Le Deuhclic Yolkslicdcr, par Krelzschmcr, 
t. Il, p. li$2, en contient une qui commence ainsi : 

» In Polcn steht cin haus 

ln Polen steht cin polehes haus 
■ Da gehn die kriegor cin und ans 
•• Da gi'hn «lie krieger cin, da gehn die kricg'.T aus. * 



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KLUGTL1EDJES. — CIIAHSOKS COMIQÜES. 



29.0 



Les rapports de cc texte avec le nôtre sont faciles à apercevoir. La mélodie allemande 
n 'offre pas moins de ressemblance avec Pair flamand La première partie est idcntii|uc 
dans les deux pièces. 



DE VINKENIEREN. 



Andantino. 



*=fc 



I 



Plai-san - te vin - ke - nie- ren, den koe - len mey komt aen ; 



m 



P 

Het 



3m 



de bruyloft van de die-ren ; laet ons nae 't veld toe gaen. 



r F g-+îr=r • \ I fT^T^ 

Vink - je hoort men kwee-len met een hof - fe - lyk ge - schal. 




Het doet ons her - te strcelcn nacr 't jeugdig groe - ne dal, naer 't jeugdig 



groe - i 



Plaisante vinkenieren, 
Den koelen mey koml aen, 
De bruyloft van de dieren; 
Laet ons nae 't veld toe gaen. 
Het vinkje hoort men kwcclen 
Met een hoffelyk geschal. 
Het doel ons hertje slreelen 
Naer 't jeugdig groene dal ! 
2. 

De lente met haer pander, 
Vol van edel bloemgewas, 
Koml ons le velde prangen 
Naer het jeugdig groene gras. 
Aurora nooyt volprezen 
Roemt hel edel vinkgezang, 
Zy roept : ik zal wezen 
Voorspoedig in den vang. 



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300 



KLUCTMBDJES. — CHANSONS COMIQUES. 



5. 

Sa ras! neemt in uw handen 
Den besten vogel meé 
Naer de plaUante landen; 
Vcrlact ook snel de stee. 
Net en lym meé genomen, 
Met de pille al op den hoed; 
Regt naer de groene boomcn. 
Liefhebbers, schept goed moed! 
4. 

De kajie niet vergeten 
Om ons wilt daerin te doen, 
Fluks op den rug gesmeten. 
Sa, lustig naer het groen. 
Philippus zal ons ge?en 
En Jacobus ook te zaem, 
Ons palroonen verheven, 
Den tyd zeer aengenaem, 
5. 

Welaen, ik hoor een fluytcn... 
Sa ras, den boomgaert in; 
Myn hert begonst 't onlsluyten 
Door het zoete vinkemin. 
Spant 't net onder de boomen, 
Hy en zal ons niet ontgaen. 
Kan hy maer daer in komen 
Of wel de pille slaen. 

6. 

Ziet, daer komt hy gevlogen 
En valt regt op de pil; 
Hy treflte juist van boven 
't Lym houd naer onzen wil. 
Grypt hem by de slagpennen 
En bint hem voorzigtig vast; 
Want hy is loos in trennen, 
Dat hy ons niet verrast. 

7. 

Ach! wat zoete muzyke 
Van 't maglig viokgezang, 
Geen vogels, hun gelyke, 
Vind men in Nederlaud. 



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&LUGTUEDJES. — CHASSONS COMIQCES. 501 

Daer hoord' men nog tjeckouwers, 
Deuwers en de klussekwy; 
Voorders hoord' men de douwers, 
Sleenpeeuwers en 't grof riswy. 

8. 

Roept : « Viva vinkenieren, 

Die jagers te boven gaet ! 

Al d'ander jagtplaisieren 

En zyn raaer in 't hert verzaet. 

AU d'ander jagers schieten, 

Zy hebben maer lot hun vermaek; 

Zy en konnen maer genieten 

Een weinig van de smaek. 

9. 

Nu hebben wy met verlangen 
Deze vogels al byeen. 
Met net en lym gevangen; 
Het is tyd van hier te schéén. 
Sa, lustig aen het drinken, 
Met blydschap en plaisier, 
Tot vreugden van de vinken! 
Sa, lustig aen het bier. 



LES PINSONNIERS. 

1. Guis pinsonniers, voici venir le frais mois de mai; c'est pour les oiseaux 
la saison des amours. Allons aux champs. On y entend le pinson chanter son 
gentil ramage. Cela réjouit le cœur. Vite aux vertes vallées! 

2. Le printemps couronné de fleurs nous invite à ses verts bocages. La bril- 
lante aurore sourit au noble chant des pinsons. Elle semble dire : Je favoriserai 
la chasse. 

3. Allons prenez en mains le meilleur oiseau. Quittez la ville pour les riantes 
campagnes. Emportez glu et Clets; le leurre sur le chapeau. Dirigez-vous vers 
les arbres touffus; compagnons, prenez courage. 

4. N'oublions pas la cage pour y mettre le produit de notre chasse. Fixons- 
là sur notre dos, partons. Philippe et Jacques, nos glorieux patrons, nous ac- 
corderont un temps propice. 

2$. Écoutez, j'en entends un qui chante... Vite au verger! mon cœur palpite 
sous le charme de celte musique. Étendez le filet sous les arbres ; l'oiseau ne 
nous échappera pas. Soit qu'il entre dans le filet ou qu'il se jette sur. 



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-0*2 



kLIGTLIEDJF.S. — CHANSONS COHIQUE*. 



0. Voyez, il prend son vol et s'abat sur le leurre. Il l'attaque juste par 
dessus; la glu tient à souhait. Qu'on le saisisse par les ailes et qu'on l'attache 
prudemment, car il est subtil et pourrait nous échapper. 

7. Ah ! quelle douce mélodie que le chant des pinsons ! Nul oiseau ne les 
égale dans la Nécrlandc. On y entend les tjeckouwers , les deuteers et les 
klu$seku-y ; plus loin les douwtrs, les steenpeeuwers et le gros riswy (0. 

8. Criez, vivent les pinsonniers! ils remportent sur les chasseurs. Toutes 
les autres chasses ne sont que des passetemps. Le tir ne leur procure qu'une 
légère jouissance, à peine goutent-ils de leur gibier. 

9. Enfin, nous avons en cage tous nos oiseaux pris par la glu ou le filet. 
Nous pouvons nous en aller. Mettons-nous maintenant a boire. Nos pinsons 
nous excitent à l'allégresse. Vite qu'on apporte de la bière. 



De temps immémorial, il existe dans notre Flandre un genre de divertissement, qui 
consiste à faire chanter des pinsons dans des concours établis à cet effet. Ceux qui chantent 
le plus sont les plus estimés, et comme l'expérience a démontré que les pinsons privés de 
la vue chantent plus que les autres, les amateurs qu'on appelle Pinsonniers, Vinkcniere», 
ne craignent pas de réduire eux-mêmes ces petits animaux à l'état de cécité complète. 
Des concours ont lieu tous les ans, au printemps; des prix consistant en médailles et 
souvent un pinson d'argent, sont distribués aux vainqueurs, c'est-à-dire aux possesseurs 
des oiseaux qui ont chanté le plus grand nombre d'airs. Os concours sont fréquentés par 
les pinsonniers de toutes les communes d'alentour. V Indicateur de l'arrondissement 
d'Ilazebrnuck rend chaque année compte de ces concours, qui attirent ordinairement beau- 
coup d'amateurs et de spectateurs. Le l" mai IK1I6, des concours de pinsons ont eu lieu 
à Iiazcbrouck, à fkrgues,à Iiubrouck et ailleurs. Les journaux de Bcrgucs et d'Hazebronck 
en ont parlé et ont cité les noms des possesseurs des oiseaux vainqueurs. 

Notre chanson exprime naïvement le plaisir qu'ont les pinsonniers à prendre les pinsons 
au filet ou aux lacs. Il existe encore plusieurs chansons sur le même sujet, mais celle-ci 
suffit pour qu'on ait une idée des autres, qui sont la plupart dans le même genre. 



(I) Là où le vulgaire n'entend qu'une sorte de chant, les amateurs-connaisseurs en 
distinguent plusieurs qui sont désignés par les noms marqué* en italique. 



KLUCTIJEOJBS. — CHANSONS COMIQUES. 



PIERLALA. 



Allegro. 

Ala Pier -la -la nu ruym twee jaer gc - lc-gcr 



*=fc 



tu*: 



-1 br 



n had in 't graf, hoord' 



— / /— i— p 



hy een vreemd ge - rucht op d'aerd ; wat on - ver-wach-te paf. 



Men 



-l^ 



doeg den trommel op zyn pit. Pier doch-te wat don-der is dit;'kstoef 



Pier- la — la, Pa- pa, 'k stoet; stil, zey Pier-la — la. 



stil, zey Pier-la — la, Pa-pa, 'k stoegstil, zey Pier-la — la. 

Als Pierlala nu ruym twee jaer 

Gelegen had in 't graf, 

Hoord' hy een vreemd gerucht op d'aerd. 

— Wat onverwachte paf — 

Men sloeg den trommel op zyn pit. 

Pier dochle, wal donder is dil! 

'k Sloeg slil, zey Pierlala, papa. 

2. 

Maer als den trommelslag stond slil, 
Zy losten het geweir. 
Pier dochle daer is wéér geschil, 
Patriot of volontair. 

Hy docht, hoe duyvel mag dit schéén! 
Hy hoorde roepen : Ciloyen ! 
Wat 's dit? zey Pierlala, papa. 

3. 

Hy kroop van bcnauwlheyd uyl 't graf 

En schudde wat zyn hoofd. 

Hy hoorde weder pif, poef, paf, 

« Wie had dal ooyt geloofd? » 

Sprak hy, en hy verlrok van daer, 

Zonder dat men hem wierd gewacr. 

« lk vlugl, » zey Pierlala, papa. 



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301 



KLCCTLIEDJE5. — CHANSONS C0M1QÜES. 



4. 

Maer hy wandelde door de stad 

By al soorten van liên. 

D'een zey hem dit en d'ander dat 

Wal daer al was te zien. 

Hy hoorde veel volk par ploton 

Roepen : « Viva la nation. » 

« Dat 's fransch, » zey Pierlala. 

5. 

— « Ja, wy zyn al Franschen te gaér, 
Sprak eenen tot hem ras; 

Dees zaek is maer te vast eÉ klaer; 
Geen vlaemsch komt hier te pas. 
Gy moet hier roepen, par ploton, 
Met ons : « Viva la nation. » 

— « 'k Gaen weg, » zey Pierlala. 

6. 

— « Hoe! gaet gy weg, wat zyt gy dan, 
Zyt gy geen citoyen? » 

Pier sprak : « lk en verstaen geen fransch; 
Gy weet wel al wat ik meen; 
Ik ben een geboren Duytschman, 
Die geen Franschen verstaen en kan. 
Ik vlugl, » zey Pierlala. 

7. 

Maer als hy aen de poorte kwam, 

Daer stond een op de wacht. 

Daer was nog maer het meeste kraem: 

Want Pier ging onbedagt. 

Hy riep : Qui vit? op zyner fransch. 

Pier, Pier, wel wat zyn dat voor mans. 

'k En ken u niet, — ola, ola, — 

Zwygt stil, zey Pierlala. 

8. 

Pier sprak : « Wel vriend, in het gemeen, 
Wat zyn dat al voor mans, 
Die men daer noemde citoyen ? 
En zy spreken al fransch. 



505 



'k Heb nog wel veel slypers gezien, 
Maer nooyt geen slechter soort van liên. 
'k Moet lachen dat ik schud, sa, sa, 
Met hy, » zey Pierlala. 

9. 

Den schildwacht sprak :« En lacht niet veel : 

Want het gaet hier voor goed. » 

— « Wel vriend van 't nieuw gebakken meel, 

Ziet wel toe wat gy doet. 

Want, lieve schildwacht, my gelooft, 

Gy zyt al mannen zonder hoofd. 

Sa, slypers, voegt u maer aen 't wiel, 

'k Zweer 't u by het zwyns ziel. » 

10. 

Pier kroop dan weder in zyn graf, 
En liet den schildwacht slaen; 
En d'ander die losten hem af. 
Daer mee was 't spel gedaen. 

Pier liet een met een steert, 

En zeyde : a Kapt dat met uw zweerd ! » 
En toond' hem d'hielen voor zyn teen. 
Adieu, mon citoyen. 



PIERLALA. 

4. Depuis près de deux ans Pierlala était couché dans le tombeau, quand il 
entendit sur la terre un bruit étrange. Quel effroyable tintamarre ! On battait le 
tambour sur sa fosse. Quel est ce tonnerre? Tenons-nous coi, dit Pierlala. 

2. Mais quand le bruit du tambour eut cessé, U se fit un déchargement 
de fusils; Pierre se dit : Voilà de nouveau du grabuge; ce sont des patriotes et 
des volontaires. Comment, diable! tout ceci finira-t-il? Il entendit crier : 
Citoyen! — Qu'est-ce cela? dit Pierlala. 

3. La frayeur le fit sortir de son cercueil. Il secoua la téte ; il entendit 
de nouveau : pif, pouf, paf; qui l'aurait jamais cru! dit-il, et il s'éloigna sans 
qu'on s'en aperçut. — Je m'enfuis, dit Pierlala. 

4. Il se promena dans la ville questionnant toutes sortes de gens. L'un dit 
ceci, l'autre cela, lui montrant ce qu'il y avait à voir. Il entendit la foule par 
peloton crier :« Vive la nation! » — C'est du français, dit Pierlala. 

». Oui, nous sommes tous Français, lui répondit aussitôt quelqu'un. Cela 
n'est que trop clair. Le Flamand est ici hors de saison. Tu dois par peloton 
crier avec nous : Vive la nation! — Je m'en vais, dit Pierlala. 



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30(» 



KLOCTLIfiOJES. — CHANSOHS COMIQUES. 



6. Comment, tu t'en vas! qui donc es-tu? n'es-tu pas citoyen? Pierre dit : 
je ne comprends pas le français. Vous savez bien ce que je pense : je suis un 
Allemand d'origine qui n'entend rien au fronçais. — Je m'enfuis, dit Pierlala. 

7. Hais comme il arriva à la porte, il vit un factionnaire; c'était là le 
plus grave de l'affaire, car Pierre marcha sans prêter aucune attention. Qui vit? 
lui cria-t-on en français. — Pierre, Pierre, quels sont ces sortes de gens? « Je 
ne te connais pas, >• — « Ola, ola !» — « Taie-toi, » dit Pierlala. 

8. Pierre dit : Mon ami, quels sont dans la ville tous ces gens que l'on ap- 
pelle citoyens et qui parlent français? J'ai bien vu des remouleurs, mais jamais 
des gens de plus mauvaise mine. J'en dois rire à perdre la tétc, dit Pierlala. 

9. Le factionnaire dit : Ne plaisante pas, car la chose est sérieuse. — « Ça, 
camarade, il faut user de la farine nouvelle avec modération, car, cher fac- 
tionnaire, crois-moi, vous êtes tous gens spns cervelle. Ça, tas de remouleurs, 
mettez-vous à la roue, j'en jure par l'âme du cochon. » 

10. Pier rentra dans sa tombe, laissant là le fonctionnaire. D'autres vinrent 

le remplacer et le jeu finit là. Pierre et lui montra ses talons. Adieu, mon 

citoyen. 



La chanson primitive de Pierlala, aussi répandue dans notre Flandre qu'en Belgique, 
date du temps de la conquête de Louis XIV. A chaque événement nouveau, elle revêt uuc 
forme nouvelle; Pierre sort de sa tombe et dit sa façon de penser sur les hommes et les 
choses. Sa verve nationalo et «lyrique se dirige presque toujours contre ce qui est fran- 
çais. 

Notre chanson, quoique appartenant à la révolution de 89, est encore dans le souvenir 
du peuple. Le recueil de Willcms renferme la chauson primitive. L'air qui s'y trouve re- 
produit diffère peu du nôtre. 



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9. 

S INTE-ANN A-LIEDJES. 



CHANSONS DE SAINTE ANNE. 



EXPLICATION DES SUJETS DE LA PLANCHE CI-CONTRE. 



travaillant tout le 
de Sainte Anne. 



Intérieur d'une école de dentellière* 
te jour de Sainte Anne. 



Promenade de dentellière* Dentellière* allant à la 

en chariot couvert le jour de mute I* j°» r d * '° P u (h 

Sainte Anne. ''«"* patronne. 



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SINTE-ANNA-LIEWES. — CBAKS0NS VF. SAINTE A USE. 



509 



XCIV. 



MOEDER ANNA. 



Andante. 



Laet ons met lof - zan-gen pry - zen on - ze m oc - dcr An - na 




goed. Hcy-lig* An-na, moe — der An -na, die ons droefheyd hebt ge- 



v zien. Hey-Iig' An-na, moeder An-na, na zuch-ten geeft ver - blyd. 



Laet ons mei lofzangen pryzen 
Onze moeder Anna zoet, 
En haer lof en eer bewyzen, 
Want zy is ons naerste goed. 

Heylige Anna, 

Moeder Anna, 
Die ons droefheyd hebt gezien; 

Heylige Anna, 

Moeder Anna, 
Na zuchten geeft verblyd. 

Als \vy nu gaen openbaren 
Hare groote heyligheyd, 
Wy moeien clan ook verklaren 
Hare groole weerdigheyd. 
Heylige Anna, enz. 

3. 

Gy zyl van God verkoren 
Om zyn zoons grootmoeder te zyn, 
En de gebeden te hooren 
Van elk die in droefheyd zyn. 
Heylige Anna, enz. 



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310 5I.NTF.-ANNÀ-L1EDJFS. 

4. 

G y hebt aen God opgedragen. 
In hare teere jongheyd, 
Uw dochter van drie jaren, 
Uwen waren troost en vreugd. 
Heylige Anna, enz. 



SAINTE ANNE. 

1. Chantons les louanges de notre douce mère Anne; proclamons son éloge 
et son honneur, car clic est notre souverain bien. 

Sainte Anne, mère Anne, qui avez vu notre douleur; Sainte Anne, mère 
Anne, après peine donnez-nous plaisirs. 

2. Quand nous parlons de sa sainteté, nous ne devons pas taire son immense 
dignité. 

Sainte Anne, etc. 

3. Vous avez été choisie par Dieu pour être la grand'mère de son fils et pour 
exaucer les prières de ceux qui sont dans la douleur. 

Sainte Anne, etc. 

4. Vous avez consacré à Dieu, dès sa plus tendre enfance, votre fille, âgée de 
trois ans; elle est votre consolation ; votre joie. 

Sainte Anne, etc. 



Si nous avons réservé ce cantique pour la présente catégorie, ou' lieu de le placer dans la 
première arec les autres cantiques, c'est qu'il fait partie des chansons exclusivement en 
usage chez les dentellières de Baillcul, lors de la célébration de la fête de Sainte Anne, leur 
patronne. C'en est en quelque sorte la pièce fondamentale. Nous avons recherché à quelle 
époque il pouvait appartenir; on n'a pas su nous donner d'autres renseignements que 
celui-ci : Les ouvrières les plus âgées qnc nous avons pu interroger, nous ont dit l'avoir 
toujours chanté et entendu chanter, cl l'avoir reçu de leurs devancières comme un chant 
très ancien. D'après les paroles et la mélodie, il ne semble pas remonter au-delà de la 
moitié du XVII- siècle. 

i -i 1 1 -, i 

xcv. 

SI1NTE AISM MJCHTEIS. 

Andantino. 

En als daer Sint An - na nuch - teu komt, ons hert - je 
*< die vol blyd-schap is, en wy gaen al naer de wer — ke en 



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CHANSONS DE SAINTE ANNE. 311 



V van de wer-ke naer de kcr — ke, en van de 



wer-kenaerde ker — ke. 



En als daer Sint' Anna nuchten komt, 
Ons hertje die vol blydschap was, 
En wy gaen al naer de werke, 
En van de werke naer de kerke. 

2. 

En wy gaen al t 'sa men paer en paer 
Om met wassenkeersen te offer'n gaen, 
En wy hooren de hoogmisse; 
Wy kiezen Sint' Anna voor patroonisse. 

3. 

En als daer de misse wierd gedaen, 
Wy zyn al zoo blyde van deure te gaen. 
En wy komen al van de kerke, 
En van de kerke naer de werke. 



LE MATIN. 

1. Quand vient le jour de Sainte Anne, dès le matin, notre cœur est rempli 
de joie. Nous allons a l'ouvroir et de l'ouvroir à l'église. 

2. Nous marchons toutes deux à deux à l'offrande avec des chandelles de cire. 
Nous entendons la grand'messe et nous choisissons Sainte Anne pour patronne. 

3. Quand la messe est terminée, nous sommes charmées de partir, nous par- 
tons de l'église et nous allons de l'église à l'ouvroir. 



Il est facile de voir que cette chanson, comme plusieurs autres de cette catégorie, a une 
origine tout-à-fait populaire; si clic n'offre rien de poétique, clic sert du moins à faire con- 
naître quelques particularités des mœurs flamandes, dont les derniers vestiges tendent tous 
fes jours à disparaître. 

Il en existe une variante que nous reproduisons ici : 



VARIANTE. 




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312 



MME-A,NJIA-LICÜJfcS. 



B Tji j « c i c p^ 



drin-ken en van dae-ren naer de kerk, is kof - fy te gaen 



:É=fc: 



drin-ken en von dae-ren naer dc 



kerk. 



SINTE A NN A-DAG. 



Allegro. 




't Is van da - ge Sint' An - na-dag, Sint' An - na -dag; wy ky-ken al 



• ■ • — j f „J_ 



naer den kla - ren dag, en wy kleen ons met - ter spoed om te gnca 



V nat 



5st=* 



naer de ker ke zoet. Als de mis -se wierd ge - daen, wy zyn al 



ï 



Jo - se phus is ge - ko-mci 



van deu - re te gaen. Jo - se phus 



*J hier met zy-neu wa-gen en zyn boa - tier. De pro-vi - au-tkn, koeken in 



m 



I 



iden, de pro-vi - an-den dragen wy mee. Die wil len al met ons i 



3t 



gaen, moeten 't gheel jacr hun mes - tag doen ; en die 't niet en hebben ge - 



daen. moe -ten t'huvs blv-ven en niet meê men. 



daen, moe -ten t'huys bly-ven en niet meê gaen. 

't Is van dage Sinl' Annadag, Sint' Annadag; 
Wy kyken al naer den klaren dag, 
En wy kleén ons metier spoed 
Om le fjaen naer de keike zoel. 



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- 



CHASSONS DB SAINTE A.V\E. 



315 



Al de misse wicrd gedaen, 

Wy zyn al blyde van deure le gaen. 

Josephus is gekomen alhier 

Met zynen wagen en zyn bastier. 

De provianden, 

Koeken in manden, 

De provianden 

Dragen wy meé. 

Die willen al met ons meé gaen, 
Moeten 't heel jaer hun meslag doen; 
En die 't niet en hebben gedaen, 
Moeten t'huys blyven en niet meé gaeu. 



LE JOUR DE SAINTE ANNE. 

Le jour de la féte de Sainte Anne, nous épions l'aurore, nous nous babil- 
lons avee diligence pour aller à l'église. Quand la messe est terminée, nous 
sommes bien aise de partir. Joseph est arrivé avec son chariot couvert. Nous 
emportons provisions et gâteaux pleins de paniers. Celles qui veuleut être de 
la partie doivent, pendant toute l'année, remplir leur tâche, et celles qui ne 
l'ont pas faite, doivent rester à la maison, sans nous accompagner. 



Parmi les plaisirs que se donnent les dentellières le jour de Sainte Anne, leur patronne, 
celui qui a le plus d'attrait est une promenade ou un petit voyage en chariot couvert cl 
orné de fleurs, vers une ville des environs. C'est ce divertissement qui fait l'objet de cette 
cli an son. 

M. Snellaert l'a insérée dans le recueil de Willems, à qui nous l'avions adressée dès 4840 
avec quelques autres. Dans la note qui l'accompagne, p. 530, il est dit que dans les écoles 
de couturières et de deutcllières les élèves ont l'habitude de payer toutes les semaines une 
légère cotisation dont le montant est consacré à une promenade ou un voyage de plaisir le 
jour de la féte patronale. L'auteur de la note semble croire que ce mot tntttag signifie ici 
ce que les enfants reçoivent chaque semaine pour leurs menus plaisirs. Il est possible qu'à 
Courtrai ce mot ait cette signification, mais dans notre Flandre ie mtttag doen veut dire 
faire sa tâche, ouvrage à faire. 



xcvn. 

VIVA SINTE ANNA. 

Allegro. 









■ * ■ — 


1 




Kin-d 

A f a a. 


t > '1/ > \r 
er-tjes, kin-der-tjc 

MLJ* =i 


7 — it-Jt K 

s, steekt yul-der keel'gat - 


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je op, c 


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si 

te 






: — ï— 





•7 roc - pen : Zymmer al iow, zym-mer al iow, we moc-ter al 



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314 



SINTE-A.\.\A-LIEDJES. 



zyn, hem-uic geen bier we drin-keu wyn. 



Die den gacy zal 




i ^ ^ j M - 



=r=f 



Bcbie-ten, zal den ko-ning zyn; 



die den pyl zal ra - pen, 



EZ 

*J zal 



ITT 



zal den drin-ker zyn. Geen boertjes van Veur-ne zyn boer-tjes van 




T- 



3^ 



— . - r r ■ ■ . . r — p — - ■ • 

steê. Moeder, koopt ni'ii fleut-je, ik zal spe-len meè. Vi-va, vi-va 





. spel-le-wer-ke-dag, 



vi - va, vi - va Sint' An -na -dag. 



Kindertjes, Kindertjes, steekt yulder keelegalje op, 

Om te roepen : Zymmer al iow! 

Zymmer al iow! we moeter al zyn! 

Hemme geen bier, we drinken al wyn. 

Die den gaey zal schieten, 

Zal den koning zyn ; 

Die den pyl zal rapen, 

Zal den drinker zyn. 

Geen boertjes van Veurne 

Zyn boertjes van sleé. 

Moeder, koopt m'a' fleulje, 

Ik zal spelen meé. 

Viva, viva, spellewcrkedag ! 

Viva, viva, Sinle Ànnadag! 



VIVE SAINTE ANNE. 

Enfants, enfants, à gorge déployée, criez : Y soinines-nous tous, oui! y 
sommes-nous tous, oui ! Il faut que nous y soyons tous. Si nous n'avons pas de 
bière, nous bavons du vin. — Celui qui abattra l'oiseau, sera le roi. — Celui qui 
ramassera la flèche, sera le buveur. — Les paysans de Furnes ne sont pas des 
paysans de ville. — Mère, achète-moi un flageolet, je jouerai avec les autres. 
— Vive le jour des dentellières, vive le jour de Sainte Anne! 



Celte chanson, comme la précédente, se chante à Bailleul, o Casscl, à Stccnvoorde, dans 
les ouvroirs ou pendant les promenades le jour de Sainte Amie. Elle est termiuée ordi- 
nairement par le cri de Viva Sinle Anne. 



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r.HAXSOJfS DB SAINTE AJ»!»E. 



5 M 



ACHTER SINTE ANNA DAG. 



Poco allegro. 




— » 

eel-det-je 



IE 



1 



Sint' An - na - dag is deu - re, 'k ben myn gel- det - je kwyt ; nu 



zit ik hier en treu - re met kley-nen ap - pe — tyt. 'k En 



m 



h'én geen zin van wer-ken;het wer - ken doet my pyn. 'k Wil- 



a> C C p ^ 

Ö de datg'hee-le 



f=g=f 

An- na moi 



ï 



da -ge Sint' An-namog-te zyn. 

Sint' Annadag is deure, 

'k Ben myn geldetje kwyt; 

Nu zit ik hier en treure 

Met kleynen appelyt. 

'k En h'én geen zin van werken; 

Het werken doet my pyn; 

'k wilde dat g'heele dage 

Sint' Anna mogte zyn. 

2. 

De school vrouw komt te Tragen : 
Wat, duyv'l! hebt gy geen zin? 
Een perk'ment in acht dagen, 
Is dat geen schoon gewin? 
Myn kussen aen de galge, 
Myn boeljes aen 't Perlorin; 
"k Wilde dat g'heele dage 
Sint' Anna mogte zyn. 



APRÈS SAINTE ANNE. 

1. La féte de Sainte Anne est passée, mon argent est dépensé. Je suis bien en 
peine, je n'ai pas d'apétit. Je n'ai pas le cœur à la besogne, le travail m'est à 
charge. Je voudrais qu'il fut tous les jours Sainte Anne. 

2. La maîtresse d'école demande : Que diable avez-vous dans la tète? Un 



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316 



SDUE-ASNA-UEDJES. 



parchemin ten huil jours, n'est-ce pas la un beau gnin? Mon carreau à la potence, 
mes fuseaux au Pilori ! Je voudrais qu'il fût tous les jours Sainte Anne. 



M. Snellaert, qui a inséré cette chanson dans le recueil de Wiilcms, p. 531, d'après une 
copie envoyée par nous en 18*0, dit qu'elle se chante aussi dans les environs de Courtrai. 



SINTE ANNA BEGEERTE. 



Alleero. 



't U Sint' An -na 



die komt 



Hé! cou-ra -gc! vi - va! Wy 



*J zul-len t'aa-men dan-sen gacn. Hé ! cou-ra - ge ! vi — va! sa, sa, 



I V k W r ■ 

he ! cou-ra -gc ! vi - va! 



t Is Sint' Anna die koml aen. 
Hé! courage! viva! 
Wy zullen t'samen dansen {jaen, 
Hé! courage! viva! sa sa, 
Hé! courage! viva! 

2. 

« Dochter, hebt gy een vryer? »> 
Hé! courage! viva! 
« Ja, moeder, 'k heb er Iwee. » 
Hé! courage! enz. 

o. 

« Dochter, kiest den ryken. 
Hé! courage! viva! 
En lael den armen kyken. » 
Hé! courage! enz. 

4. 

«< Den ryken, moeder, wil ik niet. 
Hé! courage! viva! 
Den armen is myn zoete lief. » 
Hé! courage! enz. 



CHANSONS DB SAIMTB ANKE. 317 

5. 

» Den ryken draegt zyn oorcn bloot. 
Hé! courage! viva! 
Den armen ligt op mynen schoot. 
Hé! courage! enz. 

6. 

» Den ryken draegt gekleurde schoen. 
Hé! courage! viva! 
Den armen heeft dat niet van doen. » 
Hé! courage! enz. 

7. 

« Dochter, uw fbrluyn is goed. 
Hé! courage! vira! 
Let wel op wat dat ye doet. » 
Hé! courage! enz. 



L'ATTENTE. 

1. La féle de Sainte Anno approche — Hé! courage! vivat! — Nous irons 
danser ensemble. — He"! courage! vivat! sa sa! — Hé! courage! vivat ! 

2. Jeune fille, avez-vous un amoureux? — Hé! courage! vivat! — Oui, 
mère, j'en ai deux. — Hé ! courage ! etc. 

3. Ma fille, choisis le riche. — Hé! courage! vivat! — Et laisse le pauvre. 
— Hé ! courage! etc. 

4. Ma mère, je ne veux pas du riche. — Hé! courage! vivat! — Le pauvre 
est mon bien aimé. — Hé ! courage ! etc. 

Ö. Le riche montre ses oreilles. — Hé! courage! vivat ! — Le pauvre est sur 
mon giron. — Hé ! courage ! etc. 

6. Le riche porte des chaussures de couleur. — Hé! courage! vivat ! — Le 
pauvre n'a pas besoin de tout cela. — Hé! courage 1 etc. 

7. Ma fille, suis ton destin. — Hé! courage! vivat! — Prends attention & ce 
que tu fais. — Hé! courage ! etc. 



Bien que celte intéressante chanson ne semble pas avoir une relation aussi directe que les 
précédentes avec la fête de Sainte Anne, clic se chante à Baillcul principalement à cette 
époque. L'air est bien rhythmé, plein de verre et d'entraînement. 



il 



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318 



MXTE-Jk.VNA-LIEDJLS. 



c. 



S1NTE-ANNA-FEEST. 



Allegro. 



m 



Jon- ge dochter, en wilt niet treuren, 't is Sint' An -na die komt 



V aen , en 't zal nog wel een» ge — beuren, en den dag die tal ver - 



■ft- 



ra 



gaen. Laet ons dan-scn, laet ons springen, laet ons ma-ken groot plai- 



sier. En dat met con - ten - te - ment, zoo een 1c- ven, zoo een eind'. 



Jonge dochter, eo wilt niet treuren, 
'l Is Sint' Anna die komt aen; 
En 't zal nog wel eens gebeuren, 
En den dag die zal vergaen. 
Laet ons dansen, laet ons springen, 
Laet ons maken groot plaisicr. 
En dat met contentement, 
Zoo een leven, zoo een eind'. 

2. 

En Sint' Anna die gaet dcurc, 
Zy ga naer een ander land: 
Eu \vy zitten hier en treuren 
Met ons geldjen heel van kant. 
En \vy zitten in de kamer 
Met ons kussen op de knien. 
Is dal niet een groot verdriet 0 
Gccrnc werkeu en doen ik niet. 



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C MANSOS S Ut SAINTE ANSE. 



31!) 



FÊTE DE SAINTE ANNE. 

1 . Jeune fille, ne l'affliges pos, la fêle de Sainte Anne approche. Elle doit arri- 
ver bientôt, puis elle passera. Dansons, sautons, prenons plaisir et contente- 
ment; telle vie, telle fin. 

2. Sainte Anne s'en va ; clic part pour un autre pays. Nous sommes tout 
tristes ; notre argent est dépense. Nous voilà assises dans l'ouvroir avec notre 
carreau sur les genoux; n'est-ce pas là un grand ennui? Le travail ne rac plaît 
guère. 



La strie finit avec cette chanson; elle résume en peu <!c mots les plaisirs et les re- 
fjrets qu'éprouvent les jeunes dentellières durant cl apré> la fête de Sainte Anne. La 
mélodie, qui est moderne, n un rliythme franc et bien marqué. 



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10. 

REI- EN DANSLIEDJES. 

RONDES ET CHANSONS DE DANSE. 



EXPLICATION DL SI JET DE LA PLAXCUE ( H 0X1 RE. 



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< 



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I\EI- EN DANSLIEDJES. RONDES ET CIMNSOJVS Di DAXSE. 



525 



Cl. 

HET PURPEREN LINT. 



Allegretto. 



Jofvrouw, bewaert uw pur-pe-ren lint ; jof - vrouw, bewaert uw 



pur-pe-ren 



lint ; het moet van u ge - dra -gen, gc - dra-gen, het 



=1 —1— -fr. 



3= 



4=^ 



moet van u ge - dra-gen ryn, in ee-nen dans der maeg-de - tjes 




echoo-ne, in ee - nen dans der maeg-dc - tjes 



er in vi - 




, bc-waert uw kroo- ne, uw kioo - ne; zy 


















i 


-r-l*-r— 


"1 


- 1 




^ — j j . j±j 







moet van u ge — 



Jofvrouw, bewaert uw purperen Hot; 
Het moei van u gedragen zyn, 
In ecnen dans der maegdeljes schoonc 
In eenen dans der maegdetjes. 
Wie wilt er in viole gaen, viole, 
Wie wilt er in viole gaen zeer tjcnl. 
Jofvrouw, bewaert uw kroone: 
Zy moet van u gedragen zyn. 

LE RUBAN. 



Jeune fi Ile , conserve ce ruban de pourpre; il doit cite porte' par toi dans l;i 
danse des jeunes vierges, dans la danse si belle. Oui veut danser a la viole. 



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334 



BRI- EN DANSLIEDJES. 



d'un façon gentille? Jeune Clic, conserve ta couronne c'est par toi qu'elle 
doit être portée. 

Cette chanson appartient aux rondes, accompagnées de jeux en usage aux danses dites 
du Roosenhocd (chapeau de roses). On y voit en effet qu'une jeune fille y est désignée par 
ses compagnes pour être parée de rubans et d'une couronne ; ce qui de tout temps eut lieu 
aux danses du roosenhocd. Nous avons recueilli cette chanson à Bailleul, où elle se chante 
vers le mois de mai et pendant l'été. 



en. 

DEN WAGEN. 



Allegretto 



i 



m 



Komt hier, gy pro - per maeg - de - tje, komt, danst met niy, komt, 



danst met my, gy zyt aen'teer-ate koor -de -tje van my-nen nieu-wen 
-3- 



wa-gen; houd al aen wa-gen, wa- gen, houd al aen 



Wat 



-S- 



in (E 




ach - ter in 



hoc - ken. 
N I 



'k Zal gaeu xoe-ken o - ver - al, waer ik ie-mand vin - den zal. 



Komt hier, gy proper maegdelje ! 
Komt, danst met my! 
Gy zyt aen 't eerste koordelje 
Van myncn nieuwen wapen, 
Houd al aen, wagen, wagen! 
Houd al aen, wagen! — 
Wat zal ik hier gaen zoeken 
Van achter in de hoeken? 
'k Zal gaen zoeken overal, 
Waer ik iemand vinden zal. 



1 



I.E CHAR. 



Viens ici, jeune fille proprette, viens danser avec moi. Tu tiendras le pre- 
mier cordon de mon nouveau char. Attachons le char, attachons-le. — Qu'irai-jc 



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R0S0ES ET CIU.NSO.NS DE DISSE. 



chercher dans tous ces coins? Je chercherai partout où je pourrai trouver 
quelqu'un. 

Cette chanson est aussi une ronde accompagné d'un jeu pantomine. Pendant que les 
petites filles dansent en rond, une d'elles se tient en dehors, tenant en main un mouchoir 
ou un autre objet avec lequel clic touche une jeune fille de la ronde, qui est obligée de 
se mcllre à sa suite. Elle recommence ensuite le même jeu, jusqu'à ce que toutes les 
petites filles aient été successivement touchées cl se soient placées à sa suite pour former 
une nouvelle ronde. Cette chanson est principalement en usage & Baillcul. Elle se chante 
dans les rues cl sur les places publiques pendant l'été. 



cm. 

DEN NIEUWEN WAGEN. 



Allegretto. 







K — 1 






1 1 


V 


— 4 h 1 N- 






i 

zoi 


J 1 

î-de m 


n zoo 


gei - ren nu 




J * J J 

En-ge-land gacn 


va -ren, al 



V om inyn eer-ste wel - tje van my-nen nieuwen wa-gen;ik 











v zal om een gaen zoe-ken, van 


m 

lier ni 


icr de vier 


hoe-ken, van hier o - ver - 



»? àï, 



3Z7 1 



wacr dat ik hem vin-den, hem vin-den, hem vin-den, hem 



j s i ^ 



vin - deu o - ver — al , 



waer dat ik hem vin-den zal. Komt 



V hier. mvn nroner maegde - tie 



f 



hier, myn proper 

m 



tje, komt, danst met my 



zal myn eer - ste wicl-tje van m-nen wa - gen zyn. Ik wil 



v h'ên, 'kwilee-nen man, ik wil h'ên cc-nenwa-gen - man. 



Ik zoude nu zoo geiren 
Naer Engeland gaen varen, 
Al om myn eersle wieltje 
Van roynen nieuwen wagen. 



il 



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I»EI- E.X DANSLIEDJES. 



Ik zal om een gaen zoeken, 

Van hier naer de vier hoeken, 

Van hier overal, 

Waer dal ik hem vinden zal. 

Koml hier, myn proper maegdclje, 

Komt, danst met my. 

Ye zal myn eerste wieltje 

Van mynen wagen zyn. 

Ik wil h'én, k wil eenen man, 

Ik wil h'én eenen wagenman. 

LE NOUVEAU CHAR. 

Je voudrais voyager en Angleterre, pour trouver la première roue de mon 
nouveau char. J'irais chercher d'ici aux quatre coins du monde, partout jusqu'à 
ce que je la trouve. — Viens ici, jeune 611e proprette, viens, danse avec moi ; 
tu seras la première roue de mon char. Je veux avoir un conducteur, je veux 
un conducteur à mon char. 



Celte ronde fait partie, à Dunkcrquc, de la danse du Hooscnltncd. Elle est une variante 
du N* précédent. 

La mélodie de cette chanson parait ancienne; elle appartient a la classe de celles dont In 
tonalité diffère de la tonalité moderne. Il y a ici absence complète de note sensible. Si l'on 
s'avisait de mettre un dièse aux sols, on en changerait à l'instant le caractère et l'allure. 



CIV. 



DE JAGT. 



Allegro. 




• •• 



Ma Bcur-tje, gae ye met\ al» wy ja-gen, nia wy ja — gen, 



seur-tje, gae ye mcé, als wy jagen rond de stee. Ja, ma soi 




seur-tjc, gy en 




ke, on - zen thun is al te dik - ke als wy moe-ten be - ja - gen 



zyn. Kruypt al deu-re van toerloc - ret-te, kruypt al deu-re van toerloe- 



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BO.IUES ET CHAWSO.XS DE DA.VSf. 



327 









ITTTI 




— #— ■ — - 












— F- — F • — 



« * 1 1 1 V. 1 : W. 1 ^_ 

roe. Ma aeur-tje, gae ye meè, ala wy ja - gen, als wy 



ja — gen; ma seur-tje, gae ye meê, als wy jagen rondde steê. 

Ma seutije, gae ye meê, 
Als wy jagen, als wy jagen; 
Ma seurlje, gae ye meê, 
Als wy jagen rond de steê. 
Ja, ma seurtje, gy en ikke, 
Onzen (hun is al le dikke 
Als wy moeten bejagen zyu. 
Kruypl al dcure van toerloereltc, 
Kruypt al den re van toerloeroe. 
Ma seintje, gae ye meê, 
Als wy jagen, als wy jagen, 
Als wy jagen rond de steê. 



LA CUASSE. 

Ma petite sœur, viens-tu avec nous chasser autour du la ville? Oui, mn petite 
sœur, à nous deux ! Notre berceau est trop touffu pour y faire la chasse. Passez 
toutes, tourloureltc, passez toutes, lourlourou. Ma petite sœur, viens-tu avec 
nous chasser autour de la ville? 



C'est aussi à Baillcul que nous avons recueilli cette ronde. Elle se chante à la même 
époque que la précédente. Elle est accompagnée d'une pantomime, qui consiste en ceci 
Les petites filles dansent en rond ou en ligue, se tenant par les mains en forme de chaîne. 
Deux d'entr'cllcs lèvent les bras en berceau, par lequel passent toutes les autres, toujours 
en se tenant les mains; l'avant-dernière est obligée de passer elle-même sous le berceau. 

M. Van Duyse nous fait connaître qu'une quarantaine d'années passées, on chantait à 
Termonde une ronde dont les paroles rappellent celles que nous venons de donner, mais 
dont la musique offrait une toute autre mélodie. Voici ces paroles : 

» Willen wy, willen wy 
't Haesken jagen deurc de Hcy ' 

- — Ja, het harsk.cn, gy eu ikke, 

>■■ Deur den dinne, deur den dikke, 

- 't llaesken willen wy jagen gacn. 
• Deur, haesken. loddelvk haesken, 
. Deur, haesken, deur de hcy. . 



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sa» 



IIEI- EN DANSLIEDJES. 



cv. 

T PATERTJE. 




Ulegro. 



m 



m 



Daer wandeld' a pa - ter-tje langst de kant, daer wandeld' a pa - 



i 



ter-tje Jangat de kant , 



en hy greep a non-ne-tje by der hand; 

V bet was in den mid-de 



mm 



het was in den mey. 

Daer wandeld' à patertje langst de kant; 
Hy greep à' nonnetje by der hand. 
Het was in den raidderen dey O, 
Het was in den mey. 

2. 

Sa, patertje, gy moet knielen gaen; 
En nonnetje, gy moet blyven staen. 
Het was, enz. 

Ô. 

Sa, patertje, geeft uw nonnetje een zoen. 
Dat meugt gy nog wel driemael doen. 
Het was, enz. 

4. 

Sa, patertje, gy moet scheyden gaen; 
En nonnetje, gy moet blyven staen. 
Het was, enz. 



LE PETIT MOINE. 

1. Un petit moine se promenait le long de la rive; il prit par lu main une 
nonnette. C'était vers le milieu du jour, c'était au mois de mai. 

2. Ça, petit moine, mets-toi h genoux; et toi, petite nonne, reste debout. 
C'était vers le milieu du jour, etc. 

3. Ça, petit moine, donne un baiser; tu peux recommencer trois fois. 
C'était, etc. 



(!) Pour (/«if/; en auglais </«»/. 



RONDES ET CHAMSONS DE ÙANSE. 



Z-20 



4. Ça, petit moine, tu dois t'en aller; et toi, petite nonne, tu dois rester. 
C'était, etc. 



Dans une note, qui accompagne cette chanson dans le recueil de Willen», M. Snellaert 
dit qu'elle est une des plus populaires de la Flandre. Cela est aussi vrai pour notre 
Flandre que pour la Flandre belge. Willems la fait remonter au XV e siècle. D'autres ne la 
croient pas antérieure à la reforme et attribuent son origine aux principes protestants, 
parce qu'il y est question de moines et de nonnes. Suivant nous, cette chanson n'a pas 
une pareille portée. C'est tout uniment une ronde aussi innocente que toutes les autres du 
même genre. 

Au premier couplet, un petit garçon, et souvent une petite fille, jouant ce rôle, est au 
milieu de la ronde ; après avoir fait le tour, il choisit une petite fille et la mène par la main 
au centre. Pendant qu'on chante le deuxième couplet; il se met à genoux devant la petite 
fille ; au troisième, il l'embrasse, et au quatrième, il reprend place dans la ronde, tandis 
que la jeune fille reste. On recommence ensuite le jeu. 

Nous venons de donner la chanson telle qu'elle se chante à Baillcul. A Dunkcrquc, elle 
a pour refrain : 

« Hci Bazinnc, de mcy, zoo zey. 
« Hci Bazinne de raey. • 

A Cou r tra i, on chante aussi le même refrain. 

Notre mélodie diffère un peu de celle rapportée par Willems; mais on voit qu'elles ont 
toutes deux la même origine. Il est à remarquer que l'air qu'on chante à Courtrai est à peu 
près le même que celui d'une de nos chansons de Sainte Anne. (Voir le N» XC1X.) 



OTI. 

T BOERTJE. 



Allegro. 

1/ Sa, boer, gaet naer den dans ; sa, boer, gact naer den dans, gaet al naer den 



nisdaus, gact al naer den dans. 



ker-misdans, ker-mis, ker-mis, ker-misdaus, gact al 

Sa, boer, gaet naer den dans; 
Gaet al naer den kermisdans, 
Kermis, kermis, kermisdans, 
Gael al naer den dans. 

Sa, boer, zit op den stoel; 
Zit al op uw kcrmisstoel, 
Kermis, enz. 



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330 



HU- E* DANSLIEDEREN*. 



3. 

Sa, boer, en kiest uw wuf; 
Kiest eens al uw kermiswuf, 
Kermis, enz. 

4. 

Sa, boer, en kust uw wuf: 
Kust eens al uw kermiswuf, 
Kermis, enz. 

5. 

Sa, boer, gaet uyt den dans; 
Gael daer uyt den kermisdans, 
Kermis, enz. 



LE PETIT PAYSAN. 

1 . Ça ! paysan, vas à la danse; vas à la danse de la kermesse. Vas à la danse. 

2. Ça! paysan, assieds-toi sur la chaise; assieds-toi sur la chaise de la ker- 
messe. Assieds-toi sur la chaise. 

3. Ça ! paysan, choisis ta femme ; choisis ta femme de kermesse. Choisis la 
femme. 

4. Ça! paysan, embrasse ta femme; embrasse ta femme de kermesse, 
embrasse ta femme. 

5. Ça! paysan, sors de la danse; sors de la danse de kermesse. Sors de la 
danse. 



Cette ronde a le plus grand rnpport avec la précédente; elle semble- même n'en être 
qu'une variante. Nous l'avons recueilli à Dunkcrque, où clic séchante concurremment avec 
le petit moine. 



cm. 



ROSA. 



Allegretto. 




• 1 Ej^J.'iëÊ 



c — I — » 



Ko - sa, willen wy dan-sen? danst, Ro-sa, danst, Ko - Ba. Ros' he' bloemen op 



m -■• .-J Ié — /-— • 1 4 — é 1 i 1 — 

heu-ren hord. Zy had-de peld. mncr wpynitr goed. DniiM, Rn - m» zoet. 



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ROM DES ET CIIANSONS DE DAMSB. 



331 



Roza, willen wy dansen? 
Danst, Rosa; danst, Rosa. 
Ros he' bloemen op heuren hoed ; 
Zy hadde geld, maer weynig goed. 
Danst, Rosa zoel. 

2. 

Rosa, willen wy kiezen? 
Kiest, Rosa; kiest, Rosa. 
Ros' he' bloemen, enz. 

3. 

Rosa, willen wy kussen? 
Kust, Rosa; kust, Rosa. 
Ros' he' bloemen, enz. 

4. 

Rosa, willen wy kroonen? 
Kroont, Rosa; kroont, Rosa. 
Ros' he' bloemen, enz. 

5. 

Rosa, willen wy knielen? 
Knielt, Rosa; knielt, Rosa. 
Ros' he' bloemen, enz. 

6. 

Rosa, willen wy opslaen, 
En deure gaen, 'l is al àédaen. 
Ros' he' bloemen op heuren hoed; 
Zy hadde geld, maer weynig goed. 
Danst, Hosa zoel. 



ROSE. 

1. Rose, voulons-nous danser? danse, Rose; danse, Rose. Rose a des fleurs 
sur son chapeau ; beaucoup d'argent et peu de biens. Danse, charmante rose. 

2. Rose, voulons-nous choisir? choisis, Rose; choisis, Rose. Rose n des 
fleurs, etc. 

3. Rose, voulons-nous nous embrasser? embrasse, Rose. Rose a des fleurs, etc. 

4. Rose, voulons-nous couronner? couronne, Rose; couronne, Rose. Rose a 
des fleurs, etc. 

8. Rose, voulons-nous agenouiller? agcnouillc-toi, Rose; agenouille-toi, Rose. 
Rose a des fleurs, etc. 



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332 



REI- EN DANSLIEDJES. 



6. Rose, voulons-nous nous lever et partir, tout est fini? Rose a des fleurs, etc. 



Lorsque nous avons envoyé cette chanson à M. Willcms, vers 1810, nous n'en avions 
recueilli que les trois couplets qu'il a insères dans son recueil, p. 297. Depuis, nous 
en avons trouve le complément et nous avons clé à même d'en transcrire la mélodie 
d'une manière plus exacte. Voilà pourquoi celle que nous reproduisons ici diffère de 
celle donnée par Wiltems. M. Sncllaert en a ajouté une autre qui se chante à Cour- 
trai et qui n'est qu'une variante de la nôtre. 11 a publié dans le même recueil, sous 
le litre de Roozendans, une chanson tirée du livre intitulé . Harlem $ Oudt-Liedboeck, 
qui a de grands rapports avec ces deux dernières. 

M. Ronsc, de Furnes, nous a signalé une autre variante. Nous la reproduisons ici 
avec la mélodie telle qu'elle est chantée dans celle localité . 

Allegretto. % 



V Ro - sa. wil - 1 



-•-»- 



Ro - sa, wil - len wy kie - zen ? Kiest, Ro - sa ; kiest, Ro - sa. 




-N \ N 
• • • 



WÈïm 



Ro - sa, wil- len wy kie - zen? Kiest, 



zoet, 
S 



3^ 



-H \ 1- 



— N~ 



ï 



Ro - sa, met haer bloe-men-hoed, danst, Ro - sa zoet. 



Rosa, willen wy kiezen? 
Kiest, Rosa; Kiest, Rosa. 
Rosa, willen wy kiezen? 
Kiest, Rosa zoet. 
Rosa met haer bloemenhoed. 
Danst, Rosa zoet. 

2. 

Rosa, willen wy dansen? 
Danst, Rosa; danst, Rosa. 
Rosa, enz. 



Rosa, willen wy minnen? 
Mint, Rosa; mint, Rosa. 
Rosa, enz. 



Rosa, willen wy trouwen? 
Trouwt, Rosa; trouwt, 
Rosa, cm. 



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RONDES ET CHANSONS DB DANSK. 



33* 



DEN DROOGEN HARING. 




Allegretto 



^^^^ 



Al van den droogen ha-ring wil - len wy tin — gen. Ter 



4= 



ee - re van zyn kop -je zul-len wy aprin - gen. 'tls van zyn kop, springt 




1: 



I 



al maer op, 't is van den droogen ha — ring. 



Al van den droogen haring willen wy zingen; 

Ter eere van zyn kopje zullen wy springen. 

't Is van zyn kop, 

Springt er maer op : 

't Is van den droogen haring. 

1. 

Al van den droogen haring willen wy zingen; 

Ter eere van zyn oogje zullen wy springen. 

't Is van zyn oog, 

Springt er maer hoog : 

't Is van den droogen haring. 

5. 

Al van den droogen haring willen wy zingen; 

Ter eere van zyn balgje zullen wy springen. 

't Is van zyn balg, 

Springt er maer half : 

't Is van den droogen haring. 

4. 

Al van den droogen haring willen wy zingen; 

Ter eere van zyn slerlje zullen wy springen. 

*t Is van zyn stert, 

Springt er met hert: 

'l Is van den droogen haring. 



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334 



REI- ES DANSLIEDJES. 



LE HARENG SAUR. 

1. C'est le hareng saur que nous voulons cbanler. En l'honneur de sn 
tête nous voulons danser. C'est pour sa tête, sauter en l'air; c'est pour le 
hareng saur. 

2. C'est le hareng saur que nous voulons chanter. En l'honneur de son 
œil nous voulons danser. C'est pour son œil, sautez bien haut; c'est pour 
le hareng saur. 

5. C'est le hareng saur que nous voulons chanter. En l'honneur de son 
venlrc, nous voulons danser. C'est pour son ventre, sautez à demi, c'est 
pour le hareng saur. 

4. C'est le hareng saur que nous voulons chanter. En l'honneur de sa 
queue nous voulons danser. C'est pour sa queue, sautez à cœur joie; c'est 
pour le hareng saur. 



Le sujet de cette ronde indique suffisamment qu'elle appartient à Dunkcrquc. Elle 
n'est accompagnée d'aucun jeu. 



DE EZELINNEN. 



Allegretto. 




r — ■ — « • ■ t r — ■ — * — ■ - ■ 

Dacr ia ecu c - zel - in -ne; haer oo-ren zyn too lang, haer 



oo-ren zyn zoo lang. Wat zal m' ze ge -ven t'ce- ten den 



m 



«t m 



hce - len win-tcr lang, den hee - len win-ter lang ? Hooy en 




Btrooy en per -la - ryn, en dat zal uw tra-vail-le 

Daer ia een ezelinne ; 
Haer ooren zyn zoo lang, 
Wat zal m' ze geven t'elen 
Den heelen winter lang ? 
Hooy en strooy en perlaryn, 
En dat zal uw travaille zyn. 



zyn. 



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HONÜES ET CHANSONS DK DASït. 



55b 



L'ANESSE. 

Voici une anesse; comme ses oreilles sont longues! que lui donnern-i-on 
à manger le long de l'hiver? Du foin, de la paille. Ce sera là son affaire. 



Cette ronde, qui se chante à Bailleul, est une variante de la suivante qui est encore 
en usage chez le peuple flamand de Bruxelles : 

'k Heb ecncn ciel acn myn hand, 

Zyn ooren zyn lang. 

Wat zal ik hem te eten geven? 

De w inter is tc lang. 

Dry keeren bcschummclt brood, 

Gclyk cenen ezel toebehoort. 

O gy ezel, ó gy kwezel, 

Zoekt uw brood. 

A ces derniers mots on pousse un ou deux danseurs au milieu de la ronde et ceux 
qui y étaient se trouvent délivres. (J. M. Dautzcnberg apud Wolf, I. 176.) 
Le jeu dont on accompagne notre ronde est k peu près semblable. 



DEN BOOM. 



i 



Allegretto. % 



K N \ 



I 



3 



-± 



î — 4— £ 



Den boomgroeytin den za - vel, en bloeyt er mooy. 





«S 










n — J 


m \— 

|£ — 1 




i— 


f. 1 



Op den boom daer was een brank ; 't waa een al - Ierse 

2» Couplet 



ïoonsten brank, 



E 



't waa een al - der - schoonsten brank, den 



tak van de brank ; den 



brank van den boom , den 



m 



Den boom groeyt in den zavel, 
En bloeyt er mooy. 
Op den boom daer was een brank. 
't Was een allerschoonste brank. 

2. 

Op de brank daer was een tak. 
I Was een allerschoonste Vak. 



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336 



HM- tü DA.NMIEDJL9. 



3. 

Op dien lak daer was een nest. 
'l Was een allerschoonste nest. 

4. 

In dat nest daer was een ey. 
't Was een allerschoonste ey. 

5. 

Van dat ey daer kwam een duyf. 
't Was een allerschoonste duyf. 
De duyf van het ey, 
Het ey van het nest, 
Het nest van den tak, 
Den tak van de brank, 
De brank van den boom. 
Den boom groeyt in de zavelc 
En bloeyl er mooy. 

L'ARBRE. 

f. L'arbre croît daas le sable et y fleurit bien. Sur l'arbre était une branche; 
c'était une superbe branche. 

2. Sur la branche était un rameau; c'était un superbe rameau. 

3. Sur ce rameau était un nid; c'était un superbe nid. 

4. Dans ce nid était un œuf; c'était un superbe œuf. 

5. De cet œuf sortit une colombe; c'était une superbe colombe. La co- 
lombe sortit de l'œuf. L'œuf était dans le nid; le nid sur le rameau; le 
rameau sur la branche; la branche sur l'arbre. L'arbre croit dans le sable 
et y fleurit bien. 

Cette ronde se chant* particulièrement à Casscl et dans les environs. 



Allegro. 



NAER DE ZEE. 



8: 



En wy gin-gen al naer de zee, en wy gin-gen al 



U naer de ree, en wy gin-gen al naer de bon - te r.w, nner de 



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H0J1DES ET CHAJfSOUS 01 DASSK. 



bon -te lee, en wy gin-gen al 



En wy gingen al naer de zee, 
En wy gingen al naer de bonle zee, 
Naer de bybela bonle zee, 
En wy gingen al naer de zee. 

2. 

En wat deden wy in de zee? 
En wat deden, enz. 



337 




En wy vonden daer eenen mol . 
En wy vonden, enz. 

4. 

En wat deden wy met den mol? 
En wat deden, enz. 

5. 

En wy stropten daer af zyn vel, 
En wy stropten, enz. 

6. 

En wat deden wy met dat vel? 
En wat deden, enz. 

7. 

En wy maekten daer van een beurs, 
En wy maekten, enz. 

8. 

En wat deden wy met de beurs? 
En wat deden, enz. 

9. 

En wy staken daerin ons geld, 
En wy slaken, enz. 

10. 

En wat deden wy met dat geld? 
En wat deden, enz. 

11. 

En wy kochlen daermêe een koe, 
En wy kochlen, enz. 



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338 KEI- EN DANSLIEDJES. 

12. 

Ed wat deden wy met de koe? 
En wat deden, enz. 

13. 

En wy staken de koe in 'l stal. 
En wy slaken, enz. 

14. 

En wat deed de koe in 't stal? 
En wat deed, enz. 

15. 

En de koe gaf daer ons melk, 
En de koe, enz. — Enz., enz. 



A LA MER. 

1. Et nous allâmes à la mer; & la mer diaprée, et nous allâmes à la mer. 

2. Et que fîmes-nous à la mer, à la mer diaprée? et que fîmes- nous à 
la mer? 

3. Nous y trouvâmes une taupe, une taupe diaprée; nous y trouvâmes 
une taupe. 

4. Et que fimes-nous avec la taupe, avec la taupe diaprée; et que fîmes- 
nous avec la taupe? — Elc, etc. 



La promenade des dentellières de Baillcul, le jour de la fêle de leur patronne, a 
souvent lieu à Dunkerque pour voir la mer. Notre ronde est peut-être un souvenir 
de ces parties de plaisir. Elle est chantée à Baillcul par les dentellières à l'époque de 
la Sainte Anne. 



cxn. 

SALA. 



Allegro non troppo. 



i Sa-lâ moeter nu ge-zae-yen zyn, sa-lâ moet cr nu 




zyn, sa-lâ, sa-lâ, sa - là, sa-lâ, sa-lâ, sa - là raott ir nu 



SP — V 
%j „ 



1 



ge-zae-yen zyn. 



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BONDES ET CHANSONS DE DANSE. 339 

Salâ moet cr nu gezaeyen zyn, 
Sala, salà, salâ, salâ, salâ, 
Salâ moet er ou gezaeyen zyn. 

2. 

Salâ moet er nu gesneden zyn, 
Salâ, enz. 

3. 

Salâ moet er nu verlezen zyn, 
Salâ, enz. 

4. 

Salâ moet cr nu gewaschen zyn, 
Salà, cm. 

5. 

Salâ moet er nu gedroogen zyn, 
Salâ, enz. 

6. 

Salâ moet er nu gezouten zyn, 
Salâ, enz. 

SALADE. 

1 . Salade doit être semée. Salade, salade, salade ; salade doit être semée. 

2. Salade doit élre coupée. Salade, salade, salade ; salade doit être coupée. 

3. Salade doit être épluchée. — Etc., etc. 



Cette ronde est encore une de celles qui se chantent à Baillcul pendant la fétc des 
dentellières. Évidemment sa vogue ne peut être due qu'à la mélodie dont le rhythme 
franc et décide est assez entraînant par lui-même pour n'avoir pas besoin de texte. 



DE KEUS. 



v Wae - rom zou ik het 



1 7 



Wae - rom zou ik het dan-sen la -ten? om dat myn schoen ver- 



sle - ten zyn ? Jan Schoenlap-per is myn ko - zyn ; hy legt daer op à 



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S 40 



RH- IX DANSLIEDJES. 



lap - tje fyn, à lap - tje van roo la - ken, 



[a - ken, om dat myn schoen zou'n 



kra-ken. En 'k gaen daermeê ten danswaert in ; en 'k zien wat dat - ter 




om -megaet ; en 'k kies daer een die my ncn-eti 



iet : en 



'k kie-zen me- 



nig 



lm 

*J kee - rei 



kee - ren ; en 't kie zen zal me lec - reu. Komt al dan - aen 



m 



aen my - nc hand, g'lyk een dochter van ee — ren. 

Waerom zoud' ik het dansen laten, 

Om dat myn schoen' versleten zyn? 

Jan Schoenlapper is myn kozyn, 

Hy ligt daer op à lapt je fyn; 

À lapje van roo laken, 

Om dal myn schoen zoun kraken. 

En 'k gaen daermêe ten danswaert in, 

En 'k zie wat dat er ommegaet: 

En 'k kies daer een die my aenstael; 

En 'k kiezen menig keeren; 

En 't kiezen zal me leeren. 

Komt al dansen aen myne hand, 

G'lyk een dochter van eeren. 



LE CHOIX. 

Pourquoi laisserais-je Ia danse? serait-ce parce que mes souliers sont usés? 
Jean le savelier est mon cousin; il met là dessus une pièce fine, une pièce 
de drap rouge, afin que mes souliers craquent bien. Je vais ainsi à la danse 
et je regarde ce qui s'y passe ; je choisis quelqu'un qui me plaît ; et je 
choisis plus d'une fois; le choix m'instruira. Venez tous danser, prenez-moi 
la main comme on le fait à une fille d'honneur. 



Cette chanson semble, par sa conlcxlure, appartenir aux rondes accompagnées de 
gesles. Cependant à Bailleul, où elle est principalement en usage, elle n'est l'objet 
d'aucun jeu et on nc s'y souvient pas qu'elle l'ait jamais été. Elle se chante avec 
une énergie et avec un élan auxquels se prête bien la mélodie. 



RONDES ET CHASSONS DE DANSE. 

CXIV. 



341 



RYPE KERSEN. 



Allegro. 
g „ ï 




te*: 



Een oud 



• kie wil -de vry - en, nooyt en keek hy nôe-re-wacrt. 



Als wy langst den bo-gaert ry - en, nooyt en keek hy nee - re - waert. 

-> — - i k^n i h ii . i \ h 



5 



te y 



2=1 



i ■ » 1 r — ■ -* « 1 f ■ ■ 

Ry-peker-wn wil - len wy pluk-ken en de groe- ne la -ten wy ataen. 



3 



— m — 4 — -4— —m- 



us 



5 



y |f H =^ — ~ » r f W ' - w 

Moo-ye meb-jes wil -len wy kus-sen en de leel'ke la-ten wygnen. 

Een oud mannekie wilde vryen; 
Nooyt en keek hy neêre waert. 
Als wy langst den bogaert ryen, 
Nooyt en keek hy neêrewaert. 
Rype kersen willen wy plukken 
En de groene laten wy staen. 
Mooye meisjes willen wy kussen 
En de leel'ke laten wy gaen. 



CERISES MURES. 

Un vieux petit homme roulait faire le galant; jamais il ne baissait les yeux. 
Quand nous courions dans le verger, jamais il ne baissait les yeux. Pour nous, 
nous cueillerons les cerises mûres et nous laisserons les vertes là. Nous em- 
brasserons les belles jeunes filles et nous hisserons aux laides liberté entière. 



Cette chanson, que nous avons recueillie à Baillcul, est également populaire dans quel- 
ques contrées d'Allemagne et notamment dans le Holstein. — Germon. Volkerttimmen 
par M. Firmcnich, t. 1. p. Ï\S. 



4, 



34-J 



Uil- EN DANSLIEDJES. 



cxv. 

T GROEN M EU LETJE. 



^-3 1 - . — p^-p- 


« - 1 1 




* Langst ceu groen meu - Ie - tje kwam ik ge 


- tre - den, langst een groeu 



* r ' f r | *— J J I ! . . . ~ p ^ö~p • 

meu - le - tje kwam ik ge - gacn. En wy vonden daer een paer hee-rcn, ja, 



-S- 



^ LJ -J^- A-X-J ^f ^ P-P-P-^Jj^ 

liée - ren, ja, hec - ren ; en wy von-den daer een paer hee - ren op 



*J on -zen wetr-aer 



m 



XI- 



-V>-T 



on -zen weg-aert Btaen. En zy de - ên nu van zul - ke, 




de - ên nu 



zul-ke, van zul - ke, en zy 



ml - ke, op 




■ft 



m 



ir f 



:8: 



on -zen weg-aert staen. En ii 



zoo, 



en ii 



dat 



liuTd 



zyn hui-der ma - nie — • ren. 

Langst een groen ai eu Ie tje 
Kwam ik gelreden ; 
Langst een groen meu let je 
Kwam ik gegaen ; 

En wy vonden daer een paer heeren, 

Ja heeren, ja heeren; 

En wy vonden daer een paer herren 

Op onzen wegaert staeu. 

En zy deen nu van zulke, 

Van zulke, van zulke; 

En zy dcèn nu van zulke, 

Op onzen wegaert slaen. 

En a zoo, on à zoo, 

Dal zyn huldcr manieren. 



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H' 



nO*DES ET CIUNSOSS PK DASSE. 



343 



2. 

Langst een groen meule tje, enz. 

En \vy vonden daer een paer boeren, enz. 

3. 

Langst een groen meuletjc, enz. 

En vvy vonden daer een paer nonnen, enz. 

4. 

Langst een groen meuletje, enz. 

En wy vonden daer een paer palcrs, enz. 



LE MOULIN VERT. 

1. Je vins à passer près d'un petit moulin verl; là nous vîmes deux mes- 
sieurs, oui, deux messieurs, qui se tenaient sur notre chemin ; et ils faisaient 
ainsi... voilà leurs manières. 

2. Je vins à passer près d'un petit moulin vert ; là nous vîmes deux pay- 
sans, etc. 

3. Je vins à passer près d'un petit moulin vert; là nous vîmes deux non- 
nes, etc. 

4. Je vins à passer près d'un petit moulin vert; là nous vîmes deux moi- 
nes, etc. 



Les gestes dont on accompagne celte ronde, que nous avons recueillie à Daillcul, 
consistent à imiter les manières qui distinguent les classes de personnes que Ton 
met en jeu. L'air de cette chanson n'a rien d'original. Il offre même des réminis- 
cences de plusieurs mélodies connues. 



CXVI. 

T KOFFERTJE. 



3 



Allegro. 



'k Ên et - wat in niy kof-fer-tje een nieuw i-voo-ren kla-ter-spaeu ; 



i\ ty \ qsn 
• i al m m 



te h fs I 



^ . . . T. 1 . T. -. _ - 1 L. M —0 ^ ^_ 

't Eerste kindje da moeder gae koopeu wy gaon het heetcu A-dri-aen;en 



V 



0=1 



zoo speelt A - dri-aen met zyn i - voo - reu klu - tvnqmuu. 



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REI- EN DAKSLIhDJKs 



'k Èn cl wat in my koffertje, 

Een nieuw ivooren klalerspaen; 

't Eerste kindje da moeder gae koopen 

\Vy gaon bet heelen Adriaen. 

En zoo speelt Adriaen 

Met zyn ivooren klalerspaen. 

2. 

'k Ên elwat in my koffertje, 

Een nieuw ivooren klalerspaen; 

't Eerste kindje da moeder gae koopen 

Wy gaen het heelen Roellje. 

En zoo loopt Roellje 

Met zyn ivooren stoeltje. 

3. 

'k Ên et wat in m y koffertje, 

Een nieuw ivooren klalerspaen ; 

't Eerste kindje da moeder gae koopen 

Wy gaen het heeten Tistje. 

En zoo slael Tistje 

Met zyn ivooren wisje. 



LE PETIT COFFRET. 

4. J'ai quelque chose dans mou petit coffret, c'est une nouvelle crécelle 
d'ivoire; le premier enfant que ma mère achètera, nous l'appellerons Adrien. 
Ainsi joue Adrien avec sa crécelle d'ivoire. 

9. J'ai quelque chose, etc.; le premier enfant que ma mère achètera, 
nous l'appellerons le petit Raoul. Ainsi court Raoul avec sa petite chaise 
d'ivoire. 

3. J'ai quelque chose, etc.; le premier enfant que ma mère achètera, nous 
l'appellerons Rapliste; ainsi frappe Baptiste avec son fouet d'ivoire. 



A Bourbourg, où nous avons recueilli cette chanson, les jeunes filles, qui la chan- 
teut, raccompagnent de gestes qu'indique l'une d'elles à certains intervalles de la 
danse. Elle est connue aussi à Baillcul. M. Van Duysc nous dit qu'elle était encore 
naguère chantée à Tcnnondc. Il nous rappelle à ce sujet la chanson : /* Itcb op my« 
kamerkm, de cinq couplets, inséré dans le Wodana de Wolf, Cand, 18tô. p. 82. 



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WINDES ET CHANSONS DE OAXSE. 



345 



DE KREUPELAEH. 




Allegro. 



1 



3=£ 



Den kre- pe-laer ging wan - de -len, en hy nom er Bal-lo - tje 



-• — • — • 

£X -i- 



meê- Hy kochter ü pond a -man-de-len en hy deel-de Bal-lo -tje 



- \ \ 



\ \ \ \ \ 



meê". Bal-lo - tje van de ba - le, Bal - lo - tje van de scha-le, Bal - 



ï=ï=ï 



ï 



TÉ 



lo - tje van de steê, bom -bard 



loeg er 



Den krepelaer ging wandelen, 
En by nam er Ballotje meê; 
Hy kocht er a pond amandelen, 
En hy deelde Ballotje meê. 
Ballotje van de bate, 
Ballotje Tan de schale, 
Ballotje van de stee, 
Bombard deê, 
En ze loeg er meê. 



LE BOITEUX. 

Le boiteux allait se promener et mena Bello (Isabelle) avec lui. Il acheta 
une livre d'amandes et il les partagea avec Bello. Bello qui tient au balot, 
qui tient à la balance, qui tient k la ville, fit sonner la trompette cl se 
moqua de lui. 



Cette chanson est encore une espèce de ronde accompagnée de gestes; mais à Bail- 
Icul , où nous l'avons recueillie , on n'a pas su nous indiquer eu quoi ils consistent. 



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11. 



DRINK- EN MINNELIEDJES. 



CHANSONS BACHIQUES ET D'AMOUR. 



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EXPLICATION DBS SUJETS DE LA PLANCHE CI-CONTRE. 

Hertjer et Bergère. 



Marin le soir devant Femmes 
fenêtre de sa maitresse qui du peuple le verre 

se moque de lui. en main. 




Intérieur de cabaret. 



IHlIJfk- K.N NINJtEMEDJES. 54'J 



cxvm. 

DEN WYN. 



m 



Allegro. 



den 



Laet ons te ga - der die - ncu den va-der, den wyngaerd-a - der, en 























* - . 






K- H 


— * — » — * — 



3=ï 



doen ver - dwy-ncn ons druk en pyn, ons druk en pyn, ons druk en 



V Dvn. en tloe 



1 



■ JL É L 



pyn, en doen ver - dwynen ons druk en pyn. 

Laet ons te gader 
Dienen den vader, 
Den wyngaerd-ader, 
En danbaer zyn! 
Want Bacchus wynen, 
Op tafel schynen, 
En doen verdwynen 
Ons druk en pyn. 

2. 

Wilt nederzetten! 
Ten zyn geen wetten, 
Die ons beletten 
Te drinken wyn; 
Paus, cardinalen. 
De generalen. 
Op tafel halen, 
En drinken wyn. 

S. 

Hoort bisschop, deken, 
Kanonik spreken : 
Zy niet versteken 
Van hun den wyn; 



ij 



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DIU.VK- E!» H1XNE1.IF.0IES. 



Wanl proost, prelaten, 
Pastoors, capelanen, 
De parochianen, 
Mogen ook wyn. 

4. 

Aen prinsen, konink, 
Abt ende monink, 
Schynl het een honink, 
Op d'aerd te zyn, 
Hy word geprezen, 
Meer als voor dezen; 
Hy doet genezen 
Veel smert en pyn. 

5. 

De Jesuieten, 
De Carmclyten, 
En d'Herremylen 
Van Auguslyn; 
De Bernardynen, 
De Benedictynen, 
De Norbertynen 
Mogen ook wyn. 

6. 

Van kant wilt zetten 
Geen Recolellen, 
En die wilt letten 
Gebaerd te zyn; 
De Predikheeren, 
De Thomasheeren, 
De Brunohecrcn, 
Mogen ook wyn. 

7. 

By de Begynen 
Moeten de wyncn 
Ook niet verdwynen 
In eenen hoek; 
Zy zyn 't behagen. 
Ten allen dagen 
Aen al die dragen 
Of typ of doek. 



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CHANSONS BACHIQCE3 ET d'aIOOR. 



3M 



8. 

Ook officieren, 
Baillius, greffieren, 
De bottels Tieren 
Vol koelen wyn; 
Tot alle staten 
Den wyn niet haten. 
Maer al soldalen 
Van Bacchus zyn. 
9. 

Ook borgers, heeren, 
Die Bacchus eeren, 
Of wel verkeeren 
In stameneé; 
Bakkers en molders, 
Parrukke-krolders 
En tonne-volders 
Doen ook al meé. 

10. 

Moest ik u vragen, 
Wat zyn de dagen 
Van wyn gelagen, 
Gy 'l niet en wist; 
Maer ook die boeren, 
Die 't graen uytvoeren, 
Z'hebben by toeren 
Veel geld verkwist. 
II. 

Nu, naer betamen, 
Doch zonder blamen, 
Moet ik u namen 
Den koster fyn; 
Hy zingt Laudamut, 
Hy roept Vivamus! 
't Is Gaudeamus, 
Als hy drinkt wyn. 
12. 

Terwyl wy heden 
Minnen den vrede, 
Met regt en reden 
Wy vrolyk zyn \ 



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5S2 



DRINK- EN JIINNtLIEDJBS. 



Oud, jong in jeugden, 
In eer en deugden, 
Roept al met vreugden : 
Viva den wyn! 



LE VIN. 

1. Célébrons ensemble le père de la vigne; que les vins de Bacchus pa- 
raissent sur la table et viennent dissiper les chagrins et les soucis! 

2. Asseyons-nous! il n'est pas de loi qui défende de boire le vin. Pape, 
Cardinaux et Généraux d'ordre boivent le vin à leur table. 

3. Écoulez les évéques, les doyens, les chanoines, ils ne méprisent pas 
le vin. Prévôts, prélats, curés, chapelains et paroissiens, tous aiment le vin. 

4. Pour les princes, les rois, les abbés, les moines, le vin est un nectar 
terrestre; on l'estime plus que jamais; il guérit toutes sortes de peine et de 
maux. 

8. Les Jésuites, les Carmélites, les ermites d'Augustin ; les Bernardins, les 
Bénédictins, les Norberlins aiment aussi le vin. 

6. Il ne faut pas omettre les Bécollets ni les moines à longue barbe ; les 
Frères Prêcheurs, ceux de saint Thomas, les Chartreux, tous aiment le vin. 

7. Chez les Béguines le vin ne reste pas enfermé; il plaît à tous ceux 
qui portent la cape ou le voile. 

8. Mais aussi les officiers, les baillis, les greffiers chérissent la bouteille ; 
dans tous les états on aime le vin; Bacchus a des soldats partout. 

9. Les bourgeois servent Bacchus dans leurs estaminets; boulangers, meu- 
niers, perruquiers et tonneliers font avec eux. 

10. Si je vous demande quels sont les jours où l'on ne boit pas de vin, 
vous ne sauriez répondre; car même le paysan qui charie son grain sait a 
son tour boire le vin. 

11. Enfin, sans blâmer personne, je ne saurais omettre le clerc de pa- 
roisse; il chante Laudamus; il crie Vivamus! C'est Gaudeamus, lorsqu'il 
boit vin. 

12. Maintenant que nous aimons à jouir de la paix, il est juste que nous 
soyons gais; jeunes et vieux, crions tous dans une sainte allégresse: Vive 
le vin! 



La facture de cette chanson indique qu'elle n'est pas le produit spontané de la musc 
populaire. Elle est de celles que le peuple a adoptées et a faites siennes par l'addi- 
tion de variantes et même de couplets. Le style et les idées indiquent qu'elle appar- 
tient au XVIII- siècle. 



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CHAMSONS BACHIQUES ET b'AMOin. 



5î)3 



DE TWAELF GLAZEN. 

Allegro. 



v k Ae-me ayt het gla- ze-ken een. Een ia geen. Jan 



m 

v doi 



dom-me! laet me drin-ken uyt me gla- ze -ken al - leen- 

'k Nemen uyt het glazeken een : 
Een is geen; 

Jan domme! laet roe drinken uyt 
Me glazeken alleen. 

2. 

'k Nemen uyt het glazeken twee : 
Twee om een, 
Een is geen; 
Jan domme! enz. 

3. 

'k Nemen uyt het glazeken drie : 
Drie om twee, 
Twee om een; 
Jan domme! enz. 

4. 

'k Nemen uyt het glazeken vier • 
Vier is me manier, 
Drie om twee; 
Jan domme! enz. 

5. 

'k Nemen uyt hel glazeken vyf : 
Vyf doe me blyv'n, 
Vier is me manier; 
Jan domme! enz. 

6. 

'k Nemen uyt het glazeken zes : 
Zes, 'k doe me best, 
Vyf doc me blyv'n; 
Jan domme! enz. 



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DAINk- EN MINNELIEDJES. 



7. 

'k Nemen uyt het glazeken zeven 
Zeven is me leven, 
Zes, 'k doe myn best; 
Jan domme! enz. 

8. 

'k Nemen uyt hel glazeken acht : 
Acht geeft me magt, 
Zeven is myn leven; 
Jan domme! enz. 

9. 

'k Nemen uyt hel glazeken negen 
Negen doen me beven, 
Acht geeft my magt; 
Jan domme! enz. 

10. 

'k Nemen uyt het glazeken tien : 
Tien, 't is om te zien, 
Negen doe me beven; 
Jan domme! enz. 

11. 

'k Nemen uyt het glazeken elf : 
Elf, 'k drink het zelv, 
Tien 't is om te zien; 
Jan domme! enz. 

12. 

'k Nemen uyt het glazeken twolf : 

Twolf, 'k moet het wolgen, 

Elf, 'k drink hel zelv, 

Tien, 't is om te zien, 

Negen doe me beven, 

Acht geeft me magt, 

Zeven is me leven, 

Zes, 'k doe me best, 

Vyf doe me blyven, 

Vier is me manier, 

Drie om twee, 

Twee om een, 

Een is geen; 

Jan domme! lael me drinken uyt 
Me glazeken alleen. 



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CHANsOSS BACHIQUES ET d'aIOCI. 335 

LES DOUZE VERRES. 

1. Je prends d'abord un Terre. Un n'est rien. Jean domme! hisse-moi 
vider ce verre. 

2. Je prends le deuxième verre. Deux pour un; un n'est rien; Jean 
domme! etc. 

3. Je prends le troisième verre. Trois pour deux; deux pour un; un 
n'est rien; Jean domme! etc. 

4. Je prends le quatrième verre. Quatre, c'est mon habitude ; trois pour 
deux, etc. 

5. Je prends le cinquième verre. Cinq me font hésiter; quatre, c'est mon 
habitude; trois, etc. 

6. Je prends le sixième verre. Six demandent un effort; cinq me font 
hésiter; quatre, etc. 

7. Je prends le septième verre. Sept me font vivre; six demandent un 
effort; cinq, etc. 

8. Je prends le huitième verre. Huit éprouvent mes forces; sept me font 
vivre; six, etc. 

9. Je prends le neuvième verre; neuf me font trembler; huit éprouvent 
mes forces; sept, etc. 

10. Je prends le dixième verre. Dix, il faut voir; neuf me font trembler; 
huit, etc. 

11. Je prends le onzième verre. Onze passent encore; dix, il faut voir, etc. 

12. Je prends le douzième verre. Douze me répugne; onze passent 
encore : dix, il faut voir; neuf me font Irembler; buit éprouvent mes forces; 
sept me font vivre; six demandent un effort; cinq me font hésiter; quatre, 
c'est mon habitude; trois pour deux; deux pour un; un n'est rien; Jean 
domme! laisse-moi vider ce verre. 



Contrairement à la précédente, cette chanson, on le voit facilement, émane directe- 
tement du peuple. Son cadre, qui n'est qu'une imitation d'une forme très ancienne, 
est ici heureusement adopté pour peindre Pirrassasiablc soif du buveur. Nous avons 
recueilli cette chanson à Dunkcrque où elle est en vogue parmi les marins. 



HET PINTJE. 



Andnnfino. 



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Drink ik â pint -je, 'k drinken Myk â zwynt-je. Drink ik à 



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Ö56 



DRINK- EN MINNELIEDJES. 



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kan - ne - tjc, 'k drinken 'lyk u 

1 _N N \ 



ne-tje. Drink ik ii stoopt-je, 




'k vallen in a hoopt-je. Noyt van myn lc-ven racer 'k cn 



geen ge- 



ne - ver meer : novt van mc 



ne -ver meer; noyt van mc Ie -ven meer 'k en drin-ken geen ge - 



i 



ne - ver meer. 



Drink ik à pintje, 

'k Drinken 'lyk a zwyntje. 

Drink ik a kannetje, 

'k Drinken 'lyk à mannetje. 

Drink ik à' stooptje, 

'k Vollen in à hoop tje. 

Nooyt van me leven meer, 

'k En drinken geen genever meer. 



LA PINTE. 

Si je bois une pinte, je bois comme un petit porc. Si je bois une cannelle, 
je bois comme un homme. Si je bois un pot, je m'affaisse. Jamais de la vie, je 
ne boirai plus de genièvre. 



Celte chanson a la même origine que la précédente. C'est aussi fiiez des marins Dunkcr- 
quois que nous l'avons recueillie. 



CXXI. 



LIRE BOULIRE. 

Allegro. 





-fi 1 m— 

Jï h — •> — 










^£ 




-fl— * \ f > — 
Lintj' eu Trint 


l'eu bel ■ 


• lo-tj' cn Mar-tin - tje, 


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lic 


- ve 


Ka - to - tje 


ê 


-£-* ï^f 




-i-f-H-f-* -a- 


• 








eu Sa - ra zc 


dronken 


— i £J i<-J 

te ga - re brandewyn-tje, 


h- 


rc bou - li - re, 



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CBAMSOflS BACHIQUES ET o'aMOL'R. 



557 



Pli 



li - re bou-U ; te 



ce dan»- ten te sa-men in ee - ne ron-de, 



•V li - re bou-li- re, li - re bou-la; ze dron-ken elk een half pin- 



-9 — 



h \ ri I 



tje tot den gron-de, li - le bou - li - re, li - re bon - la. En 



=g - r r T ^ 



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1 



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Thre-se die zey - de : « WU me nog schen-ken, laet ons roe - pen : Den 



1 p w p — 

J — V-l k = 

Koning drinkt. » En 



ze slokt dat tnaetje in haer ke - le - gset - je, 



>ou-li-re, li- re bon-hu 



li - re bon 



Lintje en Trientje, en Bellotje en Martintje, 

Lieve Katotje en Sara; 

Ze dronken te gaér brandewynlje, 

Lire boulire, lire boula! 

Ze dansten te samen eene ronde, 

Lire boulire, lire boula! 

Ze dronken elk een half pintje tot den gronde, 
Lire boulire, lire boula! 

En Threse die zeyde : « Wil me nog schenken, 
Laet ons roepen : den koning drinkt ! » 
En ze slokl dat maetje 
In haer kelegaelje. 
Lire boulire, lire boula! 



LIRE BOULIRE. 

Jacqueline, Catherine, Isabelle et Martine, Cato et Sara buvaient ensemble 
de l'eau-de-vic. Lire boulire, lire boula ! Ensemble elles dansaient une ronde. 
Lire boulire, lire boula! Et Thérèse disait :« Versez encore et crions : le roi 
boit. » Et là-dessus, elle avala son verre. Lire boulire, lire boula! 



L'on entend cette chanson dans la bouche des masques, an temps du carnaval, à Dun- 
kerque ; elle dépeint une de ces mille scènes de carrefour, qui se passent pendant ces jours 
de folie et qui ont ici un caractère plus excentrique et plus grotesque que partout ailleurs. 



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338 



UIII.NK- EN NI.Mftl.IF.PJFS. 



cxxn. 

MOEDER PORRET. 



Allegro. 



m 




Por - ret, kof-fy drinken, druppel -tje 



Ik en gy, m 



schenken; ik en gy, moe-der Por -ret, kaf-fey drinken met «ui-ker-de 



V pek. 



Ik eo gy, moeder Porret, 
Koffy drinken, 
Druppcllje schenken; 
Ik en gy, moeder Porrel, 
Kaffey drinken met suikerde pek. 



LA MERE POIREAU. 

A nous deux, mère Poireau, buvons le café, versons la goutte. A nous deux, 
mère Poireau, buvons le café avec des tablettes de sucre. 



Autre chanson de masques, chantée principalement par ee qu'on appelle la bande des 
pécheurs, travestis en pierrots, polichinelle*, arlequins, etc. 



DEN NIEUWEN MOST. 



Allejrro. 



S-*— 



Ik drink den nieuwen most; 'ken vracg niet wat hy ko8t; 't ia my ge- 



noeg ala ik hem drinken mag, en ik myn lief - stc heb op myn Re- 



mag, en ik myn lief - stc heb op myn ge- 



«X lac. 'kl 



:tr. 



3= 



lag. 'k En vracg niet wat het doet : Want hner ge - zich - tc 



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CHANSONS BACUIQlfcS ET DAHOUIJ. 



*' ii my al zoo zoet. Ik ben ver-rukt zoo haest ik ze aeu-Bchou- we, 





— m — — • — 


* » • J-Î-, 












Lui »_ 

Haer lie - ve 


■ lyk gc-laet, Di 


- 
it 


my zeer wel aeu - 


g r 

=t= 

stact. 





Ik drink den nieuwen most, 

'k En vraeg niet wat hy kost. 

't Is my genoeg als ik hem drinken mag, 

En als ik heb myn liefste op rayn gelag. 

'k En vraeg niet wat liet doel : 

Want haer gezichte is my al te zoet; 

Ik ben verrukt zoo haest ik ze aenschouwe 

Haer lievelyk gelael, 

Dat my zeer wel aenstaet. 

Haer oogskens, als kristael, 
Hebben my menigmael 

Myn ziel gekwetst, rayn jeugdig hert doorwond, 

En my gekost zoo menig honderd pond. 

Haer borstjes, leliewit, 

Deden my dikwyls zeggen : liefste zit, 

Doet my de eer, myn zoete engelinnc, 

Zit neder hier by my, 

En laet ons wezen bly! 

5. 

— « Heer wecrd, brengt ons zeer ras 

Een nieuw gewasschen glas, 

Brengt ons een pol vol rynschen koelen wyn; 

Zit wat by ons en laet ons vrolyk zyn! 

Brengt ons een kaertespel, 

Want ik moet spelen met myn Isabel; 

Wy zullen fracy lustig gaen drinken, 

En dan met lust gespeelt, 

Eer ons den tyd verveelt. 

4. 

« Kameraed, deze fluyt, 

Die moet gy drinken uyt, 

Ter eere van myn schoonc herderin, 

Die ik meer als myn eigen ziel bemin. 



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360 



DRINK" EN MINNELIEDJES. 



« Bereid u, ik begin. 

Ziet, karaeraed, daer en is niet meer in; 

Houd vast de fluyl, ik zal ze beter vullen, 

Zet ze aen uwen mond, 

En doet bescheed terstond. » 

5. 

Als ik het spel begin, 
Zoo kwam de moeder in. 

Zy zeid : « Dochter, met eenen grammen moed, 
Gaet uyt de kamer op den slaenden voet. » 

— « Moeder, zyt niet zoo vreed : 

Want aen uw dochter en geschied geen leed; 
Neemt dit glas, lael ons te zamen spelen; 
Verstoort u niet zoo zeer, 
Maer doet my deze eer. » 

6. 

— « Neen, jongman, 't is genoeg; 
Adieu, tot morgen vroeg. » 

— « Neen, moeder, drinkt een glas vol rynschen wyn; 
Zit wat by ons en laet ons vrolyk zyn! » 

— « Neen, jongman, ik moet gaen. » 

— « Neen, vrouw moeder, eerst bescheed gedaen. 
Schenkt nog een glas, wilt nederzilten. 

Sa, lustig eens geboeft. 
Waerora zoo lang getoeft. » 

7. 

Als de wyn is in kop, 

Men weet van geen staen op; 

't Is nog een pot, brengt ons eenen citroen, 

Berdellen, perkels en nog een lamoen. 

Brengt ons wat suykerwerk : 

Want dezen wyn is Isabel te sterk. 

Het zoete kind, en kan hem niet wel drinken, 

Zulk' koelen en harden wyn ; 

Hy moet gesuykert zyn. 

8. 

Toen heeft ze my geboón 
Haer toekomenden zoon. 

Maer ziet, eylaes! 'k en hadde nooyt gepeyst, 
Dat zy zoo dobbel was en zoo geveynst. 



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CHANSOHS BACHIQUES ET DOMOOR 



361 



't En is niet dan valschheyd, 

En mede dat zy haer reden beleyd. 

Is dal niet wel een valsche vrouwe, 

Dat zy zoo verdooft, 

En zoo myn goed berooft. 

9. 

Ô Valsch fenynig hert, 

Oorzake van myn smert; 

Wat helpt u dat gy my hebt zoo verraéo, 

En dat ik heb om u myn goed verdaén ! 

Hadde gy my gezeyd, 

Dat gy om trouwen niet en waert bereyd, 

Ik had ophouden van u te vervolgen, 

En elders gevryd 

Tot myn meerder profyt. 

10. 

Maer, ziet, hel is te laet, 

Dat ik u valsche daed 

Worde gewaer, en u moeders boosheyd. 

Aldus was ik van u alzoo gevryd; 

Gy schecnt tot my gezint, 

En daeromme hebbe ik u bemint. 

Het heeft immers moeten kosten 

Al myn goed zeer schoon; 

Dat kryge ik voor den loon. 

11. 

Oorlof dan, Isabel, 

Verslaet myn reden wel : 

In uwen mond en is niet eenen tand, 

Heeft my gekost wel eenen diamant; 

Om uwen wil te doen, 

'k Hebbe verteirt al myn schoonste goed. 

Om uwen wil zoo moet ik nu dolen, 

Och! overdenkt den staet 

Waerin dat gy my laet. 

LE VIN NOUVEAU. 

i. Je bois 1c vin nouveau, je ne demande pas cc qu'il coûte; il nie suffit de 
pouvoir le boire. Et quand j'ai ma belle près de moi, je ne demande pas ce qu'il 



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362 



NWNK- EN MINNELIEDJES. 



coûta, car le regard de mon amie m'est si doux ; je me sens transporté dès 
que je la regarde, tant son air charmant me plnit. 

2. Ses yeux brillants comme le cristal ont plus d'une fois blessé mon âme, 
percé mon cœur : ils m'ont coûté maints cents livres. Son sein blanc comme 
le lis me fit dire plus d'une fois: chère amie, asseyez-vous; mon doux ange 
faites moi cet honneur; asseyez-vous près de moi cl soyons joyeux. 

3. « Hôte, donnez-nous de suite un verre propre; apportez-nous un vase 
plein de vin du Rhin; asseyez-vous près de nous et laissez-nous nous divertir. 
Donnez-nous un jeu de cartes, je dois jouer avec mon Isabelle. Nous allons boire 
et jouer gaiment pour ne pas nous ennuyer. 

4. h Camarade, il faut vider celte flûte, en l'honneur de ma belle bergère 
que j'aime plus que mon âme. Apprétez-vous, je commence; voyez, il n'y a plus 
rien dans le verre. Tenez ferme, je vais mieux remplir la flûte; portez-Ià à la 
bouche et faites-moi raison. » 

8. Quand j'allai commencer, la mère entra. Elle dit avec colère : « Ma fille, 
sortez d'ici sur le champ. » — « La mère, ne soyez pas si en colère, on ne 
fait aucun mal à votre fille. Prenez ce verre, tronquons ensemble; ne vous 
alarmez pas; faites-moi cet honneur. » 

6. — k Non, jeune homme, c'est assez, adieu jusqu'à demain matin. » 
— «Non, la mère, buvez un verre de vin du Rhin; restez près de nous et 
laissez-nous nous divertir. » — « Non, jeune homme, je dois partir. » La mère, 
faites nous d'abord raison, qu'on verse encore un verre; asseyez-vous. Ça, 
trinquons gaiement; pourquoi larder? 

7. Quand le vin monte à la tète, on ne songe pas à se lever. Encore un 
pot, apportez-nous quelques citrons, des noisettes, des pèches et encore un 
limon. Donnez-nous du sucre : car ce vin est trop fort pour Isabelle. La 
chère enfant ne peut boire un vin aussi dur et aussi froid; il faut qu'il 
soit sucré. 

8. Puis, elle m'a nommé son futur gendre. Mais voyez, hélas! je n'aurais 
jamais cru qu'elle était si fausse. Ce n'est que fourberie. Pendant qu'elle 
parlait ainsi — n'est-ce pas une femme bien fausse? — clic m'étourdit de 
son caquet et m'enleva mon argent. 

9. ô Cœur faux et envenimé, cause de ma douleur, à quoi vous sert de 
m'avoir ainsi trahi et de ra'avoir fait dépenser pour vous tout ce que je 
possède. Si tu m'avais dit que tu n'étais pas disposée h te marier, j'aurais 
cessé de te poursuivre cl j'aurais été ailleurs et avec avantage pour moi. 

40. Je n'ai vu que trop tard la fausseté et la méchanceté de ta mère. 
Cependant tu scmblais m'aimer, c'est pourquoi je t'aimais à mon tour. Cela 
m'a coûté toutes mes richesses; voilà ma récompense. 

II. Écoule, Isabelle, comprends bien ceci : dans ta bouche il n'y a pas 
une dent qui ne m'ait coûté le prix d'un diamant. Pour le plaire, j'ai dépensé 
tout mon bien; par ta volonté, je dois errer maintenant à l'aventure. Vois 
la position où tu m'as mis. 



Pcn de chansons onl été plus populaires que celle-ci clans noire Flandre. Elle est 
connue partout où l'on chante encore. L'air surtout, dont le caractère est franc et 



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CHANSONS BACHIQUES ET DAMOIR. 



original, a eu une Uès-grandc vogue. On y a adapte une foule d'autres chansoiu. 
.Nous avons pris un <oin particulier à le rccucillier très exactement, et nous croyons 
avoir réussi à le donner dans son intégrité primitive. Dans celui que rapporte Wil- 
lems, il y a des inexactitudes et même des fautes typographiques évidentes. 



ROSALINDE. 




Allegretto. 



Lief-ste Ro - aa - lin - de, waeroin ween-de gy ï zeg my, wat 



d'oorzaek vau uw droef ge - schrey ? Ik zal u misschien haest ko-men 




ma-ken bly. Waeroin zucht gy ? waerom ducht gy ? zeg 



<« Liefste Rosalinde, waerom weende gy? 
Zeg my, wal is d'oorzaek van uw droef geschrey? 
Ik zal u misschien haesl komen maken bly. 
Waerom zucht gy? waerom ducht gy? zeg het my. 

2. 

— « Ach! Leander, mynen nood is al te groot: 
Ik beween myn vaders en myn moeders dood. 
Ik zit hier alleen, ik ween, ik zucht, ik kryl; 
Vader, moeder, zuster, broeder, 'k ben 'l al kwyt. » 

5. 

— « Zoeljes! Rosalinde, 't doet my zelve pyn : 

'k Wenschle dat uw droefheid wezen kost de myn, 
Of dat uw gezucht wierd onder ons gemeen; 
Ik zoude helpen en slelpen uw geween. » 

4. 

— « Daer en zal nooyt van myn weenen zyn kom af, 
Voor dat ik zal rusten neffens hun in 'l graf. 
Ach! myn' lieve moeder, waer ik toch by u, 

Ik ben myn leven, dal ik leve, nu al mu. » 



my. 



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3C4 



DBINK- EN MINNELIEDJES. 



5. 

— a Sus! sus! Rosalinde, susl co kryt niet meer! 
Troost u met den wil ▼an den prooien Heer. 
Peyst dat ieder mensen, die God het leven gaf, 
Eens moet sterven, en bederven in het graf. » 

6. 

— « "k Dank u zeer, Leander, dat gy in myn smert 
Zoekt te zyn den trooster van myn droevig hert. 
Gy troost my met woorden, maer 'k en kryg daerom 
Myn beminde doode vrienden niet wederom. » 

7. 

— « Is 't dat mynen trouwen dienst aen u behaegt, 
Ik zal uwen vader wezen, zoete maegd! 

Den man, daer men d'ouders om verlaten moet, 
Is u nader als uw vader en uw bloed. » 

8. 

— « Zoetjes! wat, Leander? meent gy dat een maegd 
Zoo terstond tot ieder wederliefde draegt. 

Van de goede jagers wordt het wild verfoeyt, 
Dat zich langen laet en vangen zonder moeyt. n 

9. 

— « Gy weet, Rosalinde, dat myn hert u mint 
Meer als eenen vader mint zyn eygen kind; 

Ik heb u verkoren voor myn' weerde vrouw, 
Rosalinde, myn beminde, geeft m'uw trouw. » 

10. 

— a Gy kunt sterk bewegen myn jong hert en zin; 
Ik voel my genegen tot uw wedermin. 

Uw bevallig spreken is myn herljens dief : 

'k Kies Leander, en geen ander, voor myn lief. » 



ROSALINDE. 

1. Chère Rosalinde, pourquoi pleures tu? Dis-moi la cause de tes soupirs 
plaintifs? peut-être pourrai-je te consoler. Pourquoi soupires tu, dis-le moi? 

2. « Ah ! Léandre, ma peine est trop grande. Je pleure la mort de mon père 
et de ma mère. Me voilà seule ; je pleure et gémis. Père, mère, sœur et frère, 
j'ai tout perdu. » 

3. — « Calme-toi, Rosalinde, je comprends ton malheur. Que ne puis-jc 



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CHASSONS HACIIIQIES FT 1»'a»OPH. 



roc charger moi seul de les peines! ou du moins les partager avec loi! pcul- 
élre oinsi pourrais-jc les adoucir. « 

4. — lies larmes ne cesseront de couler que lorsque je reposerai dans la 
tombe k coté de mes parents. Ah! ma mère chérie, que ne suis je auprès de 
toi ! déjà la vie m'est a charge. » 

5. — « Douce Rosalindc, ne pleure donc plus; console toi, puisque c'est la 
volonté de Dieu. Pense que tout homme créé par lui doit un jour mourir et 
passer dans le tombeau. » 

6. — « Merci, Lénndrc, de ce que, dans mon amère douleur, tu veuilles me 
consoler. Tes paroles sont douces, mais elles ne m'empécheni pas d'être sep-née 
de mes chers parents. » 

7. — « Si tu veux agréer mon dévouement fidèle, douce amie, je tiendrai, 
près de toi la place de ton père. Un époux pour lequel on doit quitter ses 
parents remplace un père et une famille entière. » 

8. — « Doucement, Léandrc! Crois-tu donc qu'une jeune fille donne sitôt son 
amour à celui qui l'aime? Les bons chasseurs dédaignent le gibier qui se laisse 
prendre sans ruse et sans effort. » 

9. — u Tu sais cependant, Rosalindc, que je t'aime plus qu'un père n'aime 
son propre enfant. Je t'ai choisie pour la compagne de ma vie. Rosalindc, 
chère amie, donne moi ta foi. » 

10. — « Tu parviens à loucher mon cœur, je me sens poussé à l'aimer ù 
mon tour. Tes douces paroles ont captivé mon amc. Je te choisis, Léandre, 
parmi tous pour mon fiancé. * 



Nous avons entendu cette chanson dans diverses localités des arrondissements d'Hazc- 
brouck cl de Duukcrquc. L'air que nous reproduisons nous a été dicte par une personne 
de Quadypre. Il a un caractère de naïveté qui s'adapte bien au texte. Willcms a donné 
la chanson sans mélodie. 

- r «— . — 



LIE! BETH.IE. 



Andante. 



:8: 



IV; 



Ik h'én het groe - ne straetjc zoo dikwylsten eyn-de ge-gacn. Ik 



SE 



SU 



ieb-bcr uiyn lief - tje ver 

* l is- 



— lo - ren; dat h'én myn vrienden ge- 



• • • 

dnen. 



I 



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MtlXK- EN IIJMSKI.IMJES. 



Ik hen liet groene straclje 
Zoo dikwyls ten eynde gegaen. 
Ik hebher myn lieftje verloren; 
Dat hen myn vrienden gedaen. 

2. 

Ik en zal haer nooit verlaten, 
Al waren zy nog zoo gram. 
Ik zal haer gedachtig wezen 
Tot dat er ik sterven zal. 

3. 

Nie langer als geistern avond 
k Passeerde voor myn zoetliefs deur; 
En 'k riepen : « Wel Bethje, doet open ! 
Doet open! Ik staen daer hier veur. » 

4. 

— « 'k En doen voorwaer nie open ; 
Ik en laet ye voorwaer nie in. 

Gae naer huys en legt u tot rusten; 
Daer is een ander lieftje in. » 

5. 

— « Wel, isser een ander lieftje inne, 
Dal ik u niet spreken mag? 

Eu dan wensch ik u voor 't laesie 
Eenen goeden vreugden nacht. 

6. 

» Wel Bethje, als gy komt te trouwen, 
Zal gy my schryven een brief, 
Dal ik in uw bruloft mag komen 
En kiezen een ander schoon lief? » 

7. 

— « Gy gael in myn bruloft niet komen, 
Gy gaet in myn bruloft niet zyn. 

Daer zyn nog ander jonge kerels 
Die staen in de gratie van myn. » 

8. 

— « Wel Bclhje, als gy komt te sterven, 
Ik zal u gedaglig zyn. 

Ik zal op uw graflje doen schryven : 
Uier ligt er een lieftje van myn. » 



CIIÀMSOMS BACHIQUES ET d'aMOUI. 



567 



LISBETII. 

1. Que de fois ai-jc conduit mes pas jusqu'au bout du vert sentier! Mais j'ai 
perdu ma douce amie; voilà ce qu'ont fait mes parents. 

2. Je ne l'abandonnerai jamais, quelle que soit leur colère. Je penserai à clic 
jusqu'à la mort. 

3. nier soir encore, je passais devant la porte de ma douce amie. » Chère 
Lisbclb, m'ecriais-jc, ouvre-moi, ouvre-moi : je suis ici devant la porte. » 

4. — « Non, certes, je n'ouvre pas et je ne te laisse pas entrer. Retourne 
dormir à ta maison; un autre amant est ici. » 

5. — « Eb bien! puisqu'un autre est près de loi qui m'empêche de te parler, 
je te soubaile en partant une agréable nuit. » 

6. * Chère Lisbctb, quand tu viendras à te marier, tu m'écriras une lettre 
pour que je puisse venir à ta noce et y choisir une autre amie. * 

7. —«Tu ne viendras pas à ma noce; tu n'y seras pas. II y a encore d'autres 
jeunes gens qui sont dans mes bonnes grâces. » 

8. — « Eh bien! chère Lisbelh, quand tu viendras à mourir, je penserai à 
toi ; je ferai écrire sur ta tombe : « Ici repose ma douce amie. » 



Nous avons recueilli celte chanson à Dunkcrquc dans la classe des marins. On on 
trouve les cinq premiers couplets dans le : Mieuw Lied- Boek genacmt het brabanlsch 
nagtegaelken. I.cs variantes de notre texte et l'addilîun dos trois couplets qui ne se trou- 
vent pas dam le volume cite semblent témoigner que la chanson est originaire de notre 
Flandre. En tout cas, elle y a acquis une popularité nwz grande pour qu'elle puisse être 
rangée parmi les chants populaires du pays. Sa mélodie c«.t d'une simplicité charmante. 



.MliNNEZUCHT. 



Andante. 




bc-dwon-gen dat 



-tót 



m, dat 



Ik vin- de my 



n-gen dat ik zin-gen moet, ja, 




xin -gen moet, een lie - de -ken van min- ne die my treu - ren 



mm 



doet, ja, die my treu -ren doet. 



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r>ü8 



Ulil.XK- EN lH.VNtLltOJES. 



Ik vinde my bedwongen dal ik zingen moei, 

Ja, dal ik zingen moet 
Een liedeken van minne die my treuren doel; 

Ja, die my treuren doet. 

2. 

Een liedeken van minne dat ik heb geleerd, 

Ja, dat ik heb geleerd 
Aen ecnen kloeken ridder die lol Kaleis reed; 

Ja, die tot Kaleis reed. 

3. 

Tol Kaleis binten slede stieft het zand zoo zeer, 

Ja, slieft het zand zoo zeer. 
Maer voor myn zoetlief deurtje slieft hel nog veel meer, 

Ja, stieft het nog veel meer. 



SOUPIR D'AMOUR. 

1. Je me trouve force à chanter; oui, à chanter une chanson d'amour qui 
me fait pleurer; oui, qui me fait pleurer. 

2. Une chanson d'umour que j'ai apprise; oui, que j'ai apprise d'un vaillant 
chevalier, qui voyagea jusqu'à Calais, oui, qui voyagea jusqu'à Calais. 

3. A Calais, hors la ville, la poussière vole au loin, oui, la poussière vole 
au loin ; mais devant la porte de ma mie , elle vole encore plus loin , oui , 
elle vole encore plus loin. 



Simplicité cl naïveté tant dans la mélodie que dans le texte, voilà le caractère do 
celte chanson, probablement incomplète, qui nous a été communiquée par M. A. Ricour, 
de Hailleul, professeur au Lycée de Douai. 



CEC1LIA. 



Allegro. 




zag Ce 



ko-men langst cc-uen wa-ter - gank- 



zag Cc - ci - lia ko — mon met hloe-meu in hner haud. Zy 



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CUA.XSOHS BACHIQUES ET OANOUU. 



36Ü 




zag nacr ha - ren hcr — der, den her-der Flo - ri - aen, 



ien, die 



ook zyu schaep-jes wey - de langst de - zelf - de bacn. Ce - 



4—— i — J— — *— 



ci - li - a ging zin-gen; haer hert docht haer t'ont-sprin-gen. Dit 



n i i 



hoor-de ha- ren her-der;hy kwam hy haer ter - stond 



en 



I N I 



— » — 



kus-tc zyu 



ci - li - a aen ha -ren roo-den mond 



lk zag Cecilia komen 

Langst eenen walergank. 

Ik zag Cecilia komen 

Met bloemen in baer hand. 

Zy zag naer haren herder, 

Den herder Floriaen, 

Die ook zyn schaepjes wcydc 

Langst dezelTe baen. 

Cecilia ging zingen; 

Haer hert docht haer t'onlspririgen. 

Dit hoorde haren herder : 

Hy kwam by haer terstond, 

En kuste zyn Cecilia 

Aen haren rooden mond. 



CÉCILE. 

Je vis Cecile venir le long d'un cours d'eau, je vis Cécile venir les muias 
pleines de (leur. Elle vit aussi sou berger, le berger Florian , qui faisait 
pailrc ses moutons le long du même chemin. Cécile se mit à chanter; son 
cœur lui scmhla s'éveiller en sursaut. Son berger l'entendit, s'approcha d'elle 
sur-lc-champ et embrassa sa Cécile sur la bouche. 



("elle chanson, ntir des plus populaires de notre Flandre et de la Itclgique, se trouve 
dans li? recueil de Willcnis avec le meme air que celui public par nous, à l'exception tou- 
tefois de l'inflexion tonale pincée sur le troisième vers cl qui c>l fautive dans Willenis. 



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12. 



HEKELLIEDJES. 



CHANSONS SATIRIQUES. 



EXPLICATION DES SUJETS DE LA PLAXCDE CI-CONTRE. 



Gardeute de vachei endormie. 
Set vaches s'enfuient. 



Le Moulin de Vieilles ft 

Merris. à arranger 

leur chauffrette 



llentréc de la Moisson. 



Hci/uine à sa feuille Pnutnn en suhoti 

regardant donner. se mirant. 



Sure flitmmidr. 



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Hf.KELI-IEDJtS. — CHANSONS SATIRIQITS. 



573 



DE BOEREN. 

Allegretto. 

W'aer-van gaen de boe-ren, de boe-ren, waer-van 



de 



boe-ren ïoo mooy ? Zy desschen het koorn en ver 



koo pen het 
5=K 



*=1 



Ê1 



Btrooy; daer-van gaen de boe-ren, de boe-ren, daer-van gaen de 



r> \ 



ï 



boe -ren zoo mooy. 

Waervan gaen de boeren, de boeren, 

VVaervan gaen de boeren zoo mooy? 

Zy desschen hel koorn en verkoopen het strooy. 

Daervan gaen de boeren, de boeren, 

Daervan gaen de boeren zoo mooy. 

2. 

Waervan hebben de boeren, de boeren, 
Waervan hebben de boeren veel geld? 
Zy kernen de butler, en verkoopen de melk. 
Daervan gaen de boeren, enz. 

3. 

Waermêe drinken de boeren, de boeren, 
Waermée drinken de boeren den wyn? 
Ze vellen het kalf en verkoopen hel zwyn. 
Daervan gaen de boeren, enz. 



LES PAYSANS. 

1. Qu'est-ce qui fait que les paysans portent de si beaux habits? — Ils 
battent le blé et en vendent la paille; voilà pourquoi les paysans portent 
de si beaux habits. 

2. Qu'est-ce qui fait que les paysans ont beaucoup d'argent? — Ils battent 
le beurre cl vendent le lait; voilà, etc. 



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374 



IIEKEI LIEDJES. — CHANSONS SATIRIQUES. 



3. Qu'est-ce qui fait que les paysans boivent le vin' — Ils engraissent le 
veau et vendent le porc. Voila, etc. 



De tout temps les habitants des villes se sont moques des paysans qui, à leur tour 
et en toute occasion, leur ont taché de leur rendre la pareille. Cette chanson et les 
deux suivantes sont des boutardes contre les mœurs des paysans de notre Flandre. 
Elles ne sont pas moins connues chez les Belges, que chez les Flamands de France. 

A la suite de celle-ci, que nous avons recueillie à Bailleul, et de celle qui suit, nous 
donnons les variantes de texte cl de mélodie qui nous ont été envoyés par H. Ronse, 
de Furncs. 



Allegretto. 



VARIANTE DE TV RNI S. 



N M :.lp C M 

boeren , waermeô drin ken de 



3: 



Waermeê drin-ken de boe-ren , de boe-ren , 



boe-ren de wyn? Zy vet -ten een koe en ver — koo-pen een 



zwyn. Daervan drin-ken de boe-ren, de boe-ren, daervan drin-ken de 



ï 



boe-rcn de wyn. 



Waervan drinken de boeren, de boeren, 
Waervan drinken de boeren de wyn? 

— Zy vetten een koe, en verkoopen een zwyn. 
Daervan drinken de boeren, de boeren, 
Daervan drinken de boeren de wyn. 

2. 

Waermede gaen de jonkers, de jonkers, 
Wa ermede gaen dc jonkers zoo mooi? 

— Zy verkoopen hun bed, en slapen op strooi. 
Daermede gaen de jonkers, de jonkers, 
Dacrmedc gaen de jonkers zoo mooi. 



BOEREN TEVREDENHEYD. 



Allegro. 



de boer een paer kloefkcna heeft dnn is hy reeds con - 



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■ KKELLIfcOJLS. CUA.IàOft» SATIHIQttS. 



37* 



tent, al* de boer een pacr kloefken» heeft dan ia hy reeds con - 



»/ tent Een paer kloef kens met wat strooy daer-in die zyn 100 



in : maer ee-nen boer, maer ee-nen boer. maer ee 




Ü 



Keert gy hem om, hy blyft nog een 



loer. 



Als de boer een paer kloefkens heeft, 

Dan is hy reeds content; 

Een paer kloefkens met wal slroo daerin, 

Die zyn zoo naer de boer zyn zin. 

Maer een boer, is maer een boer ! 

Keerl gy hem om, hy blyfl nog een loer. 

2. 

Als de boer een paer koesjes heeft, 
Dan is hy reeds content; 
Een paer koesjes, met twee klinkjes in, 
Een paer kloefjes, met wat slroo daerin. 
Maer een boer, enz. 



o. 



Wanneer de boer een broekjen heeft, 
Dan is hy reeds conlenl; 
Een broekje met twee gespen aen, 
Een paer koesjes, met twee klinkjes in, 
Een paer kloefjes, met wat slroo daerin. 
Maer een boer, enz. 

A. 

Als de boer een gileetjen heeft, 
Dan is hy reeds coulent: 
Een gileelje, met wal knopjes aen, 
Een broekje, enz. 



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37f, 



UtKKLLIEDJES. — CHANSONS SAlintQCKS. 



li: paysan satisfait. 

1. Quand le paysan n une paire de sabots, il est déjà content; une paire 
de sabots avec un peu de paille dedans; ils sont ainsi au gré du paysan. 

Mais un paysan, n'est qu'un paysan ; retournex-Ie, il reste encore un paysan. 

2. Quand te paysan a une paire de bas, il est content. Une paire de bas 
avec deux coins; une paire de sabots arec un peu de paille, etc. 

Mais un paysan, etc. 

3. Quand le paysan a une culotte, il est content. Une culotte avec deux 
boudes; une paire de bas, etc. 

Mais un paysan, etc. 

4. Quand le paysan a un gilet, il est content. Un gilet avec des boulons; 
une culotte, etc. 

Mais un paysan, etc. 



La mélodie que nous venons de rapporter, est celle qui se chante à Bailleul. 
Voici la variante de Furncs : 



VARIANTE DE FIRNKS. 




Ala de boer een paer kloefkcns heeft dan i» by reeda con- 



(•■- 



tent. Een paer kloefken s met wat atrooy dacr-in 

far. 



V— I 



zyn zoo de 



boer zyn zin. 



9- 



een boer, 



een boer, 



een boer. Keert gy hem om by 



f- 











mm=mm ■ 


— *- — é 





blyft nop een loer. 



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HkKtl I lEDJKS. — CHANSONS SATIRIQUES. 



377 



BOER END 11 AGT. 



P 



Allegro. # 



1 



ÏËÉÉÊÉÉ^M^ 



4- 



Snyd den boer zyn 



af; snyd het niet te 



^ Laet er nog een stresken aen ; laet vry den ar - men man. 



v Wel twin-tig ves-ten heeft hy aen ; een sia-moi-sen ka - zak -je; een 



tt-H J±+3 



i 



hoed als een van op zyn hoofd die dient hem vooreen klak-je. 

Snyd de boer zyn hair af, 
Snyd het niet te naer af; 
Laet er nog een stresken a^n, 
Laet vry dien armen man. 

Wel twintig vesten heeft hy aen, 
Een siamoisen kazakje. 
Een hoed als een van op zyn hoofd, 
Die dient hem voor een klakjc. 
Snyd de hoer, enz. 



LA MODE DES PAYSANS. 

1. Coupez les cheveux au paysan, mais ne les coupez pas trop près, qu'il 
en garde au moins une tresse. Laissez ce pauvre homme libre. 

11 a bien vingt vesles sur le corps; un habit de siamois; sur la lêlc un 
chapeau comme un van qui lui sert de casquette. 

Coupez, etc. 



Nous donnons ici cette chanson toile qu'elle se chante à Dunkcrquc, à Daillcul et a 
Furnes. Elle a de nombreuses variantes. 



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378 



HEkKLLIhOJtS. — CIIASS03S SATIRIQt ES. 



Allegro. 




WAEUHEDEN. 



V- F 



Te Mcr - ris, tc Mcr - ris daer staet een stee-ueu luolcu, ecu steenca 



• *i • 



m 



len, 



Eu al die on - der de hek - kens gaen Ze 



■=3 



zyn zot dat te do — len. Zegt het maer, Is dat nie 



3mm 



ryn zot dat zc 



do — len. 



Te Merris daer is een steeuen molen , 

En al die onder de hekkens (jacn, 

Ze zyn zol dat zc dolen. 

Zegt het maer, 

Is d.it nie waer? 

Ze zyn zot dal ze dolen. 

2. 

Te Balle hagten de kapalle. 

Men verkoopt er daer malk voor yald, 

Ja, baglcn de kapalle. 

Zegt het maer, 

Is dal niel waer? 

Ja, baglcn de kapalle. 

5. 

Te Hazebrouck, daer zyn veel' wonder zeden; 
'l Sladhuys is in 'l midden van de markt, 
De kerk is buylen slede. 
Zc{jl hel maer, enz. 

4. 

Te Boeschepe, daer zyn veel bessemmakers; 
Als den pastoor de misse doet, 
Zc gaen al bessems maken. 
Zc^l hel maer, enz. 



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IIKIiEI.LIF.DJI. S. — CHANSONS SATIWOl»*. 37» 

VÉRITÉS. 

1. A Morris, se trouve un moulin; tous ceux qui Approchent des ailes de 
ce moulin, deviennent fou à perdre la tête. Dites, n'est-ce pas cela? Ils de- 
viennent fou à perdre la léte. 

9. A Bailleul, derrière la chapelle, on vend du lait pour de l'argent. 
Dites, etc. 

3. A Hazebrouck, il y a de singuliers usages; l'hôtel-de-ville est au mi- 
lieu de la place, l'église est hors de la ville. Dites, etc. 

4. A Boeschèpe, on voit beaucoup de fabricants de balaits de bois; quand 
le curé dit la messe, ils s'en vont faire leurs balaits. Dites, etc. 



Il est peu de villes ou de villages dans notre Flandre qui ne soient connus par 
quelque sobriquet ayant pour origine drs habitudes particulières, certaines expressions 
ou d'autres caractères qui prêtent à la satire. Notre chanson rappelle des traits de 
ce genre qui se rapportent a Bailleul, à Hazebrouck, à Mûris et i Boeschèpe. L'air 
est remarquable par son originalité qui prend sa source dans l'absence de la note sen- 
sible. 



cxxxn. 



DE MEYSJES VAN DUYNKERKE. 



Vivace. 
V Te 



Te Duynkcrk' gaet het al ver- keert, te Duynkerk* gaet het 

3 




mcyajea zyn in 't fransch ge- leert. Van 



mm 

meyajeazyn m 



le - re-lom la - re - lom, joep, joep, joep, de meysjes zyn 

3 .3 



Van i - vi — 



leert. 



va. 



Te Duynkerk' gaet het nl verkeerd; 
De meysjes zyn in 't fransch geleerd. 
Van leerona hirelom, joep, joep, joep. 
De meysjes zyn in 't fransch geleerd. 
Van iviva. 



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380 



HEEEL LIEDJES. — CHANSONS SATIRIQUES. 



2. 

De meysjes dragen al zyden roks. 

De knechten dragen maer leeren broeks. 

Van leerom, enz. 

5. 

De meysjes dragen markynen schoens. 
De knechten dragen maer houten schoens. 
Van leerom, enz. 



LES JEUNES FILLES DE DUNKERQÜE. 

4. A Dunkerquc, tout va de travers; les jeunes filles sont instruites en 
français. Van lecrom, la r clora, etc. Les jeunes filles sont instruites en français. 

2. Les jeunes filles portent des jupes de soie. Les garçons n'ont que des 
culottes de peau. Etc. 

3. Les jeunes filles portent des souillcrs de maroquin. Les gnrçons ne portent 
que des sabots. 



Cette chanson, dont l'esprit satirique est assez apparent, est très en voruc dans les 
ouvroirs de dentellières de Baillcul. La mélodie en est très-ncccntuéc et le rhythme bien 
déterminé. 



+ «M 



DE MEYSJES VAN T EYKENHOIJT. 



Ali 



CETO. 



Di •.:.!> h.t %-ken-hout zy ---ni 



't groe-nc Zy vry-cn tot den middernacbt ; zy slapen tot den noc-ne. En 



0^ 



méé 

yoep zcy zy, nog ü keer zcy zy. Zy sla-pen tot den noe - ne. 

De meysjes Tan het Eykcnhout 
Zy gaen al geern in 't groene. 
Zy vryen tot den middernacht; 
Zy slapen tol den nocne. 



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«WEI LIEDJES. — CHANSONS SATI1IQUKS. 581 

En yoep, zey zy, 

Nog a keer, zey zy, 

Zy slapen lot den noene. 

2. 

AU ze opstaen, als ze opstaen, 
Zy kykeo naer de sterren. 
« Wel heere! zey ze, God den heer, 
Myn koetjes zyn zoo verre. » 
En yoep, enz. 

5. 

Als zy een weinig voorder kwam, 

Kwam zy een meulnaer tegen. 

« Wel meulnaer, zegt, hoe laet is 't al; 

Wat uer is 'l daer geslegen? » 

En yoep, enz. 

4. 

— « De uer, die daer geslegen is, 
Gy kunt het wel bemerken : 
De hoogmis is al lang gedaen; 
Het volk komt van der kerken. » 
En yoep, enz. 



LES JEUNES FILLES DE L'EY REN HOUT. 

1. Les jeunes filles de l'Eykenhout s'en vont volontiers dans les prairies. 
Elles folâtrent toute la soirée. Elles dorment jusqu'au milieu du jour. 

2. Quand elles s'éveillent, elles cherchent des yeux l'étoile du matin. — « Mon 
Dieu ! s'écrie l'une d'elles, mon Dieu ! mes vaches sont bien loin d'ici. » 

3. Dans son chemin, elle rencontre le meunier. — <> Meunier, quelle heure 
est-il? quelle heure est sonnée? » 

4. — « L'heure qui est sonnée, tu peux bien le deviner. Vois, la grand'mtssc 
est déjà finie depuis longtemps. Le peuple retourne de l'église. » 



Sous le titre de : De meisjes van KieldrcclU, Willcms a donne une chanson qui, pour le 
texte, est à peu près la même que la nôtre; la plu* remarquable variante se trouve dans 
le refrain. Quant à la mélodie, « Ile est complètement différente dans les deux textes. Le 
nôtre a été recueilli à Baillcul. 



19 



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502 



HEKELI.IFDJCS. — CHàMOWS SATIRIQUES. 



HET MOEIJELYK KWEZELTJE. 



O CTO. 




Kwe-iel -tje, wey -e gy dan-sen? Ik zal u ge -ven een 



w — # 



Wel neen ik, zey dat kwe- zei- tje, van dan-sen ben ik 







1 1 




■ 1 ■ — ■ m i i 1 . 


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-fN 1 P 1 - 

-I 1 g 1 



FFF 



Dan-sen is on 



re -gel niet. Be - gyn-tjes en kwe-zel-tjea 



v dan-sen niet. 



« Kwezeltje, weye gy dansen? 
Ik zal u geven een ey. » 

— « Wel neen ik, zey dat kwezeltje, 
Van dansen ben ik vry. 

'k En kan niet dansen, 
'k En mag niet dansen. 
Dansen is onze regel niet. 
Begyntjes of kwezeltjes dansen niet. » 
2. 

— « Kwezeltje, weye gy dansen? 
Ik zal u geven een koe. » 

— « Wel neen ik, zey dat kwezeltje. 
Van dansen wordt ik te moé. 

'k En kan niet dansen, 
k En mag niet dansen, enz. » 
3. 

— « Kwezeltje, weye gy dansen? 
Ik zal u geven een peerd. » 

— « Wel neen ik, zey dal kwezeltje, 
'l En is my 't dansen nie weird. 
'k En kan niet dansen, enz. » 



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■ KKEUIKDJE!>. — CHANSONS SATIRIQUES. 385 

4. 

— « Kwezeltje, weye gy dansen? 
Ik zal u geven een man. » 

— « Wel ja ik, zey dat kwezeltje, 
'k Zal doen wat ik kan. 

Ik kan wel dansen, 

Ik mag wel dansen. 

Dansen is onzen regel wel. 

Beg y ritjes en kwezeltjes dansen wel. >» 



LA DÉVOTE DIFFICILE. 

1. « Dévote, voulez-vous danser, je vous donnerai un œuf? » — « Non, dit 
la dévote, je m'exempte de danser. Je ne sais pas danser; je ne puis danser. 
Notre règle défend la danse; béguines et dévotes ne dansent pas. » 

2. — « Dévote, voulez-vous danser, je vous donnerai une vache? » — « Non, 
dit la dévote, je suis fatiguée de danser. Je ne sais pas, etc. • 

3. — « Dévote, voulez-vous danser, je vous donnerai un cheval? » — « Non, 
dit la dévote, ce n'est pas la peine de danser. Je ne sais, etc. » 

4. — ■ Dévote, voulez-vous danser, je vous donnerai un mari? » — «Eh bien! 
oui, dit la dévote, je vais faire ce que je puis. Je sais bien danser, je puis bien 
danser. La danse nous est bien permise; béguines et dévotes dansent bien. » 



Cette chanson n'est pas moins populaire dans notre Flandre qu'en Belgique. Elle est 
également connue en Hollande et en Allemagne, où il en existe plusieurs variantes. M. Fir- 
menich, Ccrmanient Volkerttimmen, t. I, et M. Kretzschmer, Deutsche Volksliedcr, t. 1, 
p. 309, rapportent une chanson qui a la plus grande analogie avec celle que nous donnons. 
C'est un dialogue entre une mère et sa fille. La mère, pour exciter sa fille à filer, lui 
promet successivement toutes sortes d'objets de toilette que celle-ci refuse sous prétexte 
qu'elle a mal aux doigts. Mais lorsque la mère promet un mari, la fille s'empresse de dire 
qu'elle n'a mal ni aux doigts ni au pouce. 



HET V EH WA END KWEZELTJE. 



Andantino 




Daer was een kwe -zcl- tje, die 'tal wil ver - staen, Die meen-de 



J— k-E 



zachtjes in den hemel tc gnen, Op ha - re zok-jes, schoeljes, hou -ten 



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384 



HEkELUCDJES. — CHA.KSOMS 3ATIHIQUES. 




^ wil -de de -zen kwe-xel in den he-mel niet. 

Daer was een kwezeltje, die 't al wil verstaen, 

Die meynde zachtjes in den hemel te gaen. 

Op hare zokjes, 

Schoeljes, houten blokjes; 

Maer onzen Heere, die 't alles wel voorziet, 

En wilde dezen kwezel in den hemel niet. 

2. 

<> Wel lieven Heere, wal heb ik gedaen, 
Dal ik niet in den hemel en kan gaen? 
'k En hebbe noyt gezongen, 
Gedongen, noch gesprongen, 

By den wil dal ander' naer den dans zyn gegaen, 
Heb ik in 'l geheym myn potje kafé gedaen. 

5. 

n Wel Sinte Pieter, mynen lieven vriend, 

Heb ik u niel allyd zeer wel gediend? 

'k Heb uw beeld gaen bezoeken, 

Mei zeven kerkeboeken. 

'k En hebbe noyl uyt de kerke gegaen. 

Zonder 't zeventig keeren op myn borst te slaen. 

A. 

Sinle Pieter sprak met goed Fatzoen : 
« Wat zullen wy mei kwezels gaen doen? 
Stelt deze kwezel 
Op eenen ezel! 

Dat zy nu gael, waer dal zy mogen zal ; 
'k En t rekke my geen kwezels, noch geen ezels an. •> 

5. 

Lucifer hy heefl hel zelf vcrklaert. 

Dal hy in d'hel geen kwezels en vergaerl. 

Zen doen niel anders of kwellen, 

De helle in roeic stellen. 

En hy riep al met een groot getier : 

Honderl duyzcnd kwezels mocl'r in 't v.igevicr. 



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. — CHA.VK).'* SATIRIQUES. 



38i> 



LA DÉVOTE VANITEUSE. 

t. II y avait une dévoie qui voulait se mêler de tout, qui croyait aller droit 
au ciel en chaussons et en pantoufles; mais le bon Dieu, qui prévoit tout, ne 
voulait pas de celle dévote dans le ciel. 

2. h Seigneur bien aimé, qu'ai-je fait ; pourquoi je ne puis entrer au ciel? Je 
n'ai jamais ebanté, dansé ni saule ; pendant que d'autres étaient a la danse, j'ai 
bu tranquillement mon petit pot de café. 

3. ■ Saint Pierre, mon bien aime, ne vous ai-je pas toujours bien servi? J'ai 
visité votre image avec sept livres de prières ; je ne suis jamais sorti de l'église 
sans me frapper la poitrjne au moins soixante-dix fois. » 

4. Saint Pierre s'exprima ainsi : « Qu'allons-nous faire de la dévote? Mettei-la 
sur un ane qu'elle aille où elle pourra ; je ne veux ici ni dévole, ni ane. » 

5. Lucifer lui-même a décide de ne pas recevoir de dévoies en enfer. Elles 
ne font autre chose que se disputer, et mettre l'enfer sens sus dessus. Il cria de 
toutes ses forces : Cent mille dévotes doivent partir pour le purgatoire. 



Cette chanson, diatribe assoz a mère contrr les dévotes qui aiment à se nicïcr ôv tout, nt 
connue dans toute notre Flandre et en Belgique. Elle nous a clé dictée, texte et mélodie, 
par une dévote elle-même, qui a In prétention de valoir mieux que celles dont on se moqu»: 
dans cette pièce. On ne saurait lui contester le mérite d'être indulgente envers le chanson- 
nier satirique. 



Allegro. 



Se? 



KLAESJE. 



v * * l 



H N — r 



-*-T- 



Klaea die sprak zyn moe-der acn Als dat hy wilt gaen trou - wen. 



^1 



1 — a> — -m 

£L 



SE* 



« Klacft, wat zal u o - vergacn, En hoort naer myn ver - maeu 



■f* — — - — 1 


















1 1 




m r S— 


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• V 1 — k— 


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't Trouw'n is < 


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)cs - ten Y ol 


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jrg en groot dan 


1 ^c^L 

- gier. 



Daer stek'n in 



4= 



oor een kle? 



3=3 



— X- 



Daer stek'n in veel nes - ten Al voor een kleyn plai - sier. 



V Klaes en trouwt uw Ie -ven niet Of gy komt in el — len - de ; 



-9 — i 



Klaes en trouwt uw le ven niet Of gy komt in 't ver - driet 



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5 Hf, 



HEKELLItnjtS. — CHANSONS SATiniQt ^S. 



I. 

Klaes die sprak zyn moeder aen 
Als dal hy wilt gaen Irouwen. 
« Klaes wat zal u overgaen, 
En hoort naer myn vcrmacn : 
'l Trouwen is op zyn besten 
Vol zorg en groot dangier; 
Daer stck'n in veel nesten. 
Al voor een kort plaizier. 

Klaes en trouwt uw leven niet, 
Of gy komt in ellenden; 
Klaes en trouwt uw leven niet, 
Of gy komt in 't verdriet. » 

2. 

— «< Moeder, ik ben wys genoeg, 
Kn tot myn rype jaren; 

AU 1 de meysjes van de stad 
Die zyn my achter 't gat. » 

— « Klaes, wilt u bedaren, 
Hel huwelyk is pyn, 

Vol ruzie en groot bezwaren, 
Alzoo men komt le zien. 

Klaes en trouwt uw leven niet, enz. 

5. 

>• Al de meysjes van de slad 
Die sleken vol gebreken; 
D'eene is lekker, d'andcr leeg; 
Dat blykt aen veel 1er deeg'. 
Trouwt gy mei een ryke, 
Dan hebl g'allyd verwyt; 
Trouwt gy met een arme, 
Gy dan vcrsleken zyt. 
Klaes en Irouwl, enz. 

4. 

»• Trouwt gy met een kermispop. 
Die kost veel van parceren; 
Een die snaerig dansen kan, 
AH' plagen voor den man. 
Trouwt gy met een roslc, 
Z'hcefl een stinkenden geur; 



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IIEKELt.fF.DJES. — CHASSONS SATIRIQUES. 



387 



Trouwt gy met een bruneltje, 
Die heeft een zwart koleur. 
Klaes en trouwt, enz. 

5. 

» Als gy met een spinster trouwt, 
Hel buys is vol miserie; 
Of een die uyt naeyen gaet, 
t Is al tegen den draed. 
Trouwt gy met een waschler, 
Die mag wel brandewyn; 
Trouwt gy met een ligledant, 
Die wilt by vryers zyn. 
Klaes en trouwt, enz. 

6. 

» Trouwt gy met een spelwerkeeg, 
Die kan niet wasschen en naeyen ; 
Of een breitlster, Klaes, myn mael, 
Die zyn altyd op strael. 
Trouwen dat zyn plagen, 
Met een bedroge meyd, 
Waer gy in korte dagen 
Kok en vader zyt. 

Klaes en trouwt uw leven niet, enz. 

7. 

» Trouwt gy met een kamerier, 
Of met een keukemeysen, 
Lekker moet het kost jen zyn : 
Die mogen bier en wyn. 
Trouwt gy met een vette, 
G'hebt een luyerpak; 
Trouwt gy met een mager, 
G'hebt eenen beenen zak. 

Klaes en trouwt uw leven niet, enz. 

8. 

» Die een wyf met kinders trouwt, 
Die is altyd geschoren. 
Zoo wel wyf als wed u waer, 
Aeoziet dit aerdig paer! 
Slaet hy op de vruchten, 
Zoo slaet hy op het wyf; 



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388 



HERKLI.IF.DJM. - CHANSONS SATIRIQUES. 



Het huy» is vol genuchten, 
Mei vloeken en gekyf. 

Klaes en trouwt uw leven niet, enz. 

9. 

»> Trouwt gy met een schoon jonkwyf, 
Die moet gy wel bewaren; 
Trouwt gy met een oud kal lyf, 
G'en hoort niet als gekyf. 
Trouwt gy met een kreupel', 
't Is: hay! hay! hay! myn been! 
Trouwt gy met een scheel marot, 
Die ziet er twee voor een. 

Klaes en trouwt uw leven niet, enz. »> 

10. 

Klaes die kreeg de vrees in 't lyf 
Al door zyn moeders woorden; 
Hy en wil noch vrouw noch bruyd : 
Zoo Klaes die schoot daer uyl. 
Klaes moet Klaesje blyven; 
't Is Klaes zyn g'heel lyf deur. 
Hy vreest voor kwade wyven, 
Voor last, en krevecœur. 

Klaes en trouwt uw leven niet, enz. 

11. 

Men vind op des weirelds baen 
Wel duysent van die Klaesjea, 
Die vervaert zyn van de trouw 
En van een groot berouw. 
Meysjes, bruyd en vryster 
Zou moe'n gesuykerd zyn, 
Om voor den asschevyster 
Koken suyptjes met wat wyn. 

Klaes en trouwt zyn leven niet, 
Want hy vreest voor ellenden ; 
Klaes en trouwt zyn leven niet, 
Want hy vreest voor verdriet. 

COLAS. 

1 . Colas dit à sn mère qu'il voulait se marier. •• Colas, que vas-tu faire ; 
écoute mes conseils. Le mariage, sous son meilleur aspect, est plein de soucis et 
de dangers. Il cache bien des peines et procure peu de plaisir. 



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IIEKELLIEDJE5. — CUANSOSS SATIRIQUES 



389 



» Colas, ne te marie jamais ou bien tu tombes dans la misère. Colas, ne te 
marie jamais ou bien tu tombes dans le chagrin. 

2. — « Ma mère, je suis arrivé à l'âge mûr et j'ai de l'expérience. Toutes les 
filles de la ville me poursuivent. » — « Colas, modère toi. Le mariage n'est que 
peine, cassetête et inquiétude ; réfléchis-y. 

Colas, ne te marie jamais, etc. 

5. » Toutes les filles de la ville ont des défauts. L'une est friande, l'autre 
est paresseuse; mainte et mainte se montrent ainsi. Si tu épouses une 
riche, tu n'as que des reproches à attendre. Si tu épouses une pauvre, lu est 
rebuté. 

Colas, ne te marie jamais, etc. 

4. » Si tu épouses une fille de kermesse, il lui faut beaucoup de parures. 
Une fille qui sait bien danser est un fléau pour le mari. Si tu épouses une 
rousse, elle a une odeur désagréable. Si tu épouses une brunette, elle est 
d'humeur noire. 

Colas, etc. 

5. » Si lu épouses une fileusc, la maison est pleine de misère; si tu choisis 
une couturière, tout est contre fil. Si tu épouses une laveuse, elle aime l'eau- 
de-vie. Si lu épouses une fille légère, elle recherchera les amoureux. 

Colas, etc. 

6. » Si tu épouses une dentellière, elle ne sait ni laver, ni coudre. Si tu 
épouses une tricoteuse, Colas, mon ami, celles-là sont toujours dans la rue. 
Le mariage avec une fille qui a été trompée est un fléau, car en peu de jours 
tu seras cuisinier et père. 

Colas, etc. 

7. » Si tu épouses une femme de chambre ou une cuisinière, tes mets de- 
vront être friands; elles aiment bière et vin. Si tu épouses une grasse, tu as 
un paquet de linge. Si tu épouses une maigre, tu as un sac d'os. 

Colas, etc. 

8. » Celui qui épouse une femme avec enfants, est toujours sans argent. 
Veuf ou veuve font des couples mal assortis. Il bat sa femme comme il bat 
le blé; la maison n'a pour récréation que jurements et querelles. 

Colas, etc. 

9. » Si tu épouses une belle jeune femme, tu dois la surveiller. Si tu épouses 
une vieille laide, tu n'entends que querelles. Si tu épouses une boiteuse, c'est 
aie! aie! aie! ma jambe. Si tu épouses une louche, elle en voit deux pour un. 

Colas, etc. » 

10. Colas conçut des craintes par suite des conseils de sa mère. Il ne veut ni 
femme, ni fiancée. Colas abandonna de tels projets. Colas doit rester Colas; 
c'est Colas des pieds à la tète; il craint les méchantes femmes, il craint les 
charges et les regrets. 

Colas, etc. 

50 



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390 



IIEkELLIEDJES. — CHAKSONS SATINQUES. 



II. On trouve dans ce monde do Colas semblables par mille, qui craignent 
le mariage et de grands regrets. Jeunes filles, fiancées et amoureuses pour 
être parfaites ne devraient pour le casanier qu'apprêter mets, vins et liqueurs. 

Colas, etc. 



Les inconvénients du mariage out été chantés dans tous les pays, dans toutes les lan- 
gues et sur tous les tons. Sous ce rapport, notre chanson n'offre guère rien de neuf. Elle 
est néanmoins populaire dans toute notre Flandre. Elle est connue également en Belgique 
et en Hollande. M. Firmenich, Gtrm. Volkerstimmen , t. III, p. 86, rapporte une variante 
de notre chanson dans le dialecte de Strelitz. 



OCDE EN JONGE. 



Allegro- 



Springt op en toogt uw schoen, springt op en toogt uw schoen ; 



f n 

7¥ 1 ■q -F 



rat dat de ou - de mannen al doen. De 



't Is om te zien wat dat de ou • de mannen al doeu. 



r r r r-r 



ou - de man-nen h'ên ve - ie verstand, de ou - de man-nen h'ên 



mm 



~|i — * M. 



m 



ve - le verstand ; 't Is om hul -der pnypt-je te roo-ken den 



-ff— h- — t- 


1 


1 1 = h_ 






t-rzzfl 



g'hee-len dag. 



Springt op en toogt uw schoen; 

't h om te zien wat dat de oude mannen al doen. 

De oude mannen h'én vele verstand; 

1 Is om huider puptje te rooken den g'heeleu dag. 

2. 

Springt op en toogt uw schoen; 

'l Is om te zien wat dat de oude wyven al doen. 

De oude wyven h'én vele verstand; 

't Is om huider potje te roeren den g'heelen dag. 



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UEKELLIEDJE3. — ClU.NSONS SATIRIQUES. 



39t 



3. 

Springt op co loogt uw schoen; 

'l Is om te zien wat dat de jonge knechten al doen. 

De jonge knechten h'én vele verstand; 

't Is om huider pintje te drinken den g'heelen dag. 

4. 

Springt op en toogt uw schoen; 

't Is om te zien wat dat de jonge meysjes al doen. 

De jonge meysjes hen vele verstand; 

't Is om huider cornetje te pypen den g'heelen dag. 



VIEUX ET JEUNES. 

4. Sautez et montrez tos semelles pour voir ce que font les vieillards! Les 
vieillards out beaucoup d'esprit; oui, pour fumer la pipe toute la journée. 

2. Sautez et montrez vos semelles pour voir ce que font les vieilles femmes ! 
Les vieilles femmes ont beaucoup d'esprit ; oui, pour tourner leur chauffrette 
toute la journée. 

3. Sautez et montrez vos semelles pour voir ce que font les jeunes gens! 
Les jeunes gens ont beaucoup d'esprit ; oui, pour boire la pinte toute la journée. 

4. Sautez et montrez vos semelles pour voir ce que font les jeunes filles! 
Les jeunes filles ont beaucoup d'esprit, pour tuyauter des bonnets toute la 



Cette chanson est très populaire à Baillcul et à Stccnvoordc. L'air est original el bien 
adapté au texte. On la chante à Furncs avec quelques variantes dans le texte et dans la 
mélodie. Elle y est accompagnée de gestes. 



VARIANTK DE FURNE8. 




knecht-jes doen. 



Pc jon - ge knecht - jrs zyn vol bc 



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sua 



HEKELLIEDJES. — CHANSONS SATIBIQLtS. 



■ ■ 



slag. Dc jon-ge knechtjes zyn vol beslag; Zy kuimeu niet dan hun hoed 




- p ? N 




op en af doen, zy kun-nen niet dan hun hoed op en af doen den 



hee-len, zy kunnen niet dan hun hoed op en af doen den hcc-len dag 

Springt hoog en toont uw schoen; 
Laet zien hoe dat dc jonge, dc jonge; 
Springt hoog en toont uw schoen; 
Laet zien hoe dat 't de jonge knechtjes doen? 

Dc jonge knechtjes zyn vol beslag; 
Zy kunnen niet dan hun hoed op en af doen. 
Zy kunnen niet dan hun hoed op en af doen den heeleu , 
Zy kunnen niet dan hun bocd op en af doen den heelcn 

2. 

Springt hoog en toont uw schoen; enz. 
Laet zien hoe dat 't de jonge meysjes doen. 

De jonge meysjes zyn vol beslag ; 
Zy kunnen byna nog hun tuytje niet aendoen, enz. 

3. 

Springt boog, enz. 

De jonge mannen zyn vol beslag. 
Zy kunnen niet dan hun pintje drinken, enz. 

4. 

Springt boog, enz. 

De jonge vrouwtjes zyn vol beslag. 
Zy kunnen niet dan hun pappotje roeren. 

5. 

Springt hoog, enz. 

D'oudc mannen zyn vol beslag. 
Zy kunnen niet dan hun pyptje smooren, enz. 

G. 

Springt hoog, enz. 

D'oude vrouwen zyn vol beslag. 
Zy kunnen niet dan goed kaffé drinken, enz. 



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IIEKEILIEOJES. — CHANSONS SATIRIQUES. 



393 



BELLOTJE DE JOFVROUW. 



-5 



Allegro. 



SES 



1 



SE 



p — p 



33 



-•-3- 



— 



Bel-lo-tje die waa ver - ste-ken Omdat ze geen pa - la-tyn-tje en 













— 












- 1 w 


• 


4 






A-X— j- 



* — * 



markt, En zy koopt een pa-la-tyn; En dier by een tuyt-jc fyn. 

m 



en 



nog, en daer by een paer scher-pc schoen, G'lyk 



;ae - le jof-vrouvr-kens doen. Zy gink de koi 



dat de kae- 



koe - yen 



iel-ken ; Zy kreeg van de koe een striep, Dat 



3=* 



mei-ken ; Zy kreeg van de koe een striep, 

f5 



langst hacr pa-la-tyn- tje 




Î*=A 



Maer dien dag Schoot ik in een groo-ten lach, 




Dat ik jof-vrouw 



Bellolje die was versteken, 

Om dat ze geen palatyntje en had; 

Ze gink nog de verlede weke 

Daerora expres naer de markt, 

En ze koopt een palalyn, 

En daerby een tuytje fyn. 

Zeer en nog, en daerby een paer scherpe schoen, 

G'lyk dat de kaele jofvrouwkens doen. 

Zy gink de koeyen melken; 

Zy kreeg van de koe een slriep, 

Dat langst haer palatyntje liep. 



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394 



UEKELLIEDJES. — CHANSONS SATIRIQUES. 



Maer dien dag 

Schoot ik in een groolen lach, 
Dat ik jofvrouw koestrond zag. 



ISABELLE LA COQUETTE. 

Isabelle était délaissée, parce qu'elle n'avait pas de palatine; elle alla donc 
la semaine dernière au marché pour s'en procurer une. Elle acheta une 
palatine et un bonnet de Gncs dentelles; et puis encore une paire de souillers 
pointus, comme en ont les belles demoiselles. Elle alla ainsi traire les vaches ; 
la vache lui passa la queue sur la palatine. Ce jour-là, je ris de bon cœur, en 
voyant mademoiselle ainsi parée. 



Cette chanson parait dirigée contre les jeunes filles de la campagne qui veulent s'ha- 
biller à la mode des demoiselles do la ville. 



13. 

KINDERLIEDJES. 

CHANSONS ENFANTINES. 



EXPLICATION DES SUJETS DE LA PLANCHE CKO.NTRE. 



Petite fille grondée 
jntr sa mère pour avoir cueilli 
des fleurs dans le jardin. 



Un enfant L !nt bon,te 

avec un chat. faisant danser un enfant 

sur ses genoux. 



Mère berçant son enfant. 



Enfants à cheval sur un Mon. 



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KINDERLIEDJES. — CHAKSO.XS ENFANTINES. 



•>î)7 



CXXXIX. 

JAN MYNEN MAN. 



Allegro. 



m 



l 



Jan, my-nen mail, zou ruy-ter we -zen, Kon hy ge - ra - ken 



acn een pcird. 'k Pak-ke den bes - me met zy-nen steirt; Daer-van heeft 



Jan, my-nen man, een peird- Jan, my-nen man, zou ruy-ter we -zen, 




ra -ken acn een pcird. 



Jan, mynen man, zou ruyter wezen, 
Kon hy geraken aen een peird. 
'k Pakke den besme mei zynen sleirt, 
Daervan heeft Jan, mynen man, een peird. 
Jan, mynen man, zou ruyler wezen, 
Kan hy geraken aen een peird. 

2. 

Jan, mynen man, zou ruyter wezen, 
Kon hy geraken aen een zael. 
'k Breek een ey en 'k geef hem de schael ; 
Daervan heeft Jan, mynen man, een zael. 
Jan, enz. 

3. 

Jan, mynen man, zou ruyter wezen, 
Kon hy geraken aen een toom. 
'k Neme zyn hemd' en 'k scheur den zoom; 
Daervan heeft Jan, mynen man, een loom. 
Jan, enz. 

4. 

Jan, mynen man, zou ruyter wezen, 
Kon hy geraken aen een spoor, 
'k Breek eenen pol en 'k geef hem d'oor; 
Daervan heeft Jan, mynen man, een spoor. 
Jan, enz. 



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"itS 



KINDERLIEDJES. — CHANSONS ENFANTINES. 



MON HOMME JEAN. 

1. Jean, mon homme, serait chevalier, s'il pouvait se procurer un cheval. 
Je prends le balai par son manche, voilà le cheval de mon homme Jean. 

2. Jean, mon homme, serait chevalier, s'il pouvait se procurer une selle. Je 
casse un œuf pour lui en donner l'écaillé; voilà la selle de mon homme Jean. 

3. Jean, mon homme, serait chevalier, s'il pouvait se procurer une bride. 
Je prends sa chemise et j'en déchire l'ourlet; voilà la bride de mon homme Jean. 

4. Jean, mon homme, serait chevalier, s'il pouvait se procurer un éperon. 
Je casse un pot pour lui en donner l'anse; voilà l'éperon de mon homme Jean. 



Parmi les chansons enfantines, celle-ci est une des plus populaires de noire Flandre. 
Elle est connue en Belgique cl en Allemagne. M. Hoffmann Von Fallerslcben, dans ses 
chants populaires de la Silésic (Schlcsischer Volkslicdcr, N<> 261), rapporte une variante 
plus complète en dialecte si lésion. M. Firmenich, Germaniens Volkcrttimmen, t. I. 
p. 12i, en reproduit une autre variante dans le dialecte du Grand Uendorf dans l'Oder- 
broch. Le texte que M. Snellacrt donne, dans ses Oude en Nieuwe Liedjes, Gand 1KJÎ, 
p. 41, est a peu près le même que le notre, mais I» deux mélodies sont totalement 
différentes. 

A cote de celte chanson on en chante souvent une autre dont la (In est évidemment 
un souvenir de celle-ci. Nous la donnons ici sans mélodie, celle que nous avons 
entendue nous ayant paru trop vague pour mériter d'être notée. 

Trappelt den puyd 
Zyn oogen uyt; 
Zy been in tween 
En maken macr ccn. 
Trappelt den mol 
Al in zyn hol, 

Trappelt hem diepe in d'ecrde. 

't Kindeken gae ridden te peerde; 

Te peerde op cenen bismerstok , 

'I Kindeken gact hén een nieuwen rok; 

Een nieuwen rok van dokk blaen 

't Kindeken gae met- nae kermis gacn. 



CXL. 



n ' Allegro. 


KREUKELZE 
-g— f* mm» 


TJE. 


=~Ti r" 


*V Kleen, kleen 


-i VVv fc 

kreu-kel-zet-je, Wat 
1* • • m -■- 


doet gy in dat 


é i- é \y- 

J w £— 1 

hof? Gy 

1 — i — 1 ' M 


V plukt pa - pa - tjes 

J), b J Cs j . 


bloemtjcs af, En ma- 
P^-p — P f 


-.-?='— 11 

ma - tjea ataender 

► . =*=! 


nog. Ma - 


*J ma-tje die zal 


I 1 ? — |— ] f p * I 

ky - ven, Pa — pa - tje die zal 


=è=à=s=\ 

•la en. 



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klSDEBI.IEDJES. — CHANSOSS ENFANTINES. 



399 



Kleen, kleen kreu-kel-gat, Wat hebt gy al ge — daen? 

Klecn, kleen kreukelzetje, 
Wat doet gy in dat hof? 
Gy plukt pa patjes bloem tjes af: 
Mamatjcs slaender nog. 
Ma matje die zal kyven, 
Pa patje die zal slaen. 
Kleen, kleen kreukelgat. 
Wat hebt gy al gedaen? 



PETIT BAMBIN. 

Petit, petit bambin, que fais-tu dan» le jardin? Tu cueilles les fleurs de 
ton père; celles de ta mère y sont encore. Maman va gronder, papa va 
frapper. Petit, petit bambin, quas-tu fait? 



Cette chanson est très populaire en Flandre ainsi qu'en Belgique et en Allemagne. 
Willcms, Oude Vlacmiche Liederen, p. 826, la donne avec la mélodie brandenbourgeoise, 
rapportée par Kretzsclioicr, Deutsche Volkliederen, t. I. p. 206. M. Firmenich, Germa- 
nient Volkerstimmen , t. I, p. 107 et 3t6; t. III, p. 37 et 59, en publie des variantes 
reccuillies dans la Lithuanic, dans le pays de Sooft, dans la Silésic et dans l'Eutin. 
Notre mélodie nous a été dictée par une villageoise de Quadypre. 



KARELTJE. 



Allegro. 




Ka-rel-tjc, Ka-rel-tje, tjip! tjip ! tjip! En bad -de geen hemde - tje 



v aen zvn Ivi 



3E 



aen xyn lyf, Noch geen broek-j en aen zyn gat. Wat een ar -men 



• — • 



rel is 



dat. 



Meys - je, mc 



*J Wcv ie Ki 



t yoen wit - te schoen, 



Wcy ic Ka-reis broekje aendoen? — Er - men uyt, en cr men in 



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400 



MNUCHLILOJt.S. — CHANSONS ENFANTINES. 



V 't Waa al naer Ka - rel - tjcs zin. 

Karellje, Karellje, Ijip, Ijip, tjip, 
En hadde geen hemdetje aen zyn lyf, 
Nog geen broekjen aen zyn gal; 
Wat een armen Karei is dat. 

— Meysje met yoen wille schoen, 
Wcy ie Kareis broekje aen doen? 

— Ermen uyt, en ermen in, 
't Is al naer Ka rel Ij es zin. 



PETIT CHARLES. 

Le petit Charles n'avait ni chemise ni culotte; quel pauvre petit Charles! 

— Petite tille aux souliers blancs, veux-tu mettre la culotte de petit Charles? 

— Sortir et rentrer ses bras, voilà ce qui plait à petit Charles. 



De toutes les chansons enfantines, celle-ci est certainement la plus répandue. Pas une 
mère, pas une nourrice qui ne la chante en déshabillant et en rhabillant son bambin. 
Nous l'avons entendue jusque dans le Haut-Pont et à Lyscl, près S'-Omcr, où nous 
avons cherché, mais vainement, des chansons spéciales à cette population flamande à 
laquelle on a voulu, à tort scion nous, donner une origine particulière et différente des 
autres Flamands. 



M ATHEETJE. 



Allegro. 




=£=£ 



Ma - theet-je kvrnm van Wa-tou, Eu hy wil 



- N h» >n 

:s:=:J-_« *= 



kwaed doen. Ma - theet-je, met zyn roo bon -net -je En zyn kous-je* 



•V tot zvn zet - ie. Rvn. tiv 



— ■ ■ ■ ■ ■■■■■ » ■ " ^^f ■ 

tot zyn zet - je. Ryn, tjyn, tjyn, Ma — tbeet - je. 

Malheetje kwam van Walou, 
En hy wilde de meysjes kwaed doen. 
Malheetje roet zyn zoo bonnetje, 
En zyn kousjes lot zyn zelje. 
Ryn, Ijyn, tjyn, Malheetje. 



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KINDERLIEDJES. — CHANSONS ENFANTINES. 



401 



PETIT MATHIEU. 

Petit Mathieu revenant de Watou voulut faire peur aux petites filles. Petit 
Mathieu portail un petit bonnet rouge et des bas jusqu'en haut des jambes. 
Ryn, tjyn, etc. 



Cette chanson est plus particulièrement populaire à Steenvoordc, à Casse l et à Bail- 
Icul. Nous ne l'avons pas entendue dans l'arrondissement de Dunkerque. 



M A RITJE VAN VORMEZEELE. 



Allegro 




An-ne Ma- rit -je van Vor-me-zee 



En zy stoeg met 



1 K I 



pot-jes te mert j En zy verkochte stukken voor hee-le. Is dat niet een 



groo - te mert. Die ou- de pa-ru-ke, Hy kocht-te ma' suy-kcr, Ka 



i 



ta - blcT 



nee-le à raspt, ka-nee-le I raspt, 't Was al om ta 



ten te bak-keu, 



I 



Os Ma-ri-tjc nie t'huys en was. 



Anne Maritje van Vormezeele, 

En zy sloeg met potjes te merl. 

En zy verkochte stukken voor heele. 

Is dat niet een proote mert? 

— Die oude paruke 

Hy kochte ma suyker, 

Kaneele a' raspt; 

't Was al om tabletten te bakken, 
Os Maritje nie t' huys en was. 



MARIE DE VORMEZEELE. 

Anne-Marie de Vormezeele était au marche avec des pots ; elle vendait des 
pièces pour des pots en entier; n'est-ce pas là un beau marché? — Cette 



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kl.NDKRLI tl) JF.S. — CHANSONS ENFANTINES. 



vieille perruque allait s'acheter du sucre et de la canelle rspéc; c'était pour en 
faire des tablettes pendant que Marie n'était pas à la maison. 



Cette chanson est encore une de celles qui sont particulières à Daillcul. Mais l'air 
est connu à Dunkcrquc, car pendant le carnaval nous avons entendu chanter sur la 
dernière phrase musicale ces paroles : 

• Parukc van Cabcltauwe, 
« Parukc van Zecsala. • 



CXLIV. 

T KINDJE DIE SLAEPT. 



Allegro 




Slaept, kin-de-ken, 



schaep-je; En 



't dracgt al wit - te 



voet - je8, En 't drÏLkt 



melkaoo zoet-jes; 




;demclkzy buyk-jc vol; 



ptg'lyk â 



Slaept, kindeken, slaept! 
lu vader hed à' schaepje; 
En 't draegt al witte voetjes; 
En 't drinkt de melk zoo zoetjes ; 
't Drinkt de melk zy buikje vol, 
En 't slaept fj'lyk a mol. 



L'ENFANT QUI DORT. 

Dors, enfant, dors! ton père a un agneau, qui a des pieds blancs. Il 
boit le lait doux; il en boit plein son petit ventre; et il dort comme une 
taupe. 



Cette petite chanson est encore une de celles qui sont connues non seulement dans 
notre Flandre, mais aussi dans toute l'Allemagne. M. Firmcnich, Germ. Volkcrstimmen, 
t. Il el III, en rapporte plusieurs variantes. 



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KINDERLIEDJES. — CHANSO.VS IXFASTIKES 



403 



T KINDJE. 



-5 



Allegro. 



^^^^^^ ^^ 

Daer is â kind - je ge — bo - ren Op 't top-pel - tje van 



t— é- 



t huyg, E*u t had zyn bon-net - je ver - lo-ren, én tgink al krischen naer 




*3 



* • 



huye. En de speelman speel -de zoo «oe • tc ! Eu de moe-der wm zoo 



=2* 



^===1 



7X 



ziek ! En zy eet zoo gei — ren ka — poent -jes ; Maer de 



m 



m 



ï 



beentjes mag zy niet. 



Daer is a kindje geboren 
Op 't loppeltje van 't huys, 
En 't had zyn bonneljen verloren, 
En 't gink al krischen naer huys. 
En de speelman speelde zoo zoele! 
En de moeder was zoo ziek! 
En zy eet zoo geiren kapoentjes, 
Maer de beentjes mag zy niet. 



L'ENFANT. 

Un petit enfant est né sur le faîte de la maison ; il avait perdu son petit 
bonnet cl s'en retournait chez lui en pleurant; et le ménétrier jouait si 
doucement, et la mère était si malade, et elle aime tant à manger les cha- 
pons, mais elle en laisse les os. 



Celle petite pièce et les deux suivantes sont do celles que (es nourrices chantent en 
berçant les enfants, en les habillant ou en les promenant. Elles sont aussi populaires 
que possible. On peut dire qu'il n'est pas une mère, pas une nourrice qui ne les con- 
naissent. Bien que nous ne les ayons pas trouvées dans les recueils publiés en Alle- 
magne, que nous avons été à même de parcourir, nous no doutons pas qu'elles y sont 
répandues, car elles ont toutes trois le même caractère que plusieurs des précédentes 
dont nous avons signalé l'existence dans les pays germaniques. 



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KINDERLIEDJES. — CHANSONS ENFANTINES. 



T KINDJE IN 1' WATER. 



-S 



Allegro. 



:8: 



Daer is ü kindje in 't wa- tor ge - val - lcn ; H'à yet niet hoo-rcn 



plora - pen? Ja, go-vaer, Ik 



ko-mcn van daer. Het is by-naver- 



— 



dron - ken. 



Daer is ft kindje in 't water gevallen, 

H'a yet niet hooren plompen? 

Ja, govaer, 

Ik komen van daer. 

Het is byna verdronken. 



L'ENFANT DANS L'EAU. 

Un petit enfant est tombé dans l'eau; ne l'as-tu pas entendu plonger? 
Oui, compère, je retiens de là; il était presque noyé. 



KATJEMUYS. 



Allegro. 







— 1* — f» 


► p-'— 










± — , — 


— F — E=g=| 





Kat-je-muy8 Gink nae 't sluys Om te lee-ren ron - ken. 



I 



't Schipje brak, En 't kat- je was nat, En 't was by - na ver - drou-ken. 

Kaljcmuys 

Gink nae 't sluys 

Om te leeren ronken. 

't Schipje brak, 

En 't katje was nat, 

En 't was byna verdronken. 



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KIMDRRLIEDJES. — CHANSONS ENFANTINES. 



iOS 



PETIT CHAT. 

Un petit chat se rendit a l'écluse pour apprendre à ronfler; le petit bateau 
se brisa; le petit chat se mouilla cl fut presque noyé. 



DEN NIEUWJAER-AVEN. 



Allegretto. 



*t Wne /in Min Xipnwiûor _ « _ van* Han KaV_LrAr alrvnn» nrn vrnf AI 



't Wm op ecn Nicuwjscr - ven; Den bult-kcr sloeg xyn wuf, Al 



met de hee - te pa - le zoo - da - nig op heur lyf. 



^Yinn , 



g N f s fs 



1=T- 



zal me den bakker ge -ven Al voor zyn Nieuwe - jaer? 



— I V I Ni i 



kin -netje in de wie -ge Mi schoo' ge - krul-de hair. Bak-ker al - 
* iv k N i \ N fs i -) h—\ — . . . 



i 



hier, bakker al -daer, 'kWensch u à za - lig Nieuwe - jaer 

't Was op een Nieuwjaer-avcn ; 
Den bakker sloeg zyn wuf, 
Al mei de heete paie 
Zoodanig op heur lyf. 
Winn' zal me den bakker geven 
Al voor zyn nicuwejaer? 
A kinnetje in de wiege, 
Ma schoo' gekrulde hair. 
Bakker alhier, bakker aldaer, 
'k Wensch u à zalig Nieuwejaer. 



LE NOUVEL AN. 

Cétnit la veille du nouvel an, le boulanger battait sa femme avec la pelle 
chaude. Que donnerons-nous au boulanger pour ses etrennes? Un petit enfant 

«8 



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406 



KISDtRLIEDJES. CHANSONS E.XFAJITlîtES. 



au berceau, avec de beaux ebeveux boucles. Boulanger pnr-ci, boulanger pnr-la, 
Je vous soubaile une bonne année. 



Cette chanson, aussi connue en Belgique que dans notre Flandre, a de nombreuses 
variantes dans la bouche des nourrices et des bonnes d'enfants. 



DE K A DOLLETJES. 



S Allegro. 



4ac 



-Ah 



Wy zyn al by — een, 



Al goc ka - dul -le-tjcs, al goe ka 



dul-len; \Vy zyn al by — een, Al goe ka - dul -letjes, groot en 



\„ 



kleen. Zou me nie meu-gen ii pint -je drin- ken, Zon-der daer- 



om dronkaerd I 



te zyu ? Zou me ni< 



-r— £ 



nie meugen ii tut - je nemen, Zonder daer- 




om ü dief te zyn. 



Wy zyn al byeen, 

Al goe kadullctjes; 

Wy zyn al byeen, 

Al goe kadulleljes, grool en kleen. 

Zou me nie mengen a pintje drinken, 

Zonder daerom dronkaerd Ie zyn? 

Zou me nie meugen ii lulje nemen, 

Zonder daerom à dief Ie zyn? 

Wy zyn al byeen, enz. 



LES COMPAGNONS. 

Nous voilà tous réunis, joyeux compagnons ; nous voila tous réunis, joyeux 
compagnons, grands et petits. Ne pourrions-nous boire une pinte, sans être 



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KIMDEntlEDJKS. — CHANSONS t.NFASTIXES. 



407 



ivrogne? Ne pourrions-nous prendre un baiser, sans être voleur? Nous voilà 
réunis, etc. 



Cette chanson n'est pas moins connue en Belgique que dans notre Flandre. Wolf 
en a rapporté une variante de Tcrmondc d'après M. Prudens Van Duysc. M. Ilonse, 
de Fumes, nous en a adressé une, qui, à peu de chose près, est la même que celle 
qui Ogurc ici dans le dialecte de Uaillcul. 



CL. 

DEN BOUWULF. 



Andante. 




Schaepwachter, schaepwachter, woerom laet gy uw schaepkens niet uyt? 



— Zy zyn benouwd van den ou- den Wulf. — Den Bouwulf rit in het 



V \ 



riet, Wncr dat hy hoort noch en ziet. Al uyt, myn schaepkens, al 



ï 



uyt, myn Rchacpkens, loopt uyt. 

« Schaepwachter, schaepwachter, waerotn 
Laet gy uw schaepkens niel uyt? 

— « Zy zyn benouwd van den ouden Wulf. »> 

— « Den Bouwulf zit in het riet, 
Waer dal hy hoort noch en ziet. » 

— <« Al uyt, myn schaepkens. loopt uyt. >> 



LE LOUP. 

« Berger, pourquoi ne laisses-tu pas sortir tes moutons? - — « Ils ont peur 
du vieux loup. » — « Le loup repose dans les roseaux, où il n'entend ni ne 
voit. » — « Sortez, mes moutons, sortex, courez. » 

Grâce à l'envoi de cette chanson par M. Flonse, de Fumes, nous nous sommes rap- 
pelé l'avoir entendue dans notre jeunesse à Bailleul. L'air n'était pas parfaitement le 
nicine, mais le souvenir qui nous en est reste est trop vague pour que nous puissions le 
reproduire. M. J. Wolf, Wodana, p. xvui, a publié un texte qui a du rapport avec le 
nôtre, le voici : 

• Horderkc. lact u schaepkcs paen. » — « Ik en durf niet.* — • Wacrom niet? » - » Ik 
» hen benauwd. • — . Van wie? • — • Van mvnhecr de Wolf.» - • Mynhccr de Wolf is 
• gevangen, tusschen twee yzcre tangen , tusschen de zon en tusschen de' maen. Herderke, 
« lact u schaepkes gaen. • 



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ERRATA. 



l'uge 10, ligne 26, kwacm, 

dernière, toencn, 
10, wel, 
18, zoet, 



lixez 





12, 




20, 


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37, 




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334, 


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399, 




400, 



«6, Ë£Ë= 



'I 



dernière, scheud, 

16, Rorascli, 
21, Christe, 
dernière, s weer, 

7, wie, 
27, onlbiddcn, 

3, Dryvuldigbeyd, 
20, gepeyzen, 
24, Gy silver vat, 
27, achtergael, 

17, den, 



■ 

» 



36, pris, 



kwamen, 
tooncn. 
veel. 
zeer. 



; m 



schudt. 

Roomscl 

Christi. 



wy. 

aenbidden. 

Dryvuldig. 

gepcynzen. 

Geen silver nat. 

naclilegacl. 

de. 



près. 



avant la ligne 28 ajoutez: Andantino. 



28, professée, 

27, Le noble Comte, 

36, offensé, 

16, De Ezelinnen, 



lizez : professe. 
Le Comte, 
offensée. 
De Ezelinne. 



> 



1, — p— gz=t==2: 



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2, 




roo. 



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TABLE. 



Introduction . , , , , , . . . . . . ■ ; : : s I 

1. — Kersliederen cm LofaiiDgcn. 

SQELS ET CASTHJI KS. 
TITRES. PREMIÈRES r A ROLES. 

1. Het nieuw geboren kind. — Comt, verwondert u hier menschen. . 5 

2. Den blyden nacht. — O hlyden nacht ! Messins i» geboren. ... 5 
5. Komt na 't stalleken. — Komt met vreugd na 't stalleken. ... 7 

4. Den grooten dag. — Dat elk op dezen dag 9 

5. Bethléem. — Maria die zoude naer Bethléem gaen 12 

C. Herderkcnslicd. ■ — Komt, herders en herderinnen 44 

7. Den engel en de herders. — Ontwaekt, loopt, herders, dezen nacht 16 

8. Den voedstervader. — Joseph, Jésus voeder 20 

9. Pc aenbidding der herders. — Wat zang, wat klank 25 

10. Den sloep van 'l kindeken Jesu. — Den engel komt vnn boven uyt de logt 27 

11. Herders offerand. — Makkers, lact ons oaer Messias gaen. ... 28 

12. Jcsus wcllekora. — Vroelyk, herders, komt vry binnen .... 30 
43. 't Stalleken van Bcthleëm. — Herders, brengt melk en soetighcyd . 32 

14. Geboorte Jesu. — Chcluck te saem 34 

15. De goede maer. — 't Wyl in den nacht . 37 

16. Den Messias. — Wat vreugd hoor ik uyt 's hemels zaelen. ... 59 
47. Kerszang. — Aldcrzoetsten nacht, wanneer dat is gebooren. . . 40 
18. De dry voudige geboorte. — 't Is naer reden en behoortc . ... 45 
49. De aenbidding der dry koningen. — Laet ons met cenen blyden geest. 48 

20. Den soctcn naem Jcsus. — O soeten Jesus, God en mensch ... 52 

21. Hcyligc Moeder Anna. — Wie kan genoegzaem lof 55 

22. Viva Maria. — Ik voclc dat myn herte leeft, viva 58 

27*. D'onbcvlcktc onlfangcnissc vnn Maria. — Schoonc inacgd, Mario, 

ons verlangen 60 



410 



TABLE. 



24. O. L. V. Hcmclvacrt. — Jooghcyd, laet nu klinken bly geschal. . 63 

25. Van tien n. Vedastus. — Wec de woeste Nederlanden .... 65 

26. Licdekcn tot cere van S'-Maertcns. — Guide tyden, als men de 

gemeenten zag 68 

27. Van den II. Ludovicus. — Verheugt u met een nieuwen geest. . 72 

2. — Feestdag- en Godadlcnstllcdereu. 

CHANTS RELATIFS A CERTAINES FÊTES LT CÉRÉMONIES RELIGIEUSES. 

28. De Dry Koningen. — Daer kwamen dry koningen met een sterr'. 79 

29. Dric-Koninglied. — Daer kwamen dry koningen uyt verre landen 84 
50. Ander Drie Koninglicd. — Daer kwamcu dry koningen met een sterr' 88 

31. Jésus 'l Zoele Kind. — Dry koningen, groot van macht .... 91 

32. 't Godsdecl of den Rommelpot. — Geeft wat om den rommelpot . 93 

33. Nieuwjaerwcnsch. — Dag vrouw, dng man, dng al te gaèr ... 94 

34. Sinle Macrlenslicd. — Sinte Maertens vogeltje % 

35. Dans der Mncgdekens. — In den hemel is eencn dans 100 

3. — Zedelyke en Stlchtclykc liederen. 

CHANSONS MORALES ET MYSTIQUES. 

36. Gecstclyk Mf vlied. — De zoetc lyden 105 

37. De Bloemljes. — 0 soetc blocmtjes van de hoven 107 

58. Geestverligtcnde liedeken. — Wner is er kerke zonder sanck . . UI 

39. Lof van de Biën. — O Heer, wilt myn stem verlichten . . . . 413 

40. Jcsuken en Jannckcn. — Lestmacl, op cenen zomerschen dag . 115 

41. Carmclis-Berg. — Komt hier, menschen, wys beraen 118 

42. Jésus Dood. — Op eencn witten donderdag 123 

SOUVENIRS DRUIDIQUES 

43. De twaelf Getallen. — Een is een* 129 

li. — Scandinavische Herinneringen. 

SOUVENIRS SCANDINAVES. 

44. Rcuzclicd. — Als de groolc klokke luyd 139 

45. Halewyn. — Heer lïalcwyn zonk een licdekyn 142 

4G. Halewyn en het Klcync Kind. — Een kind, en een kind, en een 

klcyne kind i 49 

47. Den Hertog van Brunswyk. — Hoort toe, gy armeen rykc, men 

zal u zingen pure 1 52 

48. De Minnebode. — Dacr was een sneeuwwit vogeltje 166 

6. — Sagas, Balladen en Legenden. 

SAGAS, BALLADES ET LÉGENDES. 

49. De twee Koningsdochterkens. — Een koning die hadde twee 

doebterkens 171 



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TABLE. *M 

30. Dorthea. — Al die will hoorcn een nieuw lied 175 

SI. Blanchefleur. — Een stuk van liefde moei ik u verholen. ... 177 

32. De Lindeboom. — Onder de groene linde 183 

53. Onder den lindeboom groene. — Onder een lindeboom groene 183 

34. De twee Koningskinderen. — Het waren twee koningskinderen . 187 

55. Het Soudaens-dochtertje. — Een soudan had een dochterken . . 191 

56. De dry Macgdckens. — Wy klommen op hooge bergen. ... 200 

57. De dry Herdekens. — Daer gingen dry herderkens uyt om te jagen. 207 

58. Tjanne. — Ach Tjanne, zcydc hy, Tjnnne 209 

59. Den Verloren Zoon. — Hoort al te samen cen vermaen . . . . 211 

60. De Vier Gasten. — Hoort, vrienden, luystcrt naer dit lied . . . 216 

61. De Voerman. — God toont zyn werken wonderbacr .... 221 

62. Gcncvova. — Daer was een edel Palzgravin 228 

63. De Wandelende Jodc. — God heeft zyn wonderwerken . . . 237 

7. — Zccvncrtllederen. 

CHANTS MARITIMES. 

64. Reys naer Island. — In 't jaer zeventien hondert 247 

65. Vertrek naer Island. — Alle die willen naer Island gacn. ... 231 

66. Het Afscheyd. — Het windeljc die uyt den oosten wacyl . . . 233 

67. Het Afzyn. — Wel Island, gy'n bedroefde kust 256 

68. Zeemansleven. — Luystcrt al toe, die op de baren 258 

69. Kaperslied. — Al die willen te kapren varen 260 

70. Kapiteyn Bart. — Dat Melpomcna deze droeve dood bcschreyt . 261 

8. — Klngtlledje*, Koddcryeu en Praetje*. 

CHANSONS CONIQUES ET DE GENRE. 

71. Mooy Bernardin. — Wal doet gy in het groene veld 267 

72. Mavrouwe. — 'k Passeerde voor de visschcmerkl 268 

73. Warme Garnars. — Moeder, ik wil hebben een man 270 

74. Het Garnarsmeysjc. — Daer was een mcysken zoo jonk en gezond 272 

75. Hanen en Rochen. — Daer wasser een meysje van Duynkerk gelacn. 273 

76. Anne Marie. — Anne Marie, woer gaeye nae toe 274 

77. De Bazinne. — 't Is de bazinne van al de bazinnen 275 

78. Een Fraeye Man. — Daer was eencn man 276 

79. 's Avonds. — En 's avonds, en *s avonds 277 

80. 't Carillon van Duynkerke. — Een kalemanden rok 278 

81. 't Carillon van Ekclsbeke. — Adieu, Ekelsbekc 279 

82. Kermisbed. — Wel 'ekomen, kermisvolk 281 

83. Jubilatc. — Jubilate gloria 282 

84. Zoete Marilon. — Ziet de arme peerdebeeste 284 

85. 'I Spinnewiel. — Vrienden, 'k heb hier beschreven .... 285 

86. Jan de Mulder. — Jan de mulder 288 

87. De Vogel. — Kort en lang 290 

88. Den Uyl. — Den uyl die op den peerboom zat 292 

89. Jan Plompaert. — Jan Plompaert en zy wuvetje 294 



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412 



TABI.K. 



90. Plompaert. — Plompacrt cn zyn wuvetjc 206 

91. Het Wyf die spon. — Docr was a wuf die spon 297 

92. Dc Vinkcnicren. — Plaisante vinkenicren 299 

93. Pierlala. — Als Pierlala nu ruym twee jaer 303 

9. — Mnte Anna-lledjes. 

COANSONS DE SAINTE ANNE. 

94. Moeder Anna. — Laet ons met lofzangen pryzen 309 

93. Sintc Anna nuchlcn. — En als daer Sint' Anna nuclilen komt 310 

96. Sintc Anoa-dag. — 't Is van dage Sint' Annadag, Sint' Annadag. 312 

97. Viva Sintc Anna. — Kindertjes , kindertjes, steekt yuldcr keclc- 

gatje op 313 

98. Achter Sinte Annadag. — Sint' Annadng is deurc 315 

99. Sintc Anna begeerte. — 't Is Sint' Anna die komt aen. . . . 316 



100. Sinte-Anna-Fecst. — Jonge dochter, cn wilt niet treuren. . . 318 

RONDES ET CI1ANSONS DE DANSE. 

101. Het Purperen Lint. — Jofvrouw, bewaert uw purperen lint . 323 

102. Den Wagen. — Komt hier, gy proper maegdetje .... 324 



103. Den Nieuwen Wagen. — Ik zoude nu zoo geiren .... 325 

104. Dc Jagt. — Maseurtje, gae yc meé 326 

105. 't Patertje. — Daer wandelde 5 patertje langst de kant. . . 328 

106. 't Boertje. — Sa, boer, gact nacr den dans 329 

107. Rosa. — Rosa, willen wy dansen 330 

108. Den Droogen Haring. — Al van den droogen haring willen wy 

zingen 333 

109. Dc Ezelinnc. — Daer is een czelinne 334 

110. Den Boom. — Den boom grocyt in den zavel 335 

111. Nacr dc zee. — En wy gingen al naer de zee 336 

112. SalA. — Sa ld moet er nu gezacyen zyn 338 

113. De Keus. — Waerora zou ik het dansen laten 339 

114. Rype Kersen. — Een oud mannckic wilde vryen 341 

115. 't Groen Mculclje. — Langst een groen mculctje 342 

116. 't Koffertje. — 'k En clwat in my koffertje 343 

117. Dc Krcupclacr. — Den krepclacr ging wandelen 345 

11. — Drink* en Minneliedjes. 

CUANSONS BACHIQUES ET D'AUOUII. 

118. Den Wyn. — Laet ons te gader 349 

119. De twaelf Glazen. — 'k Nemen uitliet glazeken een .... 353 

120. Het Pintje. — Drink ik 5 pintje 335 



121. Lire Boulirc. — Lintje cn Trientje, en Bcllotje cn Martintjc . . 356 

122. Moeder Porrct. — Ik cn gy, moeder Porret 558 

123. Den Nieuwen Most. — lk drink den nieuwen most .... 358 



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TABLE. 413 

124. Rosalinde. — Liefste Rosalinde, wnerora weende gy .... 363 

128. Lief Bethjc. — Ik h'én het groene stractjc 365 

126. Minnezucht. — Ik vinde m y bedwongen dnt ik zingen moet . . 367 

127. Cccilia. — Ik zag Cecilia komen 368 

12. - Bek el liedje* 

CHANSONS SATIRIQUES 

128. De Boeren. — Waervan gaen de boeren, de boeren 373 

429. Boeren tevredenbeyd. — Als dc boer een pner kloef kens heeft . 374 

130. Boerend rngt. — Snyd de boer zyn hair af 377 



131. Waerhcdcn. — Te Merris daer is een steenen molen .... 378 

132. De Mcysjes van Duynkerke. — Tc Duynkerk' gaet het al verkeerd 579 

133. Dc Meysjes van het Eykcnhout. — Dc Meisjes van 't Eykenhout. 380 

134. Hel mocyelyk Kwezeltje. — Zeg, kwezeltje, weyc gy dansen. . 382 

135. Het verwaend kwezeltje. — Daer was een kwezeltje, die 't al wil 



verstacn 383 

136. Klaesje. — Klacs die sprak zyn moeder acn 383 

137. Oude en Jonge. — Springt op, en loogt uw schoen 390 

138. Bcllotje de Jofvrouw. — Bclloljc die was versteken .... 393 

13. — Kinderliedje». 

CBANSONS EXFAîîTINES. 

139. Jan mynen man. — Jan, mynen man, zou ruyter wezen . . . 397 

140. Krcukelzeljc. — Klecn, kleen kreukclzetjc 398 

141. Karclljc. — KareUje, Kareltje, tjip, tjip, tjip 399 

142. Mathcctje. — Ma theetje kwam van Walou 400 

143. Marielje van Vormezeele. — Anne Maricljc van Vormezcelc . . 401 

144. 't Kindje die slaept. — Slacpt, kindeken, slacpt 402 

145. 't Kindje. — Daer is a kindje geboren 403 

146. 't Kindje in 't water. — Daer is a kindje in *t water gevallen . . 404 

147. Katjemuys. — Katjcmuys 404 

148. Den Nieuwjacr-aven. — 't Was op een Nieuwjacr-avcn . . . 403 

149. De Kndullen. — Wy zyn al byeen 406 

150. Den Bouwulf. — Schacpwachter, schacpwachtcr 407 



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TABLE ALPHABÉTIQUE. 



Am 

r. r , 

Ach! Tjannc, zcyde hy, Tjannc 209 

Adieu ! Ekelsbekc 279 

Aldersoetsten nacht wanneer dat is geboren 40 

AI die willen te kapren varen 260 

Al die wilt hooren een nieuw lied 475* 

Alle die willen naer Island gaen 251 

Als de boer een paer kloefkens heeft 374 

Als de groole klokke luyd 439 

Als Pierlala nu ruyra twee jacr 593 

Al van den droogen haring willen wy zingen 333 

Anne Marie, waer gaeye nae toe 274 

Anne Marietje van Vormei ecle 401 



Ballotjc die was versteken 393 

c. 

Comt, verwondert u hier menschen 3 

D. 

Dacr gingen dry herderkens uyt om te jagen 207 

Dacr is a kindje gebooren ^q- 

Dacr is 5 kindje in 't walcr gevallen 404 



il O 



TABI.E ALPHABÉTIQUE. 



Daer kwamen dry koningen met ecu stcrr' 7_2. 

Daer kwamen dry koningen met een sterr' SS 

Dacr kwamen dry koningen uyt verre landen M 

Daer is een czelinne 354 

Dacr wandeld' ü patertje langst de knnt 328 

Daer was a wuf die spon 2112 

Daer was een edel Palzgravin 228 

Daer was een kwezeltje, die 'l al wil verstaen 383 

Daer was ccnen man 276 

Dacr wasser een meysjc van Duynkerk gelaèn 275 

Daer was een nieysken zoo jonk eu gezond 2Z2 

Daer was een sneeuwwit vogeltje i6fi 

Dag, man; dag, vrouw; dag, al te gaer 'Al 

Dat elk op dezen dag 9 

Dat Melpomcna deze droeve dood bcscbrcyt 201 

De meysjes van liet Eykcnbout 380 

De zoele tyden Ifiü 

Den boom groeyt in den zavel 335 

Den engel komt van boven uyt de logt 27 

Den krepclacr ging wandelen 345 

Den uyl die op den peerboom zat 222 

Drink ik à pintje 355 

Dry koningen, groot v;m nacht 21 

E. 

Een is eene 129 

Een kalamandcn rok 278 

Een kind, en een kind, en een kleyne kind 149 

Een koning dio baddc twee doebterkens Ui 

Een oud mannekie wilde vryen 311 

Een soudan baddc een doebterken ÜLi 

Een stuk van liefde moet ik u verbalen UI 

En als daer Sint' Anna nucbten komt 3LQ 

En 's avonds, en 's avonds 277 

En wy gingen al nacr de zee 336 

G. 

Geeft wat om den rommelpot 23. 

Gheluck te saera 34 

God beeft zyn wonderwerken 257 

God toont zyn werken wonderbaer . 221 

Guide tyden als men de gemeenten zag tiS 

H. 

Heer Halcwyn zonk een bedek vn 142 

Herders brengt melk en soctigbeyd 32 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 417 

Het waren twee koningskinderen 487 

Het windetje die uyt den oosten waeyt 253 

Hoort al te samen een vermaen 211 

Hoort toc, gy arme en ryke, men zal u zingen pure 152 

Hoort, vrienden, luystert naer dit lied 216 

L 

Ik drink den nieuwen most 358 

Ik en gy, moeder Porret 358 

Ik h'én het groene stractje 365 

Ik vinde my bedwongen dat ik zingen moet 367 

Ik voele dat myn herle IceTt, viva 58 

Ik zag Cccilia komen I 368 

Ik zoude nu zoo geiren 325 

In den hemel is eenen dans 100 

In 't jaer zeventien hondert 247 

J. 

Jan de mulder ... 288 

Jan, myncn man, zou ruyler wezen 397 

Jan Plompaert en zy wuvclje 2Ü4 

Jonge dogtcr en wilt niet treuren 318 

Jongheyd, laet nu klinken bly geschal 63 

Joseph, Jésus voeder 20 

Jofvrouw, bcwaert uw purperen lint 323 

Juhilate, gloria 282 



Kareltje, Karclljc, tjip, tjip, tjip 399 

Katjemuys 404 

'k En etwat in myn kofferlje 343 

Kindertjes, kindertjes, steekt yulder keelegaljc op 513 

Klaes die sprak zyn moeder aen 583 

Klecn, klccn kreukelzetje 398 

'k Nemen uyt hel glazeken een 353 

Komt, herders en herderinnen 14 

Komt hier, gy proper maegdetje 324 

Komt hier, menschen, wys beraen H8 

Komt met vreugd na 't stalleken 7 

Kort en lang 290 

'k Passeerde voor de visschemerkt 268 

L. 

Laet ons met cenen blyden geest 48 

Laet ons met lofzangen pryzen 309 



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418 TABLE ALPHABÉTIQUE. 

Loet ons te gadcr 349 

Langst een groen meuletje 342 

Lestmael, op eenen zomerschen dag 115 

Liefste Rosalinde, waerora weende gy 363 

Lintje en Trientje, Belloljc en Martintje 356 

Luystert al toe, die op de baren ' 258 



Makkers, laet ons naer Messias gacn 28 

Maria die zoude naer Bethleém gaen 12 

Maseurtje, gae ye meé 326 

Matbeetje kwam van Watou , . . . . 400 

Moeder, ik wil hebben een man 270 

O blyden nacht! Messias is geboren 5 

O Heer, wilt rayn stem verlichten H 3 

Onder de groene linde 183 

Onder een lindeboom groene 183 

Ontwaekt, loopt herders, dezen nacht 16 

Op eenen witten donderdag 123 

O soeten Jesus, God en mensch 52 

O soctc blocmtjcs van de hoven 107 

P. 

Plaisante vinkenieren 299 

Plompacrt en zyn wuvetje 296 

Rosa, willen wy dansen 330 

8. 

Sa, boer, gact naer den dans 329 

SaM moet er nu gezacijen zyn 338 

Schaepwachter, schaepwachter 407 

Schoone maegd, Maria ons verlangen 60 

Sint' Annadag is deure 313 

Sinte Maerlens vogeltje 96 

Slacpt, kindeken, slaept 402 

Snyd den boer zyn hair af 377 

Springt op, en loogt uw schoen 390 

T. 

Tc Duynkcrk' gnct het al verkeerd 579 

Tc Mcrris, dacr is ccn stcencn molen 378 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 419 

't Is de bnzinne van al de bazinnen 275 

't Is naer reden en behoor te . 4S 

't Is Sint' Anna die komt aen 516 

't Is van dage Sint' Annadag 312 

't Was op een nieuwjaer avcn' 405 

't Wyl in den nacht 37 

V. 

Verheugt u met een nieuwen geest 72 

Vrienden, 'k heb hier beschreven 285 

Vroclyk, herders, komt vry binnen 30 

W. 

Waer is er kerke zonder zanck 114 

Waerora zou ik het dansen laten 339 

Waervan gaen de boeren 373 

Wat doet gy in het groene veld 267 

Wat zang, wat klank 23 

Wat vreugd hoor ik uyt 's hemels dalen 39 

Wee de woeste Nederlanden. 65 

Wel 'ekomen, kermisvolk 281 

Wel, Island, gy'n bedroefde kusl 256 

Wie kan genoegzaem lof 55 

Wy klommen op booge bergen 200 

Wy zyn al byecn • . . . . 406 

X. 

Zeg, kwezeltje, weye gy dansen 384 

Ziet de arme peerdebeesten 284 



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